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01/05/2018

TUYAUTERIE de Philippe BLASBAND

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THEATRE de l'OEUVRE

 

55, Rue de Clichy

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Place de Clichy)

 

LOC. 01 44 53 88 88

 

Pl. de 17 à 34€

 

http://www.theatredeloeuvre.com/

 

 

du mercredi au samedi à 21h

 

jusqu'au 30 JUIN 2018

 

 

Texte et mise en scène : Philippe BLASBAND

 

avec Tania GARBARSKI et Charlie DUPONT

 

 

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" Qui c'est ? … c'est l' plombier ! "




" Tuyauterie " … un titre qui à première vue peut paraître dérisoire mais justifié pleinement par le thème choisi car à l'écoute de ce qui est dit, pardonnez l'expression : " ça nous en bouche un coin ! "

- une psy' vaguement nymphomane ... ( Tania Garbarski )

 - un plombier qui n'a pas coupé le cordon ombilical ( Charlie Dupont ) lequel parle sans arrêt de sa Môman chez laquelle il vit toujours … bref, avec ou sans Freud, bonjour le joyeux étalage de frustrations et autres complexes.

Mais qu'est-ce qu'une femme est capable d'inventer pour arriver à ses fins !!! …

Brusquement et en comparaison, Harvey Weinstein a l'air d'un demeuré qui se réfère toujours au scénario simpliste : " Tu couches, t'as un rôle " … alors que là, l'action fut longuement méditée, savamment élaborée, avant de passer à l'action.

Nonobstant le fait que l'on ne rencontre habituellement les plombières qu'à l'état de friandise glacée, à supposer que la crise de l'emploi aidant, le nombre de femmes susceptibles d'adopter cette profession augmente, je connais peu d'hommes capables de boucher tout exprès un conduit d'évacuation avec les poils de sa moustache ( ou de sa barbe, ce qui serait plus efficace ) dans la seule perspective de ... ( comment dit-on ? ) s'envoyer en l'air !

Alors voilà : POURQUOI ? … demande le sextoy-sur-pattes qui lui, pense parce qu'il est, tout simplement. Petite parenthèse, je ne sais pas si vous avez remarqué la subtile différence mais dans le cas contraire, un homme eut été accusé de tentative de viol alors que la femme en pareille circonstance se voit taxée de séduction active. ( très active même ) C'est ce que l'on nomme l'égalité des sexes. En fait, les Messaline ont toujours existé, seules les féministes jouent les victimes.

 

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Confrontée à l'athlétique physique de viking du plombier en question, nulle surprise si la dame a eu envie de prendre la forteresse d'assaut !  Habituée par sa profession à recueillir toutes les confidences et même les plus salaces, pas étonnant qu'elle s'exprime avec une crudité qui ferait rougir un Templier.

Le public s'esclaffe tout au long de la pièce, heureux de cette libération sans risques puisqu'il se voit dédouané de ses pensées les plus secrètes. J'ai quitté le théâtre en me disant : " pas étonnant que le plombier polonais était à ce point redouté ! "

Par conséquent, deux solutions : si vous voulez passer un bon moment et s'il vous reste encore un bottin - à défaut d'internet bien sûr - soit vous en parcourez les pages jaunes

( mais l'oiseau rare n'est pas garanti ) ou encore mieux, prenez le chemin qui mène au théâtre de l'Oeuvre et là, à défaut d'autre chose ( ... ) je vous promets un méga-dérouillage de vos zygomatiques.




Simone Alexandre

 

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11:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/04/2018

Mon Lou de Guillaume Apollinaire

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LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

 

jusqu'au : 23 JUIN 2018

 

 

Mise en scène : Christian Pageault

 

avec : Moana Ferré

 

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Ce que l'on voit en premier, c'est le banc sur lequel Lou consultera les lettres de Guillaume pour la x… ième fois ! ( on ne peut en douter puisqu'elle en connaît le contenu par coeur )

Pourtant son attitude ne manque pas de choquer car à mesure qu'elle les relit - d'un geste négligent - elle les jette par dessus son épaule comme le faisait en son temps Jean Edern Hallier quand il était confronté à un livre de Philippe Sollers.

 

Etrange comportement ! ...



C'est que Louise de Coligny-Châtillon reste un petit animal sauvage. Guillaume Apollinaire ne la comparait-il pas à un écureuil ? … L'esprit indépendant et primesautier de la dame, la met à l'abri de toute récupération, fut-elle amoureuse.

 

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On dit communément que dans un couple, l'un des deux aime plus que l'autre. Ici, cela ne fait aucun doute : Apollinaire est son esclave bien que sa virilité ait parfois des velléités de maître mais on ne possède jamais complètement - encore moins définitivement - une femme comme celle-là !

Nous faisons donc connaissance de ce couple par le biais de leur échange épistolaire qui a pour particularité de survoler la guerre - celle de 14 - et nous étonnons presque en constatant que la Poste continuait à fonctionner aussi bien.

Le poète croit aimer cette femme. pour la vie alors que celle-ci a déjà quelqu'un qu'elle n'a nullement l'intention de quitter, un dénommé Toutou dont le surnom est éloquent ...

 

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Moana Ferré nous fait également bénéficier en direct de ses dons picturaux. Or même en temps de guerre, la nature conserve ses droits et quand les hommes s'exterminent, les étoiles continuent à luire au firmament.

La mise en scène de Christian Pageault, la composition musicale de Jean-Michel Trimaille et la scénographie d'Isabelle Jobard habillent le monologue dont l'évolution se déroule sous nos yeux étonnés, avides d'en savoir plus ...



Simone Alexandre

 

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14:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/04/2018

Miss Nina Simone d'après le roman de Gilles Leroy : Nina Simone - ( Ed. Mercure de France )

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LUCERNAIRE

 

53 rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.Dame des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Dimanche à 18h

 

Adaptation : JINA DJEMBA

 

Mise en scène : ANNE BOUVIER

 

avec JINA DJEMBA ( Nina Simone )

 

VALENTIN DE CARBONNIERES (Ricardo)

 

JULIEN VASNIER (musicien)

 

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Nina Simone ou le destin contrarié d'une femme à la peau sombre qui avait choisi de s'exprimer par le biais de la culture blanche mais en fut cruellement empêchée.


A la fin de sa vie, elle déclarait n'aspirer plus qu'à rester tranquillement chez elle pour y jouer Beethoven, son cher Chopin et son génial Debussy ; impossible puisqu'elle s'était laissée exploiter par tous les Harry de la terre et devait continuer à se produire jusqu'au bout, qu'elle le veuille ou non.

 

Certes, les artistes appartiennent à leur public mais ce dernier est-il toujours conscient de ce que le succès implique ?

De son vrai nom : Eunice Kathleen Waymon, cette petite fille noire née en Caroline du Nord dans une famille méthodiste où l'on ne badinait pas avec la religion, a - hélas - rapidement compris que les barrières sociales l'empêcheraient de faire une carrière de pianiste classique.
 
Pour accéder à des modes d'expression plus contemporains

( blues, folk, jazz qu'elle réfutait en disant : " j'invente la musique classique noire " ) elle s'est donc choisi un pseudonyme, Nina ( sans le tilde ) en souvenir d'un flirt latino et Simone en hommage à la grande Signoret qu'elle admirait pour son engagement politique mais pas seulement …

 

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La pièce commence exactement comme le livre de Gilles Leroy, c'est à dire en mettant en scène l'arrivée de Ricardo, cet homme-enfant d'origine philippine qui, pour envoyer de l'argent à sa famille, accepte les petits boulots qui se présentent à lui.
Il travaille déjà pour Bob Williams et va devenir également le fidèle serviteur de Nina enchaînant les deux activités au fil des jours et des nuits.

Valentin de Carbonnières s'acquitte de ce rôle avec subtilité passant même de façon incroyable et sans transition au personnage de l'interviewer où il excelle là aussi.

 

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( photos : Samy La Famille )

 



Jina Djemba est une Nina qui fait preuve d'une indéniable autorité ce, jusqu'au despotisme, ce qui n'enlève rien à la sensibilité exacerbée du personnage qualifié de " bipolaire."

Son humeur joue les montagnes russes qu'elle illustre parfaitement, elle qui conjugue une double origine slave et camerounaise.

Après avoir un temps rudoyé Ricardo, ce dernier grâce à sa gentillesse va rapidement devenir indispensable à la grande dame capricieuse, vieillissante et malade.

Il recueillera donc le récit morcelé de sa vie que nous découvrirons en même temps que lui.

Bien que puissante, la voix de Jina Djemba ( mezzo-soprano ) est certes plus claire que celle de Nina, marquée par l'alcool et la drogue et l'interprète joint à la virtuosité lyrique son talent de comédienne.

Au sortir du spectacle, nous n'aurons plus qu'une seule idée en tête, prolonger ce moment en nous procurant le texte de Gilles Leroy que vous pouvez aisément trouver puisqu'il figure même en collection folio.




Simone Alexandre

 

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10:13 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent