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15/06/2017

A 90 DEGRES de Frédérique KEDDARI-DEVISME

 

Le Théâtre de Belleville situé 94 rue du faubourg du Temple nous présentait les 12 & 13 Juin en avant-première,

 

" A 90 DEGRES " de Frédérique KEDDARI-DEVISME dans une mise en scène de l'auteur.

 

CREATION 2017 - Durée : 1h10

 

" Il y a des êtres que j'envie pour qui vivre est une évidence. Les salops "

 

Frédérique Kaddari-Devisme

 

 

a 90 degres - © Frédéric Benoist-9.jpg




Elizabeth Mazev, seule en scène, sans un poil de maquillage, loge son personnage désorienté dans un informe pyjama bleu à rayures évoquant ainsi son état de prisonnière de l'addiction.

Au début, il faut presque tendre l'oreille pour capter ce qu'elle dit de ce ton monocorde d'où surgit brusquement un mot auquel elle a décidé de donner une valeur inattendue et qui se détache de ces phrases laissées en suspens.

Le décor est sobre, un lit, deux chaises et une petite table, jusqu'à ce que les plumes du traversin éventré se confondent avec les nombreuses petites bouteilles, sur le sol étalées.

Cette  femme rompue ( comme aurait dit Simone de Beauvoir) expliquera que " pour retrouver quelque couleur, elle s'est saoulé le coeur " - La formule est poétique mais la constatation de son état l'est moins.

Le personnage nous offre ici l'explication de sa déchéance ou du moins tente de l'expliquer. Car ce qu'elle nous raconte, son beau rêve d'amour raté, n'est pas l'histoire de Roméo et Juliette mais celle de Marthe et Christophe " mis en bouteille à la propriété " ajoute t'elle avec dérision.

Brusquement tout est devenu trop lourd pour cette femme aimante, à la vie tranquille. Le sourire de son compagnon a brusquement disparu, prémisses de la solitude qui allait lui tomber dessus comme une chape de plomb.


Dans " Vladimir ou le vol arrêté " Marina Vlady avait dépeint avec un réalisme effrayant l'enfer qui se met en place dans un couple quand l'un des deux est arrivé au point de traquer l'alcool à 90° jusque sur les étagères de la pharmacie ...

Après un incident un peu plus grave que les autres, une cure de désintoxication sera décrétée mais que peuvent quinze malheureux jours de sevrage quand tout l'organisme fut de la sorte imprégné, a gardé en mémoire ce qui a préexisté ?

Le monologue finira sur une note d'espoir confirmé par la pimpante tenue rouge de l'interprète, cette couleur étant comme chacun sait synonyme de bonheur et de chance ( en Chine ) et on sort de là en se disant que si notre héroïne parvient à remplacer l'alcool par le thé, elle sera sauvée.


Le spectacle est programmé dans le cadre du festival Off d'Avignon au Théâtre des Halles, rue du Roi René chaque jour à 11h. sauf les 10, 17 & 24 Juillet.

Bon festival ! 


Simone Alexandre

 

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10:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent