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28/01/2015

La maison d'à côté de Sharr White

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THEATRE DU petit ST-MARTIN

 

17, rue René Boulanger

 

75010 PARIS

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

Loc. 01 42 08 00 32

 

www.PetitStMartin.com

 

A 21h. du mardi au samedi

 

A 16h30 le samedi

 

Pl. 32€

 

Adaptation française : Gérald Sibleyras

 

Mise en scène : Philippe Adrien

 

avec Caroline Silhol, Hervé Dubourjal, Léna Bréban, Stéphane Comby

 

 

" Eliminez la cause et le mal disparaîtra. " 

Cette apparente évidence serait suivie d'effets si nous étions maîtres absolus de notre Destin.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgJuliana (Caroline Silhol) est une scientifique reconnue, laquelle a mis au point et fait breveter une molécule susceptible de combattre certains troubles psychiques graves.

Elle parcourt le monde de conférence en conférence et les anime brillamment avec en prime, cet humour qui la caractérise. Un jour c'est l'accident, elle s'interrompt en pleine communication et depuis tout va de mal en pis ... 

Son époux est un éminent cancérologue lequel grâce à ses relations professionnelles tente de remédier à cet état de choses mais force est de reconnaître que Juliana devient de plus en plus incontrôlable !

Au moyen d'une construction de texte complètement atypique, Sharr White nous amène à découvrir les tenants et les aboutissants de cette histoire, tant il est vrai que rien n'arrive sans raison.

La pièce qualifiée de " thriller émotionnel " est de bout en bout portée par le talent tout à la fois subtil et brillant de Caroline Silhol et à l'entendre, à la voir littéralement vivre son personnage nous nous disons que personne en dehors d'elle n'aurait pu aborder un tel rôle et s'en acquitter de la sorte. C'est réellement du Grand Art, alliant évidence et simplicité : un réel exploit !

Pour lui donner la réplique, Léna Bréban sera tout à tour le médecin psychiatre à laquelle le mari va la confier, la fille disparue et l'occupante de la maison d'à côté. La comédienne fait également merveille dans la composition de ces trois personnages.

Le mari de Juliana, époux attentif, avisé et patient est joué de façon irréprochable par Hervé Dubourjal.

Enfin, Stéphane Comby sera avec discrétion mais efficacité trois intervenants consécutifs. Vous l'avez compris, le thème n'est pas facile mais au final nous ne les quittons tous qu'à regret. Pour ceux qui voudraient prolonger ce moment exceptionnel tout en l'approfondissant, le texte paru à l'Avant-Scène Théâtre est en vente à la sortie du théâtre.

 

Voilà une pièce qui fera date en cette saison 2015.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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 ( photo : Lot )

 

10:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/01/2015

Les jardins de l'horreur de Daniel Call

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L'ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

(M° Anvers)

 

tél. 01 46 11 90

 

 

Pl.20€ - T.R. 12 & 15€

 

 

 

 

À 20h30 mercredi, vendredi, lundi

 

À 19h. jeudi, samedi

 

À 17h. le dimanche

 

représentations supplémentaires,

 

samedi 31 janvier & 7 février à 15h.

 

jusqu'au : 9 FÉVRIER 2015

 

Traduction de Françoise Delrue

 

Mise en scène : Agathe Alexis

 

avec Agathe Alexis, Bruno Boulzaguet, Samuel Churin, Teresa Ovidio

 

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À l'écoute de cette pièce, on pense immanquablement à la fameuse phrase de Gide : " famille, je vous hais ! " mais en réalité, le discours va beaucoup plus loin ...

 

J'ai cru déceler la métaphore de deux pays en guerre, de deux pays frères qui plus est. Les exemples furent nombreux de par le monde et le restent, hélas. 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgUn couple visiblement aisé, possédant un bon niveau culturel, ( ils aiment du reste à le démontrer ) vient de s'installer en dehors de la ville afin de bénéficier d'un peu plus de calme et si possible, de liberté. 

 

La décoration de ce nouveau lieu dans lequel ils vivent fut rigoureusement choisie en direction de l'épure. Ici, rien de superflu et pour reprendre une expression quelque peu galvaudée : c'est rigoureusement zen ! 

 

Le climat le sera moins avec l'arrivée du frère de l'homme et de son épouse, lesquels vont littéralement bousculer puis envahir les lieux ce, de façon dévastatrice et absolument consternante.

 

Sigi (Bruno Boulzaguet) est un scientifique un peu distrait qui vit de toute évidence sur une autre planète. Son épouse Sonni (Agathe Alexis) est une femme de caractère mais dont l'éducation devrait (en principe) éloigner les débordements … Sa patience ne durera pas longtemps.

 

Le couple de parents et voisins correspond exactement à ce que les premiers exècrent et en plus, sont non seulement envahissants mais stupides, ignares et dirigistes. 

 

Friedo (le frère de Sigi (Samuel Churin) est le prototype même du mari qui se laisse déborder par son épouse. Brave type, mais …

 

Frieda ( truculente Teresa Ovidio ! ) est une ménagère inculte qui se pique d'intérêt pour le nazisme et dont la tête remplie de fraîche date restera à jamais mal faite.

Elle illustre parfaitement le : " moins on a de culture et plus on l'étale " 

 

Le climat deviendra rapidement paroxystique et ce, jusqu'à l'apocalypse finale.

Je ne dirai pas " âmes sensibles s'abstenir " mais plutôt restez réceptifs tout en vous blindant moralement car ce spectacle remarquablement bien joué et mis en scène de façon magistrale n'est pas anodin; il convient juste de percevoir les situations au second degré afin de les recueillir avec humour sans pour autant passer à côté du message … 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Pascal Gely ) 

 

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10:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/01/2015

Un obus dans le cœur de Wajdi Mouawad

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Théâtre LES DÉCHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelat)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

ou 08 92 68 36 22

 

Tarifs de 10 à 25€

 

chaque lundi à 21h15

 

jusqu'au : 20 AVRIL 2015

 

(Texte édité chez actes sud papiers)

 

Mise en scène : Catherine COHEN

 

avec Grégori BAQUET

 

 

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La puissance de destruction d'un obus … Wajdi Mouawad connaît ( et là, il ne s'agit pas de littérature ) lui qui a passé son enfance au Liban avant que la guerre ne l'ait contraint à s'exiler. Aucun titre ne pouvait être plus explicite que celui-là.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCe qui est évoqué ici est une catastrophe intime quoique prévisible, pire : annoncée et qui n'a jamais épargné personne, puisqu'il s'agit de la disparition de la mère. Il est notoire que les garçons vivent cela encore plus mal que les filles comme si ces dernières puisaient une consolation dans la ressemblance. 

- " Avant, c'est fixe comme la mort "

constatera t-il. ( seul l'après continuera à bouger succédant à un temps de quasi somnambulisme … )

Wahab a en pleine nuit reçu un coup de fil laconique car les discours ne sont pas de mise en pareille circonstance. Il part aussitôt et prend le chemin qui mène à l'hôpital où sa mère agonise. Un autobus peut l'y conduire mais dans l'intervalle, il lui faut patienter dans le froid canadien - Incident - parti en catastrophe bien sûr, il lui manque 25 cents pour payer le transport et une algarade aura lieu entre le conducteur et lui. Il ne faut pas contrarier un homme qui souffre car toute la colère qui est en lui ne demande qu'à sortir, à exploser !  

Quant il arrivera à l'hôpital, la famille au grand complet sera réunie autour de la presque morte qui râle à fendre l'âme. Ne pouvant supporter très longtemps cette vision, Wahad ira réfugier sa douleur dans la salle d'attente dont les décorations de Noël sont d'une cruelle ironie en pareille circonstance. " Tabernacle ! " Le juron canadien lui est venu naturellement sur les lèvres, lui, qui vient d'ailleurs … 

Grégori Baquet par son jeu sobre, précis est confondant de naturel. Le Molière qui lui fut attribué en 2014 était amplement mérité. 

La mise en scène de Catherine Cohen elle aussi est sobre, aucune sophistication, aucune fioriture, du reste la situation évoquée ne le supporterait pas. 

Nulle complaisance n'a été accordée à un quelconque pathos, c'est la douleur à l'état brut d'un homme confronté à la fatalité et qui en dehors de ses moments de révolte ne peut que subir puisque c'est hélas, le lot commun. 

Il convient d'ajouter que les spectateurs n'ont pas à redouter le texte dans lequel un humour discret parvient à se glisser par petites touches en ce monologue humain, terriblement  humain ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : iFou pour le pôle-média ) 

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11:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent