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14/11/2019

Louise au parapluie d'Emmanuel ROBERT-ESPALIEU

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Théâtre du GYMNASE

MARIE BELL

 

38, boulevard de Bonne Nouvelle

 

75010 PARIS

 

 

 

( M° Bonne Nouvelle )

 

LOC. 01 42 46 79 79

 

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mardi et mercredi à 20h

jeudi, vendredi, samedi à 21h30

dimanche à 15h30

 

Texte et mise en scène : Emmanuel ROBERT-ESPALIEU

 

avec : Myriam BOYER, Prune LICHTLE et Guillaume VIRY

 

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( photo : Yacine Fort Starface )

 

 

Nous sommes en automne, et nous n’apprendrons rien à personne si nous affirmons qu’il pleut souvent.

C’est une raison de plus pour aller utilement s’abriter au théâtre et tout particulièrement pour aller applaudir une pièce charmante, intitulée « Louise au parapluie » dans un texte et une mise en scène de Robert Espalieu, dans la petite, et très jolie, salle du Théâtre du Gymnase-Marie Bell.

 

Entièrement porté par la toujours émouvante Myriam Boyer, cette pièce à trois personnages raconte l’histoire de l’engagement soudain d’une ouvrière dans la vie de sa petite commune.

 

Bien entendu, elle ignore tout des règles d’un jeu dont on peut douter de la parfaite santé, mais en dépit de l’opposition de son fils blogueur ( Guillaume Viry, sympathique en diable ), qui craint surtout qu’on se moque de sa mère et avec les encouragements de ses copines d’atelier, représentées par la délicieuse Jacqueline

( Prune Lichtlé, épatante ), Louise s’engage et se mue en une nouvelle femme, sortant de sa cuisine, très vintage, pour entrer de plain-pied dans son époque.

 

Il y a dans cette pièce une humanité et une bonté qu’on ne croise que rarement sur les scènes, plus enclines à dénoncer bruyamment, à gémir et se plaindre sur la dureté des temps.

 

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 ( photo : Jeremy Mathur )

 

 

Louise, d’un coup, et parce que son fils, ancien sportif, se recycle dans l’image internet, en ayant créé un blog sur lequel ses « followers » peuvent s’enthousiasmer de ses apparitions tarifées - en tout bien tout honneur - a l’idée que la bataille électorale est peut être aussi faite pour elle. Et elle s’engage, pour tenter d’améliorer la vie de ses concitoyens, bien qu’elle dise ne pas aimer le mot, qui évoque néanmoins la vie en commun.

 

On ne peut pas ne pas penser à la chanson de Brassens « un p’tit coin d’parapluie, contre un coin d’paradis, elle avait quelque chose d’un ange », tant Myriam Boyer donne à sa Louise (« l’amour qui tenait Louise, c’est le Bon Dieu qui le donnait »- chanson superbe du regretté Gérard Berliner) un éclat particulier. Naturellement elle croisera des moments de doute, des instants de dépression mais tout rentrera dans l’ordre et son engagement ne sera pas vain.

 

Le sous -titre de cette jolie pièce pourrait tenir dans la citation de Guillaume d’Orange Nassau: « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ». C’est une sorte de portrait de notre société, avec ses maux modernes – l’individualisme, le monde 2.0, la modernité apparente, et la vie courante, faite de relations directes plus ou moins franches, plus ou moins aimables, couronnée de succès relatifs et de défaites minuscules.

 

De dadame tranquille un peu mémère, Louise ( qui n’est toutefois pas Louise Michel ! ) devient une femme avec laquelle il faut compter, au-delà de son cercle familial.

 

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( photo : Jeremy Mathur )

 


Cette prise de conscience, cette empathie, ce sens du collectif nous sont éminemment aimables ! Un peu comme dans une chanson oubliée d’Edith Piaf ( Marie trottoir ) Louise pense à tout « même à nous mettre à l’abri ». Et c’est ce qui la rend si belle, si attachante, qui lui donne sa force et son entrain, qui viendra à bout de la gêne de son fils, qui décidera de mettre ce qu’il sait faire au service de sa mère e t de ses projets.

 

C’est un joli texte vraiment, plein d’humour, plein de lucidité sur nous- mêmes, et nous rions de nos défauts, lucides que nous sommes devenus soudain , grâce à des personnages si tendres, si unis, si aimants qui nous sont donnés à applaudir.

 

C’est à un moment gracieux auquel vous êtes conviés en allant découvrir « Louise au parapluie », une des jolies surprises de cette fin d’année, et pour tout dire, de la saison. Avec une mention particulière pour Myriam Boyer, son lumineux sourire, toujours magnifique, quoi qu’elle joue.

 


© Frédéric ARNOUX

 

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12:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/11/2019

Le 20 Novembre de Lars Norén

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La Flèche Théâtre

 

77, Rue de Charonne

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Charonne, Ledru-Rollin,

Faidherbe-Chaligny)

 

LOC. 01 40 09 70 40

 

Pl. 20€ T.R. 15€

 

https://theatrelafleche.fr/

 

Chaque vendredi à 19h

 

 

jusqu'au : 29 NOVEMBRE 2019

 

 

Mise en scène : Laurent FRESNAIS

 

 

avec : Cédric WELSCH

 

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Lars Norén s'est spécialisé dans le théâtre coup de poing en analysant une société qu'il nous jette à la figure puisque ce constat est bien la conséquence de ce que nous sommes, même si nous ne l'avons pas voulu.

 

Comme bien souvent, le fait s'est déclenché prioritairement aux Etats Unis pour poursuivre sa course en Europe puisque décidément nous passons notre temps à singer ce qui se passe outre Atlantique  ...

 

L'exemple n'est pourtant pas particulièrement édifiant mais peut se produire n'importe où, sous n'importe quel prétexte, dans un lycée, un collège ou à l'université.

Il ne suffit pour cela que d'une frustration ayant cruellement froissé un être narcissique, avec à la base une bonne dose de paranoïa et le processus est enclenché.

 

Cette fois, le drame s'est déroulé en Allemagne, le 20 novembre 2006 date à laquelle Sébastian Bosse a " pété les câbles " comme on dit.

 

Des années de rancoeur, mal digérées, soigneusement entretenues ont permis que cette grenade humaine se dégoupille brusquement. Or tout fut longuement préparé, prémédité. L'homme une fois adulte, persuadé qu'il est un raté intégral va retourner sur les lieux de son enfance afin de se venger de ce qu'il a vécu.

 

A ses yeux, nous sommes tous coupables. Sauf lui, évidemment : le bourreau-victime. ( depuis Hitler, on connaît ça ) L' Histoire n'est-elle pas un éternel recommencement ? ...

 

Le personnage est donc enfermé dans cet état obsessionnel, mais Cédric Welsch va l'aborder d'une façon particulière en prenant le public à témoin, mieux en l'impliquant directement.

 

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( photos : Marie CHARBONNIER )

 

 

Ce n'est plus un fou en plein délire que nous avons sous les yeux mais un être qui raisonne, qui analyse le monde dans lequel nous vivons, qui dénonce la stupidité de l'existence telle que nous la subissons. A ses yeux, de l'enfance à la mort nous sommes des aliénés. La vie n'a aucun sens, aucune signification.

 

Les Autres ne sont que des frimeurs pour lesquels seule la société de consommation prime, en dehors de toute notion de Liberté. Alors pour lui, l'heure est venue et il va se prendre pour l'Ange exterminateur.

 

Interpréter un tel rôle est une rude épreuve pour un comédien mais dans ce presque corps à corps avec le public, cet interprète fournit une dimension supplémentaire au texte qui déjà lui-même, n'est pas anodin.

 

Quand le personnage quittera les lieux pour accomplir ce qu'il considère être son destin nous resterons sans voix, tétanisés, impuissants à intervenir, exactement comme dans la vraie vie, preuve que l'auteur a cherché ici à trancher un noeud gordien qui hélas, n'est pas prêt de se dénouer.

 

Vous avez encore jusqu'au 29 novembre pour découvrir ce monologue interprété de façon remarquable par Cédric Welsch et mis sobrement en scène par Laurent Fresnais. Ne manquez surtout pas ce rendez-vous.

 


Simone ALEXANDRE

 

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14:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/11/2019

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson

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THEATRE de la HUCHETTE

 

23, Rue de la Huchette

 

75005 PARIS

 

 

(M° St-Michel)

 

LOC. 01 43 26 38 99

 

Pl.26€ -25 ans : 18€

 

http://www.theatre-huchette.com/

 

du mardi au vendredi à 21h

samedi à 16h

également à 21h à partir du 7 décembre ...

 

 

mise en scène et jeu : William MESGUISCH

 

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( photo : LOT )

 

 

Sylvain Tesson a voulu rompre un temps ( six longs mois quand même ! ) avec l'agitation des villes. Il s'est donc installé dans une cabane sibérienne située en bordure du lac Baïkal. Pour aborder l'épreuve, il a choisi la période la plus rigoureuse, entendez février, là où le thermomètre descend à moins trente degrés !

 

L'habitation construite en rondins mesure 3 mètres sur 3, possède un poêle en fonte qui deviendra l'axe du monde autour duquel la vie devra s'organiser. Un lit à une place, une table collée à la fenêtre comme le font les slaves qui peuvent rester ainsi durant des heures, le regard rivé aux carreaux, ce qui n'est pas plus bête que de faire de même face à une télé.

 

De nombreux livres ont été emportés, précisément ceux que l'agitation de la ville condamnait à la procrastination et qui n'auraient peut-être jamais été lus sans cela ?

( Le plaisir de lire sans interruption étant rarement un luxe de citadin.)

 

Dix boites de paracétamol attendent le moment où leur rôle sera de contrer les effets de la vodka dont un important stock a été constitué.

Tolstoï préconisait quatre heures de travaux par jour afin d'être en mesure d'affronter les éléments et le poêle est vorace de rondins, il y a donc de quoi s'occuper.

 

Il faut exactement cinq heures pour rejoindre l'habitation la plus proche mais sur notre terre bruyante et surpeuplée, un tel havre de paix peut faire figure d'Eldorado !


La solitude est une reconquête qui justifie la jouissance des choses et une page blanche peut ainsi s'ouvrir à disposition, chaque jour.

 

Seul inconvénient, le lieu d'aisance est à 50 mètres de la cabane et par un froid sibérien : mieux vaut faire vite !

 

Parfois un ours rode à proximité mais pas question de le tuer, une fusée éclairante devrait suffire à l'éloigner ; il est chez lui, après tout. Sans ordinateur, la pensée se refait une virginité et le thé brûlant aide la survenue des réflexions.

 

Quand au bout de quelques mois les réserves de nourritures seront épuisées, il conviendra de creuser un trou dans la glace afin de pêcher les quelques poissons qui voudront bien se laisser attraper et constituer ainsi une sobriété luxueuse  ( sic ) améliorée par la combustion de quelques cigares, cet encens profane ...

 

Une mésange viendra parfois en visite, illuminant ainsi l'après-midi.

 

Bien sûr, l'ermite ne restera pas toujours enfermé, il décidera d'aller rendre visite à Volodia le garde-chasse dont l'isba est située à 15 km de là tout au nord. Il chaussera alors ces indispensables crampons et prendra résolument la route, face au vent.

 

D'autres fois des visiteurs viendront sans prévenir, pénétrant brusquement dans le lieu où des orgies de vodka seront de mise. C'est la coutume de bienvenue ...



William Mesguich nous prouve si besoin était que cette forme d'expression ( le monologue ) ne se justifie que par l'excellence. Sa parole est claire, l'intention précise et il n'est certes plus besoin de faire l'éloge de son indéniable présence scénique. Sylvain Tesson ne pouvait donc rêver meilleur interprète.

 

S'isoler dans le froid sibérien n'est pas à la portée de tout le monde. Le théâtre de La Huchette nous en offre la possibilité ( virtuelle bien sûr et bien au chaud ) alors si vous rêvez de grands espaces, très paradoxalement ce petit lieu grâce au double talent de l'auteur et du comédien vous en fournira la superbe illusion.

 


Simone ALEXANDRE

 

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09:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent