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02/05/2018

L'AFFAIRE COURTELINE : 7 pièces courtes de Georges Courteline

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 16h

 

DERNIERE : le 6 MAI 2018

 

 

Mise en scène : Bertrand MOUNIER

 

avec : Isabelle de BOTTON, Salomé VILLIERS ou Raphaëlle LEMANN, Etienne LAUNAY, Pierre HELIE, Philippe PERRUSSEL, Bertrand MOUNIER ou François NAMBOT

 

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( photo : Franck Harscouet )

 

 

" C'est un peu tard de 14 juillet "  disait paraît-il Louis Jouvet quand quelqu'un arrivait en retard à son cours. N'ayant pas encore le don d'ubiquité, je peine parfois à honorer dans les temps certains spectacles qui pourtant le méritent amplement mais ça, on ne le sait qu'après.

Courteline : Georges Moinaux de son vrai nom, les petits facétieux sont priés de ne pas ajouter " cui-cui "  même si l'auteur poussa la fantaisie jusqu'à passer de vie à trépas le jour de son anniversaire ! Cet homme écrivit plus de cent farces, saynètes, tranches de vie et autres comédies.

Or, déclarant n'avoir aucune imagination il compensait ce qu'il considérait comme un handicap par un sens suraigu de l'observation.

Tous les travers ( ou presque ) de son époque seront par lui répertoriés. ne manquant pas de souligner la fatalité de la bêtise humaine que cette dernière s'exerce en famille, dans le travail voire même au tribunal dont il démontrera la fréquente iniquité mais comme l'auteur ( tout comme le commissaire ) est bon enfant, le propos restera dépourvu de toute méchanceté.

 

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( photo : Julien Jovelin )



Son langage étant basé sur l'observation directe, une aisance naturelle en découlera car s'il n'hésite pas à pousser les situations jusqu'à la charge, le ridicule est plus dû au caractère de chacun qu'à l'intention de l'auteur, les scènes ayant été prises sur le vif, ce qui crée une richesse de langue allant du raffinement mondain au parler populaire.

Les noms dont il affuble la plupart de ses personnages correspondent le plus souvent au défaut dominant de celui qui est représenté ce qui en souligne l'irrésistible comique. Comment ( par exemple ) prendre au sérieux un homme qui se nomme Badin ?

Sept courtes pièces nous sont ici représentées, s'enchaînant avec une fluidité incroyable car la mise en scène de Bertrand Mounier est rapide, efficace et pour tout dire : brillante !

 

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( photo : Julien Jovelin )



Les costumes se conjuguent en rouge et noir ( vive l'Anarchie ! )
Des chansons très lestes s'interposent dans le texte en de joyeuses pauses musicales et si notre rate se dilate tout au long de la représentation ce n'est certes pas le fait du hasard.

Je ne saurais ici nommer un interprète plus qu'un autre car tous s'acquittent de leurs rôles avec le même bonheur et le même enthousiasme communicatif, l'indéniable réussite du spectacle s'imposant à nous.

Vite, courez-y puisqu'il ne reste plus que quelques jours pour découvrir cette petite merveille de joyeuse intensité.




Simone Alexandre

 

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10:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/05/2018

TUYAUTERIE de Philippe BLASBAND

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THEATRE de l'OEUVRE

 

55, Rue de Clichy

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Place de Clichy)

 

LOC. 01 44 53 88 88

 

Pl. de 17 à 34€

 

http://www.theatredeloeuvre.com/

 

 

du mercredi au samedi à 21h

 

jusqu'au 30 JUIN 2018

 

 

Texte et mise en scène : Philippe BLASBAND

 

avec Tania GARBARSKI et Charlie DUPONT

 

 

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" Qui c'est ? … c'est l' plombier ! "




" Tuyauterie " … un titre qui à première vue peut paraître dérisoire mais justifié pleinement par le thème choisi car à l'écoute de ce qui est dit, pardonnez l'expression : " ça nous en bouche un coin ! "

- une psy' vaguement nymphomane ... ( Tania Garbarski )

 - un plombier qui n'a pas coupé le cordon ombilical ( Charlie Dupont ) lequel parle sans arrêt de sa Môman chez laquelle il vit toujours … bref, avec ou sans Freud, bonjour le joyeux étalage de frustrations et autres complexes.

Mais qu'est-ce qu'une femme est capable d'inventer pour arriver à ses fins !!! …

Brusquement et en comparaison, Harvey Weinstein a l'air d'un demeuré qui se réfère toujours au scénario simpliste : " Tu couches, t'as un rôle " … alors que là, l'action fut longuement méditée, savamment élaborée, avant de passer à l'action.

Nonobstant le fait que l'on ne rencontre habituellement les plombières qu'à l'état de friandise glacée, à supposer que la crise de l'emploi aidant, le nombre de femmes susceptibles d'adopter cette profession augmente, je connais peu d'hommes capables de boucher tout exprès un conduit d'évacuation avec les poils de sa moustache ( ou de sa barbe, ce qui serait plus efficace ) dans la seule perspective de ... ( comment dit-on ? ) s'envoyer en l'air !

Alors voilà : POURQUOI ? … demande le sextoy-sur-pattes qui lui, pense parce qu'il est, tout simplement. Petite parenthèse, je ne sais pas si vous avez remarqué la subtile différence mais dans le cas contraire, un homme eut été accusé de tentative de viol alors que la femme en pareille circonstance se voit taxée de séduction active. ( très active même ) C'est ce que l'on nomme l'égalité des sexes. En fait, les Messaline ont toujours existé, seules les féministes jouent les victimes.

 

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Confrontée à l'athlétique physique de viking du plombier en question, nulle surprise si la dame a eu envie de prendre la forteresse d'assaut !  Habituée par sa profession à recueillir toutes les confidences et même les plus salaces, pas étonnant qu'elle s'exprime avec une crudité qui ferait rougir un Templier.

Le public s'esclaffe tout au long de la pièce, heureux de cette libération sans risques puisqu'il se voit dédouané de ses pensées les plus secrètes. J'ai quitté le théâtre en me disant : " pas étonnant que le plombier polonais était à ce point redouté ! "

Par conséquent, deux solutions : si vous voulez passer un bon moment et s'il vous reste encore un bottin - à défaut d'internet bien sûr - soit vous en parcourez les pages jaunes

( mais l'oiseau rare n'est pas garanti ) ou encore mieux, prenez le chemin qui mène au théâtre de l'Oeuvre et là, à défaut d'autre chose ( ... ) je vous promets un méga-dérouillage de vos zygomatiques.




Simone Alexandre

 

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11:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/04/2018

Mon Lou de Guillaume Apollinaire

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LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

 

jusqu'au : 23 JUIN 2018

 

 

Mise en scène : Christian Pageault

 

avec : Moana Ferré

 

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Ce que l'on voit en premier, c'est le banc sur lequel Lou consultera les lettres de Guillaume pour la x… ième fois ! ( on ne peut en douter puisqu'elle en connaît le contenu par coeur )

Pourtant son attitude ne manque pas de choquer car à mesure qu'elle les relit - d'un geste négligent - elle les jette par dessus son épaule comme le faisait en son temps Jean Edern Hallier quand il était confronté à un livre de Philippe Sollers.

 

Etrange comportement ! ...



C'est que Louise de Coligny-Châtillon reste un petit animal sauvage. Guillaume Apollinaire ne la comparait-il pas à un écureuil ? … L'esprit indépendant et primesautier de la dame, la met à l'abri de toute récupération, fut-elle amoureuse.

 

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On dit communément que dans un couple, l'un des deux aime plus que l'autre. Ici, cela ne fait aucun doute : Apollinaire est son esclave bien que sa virilité ait parfois des velléités de maître mais on ne possède jamais complètement - encore moins définitivement - une femme comme celle-là !

Nous faisons donc connaissance de ce couple par le biais de leur échange épistolaire qui a pour particularité de survoler la guerre - celle de 14 - et nous étonnons presque en constatant que la Poste continuait à fonctionner aussi bien.

Le poète croit aimer cette femme. pour la vie alors que celle-ci a déjà quelqu'un qu'elle n'a nullement l'intention de quitter, un dénommé Toutou dont le surnom est éloquent ...

 

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Moana Ferré nous fait également bénéficier en direct de ses dons picturaux. Or même en temps de guerre, la nature conserve ses droits et quand les hommes s'exterminent, les étoiles continuent à luire au firmament.

La mise en scène de Christian Pageault, la composition musicale de Jean-Michel Trimaille et la scénographie d'Isabelle Jobard habillent le monologue dont l'évolution se déroule sous nos yeux étonnés, avides d'en savoir plus ...



Simone Alexandre

 

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14:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent