06.07.2008

MAÎTRE HAROLD d'Athol Fugard

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon 75018 PARIS

M° Marcadet-Poissonniers

loc. 01 42 52 09 14

Pl. 15€ - T.R. 10€

Du mardi au samedi à 21h.

jusqu'au : 12 juillet 2008 

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 PHOTO : " cie 273M "

Sans la musique et la danse, l'âme africaine ne serait ce qu'elle est. Ces deux modes d'expression lui ont permis de supporter les épreuves, sont même devenues une sorte de philosophie à part entière et parfois le lien avec d'autres peuples qui cependant peinent à acquérir ce degré de transcendance.
Athol Fugard connaît mieux que quiconque l' Afrique du Sud où un honteux apartheid régna jusqu'à une époque récente mais son discours n'est jamais manichéen. Il ne saurait cacher cependant que la patience n'est pas la qualité première des blancs, habitués à se procurer ce qu'ils désirent sans souffrir de retard. A contrario les deux boys de cette histoire sont habitués à se taire et supporter le sort qui est le leur. Pourtant des liens privilégiés existent entre le fils de la maison et ces deux là qui l'ont vu grandir. Nous restons néanmoins, le reflet d'une société qui a ses règles et ses prérogatives ce qui risque parfois de mettre à mal les expériences personnelles. Nous allons assister à ces échanges qui n'excluront pas les blessures morales. Cette histoire s'écoute avec le coeur sur un rythme de fox-trot et les personnages sont attachants au possible.
A ne laisser passer sous aucun prétexte !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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 A l'étage supérieur, une exposition de Klam qui par un dégradé allant du noir au blanc, fait parfois plus que penser à Goya ... avec un sens du mouvement inégalé. Prenez le temps de le découvrir car l'artiste mérite bien plus qu'un détour.

http://klam.skyrock.com/ 

  

25.06.2008

L'affaire de la rue de Lourcine de Eugène Labiche

LUCERNAIRE (Théâtre Noir)

53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 PARIS

Loc. 01 45 44 57 34

Pl. 20€ - TR.15€ - Enfants : 10€ 

www.lucernaire.fr

Du mardi au samedi à 18h.30

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Collaboration artistique : Benoît Lambert - Antoine Franchet 

avec Olivier Broda, Louise Jolly, Cédric Joulie, Anne-Laure Pons, Eve Weiss. 

Comment lui dire adieu de Cécile Slanka

LUCERNAIRE ( Théâtre Noir)

53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 PARIS

Loc. 01 45 44 57 34

Pl. 30€ - TR. 15€ - enfant : 10€ 

www.lucernaire.fr

Du mardi au samedi à 21h.30 

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Texte paru aux Editions Liana Levi

Mise en scène : Marie-Julie De Coligny

avec Olivier Broda et Anne-Laure Pons. 

 

Si vous avez l'intention de rompre (ce sont des choses qui arrivent ...) que vous soyez un homme ou une femme, inutile de vous camper face à votre glace afin de répéter les divers cas de figure qui se présentent à vous.
Courez vite au Lucernaire, vous pourrez ensuite choisir au milieu d'un flot d'échappatoires toutes plus diverses que variées.

Monsieur rentre du boulot et baille de façon explicite. Il s'assied et ouvre son journal. Symboliquement, Madame ceint son tablier. Plutôt que partager ensuite et chaque soir, la soupe à la grimace, ne vaut-il pas mieux se dire adieu ?
Les divers modes d'opération seront ensuite égrenés. Plus durable que la tirade des nez mais non moins humoristique, les mille et une façons de rompre vont être conjuguées (à deux voix) Dureté, férocité même, finesse, humour tout ce qui constitue les possibilités de rupture sont ici déclinées.

Visiblement, les deux comédiens s'en donnent à coeur joie et si bien sûr la formule s'avère à la longue un peu répétitive certains pourront en revanche " faire leur marché " parmi toutes ces possibilités offertes.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

14.06.2008

CONSERVATOIRE NATIONAL SUPERIEUR D'ART DRAMATIQUE

Les journées de juin du Conservatoire ...

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2ème année : Classe de YANN-JOE-COLLIN

LE CONTE D'HIVER de Shakespeare. 

dimanche 15 juin à 18h. et lundi 16 juin à 20h.

 

La mise en scène investit tout le lieu, scène et salle au moyen de multiples déplacements ce qui n'est pas pour déplaire à de jeunes acteurs qui ont un besoin quasi viscéral de bouger. Yann-Joël Collin a recours au travesti et c'est ainsi que Camillo sera joué par une comédienne affublée d'une immense moustache que le roi de Sicile lui arrachera délibérément dans le feu de l'action.
Comme chacun sait, ce qui différencie Shakespeare de tous, c'est la constante cohabitation du tragique et du comique or ici, la comédie vire à la farce et ce jusqu'au clownesque. Il suffit pour cela d'un accessoire complètement anachronique tel le port d'une fraise sur une salopette ou (autre travesti) Mamillius venant (elle-même) annoncer sa mort, affublée de lunettes. Le climat fleure bon la plaisanterie de potaches.
Bien entendu, nous aurons droit à ces sempiternelles projections devenues un quasi obligatoire prolongement au spectacle théâtral et là aussi, sur le mode burlesque.
Trois heures trente (avec entracte) d'enthousiasme débridé qui ont bigrement dépoussiéré la pièce, grâce à la traduction de ... (de qui, au fait ?) ...

 S.A.

 ... aux dernières nouvelles, cette " étonnante et agréable modernité " était signée : Bernard-Marie Koltès.

Tout s'explique !  

 

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Mathilde Bisson, Mathieu Sampeur, Sara Llorca, Lionel Dray, Sofia Teillet, Camille Pélicier-Brouet, Ghassane El Hakim, Frédéric Noaille, Pierre-François Garel, Carole Guittat, Julien Allouf. 

 

 

Elèves de 2ème année,

Classe de NADA STRANCAR

RODOGUNE de Corneille 

lundi 16 juin à 15h. - mardi 17 à 19h.30

mercredi 18 à 15 heures. Salle Jouvet -

Apparemment, Ionesco s'est invité chez Corneille ...
Comme pendant un cours, les apprentis-comédiens font tapisserie en attendant que vienne leur tour. Une même scène pourra ainsi se répéter, jouée par des interprètes différents.  Peu importe le sexe ! Séleucus et Antiochus auront successivement des voix de filles ou de garçons mais en viendront toujours aux mains. Laonice pourra se transformer en Rodogune et nous bénéficierons de plusieurs Cléopatre ... Exactement comme au cours, on vous dit ! Ceux qui pensaient assister à la pièce de bout en bout seront certes un peu déçus par contre aucun comédien ne risque d'être frustré. C'est sans doute l'essentiel.
Cette superbe tragédienne qu'est Nada Strancar nous présente ici des comédiens jouant la tragédie ou essayant du moins car il n'est pas facile de se mettre en condition avec pour accessoires de vulgaires chaises (censées meubler une salle du trône) lesquelles de surcroît volent allègrement.
-" J'étais lasse d'un trône " celui-là effectivement s'avère un peu léger.
Le parti-pris de costumes est smocking et pull noir, là aussi, quelque soit le sexe. J'eus la nostalgie du drapé antique excluant les mains dans les poches ... On n'est pas chez Carco, tout de même !
Cléopatre ayant besoin d'une cigarette pour entamer son monologue ... ce sont là des moeurs de café-théâtre et le noble-art n'en sort pas grandi.
Dommage car si l'on excepte quelques éclats de voix non nourris, la violence s'estimant par tout ce que l'on retient pour alimenter l'expression, certains interprètes sont prometteurs. Il n'eut par conséquent suffi que d'une éthique plus rigoureuse car si l'esprit du texte est respecté, les attitudes sont en décalage mais sans doute vais-je me faire traiter d'antique puriste ce qui en matière de tragédie ne saurait être un défaut.

S.A. 

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Elèves de 2ème année

Classe de Didier Sandre

AVANT/APRES de Schimmelpfennig

Lundi 16 juin à 19h.30 - mardi 17 à 15h.

& mercredi 18 juin à 19h.30 - Salle Jouvet

 De façon tout à fait prévisible, nos douze comédiens étaient mille fois plus à l'aise sur un texte contemporain que coinçés par le carcan des obligatoires douze pieds cornéliens. Or, si le Conservatoire n'est pas le lieu où l'on célèbre fidèlement les classiques où faudra t' il aller sinon dans cette antichambre du Théâtre Français ?
La théorie de mon Maître Gautier-Sylla était : " on naît tragédien, on ne le devient pas " dois-je enchaîner en parodiant Guitry pour ajouter : " mon père (spirituel) avait raison ? ...
Cette fois, les projections se justifiaient puisqu'elles avaient le mérite de situer les divers lieux où les multiples actions se déroulaient et au meilleur de leur forme, tous étaient heureux de s'exprimer par le biais d'un texte, proche d'eux.
Roland Schimmelpfennig n'est pas encore connu en France et ce jeu collectif avait par conséquent, tous les attraits d'une création.
Ces scènes de la vie ordinaire se voulaient évocatrices avec pour fil conducteur les didascalies, le rythme était rapide et tout coulait comme eau de source.
Chaque déplacement se justifiait naturellement et Didier Sandre fit ici de l'excellent travail puisque la symbiose s'est révélée parfaite.


S.A.

Rappelons le nom des douze participants de seconde année,

Benjamin Abitan, Aymeline Alix, Mélissa Barbaud, Camille Cobbi, Nikita Huzouski, Kevin Lelannier, Vincent Menjou-Cortès, Antonin Meyer Esquerré, Pauline Ribat, Elena Roussina, Julie Roux et Lise Werkmeister.

Bonne continuation à tous ! 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

  

 

 

06.06.2008

TAIS-TOI ET PARLE-MOI de David Thomas

MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Blanche)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ TR.13€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.

(sauf le 19 juin)

Jusqu'au : 26 juillet 2008 

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Mise en scène : Hocine Choutry. 

avec Barbara Beretta, Marc Bouttiau, Sandra Valentin, Raphaël Cohen, Olga Sokolow, Catherine Lenne, Jean-Paul Sermadiras

 

Cas de figures ... D'emblée, le spectateur s'amuse.
 
- Une femme aborde un homme en lui disant : " Parlez-moi " ... (de façon névrotique) mais comment parler quand on ne vous écoute pas ? La dame insiste et l'homme timide, panique.
- Tiens, il n'y a pas que les mâles qui ont des liaisons extra-conjugales tout en refusant de compromettre leur ménage !
- Un monsieur après quelques années de mariage a perdu sa libido, vous ne l'auriez pas retrouvée ? ...
- Parfois, l'époux et l'amant peuvent aisément communiquer.
- " Et maintenant, aux fesses " ! comme dirait le poète.
- Est-ce que vous avez pensé aux problèmes du lendemain ?
- Comme chacun sait, " la solitude on s'y habitue mais on ne s'y résout pas "
- Qu'il est difficile de se chamailler quand on n'en a pas l'habitude ...

Voilà résumées quelques situations présentées par ces différents couples.
Le langage a ici une importance primordiale puisque ce que l'on dit n'est pas toujours en rapport avec la situation et que beaucoup se taisent quand ils parlent.
Or le silence n'est-il pas la plus sûre façon de s'exprimer ? Les complications arrivent bien assez vite ensuite !

Sept comédiens vont illustrer tout cela avec pour support au langage une mise en scène ludique, inventive au rythme constant.
Une mention spéciale pour le couple formé par Sandra Valentin et Raphaël Cohen, ils sont jeunes, ils sont beaux et talentueux en diable ce qui ne saurait pour autant faire de l'ombre aux autres partenaires.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

Sacré nom de Dieu ! de Arnaud Bedouet

THEATRE de la GAITE MONTPARNASSE

26, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité)

Loc. 01 43 22 16 18

Pl. 35/28/20€

du mardi au samedi à 21h.30

matinée le dimanche à 18h.

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Mise en scène : Loic Corbery (de la Comédie Française) 

avec Jacques WEBER et Magali Rosenzweig. 

(Texte librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert) 

Le spectateur va - un temps - se poser des questions quant au délabrement de l'espace scénique avant de réaliser que ce qui nous est montré est en fait le lieu où se situe l'action.
D'évidence, la demeure normande prend l'eau et précisément, l'orage bat son plein. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Gustave lit la lettre de rupture que Louise Colet vient de lui adresser.
Côté jardin, un impressionnant amoncellement de lettres froissées évoque la correspondance passionnée que Flaubert et la poétesse échangèrent durant dix longues années.
Jacques Wéber prête à l'auteur sa silhouette massive et sa redoutable puissance d'expression.
Nous sommes bien loin ici de l'image que l'on a tendance à projeter sur celui qui  ciselait minutieusement son expression écrite. L'homme auquel nous sommes confrontés a la truculence rabelaisienne, le verbe haut en couleurs et le sang chaud. Comme celle qui vient de l'abandonner a coutume de jongler avec la rime cette forme d'expression n'aura pas grâce à ses yeux mais quel auteur pourrait se targuer d'un quelconque avantage vis à vis d'un concurrent !  L'enjeu est de taille, ne s'agit il pas de passer à la postérité ? L'écrivain s'en défend, raillant l' Académie qu'il juge indigne de lui, bien sûr ... Il jure comme un beau diable et semble vouloir couvrir l'orage de ses imprécations.
Magali Rosenzweig incarne fort efficacement Marie, dont les interventions sont censées calmer le grand homme. On ne s'oppose pas à un ouragan mais sa présence constante s'avérera quand même modératrice ...
Arnaud Bédouet s'est inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert pour écrire ce texte et il s'agit ici d'une seconde version puisque dans la précédente Jacques Wéber était seul en scène mais seul ou accompagné son nom suffit à attirer les foules.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

05.06.2008

TONTON LEON Story de Serge SEROUT

THEATRE des MATHURINS

36, rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Havre-Caumartin)

Loc. 01 42 65 90 00

Pl. 35/27/20€ 

www.theatremm.com

Du mercredi au samedi à 21h.

Matinée le samedi à 16h.30 

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Mise en scène : Daniel COLAS

avec Cécilia CARA et Didier BRICE

Arrangements musicaux : Aldo FRANK 

 

Où finit l'enfance ? L'âge adulte existe t' il vraiment ? ...
Tonton Léon est un vieil enfant marqué par la vie qui collectionne les poupées comme autant de rêves envolés en un évident phénomène de compensation.
Cette pièce peut se lire à différents niveaux mais son onirisme nous entraîne au delà des mots, au delà des situations.
Les hommes recherchent souvent des poupées qui n'ont rien dans la tête histoire de se rassurer, croyant ainsi fuir les problèmes et quand a contrario, ceux-ci se multiplient c'est alors que s'additionnent les verres d'alcool ...
Léon dans sa jeunesse fit une rencontre et crut vivre une belle histoire d'amour seulement voilà, comme il le dit : " Tata Anita était une belle peau de vache " !
(C'est du moins le souvenir qu'il en a conservé.) Maintenant, il est seul et tente de réinventer sa vie.
Quand il rentre du travail Amélie est là, campée dans ses plus beaux atours et chante à ravir pour l'homme fatigué qui connaît de si belles histoires et puis d'autres aussi, pas spécialement faites pour les petites filles mais notre poupée grandeur nature peut décidément tout entendre. D'ailleurs ses questions sont si insidieuses qu'il est impossible de s'y dérober.
Alors le dialogue s'exprime tout au long de la nuit car ce petit bout de femme a l'opiniâtreté résolument féminine, la curiosité des enfants et la rouerie de celle qui grandit en voulant savoir encore et encore ...
Ce duo fait merveille : Didier Brice joue les funambules avec une vertigineuse maestria tandis que la facétieuse Cécilia Cara nous enchante de sa voix cristalline.
L'un l'autre se mettent en valeur en un contraste efficace.
Serge Serout nous a raconté une effroyable histoire qui par la magie du théâtre est devenue conte de fées. Nous sortons de ce spectacle à regrêt, la tête incroyablement pleine de rêves, ravis et prêts à renouveler l'expérience le plus vite possible. On voit parfois un film plusieurs fois de suite, au théâtre, c'est plus rare mais cette pièce risque fort d'être l'exception qui confirme la règle.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

26.05.2008

LE PASSE ROMPU de Charlotte-Rita Pichon

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

Places : 20 & 13€ 

Représentations à venir : Mardi 27 Mai à 19h.

Dimanche 8 Juin à 17h. 

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                                                          - photo : André Navaud - 

Mise en scène de l'auteur.

avec Anne Lyse Boussy, Marie Daude, Franz Debrebant,

Kat Lampito, Isabelle Voge. 

 

" L'ancien temps ne veut pas cesser d'être "
                                      Victor Hugo



Charlotte-Rita Pichon aurait-elle la nostalgie du temps passé ? Elle seule pourrait le dire ... En tous cas, il est évident qu'elle s'est littéralement immergée dans cette époque remuante qui caractérisa le début du 20ème siècle.
Nous sommes en 1906 et une civilisation est sur le point de changer de visage. Certes, les habitants des divers pays d'Europe ont conservé l'esprit du 19ème siècle mais chacun aspire à aborder dans les meilleures conditions possibles cette ère nouvelle soit en préservant ses droits soit en voulant en acquérir de nouveaux.
La pièce commence par un dialogue entre deux soeurs ...
L'aînée a hérité des dispositions artistiques paternelles, fille de peintre elle s'adonne à la sculpture ce qui à l'époque était faire preuve d'une belle indépendance. Voyez Camille Claudel ... mais n'est-ce pas en 1906 que les femmes obtinrent le droit de vote en Finlande ? Cette même année, le capitaine Dreyfus fut réhabilité, bref tout bougeait, de toute évidence.
Parallèlement, en Russie la noblesse tsariste n'avait pas encore réalisé qu'elle ne faisait que subsister dans l'attente imminente du chaos. Deux mondes parfaitement antinomiques cohabitaient encore de façon plus ou moins distanciée.
L'action se situe à Paris et la cadette des deux soeurs ne vit que pour son Alexandre, jeune homme exalté qui la néglige pour flirter avec les révolutionnaires dont le message devient de plus en plus pressant ...
C' est alors que le Destin symbolisé par deux femmes appartenant à cette aristocratie russe va faire irruption et bouleverser la vie du trio.
Les sentiments aussitôt exacerbés, la jalousie fera son apparition et le fragile équilibre vacillera sur sa base.
L'auteur a fidèlement retrouvé le langage de l'époque (illustré de façon parfaite par Gabriele d' Annunzio). Entendre dire : " reprends le flambeau de notre race " a quelque peu tendance à faire sourire actuellement mais en ce temps là, la phrase n'était pas rare en certaines sphères ...
C'est donc à une pièce en décalage à laquelle vous êtes conviés d'assister pour laquelle les comédiens s'impliquent sans restriction aucune. La mise en scène qui se résume à des déplacements n'est peut-être pas particulièrement significative car il n'est pas aisé à un auteur de se passer d'un oeil extérieur qui, nous le savons prolonge ou trahit. (Il est difficile de déterminer le risque avant de l'avoir pris.)
N'importe, cette pièce se laisse d'autant plus voir qu'elle nous dépayse.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

24.05.2008

Cette fille-là de Jean MacLeod

LE TARMAC de la Villette

Parc de la Villette

211, avenue Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 93 95

Pl. 16 & 12€ 

www.letarmac.fr

du mardi au vendredi à 20h.

Samedi à 16h. & 20h. 

Du : 27 Mai au 14 Juin 2008.

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(photo Yannick Macdonald)
 
Théâtre Canada Québec
 
Traduction : Olivier Choinière 

Mise en scène : Sylvain Bélanger

avec Sophie Cadieux. 

 

La violence se manifeste de plus en plus tôt dans la société actuelle. Pourtant, ce phénomène a toujours existé mais il me semble que les enfants ou adolescents réservaient jadis plus facilement leurs " expériences " aux animaux qu'à leurs semblables. L' intrusion du petit écran dans nos existences a sans nul doute fait monter la pression d'un cran. On veut s'affirmer plus tôt et les rapports d'autorité voire de tyrannie se manifestent de même.
Braidie est une charmante petite fille qui va s'inventer une psychothérapie en racontant tout ce qui s'est passé à son frère absent.
Nous la découvrons juchée sur un quai en bois, réplique unique de ces lits jumeaux à partir desquels Trévor et elle se racontaient mille et une choses avant de s'endormir chaque soir.
Il n'est pas rare que les petites filles (tout comme les garçons) nourrissent une admiration sans bornes pour un ou une camarade de jeu. Ce sont les premiers balbutiements d'un être qui cherche sa place dans une société hiérarchisée.
Il n'est pas exceptionnel que l'un d'entre eux se transforme en souffre-douleurs mais en principe l'escalade s'arrête avant le drame. Ici, ce ne fut pas le cas.
Sophie Cadieux nous raconte tout cela en utilisant ces termes imaginés qui caractérisent le langage de ceux qui vivent dans La Belle Province. Elle fait chanter les mots, adoptant tout naturellement à nos yeux l'âge du personnage tant elle s'y est identifiée. La franchise de Braidie est désarmante et les images surgissent d'elles-mêmes par le seul biais des mots. Cette histoire nous happe littéralement ce, à un tel point que lors de certaines représentations, les spectateurs tétanisés hésitent à applaudir immédiatement afin de mieux prolonger ce moment de communion intense créé par le partage des émotions.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

Avec deux ailes de Danielle Mathieu-Bouillon

PETIT THEATRE de PARIS

15 rue Blanche 75009 PARIS

(M° Trinité)

Loc. 01 42 80 01 81

Places : 55/45/35/25 & 17€

Du mardi au samedi à 21h.

Matinées samedi à 18h. dimanche à 15h. 

Mise en scène : Anne Bourgeois

avec Véronique Jannot et Marc Fayet 

 

Dans un costume aérien vert turquoise, Valentine, (Véronique Jannot) fait son entrée, une chaussure à la main. Laurent (Marc Fayet) à l'abri d'un parasol, tricote une longue écharpe (rêve de taillole) au point mousse, couleur caca d'oie dans un rythme de machine à écrire démenti par le résultat.
L'action se déroule dans un no man's land situé quelque part ailleurs, sorte de Huis Clos à ciel ouvert. Nous n'allons pas tarder à découvrir que cet homme tout de blanc vêtu possède des pouvoirs paranormaux. Il faudra quelque temps pour que Valentine réalise qu'elle est tout simplement passée de l'autre côté du miroir sans s'en rendre compte. Quel choc !
Si l'idée n'est pas absolument originale, Danielle Mathieu-Bouillon a l'esprit plus ludique que Sartre, aussi va t-elle s'en donner à coeur joie.
Quand on bascule dans l'éternité, les montres s'arrêtent, forcément et si le lien avec ceux d'en bas tarde parfois à se couper, il convient d'admettre l'inéluctable.
La fragilité des personnages est compensée par la pseudo spiritualité de la situation. D'évidence, Valentine (comme beaucoup) est passée à côté de sa vie et Laurent ne s'est pas encore réalisé dans ce nouveau rôle d'ange-gardien un tantinet initiateur mais toujours en CDD ... Agacés l'un et l'autre par la situation (ils n'ont pas encore abandonné tout sentiment humain) une chamaillerie constructive va s'établir entre eux.
Le spectateur quant à lui n'est pas à l'abri de quelques lieux communs tels que,
- " le hasard, c'est le destin qui veut passer incognito "
- " Dieu, c'est un nom à la place d'un point d'interrogation "
- " C'est dangereux la liberté ... normal, ça se mérite "
Le tendon d'Achille de ce spectacle se situe donc dans le déja vu ou déjà entendu.
Toutefois, le texte est servi par deux excellents comédiens dont le jeu nous réjouit et qui à eux seuls justifient le déplacement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 


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