Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/10/2019

Le double de Dostoïevsky

aff.le-double.jpg

 

 

Théâtre RANELAGH

 

5, Rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

(M° La Muette)

 

LOC. 01 42 88 64 44

 

Pl. de 10 à 32€

 

https://www.theatre-ranelagh.com/

 

Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 19h

Dimanche à 15h

 

Adaptation et mise en scène : Ronan RIVIERE

 

avec : Ronan RIVIERE ( Goliadkine )

Jérôme RODRIGUEZ ( Nicolaï Semionovitch )

Michaël GIORNO-COHEN ( Pietrouchka )

Jean-Benoît TERRAL ( Olsoufi Ivanovitch )

Laura CHETRIT ( Clara Olsoufievna )

Xavier LAFITTE ( Le Double )

 

et Olivier MAZAL, pianiste.

 

Le-double.jpg

 

 

A l'origine de cette adaptation signée Ronan Rivière, un roman - le second écrit par Dostoïevsky - lequel semble ici avoir mis ses pas dans ceux de son aîné : Nicolaï Gogol.

 

La scénographie très fonctionnelle nous plonge dans l'univers glauque, résolument verdâtre et stagnant dans lequel vit Iakov Petrovitch Goliadkine, héros de cette histoire fantastico-psychologique.

 

Nous découvrons notre homme au réveil, encore embrumé par les rêves qu'il vient de faire mais incroyablement décidé qu'aujourd'hui ne serait pas un jour comme les autres ...

 

Il appelle donc son domestique car bien que vivant chichement il a quand même les moyens d'en avoir un.

( Il est vrai que payé ou non, Petrouchka resterait à son service ) et après avoir extirpé d'une belle liasse de 750 roubles une somme assez conséquente, lui intime l'ordre d'aller lui acheter des bottes, une veste, sans oublier la livrée neuve également, destinée à ce serviteur fidèle.

 

Le-double-3.jpg

 

Ensuite, il sortira en calèche ! …

 

Stupéfaction narquoise de ses collègues de bureau.
Précisément ce soir là, la fille de son chef de département fête son anniversaire et tout naturellement va inviter Goliadkine à se joindre à eux.

 

Confusion de cet être introverti, timide et secrètement amoureux de la belle Clara. Sa première réaction est de refuser bien sûr, arguant d'une indisposition de son fidèle Petrouchka qui - sur ordre de son maître - vient de regagner leur domicile sans qu'on l'ait vu.

 

Le délire va pouvoir commencer …

 

Là, nous pensons irrémédiablement au " Journal d'un fou " car Goliadkine s'invente ( ? ) un sosie, portant le même nom que lui ( ! ) rival bienheureux évidemment, en tous les domaines que ces derniers soient professionnels ou amoureux.

 

Le-double-4.jpg

( photos : Ben Dumas )

 

De façon plus prosaïque, il est possible bien sûr de croire en ce que l'on voit et de trouver ici une critique de la société bureaucratique où tous les coups sont permis.

A vous de choisir votre décryptage de la pièce laquelle est jouée à la façon d'une farce active, avec en contrepoint les interventions pianistiques d'Olivier Mazal.

 

En dépit du thème fort noir, c'est brillant, remarquablement bien joué par tous, bref à ne manquer à aucun prix !

 


Simone ALEXANDRE

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

11:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/10/2019

Annonce : LE DOUBLE de Dostoïevsky au Ranelagh

 

 

https://www.theatre-ranelagh.com/

09:54 Publié dans Annonces | Lien permanent

30/09/2019

Irène NEMIROVSKY au La Bruyère

aff.tempete-en-6.jpg

 

LA BRUYERE

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

(M° St-Georges)

 

 

TEMPETE en JUIN : du mardi au samedi à 19h

représentation supplémentaire le samedi à 15h

 

avec Franck DESMEDT

 

LOC. 01 48 74 76 99

 

http://www.theatrelabruyere.com/

 

 

D'après Irène NEMIROVSKY

Adaptation et mise en scène, Virginie LEMOINE

 

 

aff.suite-fr.jpg

 

SUITE FRANCAISE : du mardi au samedi à 21h

représentation supplémentaire le samedi à 16h45

 

 

avec Florence PERNEL, Béatrice AGENIN, Guilaine LONDEZ, Samuel GLAUME, Emmanuelle BOUGEROL, Cédric REVOLLON ou Gaétan BORG

 

 


Il convient d’abord de saluer l’initiative heureuse du théâtre La Bruyère de proposer à voir et entendre, à  la suite, si on le souhaite mais suivant ses propres envies ou disponibilités deux textes de la grande Irène Némirosky : à 19 heures le seul en scène de Franck Desmedt, « Tempête en juin » et à 21 heures le désormais célèbre « Suite Française ».

 

Ces textes initialement de forme romanesque sont remarquablement adaptés pour la scène par Virginie Lemoine et Stéphane Laporte, qui assurent conjointement la mise en scène de « Tempête en juin » quand la seule Virginie Lemoine a réalisé celle de « Suite française ».

 

C’est une véritable passion Némirovsky qui semble habiter Virginie Lemoine qui est vraiment là, dans ces deux approches (adaptation et mise en scène) à son tout meilleur. Après  « le Bal » il y a quelques saisons qui fut un excellent moment de théâtre, poignant et tragique, elle nous offre ici un nouveau travail - le chic voudrait qu’on dise « opus » - formidable à tous égards.

 

Grâces lui soient rendues d’être aussi fidèle que respectueuse envers son auteur, car c’est d’une écriture délicate et fine qu’elle transpose les textes initiaux et c’est là une gageure de belle envergure !

 

« Tempête en juin »  retrace le moment de l’exode de quelques Parisiens de divers milieux sociaux, leurs craintes, leurs peurs, leurs espoirs, leurs échecs ou leur renoncement et la prestation fine, précise, généreuse de Franck Desmedt est une absolue réussite.

 

Tempete-en-juin-1.jpg

 

Il est tous les personnages à la fois, tous présents, d’emblée, tous crédibles, et, dans une grande et salutaire économie de moyens comme d’accessoires (le texte et surtout le texte est le maître mot) nous entraine sur les routes de France, le plus souvent vers Tours et Bordeaux, partager les angoisses de ceux qui y cheminaient, ne sachant réellement ni que faire ni où aller, tentant de se protéger d’ils ne savaient au juste quoi, mais le salut semblait être dans la fuite…

 

Franck Desmedt nous livre ici un superbe numéro d’acteur, pour reprendre une formule compassée, abusivement utilisée pour tout et rien, mais qui trouve ici tout son sens. Nous avons face à nous un comédien dans la plénitude de son art, porté par un texte puissant et expressif, saisissant son public durant 1 heure 10 et qui ne le lâche pas. C’est une merveille. C’est du grand art.

 

Tempetenjuin.jpg

 

Et nous pouvons en dire autant de « Suite française » où Béatrice Agenin, qui ne cesse de culminer à chaque rôle, ici femme dure, intraitable, bourgeoise provinciale âpre au gain et avare de tout, y compris de sentiment, sauf de la haine qu’elle porte aux ennemis, et Florence Pernel, femme égarée dans son époque, mal mariée, incertaine quant à elle-même, toujours au bord de la chute quand ce n’est de l’abandon, sont ensemble les protagonistes de ce drame bourgeois qui évoque à la fois le Vercors du « Silence de la mer » et le monde étriqué des bourgeois girondins de Mauriac.

 

suitefrancaise.jpg

 

Le texte du roman, de 1942 , comme celui de Vercors, et c’est en cela très troublant, remportera le prix Renaudot à titre posthume en 2004. C’est assez dire qu’il est intemporel et juste. Alors que « Tempête en juin » est dans le mouvement, le bruit, l’agitation et le doute « Suite française » est un drame feutré, très intériorisé, très local, et le contraste entre ces deux moments d’un même événement n’est pas sans intérêt.

 

Le personnage de Florence Pernel est celui qui retrace le plus ces agitations, troublé qu’il est à la fois par sa vie, triste, fade, platement bourgeoise, et le trouble né de la présence de l’officier allemand, courtois et attentionné, très en contraste avec ce qui est redouté d’un ennemi. Le personnage de la belle-mère, Béatrice Agenin, est le juste opposé de ce calme de surface, explosif et révolté, exalté parfois, mais sur le fond, tout aussi souffrant.

 

suite-francaise-1.jpg

( photos : Gina Nonnc / Karine LETELLIER )

 

 

Dans une belle et solide distribution, cette «Suite française «  ne nous lâche pas un instant et nous partageons avec ces personnages un moment de notre histoire difficile et complexe.

 

Il nous faut donc remercier tous ceux qui ont permis à ces spectacles qui sont autant de leçons d’histoire comme d’histoires à suivre, qui sont la vie, dans des moments cruels où parfois point un sourire, de ces sourires un peu tristes comme ceux que l’on fait ou reçoit au moment des grandes séparations.

 

C’est au théâtre La Bruyère, et il convient d’y aller sans retard, sous peine de se priver de deux formidables moments de théâtre.

 


Frédéric ARNOUX ©

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent