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14/03/2015

N'y touchez pas !

 

Ce n'est nullement de grisbi dont je veux parler ici, et pour cause, ce dernier étant actuellement confisqué par 1% de la population.

 

La France, " terre d'accueil " - " pays de la liberté d'expression " (sic et re sic ! ...) Si nous ne faisons rien, ces slogans vidés de toute signification seront bientôt obsolètes.

 

Un climat délétère quand il n'est pas purement et simplement explosif envahit l'Hexagone. On ne fait plus de différence entre les mots et les actes depuis que le " politiquement correct " s'impose bon gré, mal gré.

Pourquoi s'embarrasser de nuances quand une inculture galopante permet juste une perception au premier degré ?

Comprendre l'autre même si nous pensons différemment est pourtant faire preuve d'intelligence ? Ici, nous en sommes loin.

 

Souvenez-vous, en 2003, Attilio Magguilli directeur de la Comédie Italienne située rue de la Gaité était sauvagement agressé suite à la pièce : " George W.Bush, le triste cowboy de Dieu " - preuve du manque d'humour de certains qui s'autorisaient ainsi à faire la loi. Par mesure de sécurité pour le personnel du lieu et pour les spectateurs, la pièce fut rapidement retirée de la programmation. A ma connaissance, les coupables courent toujours …

 

Inutile de rappeler le massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, la presse s'en est amplement chargée, encouragée en cela par un gouvernement qui au passage essayait de se refaire une virginité en encensant ceux qui ne l'avaient pourtant pas ménagé !

 

Cela a t-il donné des idées à certains ? Car désormais quand une parole dérange, on menace les auteurs de mort, c'est ce qui vient d'advenir à l'adaptateur et metteur en scène d'un texte de Maurice Zang, satire politico-poétique suite à laquelle une poignée d'abrutis a voulu jouer les terroristes.

 

Il faut souhaiter que ce ne soit qu'un coup de bluff ( de très mauvais goût ) mais l'indifférence des autorités mérite cependant d'être soulignée, mieux : dénoncée.

 

Voici donc la lettre ouverte de l'Art Studio Théâtre qui se doit d'être largement diffusée.

 

Courage Kazem, nous sommes tous avec vous ! 

 

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Art Studio Théâtre

Compagnie conventionnée par la Région Île de France

 

 

LETTRE OUVERTE DE L’ART STUDIO THÉÂTRE

 

 

KAZEM SHAHRYARI, MENACÉ DANS L’INDIFFÉRENCE

 

Kazem Shahryari a reçu des menaces de mort depuis la fin des représentations de sa dernière création « Bouge de là ». Il semblerait que ces menaces soient liées aussi bien à cette pièce qu’à la personne de Kazem Shahryari et à son parcours humain et artistique. Nous sommes profondément choqués par cette situation très inquiétante.

 

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui sont venues voir la pièce : cette marque de soutien nous a profondément touchés. Nous pensons également aux gens qui n’ont pas pu venir mais qui par leurs appels et leurs messages ont témoigné de leur affection pour Kazem et son travail.

 

L’équipe de l’Art studio Théâtre, solidaire de son directeur, a également été le relais de ces menaces via le téléphone du théâtre. Ceci prouve que c’est bien l’activité artistique de Kazem, et notamment sa dernière création, qui provoque ce harcèlement.

 

Nous avions proposé à Madame la Ministre de la Justice de venir voir ce spectacle, dont le soutien nous paraissait important dans l’ambiance actuelle. Nous avons également maintes fois tenté de faire découvrir le lieu à la nouvelle équipe chargée de la culture à la Mairie de Paris ainsi que celle du 19ème arrondissement, dont nous dépendons.

 

Désormais ce silence auquel nous nous sommes heurtés sonne comme un abandon, un manque de soutien aux missions que l’Art studio théâtre s’est toujours donné depuis sa création : Un laboratoire d’idées et d’échanges sur le théâtre, la poésie et l’art en général ; le lien et la mixité sociale, la démocratisation du théâtre ainsi que le traitement de thèmes parfois sensibles comme la place des étrangers en France ou les politiques dédiées à celle-ci.

 

Nous sommes très perturbés par cette situation et aimerions que vous, proche ou non de Kazem, partageant ou non ses convictions, vous manifestiez pour montrer que tout artiste a le droit de s’exprimer sans pression ni menaces et ceci quelle que soit sa notoriété.

 

Ses activités théâtrales et poétiques ont contraint Kazem à s’exiler en 1983 en France (pays dont il a acquis depuis la citoyenneté). Pensant pouvoir y défendre ses idées en démocratie, il a repris très vite son travail en faveur de la liberté à Paris et a fondé en 1986 l’Art Studio Théâtre.

 

A présent, prouvons-lui qu’il avait raison.

 

 

L’Equipe de l’Art Studio Théâtre

 

 

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15:02 Publié dans Editorial | Lien permanent