22.01.2012
Terminus Matsushima de Benoît Marbot
Théâtre Darius Milhaud
80, Allée Darius Milhaud
75019 PARIS
M° Porte de Pantin
Loc. 01 42 01 92 26
www.theatredariusmilhaud.fr
Le mercredi à 21h.15,
le jeudi à 19h.15
jusqu'au : 15 mars 2012
Mise en scène de l'auteur.
avec : Leslie LIPKINS (Valentine)
Adrien LALIGUE (Gautier)
Cyrille LABBE (Melvin)
11 Mars 2011 - un tsunami engendre la détérioration de la centrale de Fukushima avec les conséquences que l'on sait, catastrophe que la plupart d'entre nous aimerait écarter de sa mémoire ...
Certains fustigent alors l'inconséquence de ceux qui ont construit l'édifice en un pays où les tremblements de terre sont fréquents.
L'antique sagesse japonaise et ses " maisons de papier " a t-elle définitivement disparu, victime de ce modernisme frisant l'inconséquence ? Le moment de se poser les vraies questions n'est-il pas venu ? ...
Trois jeunes européens vont être le miroir de ce qui s'est passé, la futilité des rapports humains s'inscrivant parfois en faux sur ce qui fut ailleurs une tragédie ?
En alternance, nous passerons du présent, c'est à dire de la terrasse d'une villa située sur la Côte d'Azur avec par le biais de parenthèses, l'évocation d'un passé proche, au pays du Soleil Levant.
Belle analyse psychologique d'un trio de trentenaires un peu paumés mais à la recherche d'une possible amélioration de ce qui est.
Les comparaisons contrastées vont émailler la pièce en permanence.
Melvin ne pense qu'à échapper à Liliane tandis que Gautier lui, veut se rapprocher de Kayoko. Ces deux femmes sont évoquées, on ne les verra jamais mais elles sont omniprésentes dans l'esprit de l'un et de l'autre : Gautier qui croit à l'amour et Melvin qui ne veut pas y croire ... Les échanges tiennent parfois à des contacts téléphoniques alors que seule la force de la pensée peut relier les êtres au delà des océans. Superficialité (acquise) de nos sociétés occidentales comparée à l'attention respectueuse des nippons tandis qu'ici, " personne ne connaît personne, tout le monde fait semblant."
D'un côté, les relations sont aussi légères que compliquées et de l'autre, tout va nécessairement à l'essentiel, c'est à dire à la survie physique et morale.
L'enthousiasme de ces trois interprètes aide a porter le message et le talent de Benoît Marbot auteur et metteur en scène, fait le reste.
Face à nous, encadrée par ces deux hommes, une femme, bien présente, elle - (Valentine) fille du propriétaire du lieu où se situe l'action, une jeune nantie dont l'existence est en jachère et le désarroi assez grand.
Les personnages incarnés par ces jeunes comédiens symbolisent un avenir qu'ils ne maîtrisent pas encore. A voir sans craindre la sinistrose car l'espoir se situe précisément au terminus ...
Simone Alexandre
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15:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2012
Le pianiste aux 50 doigts ou l'incroyable destinée de György Cziffra.
VU AU RANELAGH ... un spectacle musical conçu et interprété par Pascal AMOYEL
mis en scène de Christian FROMONT-
Musiques originales de Franz LISZT, Robert SCHUMANN, Frédéric CHOPIN, Aram KATCHATOURIAN, Olivier GREIF, George GERSHWIN, Duke ELLINGTON, Pascal AMOYEL.
Lumières d'Attilio COSSU.
Photo : B.BARDA
Généralement les concertistes si talentueux soient ils, se contentent d'interpréter quelques oeuvres de leur choix et le spectacle reste exclusivement musical.
Pascal Amoyel a voulu " un plus " en nous racontant ce qui fut la rencontre de sa vie, celle qui décida de sa carrière, à savoir le jour où le Destin le mit sur le chemin de György Cziffra.
Le Ranelagh est un lieu extraordinaire, l'écrin idéal pour une rencontre avec le public mis en condition par ce décor à la somptuosité d'un autre temps, qui charme tous ceux qui étant venus une fois y reviendront toujours.
Facétie de la mise en scène conçue par Christian Fromont notre interprète arrive avec sa valise à roulettes empruntant une porte donnant sur la salle. Le premier instant de surprise passé, qui pourrait s'en étonner puisque les musiciens sont de grands voyageurs ! …
C'est par conséquent un hommage que Pascal Amoyel a voulu rendre à celui auquel il doit tout ou presque. Il va donc alterner récit et interprétation d'oeuvres allant de Liszt à Schumann en passant par Scriabine sans oublier Katchatourian et même Duke Ellington car n'oublions pas que le Maitre Cziffra gagna un temps sa vie en jouant dans les bars …
Ce spectacle qui a démarré le 23 novembre a joué les prolongations en ce lieu jusqu'au 15 janvier 2012 et se trouve actuellement en tournée en Ile de France, régions et international.
Vous pourrez également le récupérer lors du prochain festival d'Avignon au 4, rue Buffon, Théâtre les Trois Soleils du 7 au 28 Juillet 2012 (loc. 04 90 84 09 13)
Tous à vos agendas !
Simone Alexandre
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16:59 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2012
Goldoni / Haydn : Lo Speziale (opéra-bouffe)
45 RUE Richard Lenoir
75011 PARIS
(M° Voltaire)
loc. 01 43 56 38 32
du 10 Janvier au 26 Mars 2012
Adaptation, direction musicale et piano
Andrée-Claude Brayer
Mise en scène : Anne-Marie Lazarini
avec Jean-François Chiama (ténor) : Sempronio,
Karine Godefroy (soprano) : Grilletta,
Laurent Herbaut (baryton) : Volpino,
Xavier Mauconduit (ténor) : Mengone.
Pour l'orchestre : Romain Sénac (violon) - François Martigné (alto) - Guillaume Martigné (violoncelle) - Jean-Marie Poupelin (hautbois) - Norbert Vergonjanne (cor) & Andrée Claude Brayer (piano)
Double découverte car j'avoue humblement que je ne connaissais ni ce texte de Goldoni ni l'opéra-bouffe de Haydn, or ne va t-on pas au théâtre pour découvrir en permanence ?
Qu'Anne Marie Lazarini en soit remerciée car elle a monté ce double ouvrage avec bonheur. Le décor est sobre et classique, la mise en scène s'intègre complètement à l'action et les voix m'ont parues irréprochables. Un quasi sans faute par conséquent.
Le thème est caractéristique de l'époque à laquelle il fut écrit, un barbon est amoureux d'une jeune femme, laquelle lui préfère bien entendu un autre homme moins riche mais plus jeune. Un troisième prétendant semble avoir toutes les qualités, jeunesse et argent mais sera dédaigné par la belle, certaines époques étant finalement plus morales que d'autres.
Fidèle à mon éthique laquelle consiste à ne pas raconter par le détail, ce que j'ai vu, je me garderai bien de vous en dire plus tout en vous incitant vivement à aller voir et entendre cet opéra-bouffe parfaitement réussi. Et puis cette oeuvre étant peu connue, il serait criminel de vous priver de l'aller découvrir. Seul petit hiatus : les sur-titres ne s'adaptent pas à toutes les vues mais fort heureusement, tout le monde n'est pas myope et du reste, l'histoire en dehors du mot à mot se suit très bien et puis le sachant, vous pourrez ainsi vous situer à la bonne distance. Cette réalisation est programmée jusqu'à fin mars et comme il convient de ne jamais bouder son plaisir, n'attendez surtout pas pour y aller !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
( photos : Marion Duhamel )
14:45 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2012
Clients, intégrale de Carnet de bal d'une courtisane de Grisélidis Réal.
211, avenue Jean Jaurès
Parc de la Villette
75019 PARIS
(M° Pte de Pantin)
Loc. 01 40 03 72 23
www.theatre-paris-villette.com
Pl. 23€ T.R. 10 & 16€
Du 3 au 21 JANVIER 2012
Mise en scène et interprétation, Clotilde Ramondou
Direction musicale, Jean-Christophe Marti.
" La chair est triste " commentait l'homme en robe dans la pénombre, l'oreille collée à la fenêtre grillagée. Force est de reconnaître que l'amour sans l'amour débouche sur une démarche bancale et forcément répétitive en fonction de l'illusion vouée par avance à l'échec.
Le spectacle (peut-on parler d'une pièce ?) se déroule un peu à la façon d'un film porno - heureusement, il ne s'agit que d'entendre et non de voir - la curiosité du public est donc titillée pendant dix minutes, puis tout se répète en boucle jusqu'à vingt et au delà il n'y a plus que l'ennui, l'action surtout sexuelle ayant ses limites.
Après les cuisses, une femme ouvre les pages de son carnet noir dans lequel elle répertorie ses clients et les petites manies et insuffisances de chacun.
Mendiant de l'amour, savais-tu que tu pouvais être identifié et en plus, tu as payé pour cette rencontre discrète ? ...
La comédienne tout d'abord seule en scène, distille ses confidences et le spectateur encore inassouvi retient son souffle, ose à peine accuser réception des touches d'humour relevées çà et là. Allons, soyons honnêtes : durant les 15 premières minutes, on entendrait voler une mouche.
Rapidement une réflexion s'impose : ces clients de passage sont décidément bien imprudents car peu exigent un préservatif. Enumération de tous les trous en instance de cheville ... Puis, facétie de la mise en scène sans doute (?) car une dizaine d'hommes quitte alors les rangs du public pour rejoindre le plateau et le dérisoire se transcende aux accents de Schubert. Voix mâles a capella. Leurs interventions resteront les meilleurs moments de ces presque deux longues heures ... (1h.40 en réalité)
Brusquement, pleins feux, la comédienne se rapproche des spectateurs et revendique son rôle dans la salle. Nouveau chapelet de descriptions crues et précises dont je vous ferai grâce ... Question : peut-on intellectualiser le sexe en se limitant à lui ? Grisélidis Réal a bien existé et le savoir fait mal. On peut lire ce qu'elle a écrit dans la collection Verticales (ô ironie !) des Editions Gallimard tant il est vrai qu'à notre époque, on édite n'importe quoi.
Et puis comme dirait quelqu'un que je ne nommerai pas mais qui se reconnaîtra au passage, " à chacun son mauvais goût. "
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












