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24/05/2019

ANTIOCHE de Sarah Berthiaume

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PARIS-VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

75019 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Pantin)

 

LOC. 01 40 03 72 23

 

 

Pl. 16€ - T.R. 12€

- 30 ans, étudiants : 10€

 

 

http://www.theatre-paris-villette.fr/

 

du 21 au 25 MAI 2019

 

mardi, mercredi à 20h

 

jeudi, vendredi, samedi à 19h

 

Mise en scène : Martin FAUCHER

 

Scénographie : Max-Otto FAUTEUX

Vidéo : Pierre LANIEL

Musique originale : Michel F.COTE

 

avec Sharon IBGUI, Sarah LAURENDEAU,

Mounia ZAHZAM

 

 

Voici une Antigone revenue des Enfers laquelle porte ostensiblement sous sa tunique un jean déchiré. Le monde a t'il changé depuis 2500 ans ? En apparence seulement car les lois de la Cité demandent toujours à être respectées quelqu'en soit le prix.

 

Plusieurs dieux " unique " ont remplacé ceux de l'Olympe, chacun d'eux se voulant le seul valable et en conséquence, source de conflits mais pas seulement.
La notion d'idéalisme veut que si les Antigone sont rares, elles sont également éternelles, chaque génération en comportant son lot.

 

Antioche - antique cité des rois séleucides - devenue après bien des péripéties, ville turque jouxtant la Syrie, jadis point de départ de la célèbre route de la soie, frontière symbolique entre Orient et Occident, ville où s'arrêtaient tout récemment, ceux qui voulaient rejoindre l'Etat islamique. Qu'en est-il actuellement ? Bien malin celui ou celle qui pourrait le dire …

 

Inès et Jade appartiennent à l'époque actuelle ; mère et fille accompliront à vingt ans d'intervalle une démarche identique mais de façon radicalement opposée.
Inés avait fui le Moyen-Orient dans l'espoir de trouver la liberté en Occident et après une semaine de labeur se retrouve chaque vendredi soir, captive du petit écran.

 

A son tour, Jade écoeurée par le mode de vie dont elle a hérité veut accomplir le chemin inverse. Comme beaucoup, internet lui en fournira l'occasion. Le monde de la technologie plus ou moins avancée aura piégé l'une et l'autre ...

 

Symboliquement, dans un espace intemporel, les deux femmes vont se retrouver, chacune âgée de 16 ans, au moment précis où elles ont dû prendre la décision, partir étant la seule solution qu'elles ont trouvée car tout comme Antigone elles sont devenues des emmurées vivantes.

 

L'angoisse métaphysique les submerge alors qu'elles se heurtent à d'invisibles murs.
- Y a t'il quelque chose après ? Question à laquelle personne depuis la nuit des temps n'a jamais pu répondre mais qui hante chacun de nous, de la naissance à la mort.

 

Aussi vont-elles provoquer le réveil des dieux alors que l'Orient brûle et que l'Occident pourrit. Un feu purificateur se déclenchera que seules les larmes de ces femmes pourront éteindre.

 

Antigone - la vraie - assiste à tout cela avec une bienveillante ironie. C'est cela la leçon du passé.

Encore faut-il l'entendre et pour cela, savoir écouter !
Jadis Antigone s'opposa à Créon et maintenant les filles s'opposent naturellement à leur mère, c'est ce que d'aucuns nomment le fossé des générations.

 

Combien d'actuels Polynice sont morts lors de ces conflits qui perdurent sur cette terre alors que les dieux actuels détournent leurs regards de toutes les exactions commises ? A moins que Nietzsche ait eu raison en affirmant que " Dieu est mort " ? Est-ce bien lui que les romains ont crucifié ?

 

Cette pièce a le mérite de nous amener à réfléchir au delà de notre petit confort occidental actuel. Pour le Paris-Villette la dernière tombe hélas, le 25 MAI.


En revanche, ceux qui iront au festival d'Avignon pourront la voir du 5 au 26 juillet au 11 Gilgamesh Belleville

situé 11 boulevard Raspail 84000 AVIGNON -
Téléphone : 04 90 89 82 63

 

antioche

 

Je ne saurais trop vous conseiller d'y aller car ce spectacle est mené de main de maître, le tout pimenté par l'accent de nos cousins de " la belle province."

 


Simone ALEXANDRE

 

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18/05/2019

ORPHELINS de Dennis Kelly

 

 

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Dennis Kelly a écrit ici une pièce âpre, en parfaite adéquation avec l'époque actuelle et qui de ce fait, a un impact indéniable sur l'esprit des spectateurs, littéralement scotchés à ce qui leur est permis de voir et entendre.

 

L'action se déroule dans un logement situé dans la banlieue de Londres.


Helen et Danny s'apprêtent à diner quand surgit le frère de l'une et beau-frère de l'autre, couvert de sang.

Ses explications sont confuses, incohérentes et le couple qui essaie de conserver un semblant de lucidité découvre peu à peu l'horreur de la situation.

 

Que s'est-il réellement passé ? Et maintenant, que convient-il de faire ? …

 

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Nous comprenons très vite que la violence est quotidienne dans le quartier, conséquence d'un communautarisme non maîtrisé et de ce fait, mal vécu.


Helen cherche bien évidemment à prendre le parti de son frère car avant d'épouser Danny ils étaient tout l'un pour l'autre et orphelins comme le titre l'indique.

 

Elle est prête à accueillir favorablement toutes les explications si invraisemblables soient-elles alors que Danny se veut plus circonspect, plus rationnel.

 

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Eux trois, sans doute parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'installer ailleurs sont contraints de vivre dans ce quartier peuplé de pakistanais contre lesquels ils n'ont pas de préjugés certes mais qu'ils ne comprennent pas. Chacun vit entre-soi.


Le problème est identique dans certains quartiers de Paris et désormais un peu partout dans le monde.

 

Entre communautés, de part et d'autre règne méfiance et incompréhension et la peur de la différence amène souvent les situations à déraper ... C'est exactement ce qui vient de se passer et le fait aura de terribles conséquences en jouant les prolongations.

 

Augustin Bouchacourt est Danny, le mari conscient de ses responsabilités lequel essaie de conserver son calme alors qu'il va être pris dans l'engrenage !

 

 

Caroline Marcos ( Helen ) tout à la fois épouse et soeur cherche désespérément à comprendre puis minimiser la gravité de la situation dans le but de protéger son frère.

 

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Cette situation est aggravée par le fait qu'elle est enceinte ce qui fait qu'elle se pose un surcroît de questions.

 

Maxime Boutéraon est Liam, celui qui vient de péter les plombs au delà des limites permises. Nous n'allons pas tarder à comprendre que ses fréquentations et l'influence qu'il subit ont été déterminantes …

 

C'est ici un miroir que l'auteur nous tend en posant la question : " pour protéger un proche, que seriez-vous capables de faire ? " La morale a toujours été un garde-fou mais plongés dans une société où les repères ont sauté depuis longtemps, que peut-il advenir ?

 

La mise en scène mise au point par Caroline Marcos est tout à la fois sobre et efficace. Antonin Chalon a apporté ici sa collaboration artistique.

 

Cette pièce certes encore " un peu verte " fut présentée le mardi 14 mai à 19h au Studio Hébertot. Les comédiens cherchaient en cette sortie de résidence à se glisser pleinement dans la peau de leur personnage respectif. Le plus au point m'a semblé être le fauteur de troubles mais il est vrai que son implication était quasi obligatoire pour maîtriser un tel rôle !

 

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( photos : Julien JOVELIN )

 

Ce texte qui va se jouer en Avignon lors du prochain festival va n'en doutons pas prendre une indéniable intensité au fur et à mesure des représentations.

 

Pour ma part, si elle revient à Paris lors de la prochaine saison, je ne manquerai pas de la revoir car à son écoute, j'avoue avoir été retournée comme un gant.

 

Tous nos voeux accompagnent ces " Orphelins " qui seront à La Factory Salle Tomasi

4, rue Bertrand 84000 AVIGNON

T. 04 74 74 64 90

du 5 au 28 Juillet 2019 à 11h30

www.la-factory.org

 


Simone ALEXANDRE

 

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22/04/2019

Eau chaude à tous les étages - texte et mise en scène : Yves COUDRAY

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AUGUSTE THEATRE

 

6, Impasse Lamier

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Philippe Auguste)

 

LOC. 01 43 67 20 27

 

https://augustetheatre.com/

 

AVRIL : lundi 22 & 29 à 21h

samedi 20 et 27 : 19h30

 

MAI : Vendredi 3 à 21h

Dimanche 5 : 16h30

Samedi 18 : 16h30

Mardi 28 : 21h

 

 

Texte et mise en scène : Yves COUDRAY

 

avec,

 

Morgane BILLET ( soprano )

Flore FRUCHART ( mezzo-soprano )

Agathe TREBUCQ ( soprano )

Eléonore SANDRON ( pianiste)

 

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Avoir l'eau chaude à disposition était durant les années 50 un indéniable luxe.

 

Les particuliers quant à eux vivaient - surtout en province - dans des immeubles où l'eau était tirée " à la pompe " quand il y en avait une dans le jardin ou bien depuis un robinet situé parfois au pied de l'immeuble.

 

On remontait alors des brocs d'eau destinés aux besoins immédiats. Cela ne s'invente pas, nos ainés l'ont vécu. Cette ère semble sans doute préhistorique aux plus jeunes d'entre nous ?

 

Car n'oublions pas que la population de l'époque avait parfois traversé deux guerres et ce côté spartiate ne lui faisait pas peur, d'autant moins que tous et toutes n'avaient rien connu d'autre.

 

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Les femmes d'alors se devaient d'être " tirées à quatre épingles " les coiffures nettes sans aucune mèche tombante ; quand on compare cela aux têtes ébouriffées et aux actuels jeans déchirés délibérément un peu partout … une telle tenue eut fait scandale et n'était du reste pas même imaginable !

 

L'action se déroule à Paris en 1955, en un lieu baptisé " Hôtel Moderne " et nous sommes à la veille du Salon des Arts Ménagers. Souvenez-vous, un an plus tard, parfaitement au diapason, Boris Vian allait composer sa célèbre " complainte du progrès. "

 

Le patron n'est pas là et quand le chat est sorti les souris dansent ! ... Elles sont quatre employées de l'hôtel qui rêvent d'avenir, de modernisme et de liberté.

 

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Parfois l'une d'elle emprunte une robe qui va lui permettre de s'offrir une soirée au dessus de sa condition et en reviendra un peu " pompette " commentaires et confidences s'échangent alors, projets d'avenir aussi.

 

Leur tenue de chaque jour consiste en de petites robes rayées toutes simples aux tons pastels, rehaussées d'un col blanc - amidonné bien sûr - et leurs chaussures sont de sages escarpins à talons bottiers.

 

Leur répertoire ? … les opérettes évidemment, qui à l'époque formaient encore la base de toute culture musicale. Le rock n'allait pas tarder à s'imposer et prendre de plus en plus de place mais d'évidence, ne constituait pas leur " tasse de thé. " du moins pour le moment.

 

D'autant que l'on savait encore ce que chanter voulait dire et pour être plus claire il fallait pour cela que la voix fut placée. C'est le cas pour toutes ici et l'habileté de chacune révèle indubitablement les années d'expérience, le quatuor Ariane ayant on le sait, fait ses preuves.

 

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( photos : Paul MONTAG )

 

Gabaroche, cela vous dit quelque chose ? Peut-être pas mais nul ne peut ignorer Offenbach ni Arthur Honnegger ou Reynaldo Hahn sans oublier André Messager, Christiné (un autre roi de l'opérette) ainsi que Maurice Yvain ...

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est le moment ou jamais de se documenter puisque le tout s'écoute avec plaisir. Quelques représentations pour cette fin-Avril mais également en Mai sont prévues à l'Auguste-Théâtre, ensuite ce sera du 5 au 27 juillet en Avignon. (*)

 

Vous l'avez compris : virtuosité, joie et bonne humeur sont au rendez-vous.

 


Simone ALEXANDRE

 

 

(*) AVIGNON du 5 au 27 Juillet 2019

tous les jours à 12h45 (relâche le lundi)

 

au Théâtre Notre-Dame

13, rue du Collège d'Annecy

84000 AVIGNON

T. 04 90 85 06 48

 

http://www.theatrenotredame.com/

 

 

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12/04/2019

Vous me reconnaissez ? ... de et par Olivier DENIZET

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Une comédie à un personnage en quête d'hauteur

 

( vue à La Huchette le mardi 9 Avril 2019 à 21h )

 

 

R.V. du 5 au 28 Juillet 2019 à 19h05 

 

Théâtre de la Luna

18, Rue Séverine

84000 AVIGNON

 

 

avec Olivier DENIZET

 

Mise en scène : Emmanuel GUILLON

 

Chorégraphie : Philippe FIALHO

 

Décorateur : Hervé DANDRIEU

 

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D'évidence, Olivier Denizet sait tout faire : jouer, danser, chanter, pratiquer la Commedia dell'arte et même exécuter des tours de magie, tout cela à un rythme qui vous donnerait presque le tournis.

 

Mince comme un fil, souple comme une liane, la mèche blonde indisciplinée, il évoque pour nous avec humour, les vicissitudes de l'artiste en quête de rôle.

 

Comme il faut bien vivre, cet intermittent du spectacle va devoir accepter des petits boulots comme animateur de grande surface, se commettre dans des spots publicitaires et alors qu'il attend désespérément que son téléphone sonne, confier ses états d'âme à une plante verte.

 

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Pourtant il eut un ancêtre qui brûla les planches durant les années 30 et " bon sang ne saurait mentir " .

 

Du reste, l'ombre obsessionnelle du Grand Jean-Claude l'accompagne partout, pire : il le hante ! Seulement voilà, les temps ont changé …

 

Il ne suffit pas d'avoir du talent, encore faut-il y ajouter une bonne dose de chance, une opiniâtreté à toute épreuve et une indestructible confiance en soi. Voyez Napoléon, la chance l'accompagna tant qu'il a cru à son étoile !

 

Or la quarantaine venue, on ne propose rien à cet éternel adolescent et il ne lui reste plus qu'à traîner son spleen sur le divan d'un psy' mais pas trop longtemps ...

( comment pourrait-il le payer ? ) D'ailleurs, peut-être a t-il imaginé cette rencontre ? ... Allez savoir !

 

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( photos : Philippe ESCALIER )

 

 

Il s'amuse pour nous à se glisser dans la peau du Cid, d'Hamlet qu'il parodie avec talent car cet interprète - également roi de l'improvisation - jongle avec les mots, lesquels ici, se percutent à une allure folle.

 

Stéphane ( Stef pour les intimes ) nous invite à partager cette histoire, la sienne avec le brio qui le caractérise. et si les hasards de la vie nous font un jour croiser à nouveau son chemin, à coup sûr nous le reconnaîtrons car nous ne sommes pas prêts de l'oublier !

 


Simone ALEXANDRE

 

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