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25/09/2020

Les pieds tanqués de Philippe CHUYEN

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THEATRE DOUZE 

Maurice Ravel

 

6, avenue Maurice Ravel

 

75012 PARIS

 

 

 

(M° Pte de Vincennes, Bel-Air ou Pte Dorée)

 

 

Loc. 01 44 75 60 32

 

 

du 24 Septembre au 11 Octobre 2020

 

 

LES PIEDS TANQUES

- quand les mémoires s'entrechoquent -

 

 

du jeudi au samedi à 20h30

 

samedi et dimanche à 15h30

( en extérieur sur le boulodrome)

 

 

Texte et mise en scène : Philippe CHUYEN

 

avec,

 

Mourad Tahar Boussatha ( dans le rôle de Yaya, le français issu de l'immigration algérienne )

 

Philippe Chuyen ( dans le rôle de Monsieur Blanc, le parisien )

 

Gérard Dubouche ( dans le rôle de Zé, le pied-noir )

 

Thierry Paul ( dans le rôle de Loule, le provençal " de souche " )

 

 

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Quelle joie de pouvoir retourner au théâtre, et dans des conditions parfaites de sécurité sanitaire, joie décuplée par le plaisir que nous procurent ces « Pieds tanqués » aux allures de vacances prolongées.

 

C’est quelque part en Provence en un lieu jamais nommé, où trois gaillards se retrouvent pour une partie de boules, moment propice aux discussions, aux moqueries, aux chamailleries bien que la règle du jeu voulût qu’on respectât le silence. Mais comment faire taire des méridionaux, qui, de surcroît, voient arriver dans leur jeu un parisien à priori pétri de conventions et caricatural au possible ?

 

On peut penser que ces joueurs sont des archétypes : Loule (Thierry Paul) le local pur sucre de l’étape, Zé (Gérard Dubouche) le pied-noir nostalgique, Yaya (Mourad Tahar Boussatha) le jeune Français d’origine algérienne et Monsieur Blanc (Philippe Chuyen, qui a également écrit et mis en scène cet épatant spectacle), le Parisien récemment arrivé.

 

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Chacun a son histoire, chacun a ses peines, ses regrets, ses déceptions et ce qui frappe un peu, c’est que personne ne semble avoir de perspective…

 

Il sera beaucoup question de la nostalgie, de la douceur des temps anciens, de la mémoire d’Albert Camus, mais curieusement pas de chansons, pas de musique, de traditions populaires, de fêtes, hormis le souvenir d’anciennes odeurs de plats, de saveurs pas totalement oubliées.

 

Face à Loule qui, issu d’une famille communiste, semble verser tangiblement dans un protectionnisme exacerbé, mais dont l’attitude et la vie démentent le discours, peu établi et incertain, le chagrin de Zé qui a dû, enfant, quitter le pays qu’il continue de revendiquer et qu’il garde au cœur, Yaya se pose en agent provocateur qui tente de justifier les actions de ses aînés pour sortir son pays de la colonisation.

 

Monsieur Blanc, qui n’est pas sans évoquer la pignouferie du Monsieur Brun de Pagnol, sans pour autant que Philippe Chuyen soit tombé dans cette littérature d‘instituteur, joue quelque peu le trublion en reconnaissant des faits de la part de son père qui pourront mettre en délicatesse ses relations éventuelles avec son équipe de nouveaux amis.

 

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Mais des cris parfois, des fâcheries qui ressemblent beaucoup à des bouderies enfantines, passagères et peu fondées, sort néanmoins un message de respect mutuel et d’affection partagée. D’un passé dont nul survivant n’est responsable faisons tabula rasa.

 

Cela n’est pas sans évoquer le moment pénible d’actualité que nous vivons avec les tentatives de ré écriture de l’histoire à l’aune de ce que certains voudraient qu’elle eût été, raisonnement bâti à la hâte sur des critères moraux aussi douteux qu’injustifiés.

 

Si une chanson de l’époque, interprétée par Doris Day, disait « Que sera sera », il n’en demeure pas moins que ce qui a été fut.

 

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( photos : Jérôme QUADRI )

 

 

Ce spectacle bien écrit, interprété magnifiquement par quatre comédiens tenant chacun leur rôle avec tact, pudeur, empathie est un joli moment pour cette difficile rentrée et le message d’espoir final, l’idée superbe qui est évoquée est une lueur de clarté dans cet automne naissant.

 

C’est au théâtre 12, à Paris, belle salle, beau spectacle, que demander de plus ?

 

Frédéric ARNOUX ©

 

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10:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/03/2020

UN ESPOIR, les trois reflets d'une adoption de Wendy Beckett

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ATHENNE THEATRE

LOUIS JOUVET

 

7, rue Boudreau

 

Square de l'Opéra

Louis Jouvet

 

75009 PARIS

 

( M° Opéra )

 

LOC. O1 40 03 72 23

 

https://www.athenee-theatre.com/

 

Mardi à 19h

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h

 

 

du 4 au 20 MARS 2020

 

 

Ecrit et mis en scène par Wendy BECKETT

 

 

Traduction : Dominique HOLLIER

 

avec Hélène BABU, Christine GAGNEPAIN et Rebecca WILLIAMS

 

 

 

La perfection est-elle concevable en ce monde ? …

Nous croyons tous faire de notre mieux avec les moyens du moment.

 


Peut-on blâmer cette femme qui a eu un enfant trop tôt et n’a pu l’élever ?  Elle traînera cette culpabilité sa vie durant.

Au moins n’a t’elle pas recouru à une «  faiseuse d’ange «  !

 

Ensuite, il a fallu se reconstruire, créer un semblant d’ordre au moyen de ce puzzle désarticulé.

 

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Quelque part - ailleurs - une autre a pris le relais, remplaçant la mère biologique tout en se reconstruisant elle-même aussi. Deux situations problématiques avec l’enfant devenue adolescente, laquelle n'a que trop tendance à éprouver un sentiment de manque, en dépit de tout ce qui lui est fourni.

 

Voici donc trois portraits de femmes, trois caractères féminins que le Sort n’a pas épargné.

 

Minette ( Hélène Babu ) est une splendide quadragénaire qui vit avec cette fillette adoptée. On comprend qu’elle n’a jamais pu engendrer et qu’elle continue à chercher l’homme idéal sans parvenir à le trouver.

 

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Afin de gagner sa vie et celle de la jeune fille, elle invente des modèles de robes qu’elle réalise elle-même. Ensuite pour s’étourdir, elle sort le soir ( trop souvent ) avec l’ami du moment, au grand dam de Deidre ( Rebecca Williams ) qui cherche à la retenir auprès d’elle, se sentant abandonnée et jalousant ces sorties.

 

Un personnage fantomatique va ponctuellement ( pour nous ) faire son apparition, ayant troqué son nom initial pour celui pour le moins inquiétant de Harpie. Elle fouille alors dans la poubelle de ses souvenirs … Elle envoie des lettres aussi, tant à Minette qu’à Deidre, perturbant l’une et l’autre par ses interventions.

 

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Mère et fille sont souvent en conflit et ici le problème est triangulaire bien que l’une des deux adultes soit absente.

 

Comme toujours, Wendy Beckett excelle à brosser les caractères, à analyser les situations, à flirter avec l’étrange, le presque fantastique, parfois ...
Ce drame car c’en est un, nous prend littéralement aux tripes. L’auteure saura habilement convoquer conciliation et sérénité le moment venu.

 

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( photos : Julian Villalba )

 

 

Une fois la pièce terminée, les personnages ne nous auront pas quittés et nous accompagneront encore longtemps …

 

C’est la troisième fois que cette auteure est jouée en ce lieu, mise en scène par elle-même et il convient de féliciter L’Athénée Théâtre de ce choix.

 


Simone ALEXANDRE

 

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15:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/03/2020

TOUTE NUE, variation Feydeau Norén

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Théâtre PARIS-VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

Parc de la Villette

 

75019 PARIS

 

 

 

LOC. 01 40 03 72 23

 

Pl. de 8 à 20€

 

https://www.theatre-paris-villette.fr/

 

 

Durée : 1h 15 - Création 2019 -

 

du mardi au jeudi à 20h

vendredi à 19h

samedi à 20h

dimanche à 15h30

 

Conception, mise en scène, dramaturgie,

 

Emilie Anna Maillet

 

( Cie : Ex Voto à la lune )

 

avec,

Marion Suzanne, Sébastien Lalanne, Matthieu Perotto, Denis Lejeune, Simon Terrenoire et François Merville,

( batteur )

 

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Feydeau / Norén : mariage incroyablement réussi entre la carpe et le lapin. Il fallait oser le faire ! …

C’était presque inimaginable or, force est de constater que ce fut une idée de génie. Feydeau n’est pas dépoussiéré mais carrément passé au karcher, sans rien effacer, bien au contraire, la cohabitation des textes ayant un impact inusité.

 

Le XIX ème siècle enfermait obligatoirement les femmes dans le rôle d’épouse soumise et forcément un peu bêtes comparativement à la suprématie du mari quel qu’il soit. Par voie de conséquence, les célibataires féminines étaient considérées comme des laissées pour compte ou de vulgaires gourgandines.

 

Mais qu’en est-il actuellement en certaines sphères ?

Il reste de bon ton qu’un homme politique soit marié et son épouse tout à la fois irréprochable et discrète.

De nombreux exemples se présentent à notre esprit ( pas toujours dans le bon sens ) …

 

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Emilie Anna Maillet a donc voulu situer cette histoire à notre époque où les médias ont quelque peu tendance à faire la pluie et le beau temps ; force est de constater que nos chasseurs de «  scoop «  ne sont jamais plus à l’aise que dans les tempêtes !

 

Clarisse ( Marion Suzanne ) est donc mariée au député Ventroux ( Sébastien Lalanne ) ce dernier lui demandant parfois de le représenter, quand ça l’arrange …
C’est ainsi qu’elle s’est vue confier la corvée d’assister à un mariage où il faisait une chaleur épouvantable.

La dame revient donc à son domicile avec l’intention de s’y mettre à l’aise.

 

Manque de chance, un média est annoncé et non des moindres puisqu’il s’agit du Figaro représenté par le très actif Romain de Jaival … ( Matthieu Perotto ou Simon Terrenoire )

 

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Dans le même temps, un ex-opposant politique, Hochepaix, ( Denis Lejeune ) devenu maire de Moussillon-les-Indre vient faire sa cour au député bientôt ministre et pourquoi pas futur président, afin d’obtenir une faveur de sa part.

 

Il s’ensuivra un échange burlesque de répliques à valeur de règlement de comptes.

 

La presque totalité des scènes se déroule sous l’oeil de Victor ( François Merville ) qui a troqué son emploi de domestique pour celui de batteur et intervient ainsi en contrepoint à l’action.

 

Clarisse en pleine crise de révolte va donc progressivement perturber la situation par ses entrées inopinées tout en se dénudant ostensiblement de plus en plus ... Or il se trouve que les fenêtres du lieu donnent en plein sur celles de Clémenceau ( adversaire redoutable puisque du même camp ) lequel va jouer au voyeur hilare.

 

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( photos : Maxime Lethelier )

 

 

Le spectateur quant à lui n’en perd pas une miette puisque des vidéos en direct lui permettent de voir ce qui se passe en coulisse, c’est à dire dans les autres pièces de la maison.

 

Le rythme est soutenu de bout en bout, ce texte à double provenance ayant fait l’objet d’un savant mixage créant un résultat tout à la fois subtil et explosif. C’est habile, joyeux, huile et vinaigre se mélangeant de façon savoureuse, ce spectacle est par conséquent un véritable délice.

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent