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22/12/2018

La conversation de Jean d'Ormesson

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THEATRE DU GYMNASE MARIE-BELL

 

38, boulevard Bonne Nouvelle

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Bonne Nouvelle)

 

LOC. 01 42 46 79 79

 

 

 

Mardi à 20h30

Mercredi et jeudi à 19h

 

 

Mise en scène : Alain SACHS

 

avec Aurélien WIIK et Alain POCHET

 

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Le problème avec les conquérants, c'est qu'ils ne savent jamais s'arrêter. Il leur faut toujours aller plus loin, monter plus haut et " la roche tarpéïenne " comme vous le savez … ( inutile de préciser la suite.)

Jean d'Ormesson inspiré peut-être par l'actualité eut l'idée d'écrire cette courte pièce, dialogue à peine imaginaire car tout ce qui est dit par le futur empereur fut bel et bien prononcé par Bonaparte en diverses circonstances. Nous connaissons les soins scrupuleux que notre regretté Immortel portait à l'écriture. Il s'est juste permis d'inventer les répliques de Cambacéres alors second consul, paroles tout à fait plausibles en pareille circonstance.

Après le coup d'Etat du 18 Brumaire, à son retour d'Egypte, le général Bonaparte mit fin au Directoire en place depuis 4 ans pour remplacer ses cinq membres par une commission consulaire composée de Sieyès, Ducos et lui-même puis par le biais d'une nouvelle Constitution ce triumvirat ne tardera pas à être remplacé par un autre à la faveur duquel Napoléon Bonaparte s'octroya les pleins pouvoirs en qualité de Premier Consul avec à ses côtés Cambacérés et Lebrun en troisième et superfétatoire position …

Le pays se trouvait alors dans une situation lamentable, les caisses étaient vides et tout était à reconstruire or Bonaparte assisté de Cambacéres  ne tardera pas à remettre la France sur pied. En 1802 après avoir déjà obtenu d'être réélu pour dix ans, ses efforts seront récompensés par le Consulat à vie.

Mais comment cet amoureux du pouvoir aurait-il pu se contenter de cela ? … C'est donc son projet d'empire d'Occident qu'il va exposer lors de ce huis-clos imaginé avec Cambacérés, politicien avisé, grand juriste doublé d'un grand législateur lequel laissera à la postérité le Code Civil improprement nommé : Code Napoléon.

Pour récompenser ce numéro deux de sa fidélité, Bonaparte devenu Napoléon 1er le nommera duc de Parme et archichancelier de l'Empire.

Le rôle de Cambacérés est tenu avec maestria par Alain Pochet qui s'est depuis longtemps glissé dans la peau du personnage ...

Aurélien Wiik a visiblement travaillé avec soin le rythme verbal que l'on accorde généralement à ce Corse aussi autoritaire qu'impulsif. Nous ne possédons certes aucun enregistrement en dehors des quelques interprétations de comédiens qui ont excellé à jouer ce personnage : Dieudonné dans le Napoléon d'Abel Gance puis Raymond Pellegrin dans le film que Sacha Guitry tourna en 1955.

Ici, il est évident qu'Alain Sachs le metteur en scène ainsi que l'interprète ont voulu rapprocher Bonaparte de nous.

Entreprise scabreuse car un héros peine à rester crédible une fois descendu de son piédestal et la façon dont par exemple, le comédien arrache la tenture pourpre de la fenêtre pour s'en revêtir en un simulacre d'empereur romain prête quelque peu à sourire …

 

En revanche la salle se réjouit franchement lorsque Aurélien Wiik s'égosille comme le fit un certain orateur sur le point de prendre le pouvoir il y a peu de temps. Succès garanti !



Reste bien entendu et fort heureusement la qualité du texte que l'on éprouve du plaisir à se remémorer par le biais de la lecture une fois la pièce vue car l'expérience est intéressante.




Simone ALEXANDRE

 

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21:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent