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29/10/2017

Annonce : Mon Ange de Henry Naylor

 

 

http://www.theatretristanbernard.fr/

10:07 Publié dans Annonces | Lien permanent

27/10/2017

PROJECTION PRIVEE de Rémi de Vos

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 21h

 

Durée : 1h20

 

Mise en scène : Michel Burstin

 

avec Bruno Rochette ( l'homme ) - Sylvie Rolland ( la fille ) - Elsa Tauveron ( la femme )

 

 

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( photo : Joseph Bauderet )

 

 

 Une femme installée sur son canapé, remet inlassablement du rouge à lèvres … Son " babouin " marital est absent aussi se confie t-elle à nous. Comme elle est presque toujours seule, la télé lui tient compagnie et elle suit les émissions avec l'âme d'une midinette.

 

Emoustillée par tout ce qu'elle voit sur le petit écran, la dame a une méthode pour approcher les vedettes : elle ne manque aucun enterrement et souvent, la loi des séries lui permet d'approcher ce monde auquel elle n'appartient pas. Bref, comme on dit vulgairement, elle se fait son cinéma.

Brusque changement d'atmosphère, voilà que l'époux débarque accompagné d'une conquête qu'il cherche à justifier n'importe comment, en disant n'importe quoi.


" C'est la nouvelle baby-sitter ! " ce qui pose un léger problème étant donné que le couple n'a pas d'enfant puis l'homme s'étonne en constatant que son épouse est là, persuadé que cette dernière était allée rendre visite à sa soeur ? -
Manque de chance, elle n'en a pas ...
 
Une fois de plus, l'humour  " ab absurdo " de Rémi De Vos fait merveille !

Immédiatement, le spectateur rationaliste perd pied multipliant les hypothèses ...

La dernière conquête de l'époux volage, quelque peu mal à l'aise - car en surnombre et trompée elle aussi - ne tardera pas à sympathiser avec la femme ou du moins tentera de se rapprocher de celle-ci afin de se faire pardonner.
Et puis, la solidarité féminine existe tout de même !  

L'auteur nous proposera une petite parenthèse romanesque dans le style Jane Austen car vivre par petit écran interposé, cela finit par laisser des traces dans l'imaginaire ; le trio de comédiens s'en donne donc à coeur-joie et nous aussi.

Gardons nous farouchement de vous dire comment tout cela va finir, le chiffre 3 étant bien sûr insolite et pas très confortable pour un couple. Or, sans être particulièrement féroces on ne rit jamais autant que du malheur des autres, c'est bien connu puisque l'on reste persuadés que ça ne pourra jamais nous arriver personnellement.

Allez y, texte, mise en scène, jeu des comédiens font bien plus que valoir le détour et on découvre alors ce moment complètement foutraque en se félicitant d'avoir eu la riche idée d'aller voir cette pièce plutôt qu'une autre.




Simone Alexandre

 

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11:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/10/2017

Le journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau

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THEATRE LES DECHARGEURS

 

3, Rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 18€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 19h30

 

 

jusqu'au : 28 OCTOBRE 2017

 

- PROLONGATIONS : les 4, 11 & 18 novembre,

les 2 & 23 décembre à 17 heures et la semaine

du 12 au 16 décembre à 21h15

 

Mise en scène : Jean-Pierre Hané

 

avec Catherine Artigala

 

 

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( photo : Sébastien Cotterot )

 

 

Autant le dire d’emblée  « le Journal d’une femme de chambre » que propose actuellement le théâtre des Déchargeurs est une totale réussite !


Dans une adaptation de Michel Monnereau et une mise en scène ( et des lumières ) de Jean-Pierre Hané, l’excellente Catherine Artigala nous donne à voir mais surtout à entendre une Célestine formidable de vie, de combativité, de féminité et d’abandon.

Octave Mirbeau a cela de surprenant que chacun de ses textes revenant à la scène est une redécouverte ; c’est un auteur qui n’a pas hésité à torpiller son monde, celui de la seconde partie du XIXème, qui n’a pas craint de fustiger sa société, tout fils de notaire normand, donc de bon bourgeois, qu’il fût, avec au-delà une pointe de modernité qui le fit se lier d’amitié avec Monet, Rodin, Pissaro…

Qui est Célestine ? : une femme de chambre, ce qui ne se confond pas avec une bonne à tout faire dans la hiérarchie du monde ancillaire, c’est-à-dire une servante affectée à la seule personne de ses employeurs et qui ne s’occupe que d’eux, dans leur directe intimité. Elle saura nous le décrire non sans laisser le sentiment d’une sorte de perversité ou de désir caché, comme un jeu dont, enfant, elle aurait été privée… Cela lui vaut des déboires qu’elle relate avec une distanciation comique, désabusée qu’elle est, constatant un peu surprise les mœurs du temps, les lubies de ses patrons, leur dinguerie parfois.

Son intelligence instinctive la met d’emblée à l’abri de bien des ennuis, même si elle reconnaît que son statut l’expose terriblement, et il ne nous est rien caché des mauvaises pratiques tant des employés que des patrons, classes sociales qui se regardent en chiens de faïence et que tout oppose dans un combat souvent invisible et sourd. Les forces semblent s’équilibrer dans les besoins qu’ils ont les uns des autres, en ces époques où la rente permet encore aux bourgeois, pas même trop riches, d’employer du personnel.

Nous sommes en 1900. Nous sommes en Normandie, terre parfois violente comme Maupassant le décrit dans ses Contes… Alors ses personnages sont faits de cette pâte, anti-dreyfusarde sans se rendre compte que cela veut dire antisémite, nationalistes par amour des défilés militaires en province, rare distraction … et vaguement calotins parce que le curé reste un personnage important. La loi de séparation n’a pas encore été votée.

Comme tout un chacun, Célestine rêve d’améliorer sa condition et le mariage est une voie de sortie à la fois simple, traditionnelle et honorable. Reste à trouver le mari qui lui permettra de s’élever.
Et c’est là que Mirbeau est à son meilleur, car si le souhait de Célestine, son ambition même, est à la fois légitime et modeste, les moyens pour y parvenir lui feront revoir tous ses préceptes moraux. C’est cette lente glissade vers l’infâme, qui met à jour les pires travers de l’individu, qui fait de ce texte, d’une folle modernité, un brûlot.

Célestine passera de la critique muette à la dissimulation, puis au mensonge, puis à l’aveuglement coupable, complice, avant de basculer complètement dans l’abandon de soi et d’accepter l’inacceptable. On la perçoit alors prête à agir.

D’une certaine manière Mirbeau laisse entendre que ces reniements informulés et ce passage à l’acte sont des phases nécessaires pour parvenir et attester de son appartenance à une classe.
Il est terrible alors, en ce que, d’une certaine manière, mais sans en adopter les points de vues, il annonce la liberté de langage et le ton de Céline ;  comme on dit maintenant, il est « sans filtre ».

La mise en lumière de cet intelligent monologue est pour beaucoup dans l’énergie que nous ressentons, et la bande-son, suggestive et recherchée, est une réussite car elle joue un rôle à part entière dans ce spectacle fin et dérangeant  qu’il importe de courir applaudir.




© Frédéric Arnoux

 

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11:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent