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10/06/2019

L'incroyable rencontre Antoine Vitez - Jean-Paul II de Jean-Philippe Mestre

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 18h30

dimanche à 15h

 

THEATRE NOIR, durée : 1h05

 

 

Mise en scène : Pascal VITIELLO

 

 

avec : Michel BOMPOIL & Bernard LANNEAU

 

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Rencontre extraordinaire et unique entre le pape Jean-Paul II et le nouvel administrateur du Théâtre Français : Antoine Vitez, en ce 28 Juillet 1988 juste après la représentation du " Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc " de Charles Péguy, laquelle eut lieu dans les jardins de Castelgandolfo.

 

Pourtant, tout opposait les deux hommes.



L'un était le pape qui finira son pontificat en martyr, ne tenant plus debout que cramponné à sa croix ce, à un tel point qu'on ne savait plus qui portait l'autre, lequel sera canonisé en 2014 devenant ainsi, St-Jean-Paul II.

 

Son vis-à-vis, marxiste notoire, fils d'un anarchiste dont la pensée exigeante, en constante évolution avait choisi de monter cette pièce écrite par un croyant fervent, de même qu'il avait au préalable et à diverses reprises fait de même concernant Paul Claudel avec " Le Partage de Midi " et " Le Soulier de Satin "



Or, c'était un athée convaincu.

 

Nous allons donc assister à cette rencontre-discussion dont Jean Philippe Mestre fut témoin, dialogue brillant entre deux êtres dont les convictions s'opposaient mais qui nourrissaient cependant le plus profond respect, l'un pour l'autre.

 

Il serait réducteur de dire que c'est à un duel à fleurets mouchetés auquel nous allons assister car si les accusations - ô combien justifiées - du directeur de théâtre concernant la politique parfois contestable de l'Eglise ( se souvenir de l'Inquisition, de l'élimination des Cathares, des conversions imposées aux juifs ) en revanche, l'habileté dialectique du pape et parfois les évidences émises au sujet de la Science qui croit détenir la vérité pour adopter une thèse inverse quelques années plus tard sont d'une confondante réalité.

 

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( photos : LOT )

 

 

Or quelque soit le camp que nous avons choisi, force est de reconnaître que ces deux personnages hors normes se trouvent chacun " in the right place " et que quelque puisse être la durée de la discussion, s'il est évident que l'on ne convainc jamais personne en dépit du niveau auquel se situe la discussion, participants et assistants en tirent un subtil plaisir, le même qu'avaient sans doute nos chevaliers d'autrefois à briser pacifiquement quelques lances face à ceux qui assistaient au tournoi.

 

Michel Bompoil et Bernard Lanneau excellent à ce subtil exercice pour lequel s'affrontent chaque jour et presque par mégarde nos actuelles civilisations composées de croyants et incroyants mâtinés d'une proportion d'agnostiques mais seul, le nivellement ou le triomphe d'une pensée unique est à craindre.

 

Et puis ne dit-on pas qu'en fin de compte, " Dieu reconnaîtra les siens " ? ... Amen !

 


Simone ALEXANDRE

 

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Jean-Paul II " cramponné à sa croix " ...

15:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/06/2019

Le jour qui vient de Christian Giudicelli

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 14 à 28€

 

https://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 19h30

 

jusqu'au : 29 JUIN 2019

 

 

Mise en scène : Jacques NERSON

 

 

avec Léa DAUVERGNE, Mélik DRIDI,

Marlène GENISSEL, Muriel GAUDIN, Marie NEGRE, Angelo PATTACINI, Roman TOUMINET

 

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Un tableau noir, un mini-piano, un mini-vélo, quelques marionnettes, les moyens du bord … C'est l'été, les vacances et par voie de conséquence, la disponibilité, l'époque des rencontres et des amours éphémères.

 

L'action se déroule dans une station balnéaire située en bordure de Méditerranée.


Il sont six, chacun ayant une vingtaine d'années plus Muriel, la mère de l'un d'eux, laquelle arbore la cinquantaine triomphante, persuadée ( et elle a raison ) de n'en paraître que quinze de moins. Elle reste donc tout comme eux, accessible aux rencontres ...

 

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Cela tombe bien puisque son fils vient de lui présenter un copain, discret, timide et apparemment sensible à son charme. Poli, il ne la démentira pas. D'autant qu'il n'en a nulle envie. Disons qu'il se laisse porter par les circonstances !

 

Nous ne tarderons pas à apprendre qu'il a eu une aventure avec le fils de la dame en question et qu'il s'était peut-être un peu trop attaché à son partenaire …

Il constatera qu'à contrario, certains vivent des expériences qui n'ont nulle prise sur eux.

 

A cette amitié masculine vient s'ajouter une autre, féminine cette fois entre une infirmière et une apprentie-comédienne qui ne se comprennent pas toujours, forcément : leur univers est si différent.

 

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Nous ferons également la connaissance d'une fugueuse à bicyclette et d'un migrant hanté par Rimbaud.

 

Les marionnettes sont là, symboliquement et chacun cherche confusément ce qui pourrait devenir son destin mais n'est en réalité que le fruit du hasard car tout peut arriver, le temps d'une nuit pour peu que l'on accepte de croire en l'autre que l'on ne connaît pas et que peut-être on ne connaîtra jamais ? ...

 

Il fallait à ces jeunes comédiens beaucoup de souplesse pour jouer à tour de rôle la partition qui leur était confiée. Est-ce un jeu collectif du mensonge ou de la vérité ? Qui pourrait le dire ? - mais qu'importe - comme le précise Christian Giudicelli, " ce n'est pas le résultat qui compte, mais le risque qu'ils ont pris. "


Le courage de la tentative qui permet tout simplement de vivre sa vie.

 

Cette pièce fut ( nous dit-on ) écrite rapidement, en l'espace de trois semaines et le rythme se devait donc d'être enlevé, au diapason de ce vécu volatil à l'extrême car c'est ainsi que l'on apprend parfois à vivre les expériences que la vie nous réserve.

 

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( photos : Christophe Raynaud de Lage )

 

 

Plus tard, sans nul doute, ces comédiens conserveront un souvenir ému de ces instants vécus ensemble, de ce texte écrit tout spécialement pour eux, auquel les spectateurs séduits et avides d'en savoir plus, apportèrent leur totale disponibilité.

 

La mise en scène de Jacques Nerson compose pour nous ce paysage estival et nocturne par touches successives rapides, subtiles et colorées.

 


Simone ALEXANDRE

 

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16:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/06/2019

Mademoiselle Julie d'August Strindberg

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THEATRE de L'ATELIER

 

1, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

( M° Anvers )

 

 

LOC. 01 46 06 49 24

 

 

http://www.theatre-atelier.com/

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 15h

 

Durée : 1h20

 

jusqu'au : 30 JUIN 2019

 

 

Traduction : Terje Sinding

 

Mise en scène : Julie Brochen

 

avec,

 

Anna Mouglalis : Mademoiselle Julie

Xavier Legrand : Jean

Julie Brochen : Kristin

 

 

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" Tragédie naturaliste " c'est ainsi que l'auteur qualifiait sa pièce ; drame expressionniste répondront certains et ce texte fera scandale à sa sortie, sera même boudé par les directeurs de théâtre suédois durant 20 longues années.


La forme d'expression de Mademoiselle Julie cette moderne amazone, dérangeait en cette fin de XIX ème siècle !

 

Or le féminisme était à l'ordre du jour mais Strindbergh s'opposera violemment à ce mouvement et à Ibsen en particulier en écrivant la même année que Mademoiselle Julie ( 1888 ) une parodie de " Maison de Poupée " intitulée " Camarades ".

 

L' intention de Strindberg était de mettre en scène ce

" combat des cerveaux " , lutte des classes et des sexes qui finira en meurtre psychique car avant Antonin Artaud, c'est un théâtre de la cruauté qu'il développe ici, lui le disciple de Kierkegaard, également grand admirateur de Nietzsche.

 

Anna Mouglalis interprète le rôle-titre en prêtant au personnage son timbre de voix si particulier, d'une gravité surprenante qu'auraient pu lui envier bien des tragédiennes du début du siècle dernier. Sa haute taille vient conforter l'impression qu'elle donne de jeune femme dominatrice qui s'efforce de surmonter toutes ses failles …

 

Après la disparition de la mère, le père de Mademoiselle Julie restait seul face à cette sauvageonne capricieuse qui jouait au garçon manqué. Ce n'est certes pas par hasard si la metteur en scène : Julie Brochen eut l'idée d'intercaler les textes chantés par Gribouille à la voix grave - elle aussi - et d'un expressionnisme tout particulier.

 

" Dieu Julie " revêt une étrange coïncidence même si certains pourront se déclarer dérangés par la curieuse compétition qui intervient entre le texte de Strindberg et la chanteuse au destin tragique.

 

Xavier Legrand est Jean, ce laquais ambitieux qui rêve d'une autre vie tout en faisant reluire les bottes du comte. Napoléon disait qu'il faut prendre appui sur l'obstacle pour le surmonter et c'est exactement ce qu'il fera jusqu'au machiavélisme.

 

Enfin, Julie Brochen est Kristin à qui notre metteur-en-scène / interprète fournit sa belle solidité et sa logique, faisant contraste avec ces deux funambules qui jouent leur va-tout en l'espace d'une nuit.

 

La règle des trois unités est ici en cette pièce ( la plus courte des 58 écrites par l'auteur ) rigoureusement respectée. Il est une autre règle qui cependant sera volontairement enfreinte tout à la fin, mais je ne puis vous préciser laquelle, à vous d'aller sur place le constater.

 


Simone ALEXANDRE

 

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19:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/05/2019

ANTIOCHE de Sarah Berthiaume

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PARIS-VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

75019 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Pantin)

 

LOC. 01 40 03 72 23

 

 

Pl. 16€ - T.R. 12€

- 30 ans, étudiants : 10€

 

 

http://www.theatre-paris-villette.fr/

 

du 21 au 25 MAI 2019

 

mardi, mercredi à 20h

 

jeudi, vendredi, samedi à 19h

 

Mise en scène : Martin FAUCHER

 

Scénographie : Max-Otto FAUTEUX

Vidéo : Pierre LANIEL

Musique originale : Michel F.COTE

 

avec Sharon IBGUI, Sarah LAURENDEAU,

Mounia ZAHZAM

 

 

Voici une Antigone revenue des Enfers laquelle porte ostensiblement sous sa tunique un jean déchiré. Le monde a t'il changé depuis 2500 ans ? En apparence seulement car les lois de la Cité demandent toujours à être respectées quelqu'en soit le prix.

 

Plusieurs dieux " unique " ont remplacé ceux de l'Olympe, chacun d'eux se voulant le seul valable et en conséquence, source de conflits mais pas seulement.
La notion d'idéalisme veut que si les Antigone sont rares, elles sont également éternelles, chaque génération en comportant son lot.

 

Antioche - antique cité des rois séleucides - devenue après bien des péripéties, ville turque jouxtant la Syrie, jadis point de départ de la célèbre route de la soie, frontière symbolique entre Orient et Occident, ville où s'arrêtaient tout récemment, ceux qui voulaient rejoindre l'Etat islamique. Qu'en est-il actuellement ? Bien malin celui ou celle qui pourrait le dire …

 

Inès et Jade appartiennent à l'époque actuelle ; mère et fille accompliront à vingt ans d'intervalle une démarche identique mais de façon radicalement opposée.
Inés avait fui le Moyen-Orient dans l'espoir de trouver la liberté en Occident et après une semaine de labeur se retrouve chaque vendredi soir, captive du petit écran.

 

A son tour, Jade écoeurée par le mode de vie dont elle a hérité veut accomplir le chemin inverse. Comme beaucoup, internet lui en fournira l'occasion. Le monde de la technologie plus ou moins avancée aura piégé l'une et l'autre ...

 

Symboliquement, dans un espace intemporel, les deux femmes vont se retrouver, chacune âgée de 16 ans, au moment précis où elles ont dû prendre la décision, partir étant la seule solution qu'elles ont trouvée car tout comme Antigone elles sont devenues des emmurées vivantes.

 

L'angoisse métaphysique les submerge alors qu'elles se heurtent à d'invisibles murs.
- Y a t'il quelque chose après ? Question à laquelle personne depuis la nuit des temps n'a jamais pu répondre mais qui hante chacun de nous, de la naissance à la mort.

 

Aussi vont-elles provoquer le réveil des dieux alors que l'Orient brûle et que l'Occident pourrit. Un feu purificateur se déclenchera que seules les larmes de ces femmes pourront éteindre.

 

Antigone - la vraie - assiste à tout cela avec une bienveillante ironie. C'est cela la leçon du passé.

Encore faut-il l'entendre et pour cela, savoir écouter !
Jadis Antigone s'opposa à Créon et maintenant les filles s'opposent naturellement à leur mère, c'est ce que d'aucuns nomment le fossé des générations.

 

Combien d'actuels Polynice sont morts lors de ces conflits qui perdurent sur cette terre alors que les dieux actuels détournent leurs regards de toutes les exactions commises ? A moins que Nietzsche ait eu raison en affirmant que " Dieu est mort " ? Est-ce bien lui que les romains ont crucifié ?

 

Cette pièce a le mérite de nous amener à réfléchir au delà de notre petit confort occidental actuel. Pour le Paris-Villette la dernière tombe hélas, le 25 MAI.


En revanche, ceux qui iront au festival d'Avignon pourront la voir du 5 au 26 juillet au 11 Gilgamesh Belleville

situé 11 boulevard Raspail 84000 AVIGNON -
Téléphone : 04 90 89 82 63

 

antioche

 

Je ne saurais trop vous conseiller d'y aller car ce spectacle est mené de main de maître, le tout pimenté par l'accent de nos cousins de " la belle province."

 


Simone ALEXANDRE

 

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