13.06.2010
Les douze pianos d'Hercule de Jean-Paul Farré.
PETIT HEBERTOT
78 bis, bd. des Batignolles
75017 PARIS
(M° Villiers)
Tél. 01 55 63 96 06
Pl. 20€ - T.R. 15€
tous les jours à 19h.30
(sauf les dimanche et lundi)
MOLIERE DU THEATRE MUSICAL 2010
Reprise exceptionnelle.
De et avec Jean-Paul Farré,
Mise en scène : Jean-Claude Cotillard.
La scène en solo, Jean-Paul Farré connaît. Il y fit très souvent ses gammes et en virtuose, qui plus est. Après ses " Vingt ans de pianos forcés ", il revient en ajoutant au nombre quatre ans de plus et un clin d'oeil à Héraklès pour des facéties de vieux gamin. Où est la clé ? ... cette clé que nous cherchons tous car c'est celle du génie que peu trouvent mais il lui arrive souvent de mettre la main dessus et ce n'est pas un gag. Son piano est une vraie boite à outils, une caverne d'Ali Baba, une luge sur laquelle il n'hésitera pas à surfer. Les tabourets historiques sont truqués et le match de ping-pong peut commencer. Pas besoin de partenaire, il se suffit à lui-même car il est partout et nous raconte son histoire, pardon celle de Frédéric Pinchot en prenant les virages au plus serré au moyen de ce bolide qui ressemble à un piano et pour cause puisque c'en est un. Car s'il n'avait été comédien, Jean-Paul Farré eut pu être concertiste. D'évidence, la fantaisie lui collait trop à la peau, l'homme avait besoin de bouger, vous l'imaginez vous, enchaîné à son piano durant des heures, chaque jour ? C'est sérieux un concertiste et reconnaissez que cela ne rit pas beaucoup or le rire est sa raison d'être et devient la nôtre quand nous avons rendez-vous avec lui. Et puis en nous amusant, il nous éduque aussi. Vous saviez que depuis 1901 les pianos ont la queue tournée vers l'Est ? Personnellement, je l'ai appris. Ah ! la musique chinoise et la gamme pentatonique ... on ne s'attendait pas à entendre cela pas plus qu'à le voir évoquer les trois révolutions pianistiques s'étalant entre 1850 et 1950.
En cette époque où hélas, les clowns disparaissent, il nous reste fort heureusement celui-là et c'est le plus beau compliment que nous puissions lui faire car ce métier est de tous, le plus noble qui soit.
Simone Alexandre
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15.03.2010
Ca travaille encore - Spectacle musical -
VINGTIEME THEATRE
7, rue des Plâtrières
75020 PARIS
(M° Ménilmontant)
Réserv. 01 43 66 01 13
Pl. 24/19/12€
du mercredi au samedi à 21h.30
dimanche à 17h.30
jusqu'au : 14 avril 2010
Mise en scène : Jean-Luc Paliès
Textes : Louise Doutreligne
Direction musicale : Isabelle Zanotti.
avec : Claire Faurot, Laura Pélerins, Isabelle Zanotti, Alain Guillo, Miguel-Ange Sarmiento.
au piano : Jean-Christophe Déjean ou Thierry Pichat
Contrebasse : Alexandre Perrot
Batterie : Jean-Baptiste Paliès.
Certains diront que ça travaille (non pas) encore mais (en plus) du chapeau car les couvre-chefs sont nombreux et quasi omniprésents.
Cette rétrospective musicale démarre carrément à Zola et pour être plus précis au 21 mars 1877 afin d'arriver jusqu'à nous (ou presque) avec " Les mains d'or " de Bernard Lavilliers grâce à un fil conducteur ayant pour prétexte " le Travail " car sans cette obligation, comment vivre ? Au fait, à quoi sert le travail ? A avoir de l'argent, pardi ! Car il en faut pour gagner le droit de s'amuser, de célébrer l'Amour et la beauté et tout cela en chansons.
Certes, les amateurs de hip-hop et de rap trouveront peut-être que tout cela est passé de mode mais leurs aînés grâce à ce témoignage vocal se souviendront des moments qu'ils ont vécus, le répertoire musical populaire pouvant se comparer à ces bornes qui jalonnaient jadis les routes que nous empruntions. Maintenant par mesure de sécurité (sans doute) on a placé les indications en hauteur car comme chacun sait, " la route est un long ruban, qui défile, qui défile ... " mais c'est bizarre, on ne retient plus les paroles de chansons nouvelles. Tout va tellement vite !
Et puis, n'en doutons pas, il en a fallu du travail pour mettre au point ce spectacle car Jean-Luc Paliès est avant tout un perfectionniste. Ici, point de nostalgie il convient que la joie domine, s'impose, explose ! Ils vont tous s'y employer afin de nous rappeler que - en cette période de chômage généralisé - évoquer le travail est encore le meilleur remède pour retrouver la bonne humeur. Les textes de liaison sont signés Louise Doutreligne et ces dialogues permettent à l'action de rebondir de chanson en chanson.
A voir, ne serait-ce que pour s'offrir une petite révision d'un répertoire que finalement nous n'avons pas oublié.
Simone Alexandre
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(photos : Cécile Abescat)
23:49 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2010
Monty Python's SPAMALOT
THEATRE COMEDIA
4, bd de Strasbourg
75010 PARIS
(M° Strasbourg-St-Denis)
Loc. 01 42 38 22 22
www.theatrecomedia.fr
Pl. de 15 à 65€
du mardi au vendredi à 20h.30
samedi à 17h. & 21h.
dimanche à 17h.
Adaptation et mise en scène : Pierre-François Martin-Laval.
Livret et paroles de Eric Idle.
Direction musicale : Mathieu Gonet. Chorégraphie : Stéphane Jarny,
Décors : Franck Schwarz, Costumes : Jean-Michel Angays.
avec Jean-François Martin-Laval, Gaelle Pinheiro, Olivier Denizet, Philippe Vieux, Grégoire Bonnet, Arnaud Ducret, Andy Cocq, Laurent Paolini, Edouard Thiebaut, Tiffany Jamesse, Arnaud Denissel, Sophie Gemin.
Avant que le spectacle commence, on découvre une immense et lourde entrée de château fort, encadrée de deux tours, le tout surmonté de nuages ayant la densité d'une triple pression de crème à raser. Mais là, aucun risque car c'est le délire le plus absolu du début à la fin. Quelle pêche, ils ont tous !
Pourtant porter ce classique de dérision à la scène n'était pas une mince affaire, surtout avec la perspective de transformer le film en comédie musicale digne de Broadway, ce qui paraît logique puisque c'est là qu'elle fut créée.
Qui donc oserait encore dire qu'en France nous n'avons pas d'artistes complets sachant jouer bien sûr mais également chanter et danser de façon optimale ? ...
Ou alors c'était en des temps immémoriaux car la preuve du contraire est faite.
Ils sont tout bonnement for-mi-da-bles ! Confrontés à ce duel qui oppose le roi Arthur au chevalier noir, c'est simple : les bras nous en tombent.
La procession de moines chantant des cantiques (je ne vous dirai pas ce qu'ils font en plus) est purement et simplement hilarante. La distribution de courrier par le facteur une pure trouvaille ... (et là aucun spam possible). Les acrobaties vocales de la dame du Lac révèlent un grand professionnalisme. Le doigt de Dieu (et pas seulement) est lourdement chargé de signification (ne parlons pas de son accent) et même l'entracte ne parvient pas à casser le rythme tant les spectateurs sont impatients de découvrir la suite. Vous l'avez compris, cette réalisation est un maelström joyeux qui nous entraîne à sa suite et mérite d'avoir ici un succès équivalent au clin d'oeil du début. Vous voulez savoir à quoi je fais allusion ? Et bien c'est simple, allez y car certains spectacles ne se racontent pas. Il faut les voir et croyez moi, vous ne serez pas déçus.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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27.01.2010
Non, je ne danse pas ! de Lydie Agaesse
photo : Claire Besse.
LA PEPINIERE THEATRE
7, Rue Louis-le-Grand
75002 PARIS
M° Opéra
Loc. 01 42 61 44 16
www.theatrelapepiniere.com
Places : 35/25€ - TR : 11€
du mardi au samedi à 21h.
matinée le samedi à 16h.
Mise en scène : Jean-Luc Revol
avec Magali Bonfils, Christine Bonnard, Florence Pelly, Ariane Pirie
au piano : Thierry Boulanger ou Patrick Laviosa.
Les soirs de pleine lune les incitent à sortir de chez elles, à se rencontrer pour évoquer leurs espoirs, leurs défaites aussi parfois " 17 amours en 33 ans " cela fait un peu beaucoup mais l'énergie est intacte, le besoin d'aimer omniprésent. Nous allons les découvrir car elles vont se raconter, avec nostalgie, humour et drôlerie. Ce comique de décrochage nous emmène à sa suite et le rythme est enlevé, des vagues de rires parcourent la salle. Ces comédiennes, chanteuses et danseuses (car elles savent tout faire) symbolisent l'arc-en-ciel qui ramène l'espoir après la pluie. Tout est coloré dans ce spectacle, c'est un feu d'artifices qui crépite à tout moment. Les interprètes vont et viennent rivalisant de talent attendrissantes, joyeuses bref cette mini comédie musicale est portée par quatre grandes artistes qui nous ravissent littéralement. Ah ! que l'on voudrait que nos voisines leur ressemblent mais avant que ce miracle improbable s'accomplisse, mieux vaut aller les voir et vite car le plaisir garanti ne supporte aucun retard.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
photo : Philippe Lacombe.
09:53 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2009
La psy qui chante ...
Théâtre ESSAION
6, rue Pierre au Lard
75004 PARIS
Loc. 01 42 78 46 42
du mardi au samedi à 21h.30
(sauf le 29 avril)
jusqu'au : 2 MAI 2009
" Une fabuleuse histoire des thérapies de l'âme "
avec : ANNE CADILHAC (psychophile névrosée, pianiste bipolaire)
- JEAN-FRANCOIS WOLFF (thérapeute anxieux, pianiste compulsif)
sous l'oeil obsessionnel extérieur de JEAN-YVES DRETZOLIS.
Anne Cadilhac ( en voiture, Anne-Lise ! ... ) à moins qu'il s'agisse de Déborah car on peine désormais à se retrouver parmi la vraie vie et la vie virtuelle ... nous propose un délire scénique et musical en compagnie de Jean-François Wolff histoire de prouver également qu'elle n'a pas peur du loup.
LUI, c'est Jacques-Marie Boudinevsky qui ne peut que mener les choses rondement et qui chante du Michel Legrand quand il est content.
ELLE, tourne en rond telle une Garbo dépressive en répétant " I want to die " faute de pouvoir dormir en toute quiétude en son jardin intérieur ...
Deux sympathiques toqués (entendez par là, victimes du T.O.C : trouble obsessionnel compulsif) qui vont convoquer tous les pontes parmi les plus connus de la psychanalyse, afin de résoudre leurs problèmes, depuis l'incontournable Freud, jusqu'à Lacan, en passant par Dolto et Jung bien entendu, tout cela en musique (et chansons.)
Tout deux pianistes, ils se relaieront au clavier quand ils ne choisiront pas le duo pur et simple. C'est un peu décousu voire carrément foutraque et gentiment borderline. Certes, on souhaiterait un peu plus de folie mais on passe en leur compagnie un agréable moment. Par conséquent, ne boudons pas notre plaisir.
Simone Alexandre
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10:44 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, thérapie
03.03.2009
BORIS VIAN, juste le temps de vivre.
THEATRE DE MENILMONTANT
15, rue du Retrait
75020 PARIS
(M° Gambetta)
Loc. 01 46 36 98 60
Pl. 18€ ) T.R : 14€
Du mardi au samedi à 20h.30
le dimanche à 16h.30
jusqu'au : 15 MARS 2009
Chansons et textes de Boris Vian
Montage : François Bourgeat
Mise en scène : Jean-Louis Jacopin.
avec Gabrielle Godart, Arnaud Laurens, Susanne Schmidt
(LES TRETEAUX DE FRANCE : Marcel Maréchal.)
Cinquante ans que Boris Vian a traversé le miroir et ses textes sont toujours aussi subversifs puisque rien ou presque n'a changé. Les marchands de canons s'enrichissent plus que jamais, les religions occupent le devant de la scène et l'homme est de plus en plus exploité au moyen d'un travail peut-être moins physique mais toujours aussi aliénant.
Seule différence, on pensait alors que tout ceci n'aurait qu'un temps tandis que maintenant on désespère de s'en sortir ...
Puisque le blues s'est toujours exprimé en musique et que l'on prétend qu'en France, tout finit par des chansons, autant choisir celles du grand Boris.
Pour cela, ils sont trois : Danièle Godart, Suzanne Schmidt et Arnaud Laurens et comme on dit : " ça déménage ! " Couleurs, rythmes, fantaisie et talent que demander de plus ? La grisaille s'efface, les couleurs scintillent jusque dans les yeux des spectateurs qui à la fin, quitteront la salle en fredonnant.
L'année 1959 a vu disparaître deux princes qui chacun n'avait pas quarante ans, deux comètes qui ont traversé le monde du spectacle et que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Boris et Gérard furent ces demi-dieux qui nous ont fait croire que le Paradis pouvait exister.
Le spectacle créé dans le lieu se poursuit jusqu'au 15 mars, aussi allez vite les voir et les applaudir car ils le méritent bien.
Simone Alexandre
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21:58 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2008
SHITZ (guerre, amour et saucisson) de Hanokh Levin.
PEPINIERE OPERA
7, rue Louis-le-Grand 75002 PARIS
(Métro : Opéra)
Loc. 01 42 61 44 16
Pl. 38/28€ - mercredi : 29/11€
du mardi au samedi à 21h. + matinée le samedi à 16h.
Mise en scène : Cécile Backès - collaboration artistique : Laurent Lévy
Texte français : Laurence Sendrowicz (Editions Théâtrales)
avec Bernard Ballet (Shitz)
Anne Benoit (Setcha)
Salima Boutebal (Shpritzi)
Benoît Di Marco (Tchirk)
" Marie toi, ma fille, marie toi ! " qui n'a un jour entendu ce refrain entonné par toute la famille ? ... Finalement, si on regarde autour de soi, bien peu y résistent.
Alors quoi ? lassitude, besoin de faire comme tout le monde, peur de rester seule ? C'est sans doute tout cela à la fois et le scénario est identique sous tous les cieux.
Le mari, la femme, l'amant ? ... non ! ce serait du vaudeville. Ici, c'est le père, la mère, la fille et le prétendant et nous sommes en pleine farce.
Spritzi, la fille est physiquement un Rubens pléthorique. Ses parents voudraient bien la marier mais jusqu'à maintenant, personne n'en a voulu. C'est que nourrir une femme pareille : ça coûte son pesant de harengs et de frittes !
Bref, les parents pensent qu'il serait temps que l'on prenne le relais et puis Setcha la mère, aurait bien envie de pouponner à nouveau en dépit de sa voix aux mâles accents. Le père (Shitz) est un combinard qui a bien mené sa barque et espère être enfin tranquille. Ce qui n'est pas une raison pour accorder fifille au premier intriguant venu ! Car il a les dents longue le Tchirk et des manières de hussard, forcément puisqu'il était militaire ... Après quelques marchandages, le mariage sera conclu et patratas, voilà qu'éclate la guerre. C'est quand tout le monde risque de mourir que certains se réveillent ...
Le langage est vert, les situations rudes, le propos cynique, bref c'est la vie comme la voyait l'auteur et pour grincer, ça grince bien !
Cécile Backès metteur en scène a été d'une fidélité irréprochable au texte, presque trop mais comment traiter avec distanciation des situations aussi volontairement caricaturales ? La pièce est émaillée d'intermèdes musicaux, ce ne sont que des comédiens qui chantent, en revanche, les musiciens Clément Landais à la contrebasse et Virgile Vaugelade au soprano sax, sont excellents.
Simone Alexandre
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10:42 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2008
JO et JOSEPHINE de Jacques Pessis
THEATRE DAUNOU
7, rue Daunou
75002 PARIS
Métro : Opéra
Réservation : 01 42 61 69 14
Du mardi au samedi à 20h.30
Matinée le samedi à 17h.
Mise en scène : Rubia Matignon
avec Aurélie Konaté et Pascal Sual
Joséphine Baker est devenue un personnage tellement mythique que même les générations qui ne l'ont pas connue en ont une idée précise. Le timbre de sa voix est profondément ancré dans nos oreilles, sa longue silhouette aux jambes immenses gravée en nos esprits.
Aurélie Konaté a sans nul doute un plus joli visage que le modèle original tandis que son timbre aurait plus tendance à évoquer celui de Zizi Jeanmaire plutôt que celui du rôle-titre. " Une voix d'oseille " aurait dit Henri Jeanson. Cela dit, elle danse à ravir et Kyf Ekamé ainsi que Bruno Foucaud proposent des intermèdes chorégraphiques excellents.
Pascal Sual (Jo Bouillon) se donne beaucoup de mal pour meubler les enchaînements reposant sur un texte qui peine à s'élever au dessus des pâquerettes. De façon assez inexplicable, le choix des chansons ne se limite pas au répertoire de la grande vedette mais inclut quelques anachronismes pour le moins surprenants. Le tout reste un spectacle qui se laisse voir et entendre sans trop de difficultés à condition de ne pas jouer les puristes.
Simone Alexandre
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10:14 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.03.2008
En attendant le vote des bêtes sauvages
SILVIA MONFORT
106 rue de Brancion 75015 Paris
(M° Porte de Vanves)
Tél. 01 56 08 33 88
Vendredi 29 février & samedi 1er mars 2008 à 20h.30
dimanche 2 Mars à 16h.
Opéra-Théâtre d'après le roman de Ahmadou Kourouma publié aux Editions du Seuil.
Adaptation et mise en scène : Sugeeta Fribourg
Musique d' Alain Huteau - Direction musicale : Jean-Yves Aizic
avec : Damien Bigourdan, Serge Djen, Anne Le Coutour, Pol M'Belel.
Alain Huteau (percussions) - Elisa Huteau (violoncelle) - Jean Yves Aizic (synthétiseur)
L' Afrique au coeur de notre Histoire, à la fois lointaine et présente ...
N'ayons pas peur de reconnaître que l'homme blanc s'est toujours cru supérieur à ceux à qui il imposait sa civilisation au mépris des croyances et coutumes de ces peuples. Peuplades, rectifieront certains car la diversité créée parfois la division. Nous avons donc apporté ce que nous nommons culture, en une forme d'instruction hiérarchisée à ces êtres nus ou presque, leur imposant même notre religion sans nous soucier de leurs croyances initiales qui valaient bien les nôtres.
Ce faisant, nous avons toujours au nom de la Civilisation, dévoyé leurs goûts naturels en les incitant à couvrir leurs corps peinturlurés de vêtements, puis de décorations réelles ou fictives.
Leurs guerriers ont servi dans nos armées et certains sont morts pour des guerres qui n'étaient pas les leurs. Les diplômes, l'éducation militaire ont alors monté à la tête de certains qui, obnubilés par le chemin parcouru ont ensuite tyrannisé leurs frères.
Le texte d' Ahmadou Kourouma nous raconte tout cela et beaucoup plus encore car les racines ethniques ne disparaissent pas aussi facilement.
Musique et lumières (toutes deux particulièrement réussies) sont les deux éléments indispensables à la mise en valeur du texte et les situations font mouche.
Nous sommes ici à mi-chemin entre le conte humoristique et la chronique.
Koyaga ressemble à beaucoup de dictateurs africains dont la formation a eu lieu en Europe. Autre figure remarquable du spectacle, cette femme éternellement belle et jeune mais qui se déplace cassée en deux, en laquelle on peut voir une allégorie de l' Afrique éternelle ployant sous le joug extérieur qui lui est imposé. Elle restera la mémoire de ce qui fut, l'énergie de ce peuple et Anne Le Coutour a une voix magnifique ! Un autre personnage fera la liaison semblable à ceux qui mus par de bons sentiments et en dépit de racines différentes veulent intercéder. (le comédien aux traits gréco-latins et à la voix européenne est maquillé en noir).
Les choeurs figurent tout à la fois la foule et les bêtes sauvages qui, si besoin est revendiqueraient le droit de vote afin que l'identité des indigènes soit préservée.
Apprenons à respecter le caractère spécifique de l' Afrique, nous habituels prédateurs blancs.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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04.12.2007
La Petite Sirène, conte musical d'après Andersen
THEATRE de PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité, Blanche, St-Lazare)
Loc. 01 48 74 25 37
Prix des places : 38€, 30€, 16€
Du : 24/11/07 au : 5/1/08 à 14h & 16h.30
chaque mercredi & samedi du 24 nov. au 22 déc.
tous les jours du 24 au 29 décembre 2007
& du 2 au 5 janvier 2008 (le 25/12 à 16h.30 uniquement)
Conte musical tout public, à partir de 4 ans.
Paroles, musique et scénographie : Christian SCHITTENHELM
Chorégraphie et mise en scène : Sébastien SAVIN
avec : Albane CHATEAU ou Gaëlle GAUTHIER, Sébastien AGIUS ou Antony VERONESE, Germinal TENAS ou Christophe JEANNEL, Florence TRINCA ou Léovanie RAUD, Joanna MICHEL ou Caroline ROËLANDS, Anne-Marie GANCEL ou Sandrine SEUBILLE
La Petite Sirène, conte d' Andersen qui a ému, ravi nos parents et grand-parents (sans doute même, au delà pour les plus jeunes). On se pose alors une question : Andersen est il toujours autant lu ? ...
Qui connait encore, " La Vierge des Glaciers ", " Une Histoire dans les Dunes " ou " La Soupe à la brochette " ? ... nos petites têtes blondes, rousses ou brunes étant désormais captées, captivées par la télévision.
Il nous faut donc du grand spectacle et pour beaucoup, le merveilleux ne saurait se concevoir sans strass et paillettes !
Christian Schittenhelm et Sébastien Savin l'ont bien compris car nous assistons à une débauche de lumières, de sons, de danses et chansons, bref tout ce qui constitue un spectacle qualifié de vivant.
Un peu dans le style Notre-Dame de Paris mais cette fois, en destination des plus petits.
Bien sûr, tout est sonorisé mais comment pourrait-il en être autrement vu l'énergie de la réalisation, cet espace scénique et les proportions de la salle ? Nous ne sommes pas à l'Opéra tout de même ! Par conséquent, les quelques vieux grincheux qui redoutent un larsen produit par leur appareil acoustique devront sans nul doute le régler.
Que diable, il faut vivre avec son temps !
Certes, l'histoire initiale était plus destinée à nous attendrir qu'à nous transporter mais la vie n'est-elle pas déjà la plupart du temps, assez triste pour ne pas en rajouter ?
Laissons donc nos enfants croire encore durant quelques temps que l'existence est féérique, que les princes peuvent tomber amoureux des petites sirènes et inversement. Ici, même la sorcière est sexy, vous voyez bien, ce n'est pas par hasard !
Les danseurs évoluent à ravir et il y en a même un qui s'offre le luxe de ressembler au mythique Rudolph Valentino dont il n'a peut-être jamais entendu parler ? Allez savoir ...
Certains objecteront que les chanteurs donnent l'impression de sortir tous de la même école (à peu de choses près) Germinal Tenas (le roi de la mer) faisant exception. Oui, mais il a l'expérience et un timbre de voix si particulier qu'il en devient inimitable.
Par conséquent, il s'agit ici du spectacle idéal pour toute la famille en période de fêtes. Les interprètes se donnent sans compter et méritent qu'on leur rende la politesse. A voir et applaudir, sans modération.
Simone Alexandre.
www.theatrauteurs.com
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