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24/03/2017

INTRA MUROS d'Alexis MICHALIK

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THEATRE 13 - JARDIN

 

103 A, bd Auguste Blanqui

 

75013 PARIS

 

 

 

( M° Glacière )

 

 

Tél. 01 45 88 62 22

 

 

http://www.theatre13.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 16€

 

13€ le 13 de chaque mois.

 

Tlj (sauf dimanche et lundi) à 20h

 

Dimanche à 16h

 

 

Texte et mise en scène : Alexis MICHALIK

 

 

avec : Jeanne ARENES - Bernard BLANCAN - Alice de LENCQUESAING - Paul JEANSON - Fayçal SAFI

 

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C’est un titre un peu trompeur qui pourrait incliner à penser que nous allons vivre un moment d’enfermement :  « Intra muros » ce texte écrit et mis en scène par Alexis Michalik nous conduit certes dans une prison centrale, mais c’est pour mieux faire comprendre la force de l’esprit pour s’en échapper.

Un metteur en scène dont la petite carrière est faite et qui continue de déployer plus d’ambition que de talents, est engagé par l’administration pénitentiaire pour développer des cours d’art dramatique à des détenus.

 

Il attend du projet des retombées personnelles et du cours une participation forte des détenus. Ils seront deux, l’un jeune et expressif, l’autre dans la soixantaine et taiseux. Il commencera néanmoins à dispenser son « enseignement » assisté d’une comédienne, son ancienne femme, et d’une assistante sociale débutante.

L’auteur s’est d’abord amusé à montrer ce que le travail d’acteur a parfois de puéril et de ridicule, allant à la limite du dégradant, comme s’il s’agissait de libérer le corps et l’esprit de ce qui fait de nous des individus. Autant dire qu’on ne commence pas par travailler du texte, ce qui est une sorte de paradoxe !

 

 

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Le retour des participants est naturellement différent de l’un à l’autre : l’un qui se prête plus volontiers au jeu, dès que celui-ci a pris un peu de hauteur, l’autre qui s’ y refuse.
Naturellement il ne saurait être question de dévoiler le déroulement dramatique de cette pièce, qui met souvent mal à l’aise, de façon salutaire, et qui vise à engager chacun dans une réflexion sur les raisons de son enfermement, tangible pour les prisonniers, souvent inconscient pour le spectateur.

C’est également une interrogation sur le temps et sa perception, avec dans la représentation des scansions, des rappels à celui qui passe, plus ou moins long, ressenti différemment suivant, selon la formule de Proust « qu’on songe ou non  à le mesurer ».

Au vrai, peu importe les raisons pour lesquelles Ange et Kevin sont détenus, seul les anime le désir d’en sortir, physiquement pour l’un, immatériellement pour l’autre.
L’habileté de l’écriture, comme de la mise en scène, est de nous extraire de l’univers carcéral en faisant vivre à ses cinq personnages des rôles différents, multiples, qui retracent la vie, vraie ou rêvée des deux protagonistes centraux.

Cela signifie que l’on peut tout inventer, tout construire, tout rêver. Dans une chanson écrite dans les années 50 par Francis Blanche pour Edith Piaf, « Le prisonnier de la tour », cette situation du détenu était mise en musique et pour s’échapper, l’auteur finissait par ce mot en forme de conseil : « Dors ! ».
Il en est un peu de même, dans cette pièce où très vite on tente de percevoir la part de l’onirique de celle de la réalité, la part de vérité de celle du fantasme. C’est plutôt habile.

Il vous reste à aller découvrir ce texte mis également en musique par Raphaël Carpentier , et interprété avec conviction par Jeanne Arenes, Alice De Lencquesaing, Paul Jeanson, Fayçal Safi et le toujours formidable Bernard Blancan qui donne à Ange une épaisseur absolue dans une grande économie d’effets.

 

 

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( photos : Alejandro GUERRERO )


 
Ce texte au titre latin aurait aussi bien pu s’intituler « Sursum corda » tant il emmène le spectateur sur un chemin d’espoir, démontrant que, dans l’espace un peu hors les murs, et le temps, que constitue une scène de théâtre, en l’occurrence la salle polyvalente de la prison, on peut créer d’autres mondes, donner à voir d’autres choses, donner à penser différemment.

C’est une vision du spectacle qui est offerte au public, une approche de ce que peut être le théâtre qui n’est pas sans rappeler les peintures de l’âge d’or flamand où la scène principale donnait à apercevoir autre chose, quelque part dans le tableau, dans un miroir ou le reflet d’une vitre...

C’est dans un Théâtre 13 /Jardin tout neuf que vous pouvez applaudir cette intelligente création.




Frédéric Arnoux ©

 

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09:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/03/2017

Le serment d'Hippocrate de Louis Calaferte

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THEATRE 14

 

20, Avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€ - 26ans : 11€

 

 

( Création le 5 juillet 2014, Festival d'Avignon, OFF )

 

jusqu'au : 22 AVRIL 2017

 

Mercredi & Jeudi à 19h

Vendredi & Mardi à 20h30

Samedi, 16h & 20h30

 

 

Mise en scène : Patrick PELLOQUET

 

 

avec Gérard DARMAN (Papa) - Pierre GONDARD (Dr Blondeau père) - Patrick PELLOQUET (Lucien) - Christine PEYSSENS (Madeleine) - Yvette POIRIER (Bon Maman) et Georges RICHARDEAU (Dr Blondeau fils)

 

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" Le poumon, le poumon vous dis-je " …

 

mais " ça, c'était avant " dans une autre pièce.

 

Or précisément, pendant qu'ils déjeunaient tous dans la pièce d'à côté, Bon Maman ( Yvette Poirier ) est tombée du canapé sur lequel elle était allée se réfugier, n'ayant pas faim.

 

Sa fille Madeleine ( Christine Peyssens ) la découvre par terre.

 

Grosse panique ! Elle appelle son époux, Lucien ( Patrick Pelloquet ) à la rescousse. Réaction de l'intéressé : " qu'est-ce qu'elle fait là ? " … Ils parviennent en joignant leurs efforts à remettre l'ancêtre sur le canapé, laquelle s'obstine à rester aux abonnés absents.

 

Que faire pour la ranimer ? Quelques gifles, peut-être ? Chamailleries conjugales. Mieux vaut solliciter le médecin de famille. Pas de chance, ce dernier est à la chasse, il faudra donc se contenter d'un remplaçant.

 

Le père du mari  ( Gérard Darman ) quant à lui, fera pendant ce temps là, des apparitions ponctuelles, uniquement préoccupé de la poursuite du repas. On apprend que se goinfrer est pour lui une habitude, sans doute pour oublier qu'il est sourd ?

 

Le caractère joyeusement sarcastique de la pièce va passer à la vitesse supérieure à l'arrivée du médecin de remplacement, le docteur Blondeau ( Pierre Gondard ) homme d'expérience dont le diagnostic fera plus que friser le péremptoire.

 

C'est un spécialiste des intestins et de gré ou de force ses patients doivent présenter les symptômes qui se rattachent à cette partie de l'anatomie.

 

 

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Juste avant son arrivée, Bon maman avait refait surface et prétendait se sentir parfaitement bien. Sans ménagements, le praticien l'examine, la palpe, la tourne et retourne comme une crêpe et la patiente toujours persuadée qu'elle n'a strictement rien, collabore peu. Un traitement d'un mois lui sera imposé.

 

Le couple que forme Madeleine & Lucien fait partie de cette grande majorité de gens pour qui une parole de médecin équivaut à une parole d'évangile. Si le médecin l'a dit, c'est que c'est vrai. Sinon, pourquoi aurait-il fait des études aussi longues ? … Donc, il convient d'approuver. Après le départ de ce dernier, nouveau coup de sonnette et pour la patiente le cauchemar va recommencer.

 

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( photos : LOT ) 

 

 

Sachez que le rôle du second médecin, fils du premier est interprété par Georges Richardeau et que - si le diagnostic diffère - les méthodes du fils ressemblent étrangement à celles du père.

 

Consciente de vous en avoir déjà trop dit, je vous laisse découvrir la suite qui n'est qu'une succession de situations tragi-comiques susceptibles de faire rire jaune tous les spectateurs du 3ème et 4ème âge. Louis Calaferte maniait l'humour de façon incisive et l'auteur a dû s'amuser comme un fou en écrivant cela. ( se venger un peu de la médecine, également )

 

 

Une mention spéciale pour Yvette Poirier qui durant toute la durée du spectacle, faisant preuve d'une grande souplesse, est dispensée de gymnastique matinale grâce à ce rôle dont elle s'acquitte avec une drôlerie incroyable !

 

Je connais un hypocondriaque qui est ressorti du théâtre complètement guéri, ayant juste failli se péter la rate !

 

 

Simone Alexandre

 

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09:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/03/2017

Michael KOHLHAAS L'homme révolté d'après Heinrich von Kleist

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THEATRE ESSAION

 

6, rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

les lundi & mardi à 19h45

 

 

 

jusqu'au : 27 JUIN 2017

 

Durée du spectacle : 1h10

 

Gilbert Ponté : seul en scène

 

 

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L'action se déroule dans la région de Dresde au XVIème siècle.

 

Histoire d'un homme à qui jusque là, tout a réussi, qui vit droit dans sa tête ayant fondé une famille, possédant des chevaux dont deux particulièrement superbes et racés mais qu'il s'apprête toutefois à aller vendre au marché parce que c'est la règle. Il espère seulement en tirer un bon prix, souhaitant que ses deux favoris deviendront comme ils le méritent des chevaux de parade.

 

Le démarrage de l'action se situe à la fin du mois de novembre et il tombe une pluie fine et pénétrante ce qui le contrarie beaucoup eu égard à la beauté du pelage des bêtes en question. Son troupeau comporte 40 têtes qu'il mène en direction de Dresde.

 

Brusquement, surgit un obstacle sur la route barrée par un arbre couché. Des hommes d'armes surgissent alors, exigeant un laisser passer. A partir de ce moment là, le destin de Michael Kohlhaas bascule irrévocablement.

 

Confronté à une suite de complications et surtout à un sentiment d'injustice, cet homme sombrera peu à peu dans la subversion, entrainant les autres à sa suite pour enfin mettre le pays à feu et à sang.

 

Debout, seul en scène, caracolant à la tête de cette armée qu'il a levée et parvient à nous faire voir, Gilbert Ponté est ce révolté, cet éleveur de chevaux, qui contrarié deviendra brigand et meurtrier. Nous sommes bien loin ici de St-François d'Assise mais le propre d'un comédien n'est il pas d'incarner des personnalités aussi diverses qu'opposées ?

 

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( photos : La Birba Compagnie )

 

 

L'art du monologue est la discipline la plus rigoureuse qui soit. C'est un peu comme danser au bord d'un précipice … Le comédien est seul à gérer le texte et l'espace dans lequel il s'est investi avec pour seules armes sa voix, sa gestuelle et la maîtrise de son texte. Gilbert Ponté rompu depuis longtemps à cet exercice est devenu orfèvre en la matière !

 

Le destin tragique de Heinrich Von Kleist sans cesse en mouvement, qui fuyait d'une ville à l'autre l'abîme qui était en lui est par le biais de ce personnage poussé ici au paroxysme. L'exagération de sentiments, son besoin intransigeant de vérité entraîneront inexorablement ce héros à l'amoralisme guerrier or l'auteur n'était-il pas lui-même un prussien ?

 

C'est donc à la représentation d'un acte de bravoure auquel vous êtes conviés et pour cela il vous suffira de prendre le chemin qui mène à l'Essaïon.

 

  

Simone Alexandre

 

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09:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent