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07/11/2018

Annonce : TOUS MES REVES PARTENT DE GARE D'AUSTERLITZ de Mohamed KACIMI

 

 

http://www.theatre13.com/

09:37 Publié dans Annonces | Lien permanent

05/11/2018

Le jour où j'ai appris que j'étais juif de et par Jean-François DEREC

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PETIT MONTPARNASSE

 

31, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Edgar Quinet)

 

LOC. 01 43 22 77 74

 

Pl. 34/22 & 10€

 

https://www.theatremontparnasse.com/

 

au mardi au samedi à 21h

 

matinée le dimanche à 15h

 

Mise en scène : Georges LAVAUDANT

 

Interprétation : Jean-François DEREC

 

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La mémoire juive ne cesse actuellement d’être évoquée sur les scènes parisiennes, et avec talent, il faut le reconnaître.

C’est Jean François Derec qui, au Petit Montparnasse donne sa partition avec un texte de sa plume « Le jour où j’ai appris que j’étais juif », titre un peu trompeur tant la mémoire de l’auteur interprète ne s’arrête pas à ce seul jour.

Le petit grenoblois découvre qu’il n’est pas que grenoblois et que sa famille a une histoire fort lourde hors des frontières de France. C’est cette recherche du temps non perdu mais passé et totalement inconnu qui guide tout le spectacle.

Dans une mise en scène épurée à l’extrême de Georges Lavaudant, Jean François Derec donne plus à entendre qu’à voir un vieil enfant un peu perdu, ni triste ni gai, qui se moque de sa famille avec tendresse, qui compare avec truculence ashkénazes et sépharades, pour leur trouver des points communs, qui raconte son inculture religieuse, génératrice de situations assez loufoques, avec bonheur.

Unique officiant de cette sorte de messe du souvenir et de l’expression voilée de certains regrets, ceux issus du silence et de la retenue, celle de sa mère, ce prototype de mère juive dont la délicieuse Marthe Villalonga donna en son temps dans « Comment devenir une mère juive en dix leçons » une image si drôlement émouvante et juste, exubérante et sur le fond assez taiseuse, établissant ainsi la vérité suivant laquelle les grandes douleurs sont muettes, Jean François Derec se cherche en cherchant d’où il vient.

En cela, il ressemble d’une certaine manière aux enfants nés sous X, qui se situent difficilement tant le sentiment d’être privés de racines connues vient perturber leur existence.

 

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( photos : Philippe HANULA )

 



On pourra utilement rapprocher ce spectacle de celui de Laurent Spielvogel  « Les Bijoux de famille », où là aussi un bel acteur donne à voir la vie d’une famille marquée, et marquante, comme on pensera au bel « Abraham » de Michel Jonasz, en son temps…

Bien entendu, l’émotion est présente tout au long de ce beau monologue, mais une émotion pudique, pas racoleuse, tout en finesse, tout en dignité, parce que les émois de ce petit garçon puis de cet homme sont partageables, et que le fond de détresse qui les sous-tend ne peut laisser indifférent.

L’histoire terrible des années noires de la France vues par la seconde génération laisse percevoir le filtre assez épais que les victimes survivantes ont voulu imprimer à leur vie dite « d’avant », comme si, à la manière des chats, fussent-ils ou non du rabbin, ils avaient plusieurs vies, comme pour protéger les générations suivantes, et c’est ce filtre que l’auteur tente d’effacer par endroits, pour entrevoir une part de réalité.

Jean François Derec est un enfant de la fin des années cinquante, de celles où le travail mémoriel n’était pas encore d’actualité, bien au contraire, et son texte vise à avancer, et à recomposer, à partir de petits éléments, dont cinq photographies, toute une histoire familiale.

C’est un bien beau spectacle dont on ne peut ressortir sans être quelque peu transformé.


Frédéric ARNOUX ©

 

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10:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/11/2018

Les Bonnes de Jean Genet

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GUICHET-MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

 

75014 PARIS

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

Forfait 2 spectacles le même soir : 30€

 

le jeudi à 19h

 

jusqu'au : 22 NOVEMBRE 2018

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Mise  en scène : Mathilde CHABIN-GUIGNARD

 

avec Delphine AUDREY (Madame) - Jude MARTIN (Claire) - Frédérique SOREL (Solange)

 

 

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Avant que la lumière n'éclabousse le plateau, on entend le vrombissement d'un aspirateur car lorsque Madame s'absente, les Bonnes ont intérêt à s'activer.

Nous découvrons en fond de scène, quatre portants, chargés de vêtements féminins tous plus soyeux les uns que les autres, avec pour seules teintes, le rouge ou le blanc en une symbolique très significative : le rouge étant la couleur de la passion ( et du meurtre … ) le blanc, teinte réservée aux reines en deuil ; or Monsieur ( qu'on ne verra jamais ) vient d'être condamné au bagne.

Les Bonnes - quant à elles - n'ont que le noir pour se vêtir, emblème du désespoir anarchique depuis que Louise Michel a un jour de meeting eut l'idée ( paraît-il ? … ) d'accrocher un vieux jupon couleur de ténèbres à un manche à balai.

Caractère dérisoire des grandes causes !

Solange et Claire ne sont pas encore arrivées à ce stade là.
Elles expriment leur rage en catimini, quand Madame est sortie, en jetant à terre les vêtements qu'elles ne pourront jamais s'offrir.

Et puis elles jouent à parodier leur existence et c'est ainsi que Solange devient Claire tandis que cette dernière se prend pour Madame. On se défoule comme on peut.

Jean Genet nous dit-on, était lecteur de la revue Détective, où il découvrit le compte rendu de l'affaire Papin, ces deux soeurs employées de maison devenues criminelles.

Ah ! pouvoir étrangler Madame … lui faire rendre gorge de toutes ses bontés qui sont autant d'insultes destinées à renforcer l'assujettissement du personnel !

" C'est un conte " disait Genet, " une forme de récit allégorique " - un jeu de miroir en quelque sorte où chacun (e) se prend pour l'autre … C'est surtout une critique acerbe de la société où les nantis écrasent les employés.


En cette période où les riches le sont de plus en plus et à ce titre trouveraient inconcevable de se salir les mains au contact de travaux ménagers, semblables situations ne risquent-elles pas de se reproduire ?

 

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Jean Genet avait un temps envisagé de faire jouer les deux soeurs par deux hommes et peut-être souhaitait-il représenter cette pièce en milieu carcéral ? Bien possible ...
Depuis, des metteurs en scène ont parfois eu l'idée de confier le rôle de Madame à un interprète masculin. Nous savons tous que l'auteur adorait bousculer l'ordre établi en cassant les conventions.

Alors pourquoi en effet, ne pas confier celui de Claire à Jude Martin qui se déclarait partant pour l'aventure ?

Sa minceur va de pair avec la silhouette androgyne de Frédérique Sorel ( Solange ) et conforte le contraste avec Madame, aux formes nettement plus épanouies.

Ce qui se produisit ensuite, vous le savez sans doute, ce texte étant le plus joué parmi le répertoire de Jean Genet et si vous l'ignorez, il me faut alors vous laisser découvrir ce qui advint mais pour cela faites vite, car la pièce qui ne se joue qu'un seul soir par semaine - le jeudi - n'est à l'affiche que jusqu'au 22 novembre.

Scénographie et mise en scène sont brillantes et l'interprétation de Frédérique Sorel a plus spécialement attiré mon attention grâce à l'intelligente justesse de son jeu.



Simone ALEXANDRE

 

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18:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent