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11/01/2019

ADIEU Monsieur HAFFMANN de Jean-Philippe DAGUERRE

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THEATRE RIVE GAUCHE

 

6, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Edgar Quinet)

 

LOC. 01 43 35 32 31

 

Pl. de 17 à 35€

 

http://www.theatre-rive-gauche.com/

 

Du mardi au samedi à 19h

 

Dimanche à 17h30

 

 

Texte et mise en scène : Jean-Philippe DAGUERRE

 

 

avec : Grégori BAQUET ou Charles LELAURE

ou Benjamin BRENIERE

Alexandre BONSTEIN ou Marc SIEMIATYCKI

Julie CAVANNA ou Anne PLANTEY

Franck DESMEDT ou Jean-Philippe DAGUERRE

Charlotte MATZNEFF ou Salomé VILIERS

 

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,Les années quarante : époque maudite de l'occupation allemande, celle des cas de consciences aussi, forcément. Pierre un jeune français ( " de souche " diraient certains ) est employé chez un bijoutier-joaillier-juif, ce qui n'a jamais posé de problème puisqu'il n'est absolument pas raciste.

Il le prouvera par la suite. Ce n'était hélas, pas le cas de tous nos compatriotes or c'est l'époque des rafles et de celle du Vel' d'Hiv' ...

Le patron de Pierre - Monsieur Haffmann - constatant tout ce qui se passe va proposer à son employé de reprendre son commerce ; à cela il met une seule condition : que Pierre le cache dans la cave en attendant la suite des événements.
 
La proposition paraît un peu naïve quand on sait comment les habitations étaient fouillées mais ce qui semble maintenant invraisemblable avait quelque chance d'aboutir si l'on se situe dans le contexte de l'époque ce, en dépit du caractère suractif des interventions.

Car en toute logique, comment imaginer que quelqu'un ait choisi de se cacher en son propre domicile ? Il s'agissait alors de partir le plus loin possible comme le firent du reste, les autres membres de la famille Haffmann.

 

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( photos : Evelyne DESAUX )

 



Après réflexion et consultation de son épouse : Isabelle, Pierre acceptera mais posera à son tour une condition en demandant un service très personnel à son employeur ...
Si Joseph est d'accord, il pourra alors rester sur place ce qui n'est pas sans risques pour le couple bien sûr car cacher un juif était alors passible de la peine de mort.

Nous allons donc assister à ce triple cas de conscience et l'auteur Jean-Philippe Daguerrre traite ce sujet sensible avec beaucoup de délicatesse et d'humour.


Un autre problème ne tardera pas à se présenter, Pierre a du talent, créé des bijoux remarquables, ce qui ne pouvait qu'attirer l'attention de l'occupant et plus précisément de l'ambassadeur d'Allemagne à Paris : Otto Abetz lequel ne refuse jamais rien à son épouse.

Une rencontre aura lieu sur place entre tous les protagonistes de cette histoire avec la présence ahurissante de Joseph qui remonté de sa cave sera présenté comme le cousin germain ( ! ) de Pierre. Le repas qui aura lieu ne manquera pas de sel ...

En raison d'alternances prévues dans la distribution, je ne saurais nommer un ou une comédienne plus qu'un ou une autre mais sachez qu'il fallait des interprètes hors normes pour gérer un thème aussi scabreux. La pièce fut en 2018 récompensée par 4 Molières hautement mérités et si nous sommes chez un bijoutier, le texte quant à lui a tout d'un véritable joyau.

Si ce n'est déjà fait, allez-y sinon, vous voudrez sans doute y retourner car il est certain que tous les spectateurs sortent du théâtre absolument ravis, il ne suffit que de prêter l'oreille aux commentaires pour en être convaincus.




Simone ALEXANDRE

 

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14:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/01/2019

Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand CELINE

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

THEATRE NOIR, durée : 1h10

 

Mise en scène et interprétation : Franck DESMEDT

 

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Nous avons l'habitude d'assimiler auteur et personnage (s) et indéniablement, Céline a vécu l'expérience de Bardamu, pourtant conclure à l'identique constituerait une erreur.  Louis-Ferdinand a transposé, construit soigneusement ce anti-héros.

Comme beaucoup sans doute, car on ne va pas en direction d'un auteur par hasard, j'ai pris le chemin qui mène au Lucernaire avec encore en mémoire la prestation époustouflante de Stanislas de la Tousche, véritable réincarnation de Céline !

Comparaison n'est pas raison a t'on coutume de dire, néanmoins et de prime abord, Franck Desmedt me dérouta un peu. Toujours obsédée par celui que je viens de nommer, je le trouvais trop lisse, son jeu trop académique donc à l'inverse de l'image habituelle du personnage. Il se présentait à nous comme un être polissé ( en dépit du langage utilisé ) avec en prime, une incroyable élégance.

Or le Dr Destouches n'a pas toujours été ce quasi clochard qui retenait ses pantalons au moyen d'une ficelle et la légende à la longue a caricaturé l'homme, lequel en un souci de vérité voulait descendre en lui toujours plus profondément, toujours plus bas.

Bardamu, ( contraction de barde et de mue ) car sans nul doute, le facétieux Céline s'est amusé à composer ce nom, sans compter que le barda était ce sac lourd au possible ( entre 30 et 35 kg ) que tout soldat traînait obligatoirement tout au long de ses déplacements.

Le barda de Céline, c'est la vie bien entendu et le chargement pèse lourd aux épaules anarchiques. Il conspuera tout, la guerre - lui, le pacifiste convaincu emporté dans la tourmente - l'Afrique, où il apprit à détester le colonialisme puis New-York, avec son esprit capitaliste et enfin, la misère des banlieues.

Avant d'écrire ce chef-d'oeuvre insolite, Céline en 1927 avait donné vie à Bardamu par le biais d'une pièce de théâtre intitulée : L' Eglise, oeuvre à ses yeux complètement ratée mais qu'il présentera quand même à un éditeur qui en toute logique n'en voudra pas. Les prémisses du Voyage figuraient déjà tout au long de ces 5 Actes.

Il décida donc de réécrire mais cette fois sous forme de roman autobiographique avec la nécessité d'y faire figurer le personnage de Robinson " cet autre moi " aurait-il pu dire ... son double par conséquent et les tâches seront ainsi réparties.

 

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( photos : LOT )

 



Or Céline a un objectif : dire la vérité - sa vérité - laquelle ne tombe pas précisément au bon moment. Au délire hitlérien se juxtapose le délire célinien, qu'il paiera très cher…

-  " J'écris comme je sens ( disait-il ) on me reproche d'être ordurier, de parler vert … on me reproche la cruauté systématique. Que le monde change d'âme, je changerai de forme. "

Tout est dit.

Rien ne l'affecte plus que le spectacle de la misère ( que dirait-il actuellement ? ! ) lui, le médecin qui soignait les nécessiteux sans réclamer d'honoraires.

Confrontés à ce génie littéraire, grande est la tentation de se faire avocat du diable car les mots heureusement n'ont pas le même poids que les actes et à notre connaissance Céline n'a tué personne. Comment l'aurait-il pu, lui qui prononça le serment d'Hippocrate ? ( Rien à voir avec un Mengele ) seul son langage fut parfois assassin et ( bis repetita … ) tombait au pire moment.

Par conséquent, ne confondons pas l'homme et l'oeuvre ce que beaucoup firent  et continuent de faire dans le sens le plus négatif du terme. Céline est mort, vive Céline car à sa façon ce fut un roi. Celui des gueux si vous voulez …

Maintenant si ses textes vous tombent des mains ( ce fut mon cas durant des décennies ) vous pouvez toujours choisir de l'aller entendre, dit par Franck Desmedt gageons qu'il passera alors de façon optimale.




Simone ALEXANDRE

 

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10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/01/2019

L'ombre de la baleine de Mikaël Chirinian et Océan

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THEATRE LEPIC

(ancien CINE 13 Théâtre)

 

1, avenue Junot

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses / Lamarck-Caulaincourt)

 

 

LOC. 01 42 54 15 12

 

Pl. 26€ - T.R. (sauf W.E.) 18€

- 26 ans : 13€

 

https://theatrelepic.com/

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h30

 

Dimanche à 18h30

 

Mise en scène : Anne BOUVIER

 

avec Mikaël CHIRINIAN

 

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Nous avons tous des racines familiales et culturelles et qui n'en aurait pas serait bien à plaindre. Souvent les unes indiquent la direction des autres ou alors ces dernières nous y ramènent …

C'est le cas ici puisque la lecture du Moby Dick de Melville semble constituer selon la formule napoléonienne, l'obstacle sur lequel il faut prendre appui pour le surmonter car une lecture peut parfois éclairer la " vraie vie ".

Il arrive qu'un texte nous hante or il peut constituer la lueur permettant d'éclairer ce que sans lui, nous n'aurions jamais compris.


Cette famille ressemblait le plus souvent à un navire pris dans la tempête, tout en conservant la souvenance des épreuves antérieures.

Deux origines, arméniennes du côté paternel et juives concernant la mère, un double génocide, lourd héritage à traîner et pour couronner le tout, une soeur complètement folle, perverse, malfaisante mais avec laquelle le lien perdurera en dépit de tout, y compris l'éloignement et le temps écoulé.

 

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Mikaël Chirinian nous raconte tout cela avec une extraordinaire souplesse, physique et mentale. A portée de main, une marionnette, son double absolu - au regard intense - témoin et support fantasmé, véritable mât du navire !

Tout pourrait être noir en ce douloureux vécu mais spontanément comme par miracle, naît un univers de fleurs blanches telles qu'il ne peut en exister qu'au Paradis.

Anne Bouvier a apporté toute sa sensibilité et sa délicatesse pour mettre en scène ce parcours que le Destin n'avait pas favorisé or la vie n'est-elle pas ce que nous en faisons ? En outre avec un tel comédien, au jeu nuancé d'une incroyable richesse, disons que par avance, le pari était en quelque sorte gagné.

 

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( photos  WilliamK )


 
C'est à un moment exceptionnel de théâtre auquel vous êtes ici conviés, une réelle communion entre scène et salle dont on ressort à regret en emportant les impressions vécues comme un trésor à jalousement conserver.




Simone ALEXANDRE

 

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10:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/01/2019

Lettre d'une inconnue de Stefan ZWEIG

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

 

LOC. 01 43 55 14 80

 

 

jusqu'au : 27 JANVIER 2019

 

jeudi à 19h, samedi à 18h

 

dimanche à 16h30

 

Interprétation et mise en scène: Laétitia LEBACQ

 

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En accord avec les théories de Freud, Stefan Zweig était persuadé que la parole libère. C'est donc une " confidence crépusculaire " qui nous est offerte ici.

" Mon bien-aimé " écrit-elle en s'adressant à cet homme qui n'a pas su la voir … lui, qui était son seul horizon.

Sans la mort de l'enfant ( le leur ) sans doute aurait-elle emporté son secret dans la tombe ?  Or elle est tombée amoureuse de lui alors qu'elle n'avait que 13 ans.

Ils furent voisins et quand cet homme emménagea, l'enfant fut immédiatement impressionnée par l'existence de tous ces livres qu'il apportait avec lui. Rien d'étonnant à cela puisqu'il était écrivain ce qui aux yeux de l'adolescente faisait du personnage un être à part, une sorte de demi-dieu.

 

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L'enfant, puis l'adolescente et la femme vont entretenir cette passion dévorante aux fil des années. Or l'homme sans doute préoccupé par son oeuvre, continuera à ne rien voir. Pour lui, les femmes ne font que passer, le distraire un temps tout au plus. Il ne cherche même pas à connaître leur nom !

Tout part donc de ce premier amour soigneusement entretenu de façon tout à fait obsessionnelle où l'inexpérience est confrontée au cynisme de l'âge mur. Masochisme mental qui ira jusqu'à lautodestruction car elle ne vit, n'existe que par lui, complètement inconscient de cet amour dont il est l'objet.

Un enfant est donc né - par inadvertance - de cette liaison passagère et voilà qu'une mauvaise grippe vient d'emporter tout ce qui lui restait de cet homme.

Généralement au théâtre la parole est laissée à cette femme éperdue, le personnage masculin restant une vision de l'esprit. Cette fois Laétitia Lebacq a voulu faire entendre la voix de l'homme lisant la lettre et son timbre viendra parfois s'intercaler au récit.

Déjà en 1948, Max Ophuls avait donné la parole à celui qui fut cause de tout et Louis Jourdan avait prêté son élégante prestance au personnage, sidéré de découvrir tout ce qui était advenu sans qu'il s'en rendit compte.

 

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( photos : Félix LAHACHE )



La comédienne a beaucoup " habillé " ce monologue y ajoutant la danse ainsi que quelques vidéos significatives. C'est la mort du cygne qu'elle nous présente là.
Enfin, s'adressant à l'éternel absent elle conclura : " tu connaîtras toute ma vie qui a toujours été à toi et dont tu n'as jamais rien su. "

Pour la mise en scène et l'interprétation de ce rôle, Laétitia Lebacq a obtenu le " Petit Molière de la meilleure comédienne 2018 " et vous pouvez encore aller l'applaudir à la Folie Théâtre jusqu'au 27 Janvier 2019 ce qui constituera une belle façon de commencer l'année.




Simone ALEXANDRE

 

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09:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent