14.01.2010

Reprise de La Ballade ...

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MAISON DE LA POESIE

Passage Molière

157 rue St-Martin

75003 PARIS

M° Rambuteau ou Les Halles

loc. 01 44 54 53 00

Pl. 22€ TR : 17 & 12€

du mercredi au samedi à 20h.

dimanche à 16h.

Durée du spectacle : 1h.15

jusqu'au 7 février 2010.


La Ballade de la geôle de Reading d'Oscar Wilde,

traduction : Henry-D.Davray parue au Mercure de France, 1898

Mise en scène : Céline Pouillon

avec Stanislas Nordey et Julie Pouillon


Certains lieux adoptent une politique de fidélisation, il n'est donc pas étonnant de revoir sur place un spectacle programmé deux ans au préalable.
Stanislas Nordey et Julie Pouillon se partagent la responsabilité de dire ce long poème que Wilde n'aurait sans doute jamais écrit s'il n'avait été incarcéré pour les raisons que l'on sait.

En effet, aux yeux de l'auteur le Christ est un artiste et l'artiste est un Christ, ce qui suffit à expliquer le physique de Stanislas Nordey et son comportement scénique. (certains gestes réitérés viennent en illustration.)
Julie Pouillon intervient plus qu'en contrepoint puisqu'elle constitue indéniablement le second pilier de la représentation compensant par sa seule présence l'austérité du propos.


Je me garderai bien d'oublier la composition musicale de Siegfried Canto auquel s'applique de façon justifiée le terme de plasticien sonore utilisé le concernant.
Signalons à ceux qui apprécieront plus particulièrement la beauté du texte que celui-ci est édité chez Gallimard et récupérable dans la collection Folio.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Thierry Cohen)


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N.B. La chronique initiale parue sur ce site en février 2008 est récupérable en tapant au moyen du moteur de recherche (situé à gauche), le titre de l'oeuvre à savoir La Ballade de la geôle de Reading.

DANGER : liberté d'expression en voie de disparition.

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Un communiqué de presse m'est parvenu hier, me signalant ainsi sans doute qu'à tous ceux qui ont apprécié la pièce,

" A mon âge, je me cache encore pour fumer "

que l'auteur(e) et interprète a en date du 12 janvier alors qu'elle se rendait au théâtre La Maison des Métallos été l'objet d'une agression.

En effet, Rayhana fut aspergée d'essence puis ses interlocuteurs lui ont ensuite jeté une cigarette allumée au visage qui fort heureusement n'a pas déclenché la catastrophe voulue. Les propos tenus par ces derniers ne laissent aucun doute quant au lien existant entre leur acte criminel et le thème de la pièce qui dénonçait précisément les violences faites au femmes au nom de la religion.

Il y a quelques années déjà, Attilio Maggiulli, directeur de la Comédie Italienne suite à sa pièce " George Bush ou le triste cow-boy de Dieu " avait lui aussi été agressé alors que si mes souvenirs sont exacts, il avait pris la précaution d'écrire le texte en question sous un pseudonyme mais tout finit par se savoir et il fut roué de coups, le visage tailladé à plusieurs reprises au moyen d'un canif.

Voilà de quoi l'intégrisme religieux est capable !

La liberté d'expression n'est plus garantie dans l'Hexagone depuis quelques années.

J'ignore si notre auteur(e) comédienne a déposé plainte et est en mesure de reconnaître ses agresseurs ?
En tout cas, ne cédant pas à l'intimidation, fidèle à elle-même, cette femme courageuse a décidé de ne pas interrompre le cours des représentations.

Qu'elle soit assurée de notre soutien, de notre estime et de notre admiration.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

N.B. se reporter à la chronique du 17 décembre 2009 récupérable en tapant le titre de la pièce et en empruntant le moteur de recherche présent sur ce site.

05.01.2010

La Ronde d'Arthur Schnitzler

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POCHE-MONTPARNASSE

75 bd. du Montparnasse

75006 PARIS

(M° Montparnasse)

loc. 01 45 48 92 97

du mardi au samedi à 21h.

matinées : samedi à 18h. dimanche à 15h.

Places : 36, 28 & 22€

Adaptation et mise en scène : Marion Bierry

avec : Vincent Heden, Alexandre Martin, Sandrine Molaro, Serge Noël, Marie Reache, Aline Salajan, Eric Verdin.


La Ronde de Schnitzler, initialement intitulée La Ronde d'amour (Liebesreigen) " suite de scènes parfaitement impubliables (selon l'auteur) mais destinées à jeter  dans quelques centaines d'années un jour singulier sur certains aspects de notre civilisation." Arthur Schnitzler écrivit cela le 24 février 1897.
Il est heureux qu'il n'ait pas fallu attendre aussi longtemps pour savourer ce texte jugé scandaleux à l'époque mais qui n'aurait certes pas fait frémir le moins du monde les amateurs de Crébillon fils ni beaucoup plus tard et toutes proportions gardées, ceux de Robbe-Grillet. Mais " autres temps, autres moeurs " allez vous dire !
Par ailleurs, il n'est sans doute pas inutile en notre époque de puritanisme rampant de remettre ce texte au goût du jour ...
Très habilement, Marion Bierry a encadré la pièce par l'illustration sonore de la guerre. On sait que les pulsions sexuelles sont exacerbées en pareille circonstance. (Voyez le baby-boom qui fit suite à la dernière ... )
Vienne au début du vingtième siècle était la ville du luxe et des plaisirs, musique, danses, gâteaux, champagne et amour ... Les personnages appartiennent encore aux stéréotypes du siècle précédent. Il faudra que soit passée " La Grande Guerre " pour que les mentalités changent mais en attendant, les soldats mènent dès qu'ils ont un instant de liberté, la belle vie, celle de célibataires qui dans l'ignorance de ce que les jours à venir leur réservent en profitent au maximum.
L'auteur est un fin observateur de tout ce qui l'environne et n'oublions pas que né dans une famille de médecins, il avait un temps effectué des études en psychiatrie.
L'âme humaine a par conséquent peu de secrets pour lui ... et La Ronde va nous entraîner dans une suite de descriptions qui n'ont toutes qu'un seul et unique but. Devinez lequel ? ...  C'est faussement léger et toujours élégant, un tantinet cynique, brillant, enlevé, bref un excellent spectacle aussi enivrant qu'une coupe de champagne. Que dis-je une ? ... Au moins dix !
Par conséquent, bravo à toute l'équipe du Poche-Montparnasse car nous entraîner en un tel tourbillon en un si petit espace relève de l'exploit pur et simple.


Simone Alexandre.
www.theatrauteurs.com

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18.12.2009

La trappe de Robert Poudérou.

L'Harmattan - Théâtre des 5 continents - 11,50€

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Dans sa présentation de pièce écrite en Septembre 1978, l'auteur précise,

" la rébellion solitaire est un leurre. Qui dérange tout le monde. "


J'ai immédiatement envie de m'inscrire en faux. Si elle est solitaire, comment peut-elle déranger ? C'est la rébellion organisée qui dérange le plus, non ? ... Voilà un sujet de polémique à développer la prochaine fois que je verrai Robert Poudérou ...

En attendant, rejoignons les personnages puisque ma religion m'interdit de raconter les pièces sinon où serait le plaisir de la découverte ?

David (25 ans) est un autonome qui s'amuse de temps à autre à commettre de petites plaisanteries subversives qui ne doivent pas être du goût de tout le monde !

Moïse et Max, (la soixantaine approchante ou installée) sont deux amis, camarades de beuveries que la vie ne semble pas avoir épargnés.
Leur sobriquet respectif en dit long : "Coup-de-coude" pour Moïse et "Cul-sec" pour Max. Ils sont l'un et l'autre à la fin du parcours, le savent - comment pourraient-ils l'ignorer ? Et cela n'arrange rien.

Un jour, ces trois là vont se rencontrer ... le lieu est situé au sous-sol d'un grand restaurant. C'est là également que se trouve la trappe justifiant le titre.

Mais surtout, il y a Juliette, la métaphore de l'amour, et ce petit surnom mi-tendre, mi-machiste qui résume à lui seul comment fonctionnent les hommes,  profanateurs déclarés et adorateurs muets, leur truculence ayant pour objet de masquer leur timidité.

On ne vante plus depuis longtemps le style poudérien, c'est un fait avéré mais cette pièce nous prouve si besoin est, qu'un Poudérou peut toujours en cacher un autre.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com