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07/05/2018

En attendant Bojangles d'après le roman d'Olivier Bourdeaut

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La Pépinière Théâtre

 

7, Rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

(M° Opéra)

 

 

LOC. 01 42 61 44 16

 

 

Pl. de 20 à 34€

 

( moins de 26 ans : 12€ )

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Du mardi au samedi à 19 h

 

jusqu'au : 28 Juillet 2018

 

Adaptation et mise en scène : Victoire Berger-Perrin

 

avec Julie Delarme, Didier Brice & Victor Boulenger

 

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C'est l'histoire folle d'un amour fou, captée par les yeux d'un fils unique, explicitée grâce au diarisme d'un père qui notait tout, ne vivait que pour cet amour là, pour cette femme qui ne ressemblait à nulle autre ( pas même à elle ) puisqu'elle était multiple.

Le père en question arborait la même coiffure que ce cavalier prussien dont le portrait était accroché au mur et se révélait presque aussi original que son épouse.
L'homme chaque dimanche après-midi faisait de mini exercices de musculation, la pipe au bec, en écoutant du jazz, baptisant non sans humour cette pratique : " gym tonic " en référence à la boisson dont il alimentait ses pauses …

Il se prénommait Georges, quant à sa femme, celle ci avec sa complicité, changeait de prénom à tout bout de champ, sauf le lendemain de la St-Valentin où là, chaque année Georges et sa Georgette du jour, déjeunaient en un restaurant qui avait fait le plein la veille.

A domicile, un superbe oiseau exotique baptisé " Mademoiselle Superfétatoire " égayait le lieu de ses cris quand il ne dormait pas debout, la tête sous son aile. ( vous reconnaîtrez que c'est plus original que de posséder un chien ou un chat ! )

 

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Quand le père n'était pas à son travail où il s'activait tard pour pouvoir s'arrêter tôt - disait-il - le couple se lançait en une danse éperdue aux accents de Nina Simone et de son " Mister Bojangles "

Tout aurait continué ainsi dans le meilleur des mondes si une montagne de courrier jamais ouvert ne s'était accumulée avec toutes les conséquences qui suivirent.

La légère fêlure qui ornait l'esprit de l'épouse et mère devint peu à peu une crevasse puis un gouffre dans lequel elle sombra tout à fait jusqu'à se retrouver en un asile protecteur.

 

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( photos : Evelyne Desaux )

 


Père et fils lui rendaient régulièrement visite jusqu'à ce que la patiente décrète qu'elle était guérie et mette au point un scénario d'enlèvement auquel les deux hommes subjugués se prêtèrent.  Je vous laisse ici découvrir la suite de l'aventure …

Julie Delarme joue le rôle de la mère avec une irrésistible fantaisie tandis que père et fils à savoir Didier Brice et Victor Boulenger rivalisent de brio afin que le trio familial soit parfait.

 

C'est drôle, émouvant, bref à voir ou revoir puisque le spectacle perdure à La Pépinière, traversant de façon exceptionnelle trois saisons : hiver, printemps, été, la pièce restant à l'affiche jusqu'au 28 Juillet.




Simone Alexandre

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/05/2018

PROVIDENCE de Neil LaBute

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

 

Pl. 26€ - T.R. 13 à 20€

- 26 ans : 10€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 21h30

 

jusqu'au : 12 MAI 2018

 

Durée : 1h25

 

Adaptation et mise en scène: Pierre LAVILLE

assisté d'Antoine COURTRAY

 

avec Xavier GALLAIS et Marie-Christine LETORT

 

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Le 11 Septembre 2001 constitua un choc mondial : incrédulité, consternation, panique, indignation et il serait malaisé d'affirmer quel sentiment a pris le pas sur l'autre 17 ans plus tard tant l'impact fut grand.

Le vieux monde s'était effondré et il fallait reconstruire sur les ruines. Je n'affirmerais pas que nous y sommes parvenus.

Un vieux dicton populaire prétend que,

" le malheur des uns fait le bonheur des autres "
Il faudrait pour cela faire abstraction de toute compassion voire de remords, ce qui dépend de la situation de chacun.

Ce cas particulier a sans nul doute - dans la réalité - été plusieurs fois illustré par des couples qui ont cru voir là l'échappatoire tant espérée. Certains n'étaient pas allés travailler ce jour là, se soustrayant sans le savoir à un destin fatal. On peut donc parler de Providence, qu'elle soit ou non méritée.

Car des innocents sont morts incrédules face à ce coup du sort, plongeant ceux qui furent épargnés dans l'effroi. Comme toujours en période de catastrophe, la nature secrète de chacun se révèle. Pour Ben ainsi que pour beaucoup d'autres, le fait a eu valeur d'électrochoc. L'ordre mondial en était bouleversé.

Comme souvent dans le monde du travail, des rapports intimes s'installent en catimini. Là un homme ( Xavier Gallais ) est le subordonné d'une femme ( Marie-Christine Letort ) et les bureaux de l'entreprise qui les employaient étaient situés dans le World Trade Center. L'homme est par ailleurs marié et père de deux enfants.

 

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( photos : iFou pr le Pôle Presse )

 



Comme beaucoup en pareille circonstance, il n'a nullement l'intention de changer quoique ce soit à sa vie actuelle tout en prétendant le contraire …

Quand les tours sont tombées, le couple bien à l'abri faisait l'amour. Ensuite, la femme a continué de sortir, lui pas. Depuis, son téléphone sonne sans arrêt mais il ne répond pas, replié sur lui-même au mépris de ce flot d'angoisse désespérée qui tente de venir à lui.

Fuir, recommencer une autre vie en partant de zéro, presque tout le monde a un jour fait ce rêve utopique et peu ont eu le courage de le réaliser. Ici, les conditions propices se présentent d'elles-mêmes …

Neil LaBute excelle a disséquer les sentiments de ce couple extra-conjugal, mettant l'âme de chacun à nu et le talent conjugué des deux comédiens ajouté à l'habileté du metteur en scène ( Pierre Laville ) font ici merveille. La salle captivée par la puissance du texte fait preuve d'une rare écoute, bien méritée.

A ne surtout pas laisser passer !




Simone Alexandre

 

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13:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/05/2018

L'AFFAIRE COURTELINE : 7 pièces courtes de Georges Courteline

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 16h

 

DERNIERE : le 6 MAI 2018

 

 

Mise en scène : Bertrand MOUNIER

 

avec : Isabelle de BOTTON, Salomé VILLIERS ou Raphaëlle LEMANN, Etienne LAUNAY, Pierre HELIE, Philippe PERRUSSEL, Bertrand MOUNIER ou François NAMBOT

 

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( photo : Franck Harscouet )

 

 

" C'est un peu tard de 14 juillet "  disait paraît-il Louis Jouvet quand quelqu'un arrivait en retard à son cours. N'ayant pas encore le don d'ubiquité, je peine parfois à honorer dans les temps certains spectacles qui pourtant le méritent amplement mais ça, on ne le sait qu'après.

Courteline : Georges Moinaux de son vrai nom, les petits facétieux sont priés de ne pas ajouter " cui-cui "  même si l'auteur poussa la fantaisie jusqu'à passer de vie à trépas le jour de son anniversaire ! Cet homme écrivit plus de cent farces, saynètes, tranches de vie et autres comédies.

Or, déclarant n'avoir aucune imagination il compensait ce qu'il considérait comme un handicap par un sens suraigu de l'observation.

Tous les travers ( ou presque ) de son époque seront par lui répertoriés. ne manquant pas de souligner la fatalité de la bêtise humaine que cette dernière s'exerce en famille, dans le travail voire même au tribunal dont il démontrera la fréquente iniquité mais comme l'auteur ( tout comme le commissaire ) est bon enfant, le propos restera dépourvu de toute méchanceté.

 

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( photo : Julien Jovelin )



Son langage étant basé sur l'observation directe, une aisance naturelle en découlera car s'il n'hésite pas à pousser les situations jusqu'à la charge, le ridicule est plus dû au caractère de chacun qu'à l'intention de l'auteur, les scènes ayant été prises sur le vif, ce qui crée une richesse de langue allant du raffinement mondain au parler populaire.

Les noms dont il affuble la plupart de ses personnages correspondent le plus souvent au défaut dominant de celui qui est représenté ce qui en souligne l'irrésistible comique. Comment ( par exemple ) prendre au sérieux un homme qui se nomme Badin ?

Sept courtes pièces nous sont ici représentées, s'enchaînant avec une fluidité incroyable car la mise en scène de Bertrand Mounier est rapide, efficace et pour tout dire : brillante !

 

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( photo : Julien Jovelin )



Les costumes se conjuguent en rouge et noir ( vive l'Anarchie ! )
Des chansons très lestes s'interposent dans le texte en de joyeuses pauses musicales et si notre rate se dilate tout au long de la représentation ce n'est certes pas le fait du hasard.

Je ne saurais ici nommer un interprète plus qu'un autre car tous s'acquittent de leurs rôles avec le même bonheur et le même enthousiasme communicatif, l'indéniable réussite du spectacle s'imposant à nous.

Vite, courez-y puisqu'il ne reste plus que quelques jours pour découvrir cette petite merveille de joyeuse intensité.




Simone Alexandre

 

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10:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/05/2018

TUYAUTERIE de Philippe BLASBAND

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THEATRE de l'OEUVRE

 

55, Rue de Clichy

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Place de Clichy)

 

LOC. 01 44 53 88 88

 

Pl. de 17 à 34€

 

http://www.theatredeloeuvre.com/

 

 

du mercredi au samedi à 21h

 

jusqu'au 30 JUIN 2018

 

 

Texte et mise en scène : Philippe BLASBAND

 

avec Tania GARBARSKI et Charlie DUPONT

 

 

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" Qui c'est ? … c'est l' plombier ! "




" Tuyauterie " … un titre qui à première vue peut paraître dérisoire mais justifié pleinement par le thème choisi car à l'écoute de ce qui est dit, pardonnez l'expression : " ça nous en bouche un coin ! "

- une psy' vaguement nymphomane ... ( Tania Garbarski )

 - un plombier qui n'a pas coupé le cordon ombilical ( Charlie Dupont ) lequel parle sans arrêt de sa Môman chez laquelle il vit toujours … bref, avec ou sans Freud, bonjour le joyeux étalage de frustrations et autres complexes.

Mais qu'est-ce qu'une femme est capable d'inventer pour arriver à ses fins !!! …

Brusquement et en comparaison, Harvey Weinstein a l'air d'un demeuré qui se réfère toujours au scénario simpliste : " Tu couches, t'as un rôle " … alors que là, l'action fut longuement méditée, savamment élaborée, avant de passer à l'action.

Nonobstant le fait que l'on ne rencontre habituellement les plombières qu'à l'état de friandise glacée, à supposer que la crise de l'emploi aidant, le nombre de femmes susceptibles d'adopter cette profession augmente, je connais peu d'hommes capables de boucher tout exprès un conduit d'évacuation avec les poils de sa moustache ( ou de sa barbe, ce qui serait plus efficace ) dans la seule perspective de ... ( comment dit-on ? ) s'envoyer en l'air !

Alors voilà : POURQUOI ? … demande le sextoy-sur-pattes qui lui, pense parce qu'il est, tout simplement. Petite parenthèse, je ne sais pas si vous avez remarqué la subtile différence mais dans le cas contraire, un homme eut été accusé de tentative de viol alors que la femme en pareille circonstance se voit taxée de séduction active. ( très active même ) C'est ce que l'on nomme l'égalité des sexes. En fait, les Messaline ont toujours existé, seules les féministes jouent les victimes.

 

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Confrontée à l'athlétique physique de viking du plombier en question, nulle surprise si la dame a eu envie de prendre la forteresse d'assaut !  Habituée par sa profession à recueillir toutes les confidences et même les plus salaces, pas étonnant qu'elle s'exprime avec une crudité qui ferait rougir un Templier.

Le public s'esclaffe tout au long de la pièce, heureux de cette libération sans risques puisqu'il se voit dédouané de ses pensées les plus secrètes. J'ai quitté le théâtre en me disant : " pas étonnant que le plombier polonais était à ce point redouté ! "

Par conséquent, deux solutions : si vous voulez passer un bon moment et s'il vous reste encore un bottin - à défaut d'internet bien sûr - soit vous en parcourez les pages jaunes

( mais l'oiseau rare n'est pas garanti ) ou encore mieux, prenez le chemin qui mène au théâtre de l'Oeuvre et là, à défaut d'autre chose ( ... ) je vous promets un méga-dérouillage de vos zygomatiques.




Simone Alexandre

 

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11:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent