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18/02/2018

L' affanchie de Pauline Moingeon Vallés

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Théâtre Les Déchargeurs

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet les Halles)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

chaque jeudi et vendredi

 

 

jusqu'au : 2 MARS 2018

 

 

Mise en scène : Elise Touchon Ferreira

 

Texte et interprétation : Pauline Moingeon Vallès

 

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- Voix off multiples et variées …

 

puis arrive une grande fille blonde chargée d'un énorme carton.

 

Nous comprendrons très vite que l'objet en question n'est pas seulement visible mais lourdement symbolique. Car cette Alice qui nous arrive là ne vient pas précisément du Pays des Merveilles … Elle est jeune, belle et porteuse déjà, d'un lourd passé.

Pauline Moingeon Vallès a écrit ce monologue à partir d'observations, de témoignages mais également d'une implication autobiographique dont elle seule connaît la proportion.

Chaque être conserve sa part de mystère et nous ne saurions l'en délester.

A une époque ( la nôtre ) où le manque d'écoute - non au spectacle mais dans la vie de chaque jour - est plus flagrant que son absolu contraire, cet être ultra-sensible ne pouvait que vivre le calvaire parmi les autres, d'autant que le Destin ne l'a pas épargnée.

 

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Cette jeune femme malmenée par la vie va entre confidences et introspection tout nous dire … Sa mère ayant disparu bien trop tôt ( elle n'avait que 4 ans ) fut remplacée par une marâtre qui sous couvert de bienfaits transforma sa jeune existence en Enfer.

L'enfant privée de tendresse se réfugia alors d'un peu trop près de ce frère également adopté et le désarroi aidant tomba enceinte à un âge où il était fatal que le petit être à peine arrivé lui soit confisqué.

 

Pour couronner le tout, elle sera internée.

Cruellement drôle est cette scène où elle se met à la place du psy' dénonçant avec humour le comportement professionnellement distancié de ce dernier.

 

Qu'il s'agisse de son personnage ou de celui des êtres auxquels elle donne la parole, l'auteur-interprète fait preuve d'une parfaite maîtrise ; son jeu est habilement mis en valeur par Elise Touchon Ferreira dont l'efficace mise en scène est menée à un rythme soutenu.

 

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Il vous reste jusqu'au 2 Mars pour aller applaudir cette Affranchie et c'est un rendez-vous à ne surtout pas manquer, l'enthousiasme unanime des spectateurs en témoigne.




Simone Alexandre

 

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08:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/01/2018

La maladie de la mort de Marguerite DURAS

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THEATRE DES BOUFFES DU NORD

 

37 bis, boulevard de la Chapelle

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

LOC. 01 46 07 34 50

 

http://www.bouffesdunord.com/

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 20h30

 

matinée le samedi à 15h30

 

jusqu'au : 3 FEVRIER 2018

 

Dans le cadre de la programmation

hors les murs du Théâtre de la Ville

 

Librement adapté d'après le récit de Marguerite Duras

 

Mise en scène : Katie Mitchell

 

Adaptation : Alice Birch

 

avec : Laétitia Bosch, Nick Fletcher et Irène Jacob

 

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Quand on pénètre en ce lieu ( Les Bouffes du Nord possèdent une ambiance qui diffère des autres théâtres ) ce qui surprend tout d'abord, c'est pour ce spectacle en particulier, l'éloignement du décor dans lequel va se dérouler l'action.

Au dessus de l'espace scénique figure un écran sur lequel les images en direct seront projetées en noir et blanc ce qui crée un effet supplémentaire de distanciation voulue.

La Femme ( Laetitia Dosch ) nous apparaît alors dans toute sa nudité présentant des petits seins d'adolescente marqués de trois grains de beauté avec ce visage adulte aux lèvres copieusement maquillées.

L'Homme ( Nick Fletcher ) lui a proposé contre rémunération de satisfaire ses exigences ... Il convient qu'elle se tienne à son entière disposition plusieurs nuits de suite, peut-être plusieurs semaines, voire plus ?

Il s'ensuivra un rapide marchandage : la moitié avant, le solde après. La somme est conséquente. Elle accepte. Le but ? Essayer. Quoi ? D'aimer. Curieuse démarche.
Jusqu'à maintenant, il en fut toujours incapable or la femme est-elle un bien de consommation ? Peut-on aimer quelqu'un que l'on achète, quelqu'en soit le prix ?

Le malaise s'installe … le spectateur réduit à l'état de voyeur attend la suite.

La soumission de cette esclave ponctuelle doit être totale. L'homme prend son temps jusqu'à en devenir inquiétant et se contente parfois de la regarder dormir. Quand il voudra la photographier, elle réagira mais le reste du temps reste passivement disponible.

Nous la voyons arriver chaque soir, prendre l'ascenseur ouvrir la porte pour le rejoindre,  prendre une douche, toujours seule car il ne saurait y avoir une quelconque complicité entre eux. Pour elle, c'est un contrat à honorer, point final. L'homme reste énigmatique.

 

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( photos : Stephen Cummiskey )



Cherche t'elle à le faire sortir de ses gonds en lui disant qu'il est atteint de la maladie de la mort ? Ou bien est-elle persuadée que l'expérience est vouée à l'échec ?
Il pensera un temps à se trancher les veines mais n'en fera rien.

Fidèle à elle-même, Marguerite Duras suggère sans conclure. C'est au lecteur ou au spectateur de faire avec, de compléter sa pensée sans nul doute embrumée par l'alcool ? On aime ou on n'aime pas. Les durassiens affectionnent l'imprécision croyant y déceler une forme de génie quelque peu maléfique et à ce titre intéressant.

Pour supporter cette curieuse démarche nous nous accrochons à la fois à la présence scénique bien que distanciée et à la voix d'Irène Jacob qui joue ici le rôle de la narratrice. Ce faisant le spectacle ne peut plus sombrer dans la vulgaire pornographie.

Aux images filmées en direct viendront s'adjoindre quelques extérieurs en différé, la femme traînant son passé avec elle. De l'homme nous ne saurons rien puisque c'est un mort-vivant. Son léger accent lui confère un charme que vient conforter une vague ressemblance avec Anthony Perkins, côté regard quand la caméra le scrute à son tour.

C'est un spectacle atypique, mené adroitement par Katie Mitchell mais qui nous laisse sur notre faim comme l'auteur le voulait sans doute ?




Simone Alexandre

 

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09:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/01/2018

Vendredi 13 de Jean-Louis Bauer

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THEATRE de la REINE BLANCHE

 

2bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle ou Marx Dormoy)

 

 

LOC. 01 40 05 06 96

 

 

Pl. 25€ - T.R. 20€

Groupes : 12€

 

http://www.reineblanche.com/

 

jeudi, vendredi, samedi à 20h45

dimanche à 15h30

& le jeudi 15 février à 14h30

 

Durée : 1h20

 

 

jusqu'au : 25 FEVRIER 2018

 

 

Texte et mise en scène : Jean-Louis Bauer

 

 

C R E A T I O N

 

 

avec : Amina Boudjemline, Margot van Hove, Loïc Le Manac'h et Mayel Elhajaoui

 

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13 Novembre 2015,

 

- qui pourrait oublier cette date où notre insouciance a volé en éclats, définitivement basculé ? Une population jeune et diverse était installée en terrasse des cafés, endroit idéal pour boire et fumer en écoutant de la musique.

C'est alors que l'horreur-de-la-guerre-en-temps-de-paix s'est invitée. Depuis trop longtemps nous fermions les yeux sur ce qui se passait ( et se passe toujours ) AILLEURS, loin de nous et de notre confortable petite quiétude.

Pudiquement la télévision filtre les images de massacres perpétrés de l'autre côté de la Méditerranée, se limitant presque à regret à fournir la vision de villes en ruines suite aux bombardements aériens dans lesquels pourtant populations civiles, femmes et enfants perdent la vie. A t'on oublié que lorsqu'on lance un boomerang, il revient systématiquement ?

Et comme toujours, ce sont les innocents qui paient.

Chacun est persuadé d'avoir raison ( inutile de connaître les écrits de Schopenhauer pour savoir cela ) Il en a toujours été de même lors des conflits qui de tout temps ont opposé les peuples. C'est triste, voire désespérant mais c'est ainsi.

 

 

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Jean Louis Bauer a situé sa pièce-constat en un cimetière ce qui est aborder le problème de front ! Jonas est venu sur la tombe de sa bien aimée tuée par l'aveugle folie des hommes.

Il reste là, éperdu, délirant, croyant la voir, dialoguant avec son fantôme.

Le garçon est jeune, plein de vie et ne demandait qu'à être heureux seulement un soir par pur caprice, il a refusé de sortir pour rejoindre Leila - là où elle était - sous prétexte qu'il n'avait pas envie d'interrompre ce qu'il regardait à la télé.

Le Destin a la main lourde parfois ...

Maintenant, il ne reste plus au jeune homme que sa douleur, sa rage et ses remords.

Pourtant il n'y a pas si longtemps, ils étaient quatre copains, Djebrill ( un musulman, franco-algérien ) frère de Leila, c'était même le meilleur ami de Jonas ( lui, le juif, franco-polonais ) … Djebrill a fini par épouser l'ex-petite amie de Jonas ( Lucie ) qui a troqué son nom de baptême pour celui d'Amana puisqu'elle s'est convertie à la religion musulmane au grand dam de sa mère qui depuis refuse de lui parler …

Les trois survivants vont se retrouver sur la tombe de Leila et forcément, cela ne va pas très bien se passer. La triste réalité et ses conséquences s'imposent à eux. Comment rester amis après ce qui vient d'arriver ? Comment continuer à vivre, comment parvenir à se reconstruire ?

 

 

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( photos : Pascal Gély )



Jean-Louis Bauer s'est emparé de ce thème à bon escient. Seul le théâtre peut trouver des mots assez forts pour exprimer les sentiments, forcément violents qui submergent les victimes de semblable situation.

Les quatre comédiens incarnent leur personnage respectif avec force et persuasion.

Voilà une pièce dont l'utilité est incontestable, durant laquelle chaque spectateur se met à la place de chacun sur scène. Ce n'est pas autrement que nous pourrons assumer le traumatisme de ces drames ( pour ne pas dire tragédie ) de l'époque actuelle. N'oublions pas que le théâtre a toujours eu un but cathartique. Ce texte en est la parfaite illustration.

Allez y nombreux car tous et toutes ( auteur-metteur en scène et interprètes) le méritent pleinement.




Simone Alexandre

 

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13:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent