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29/04/2016

AMOK d'après Stefan Zweig, adaptation de et avec Alexis Moncorgé

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THEATRE DE POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 18€

 

- de 26 ans : 10€

 

A 19h du mardi au samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

jusqu'au : 22 MAI 2016

 

Adaptation : Alexis Moncorgé

 

Mise en scène : Caroline Darnay

 

avec : Alexis Moncorgé

 

Scénographie : Caroline Mexme

Lumières : Denis Koransky

 

 

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Peu d'auteurs sont allés aussi loin dans l'étude, l'approfondissement du caractère des personnages évoqués.

Si Stefan Zweig n'avait été l'écrivain fascinant que nous connaissons, sans doute serait il devenu psychanalyste ?
Or son impact est ici mille fois plus grand puisqu'il s'adresse à tous. Le narrateur n'est pas installé confortablement sur un divan mais se trouve sur le pont d'un navire venant de Malaisie et s'exprime grâce à l'obscurité et à l'effet désinhibiteur de l'alcool.

La littérature regorge de descriptions concernant les passions destructrices, ce au point de créer un pléonasme consécutif à l'accolement de ces deux mots.
Certains êtres sont plus que d'autres, la proie de sentiments excessifs. Intelligence et culture n'ont rien à voir en cela puisqu'il ne s'agit que de tempérament. Quelque soit le sexe auquel ils appartiennent, d'aucuns seront toujours victimes de leur amour. C'est une sorte d'aliénation qui se met alors en place. Plus rien n'existe en dehors du processus de satisfaction de leur désir. Il est alors possible d'aller jusqu'au crime pour cela !

Notre héros malgré lui est un jeune médecin exilé en pleine jungle à la suite d'une précédente mésaventure qui résume bien sa vulnérabilité en certaines circonstances et comme la vie est un éternel recommencement, la suite était en quelque sorte préalablement écrite.

Relégué en ce pays lointain dans lequel il ne fait que survivre, une femme dont la force de caractère est nettement supérieure à la sienne viendra à lui, exigera de lui l'inacceptable puisque la demande bat en brèche l'éthique médicale.
Haine et amour se confondront alors de façon inextricable.

Le désir de domination deviendra diabolique et débouchera sur le drame final.

 

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( photos : Christophe Brachet )



Alexis Moncorgé a lui-même écrit cette adaptation théâtrale dans laquelle il s'implique corps et âme. Histoire de la folie d'un homme dominé par la passion, portée par le talent indéniable de l'interprète. Le public toujours aussi nombreux n'échappe pas à cet envoûtement.
 
Aussi, prenez soin de réserver quelques jours à l'avance car la petite salle du Poche Montparnasse est chaque soir pleine à craquer. Sachez également que le comédien se produira au sein du Festival d'Avignon du 7 au 30 juin dans le cadre du Théâtre du Roi René.

Sciemment, je n'ai pas voulu rentrer dans les détails en résumant ce que vous allez voir et entendre afin de laisser intact le plaisir de la découverte. Vous avez jusqu'au 22 mai prochain pour cela. Comme chacun sait les spectacles sont nombreux à Paris ( raison pour laquelle je n'avais pu voir celui-ci plus tôt ) mais ne le laissez surtout pas passer car c'est un moment exceptionnel que vous vivrez alors.

 

Un immense bravo à Alexis Moncorgé qui prouve ici qu'il appartient à ce tout petit nombre de comédiens qui ont l'indéniable étoffe des grands !


Simone Alexandre

 

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14:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/04/2016

Le Père Goriot d'après Honoré de Balzac

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Artistic Théâtre

 

45 bis, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

(M° Voltaire)

 

 

loc. 01 43 56 38 32

 

 

http://www.artistic-athevains.com/

 

Pl. 30€ - T.R. 20€

 

Etudiants, chômeurs, - de 26 ans : 10€

 

mardi, mercredi, jeudi, vendredi : 19h

 

samedi 20h30, matinée : 17h

 

En avril, dimanche à 15h.

 

Relâches le 1er Mai et les 3, 10, 11 & 12 mai

 

Durée : 1h.15

 

Adaptation : Didier LESOUR

 

Mise en scène : Frédérique LAZARINI

 

avec Thomas GANIDEL

 

Marc-Henri LAMANDE

 

Didier LESOUR / Jacques BONDOUX

 

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( Photos : Fabienne Rappeneau )

 

 

Les fervents lecteurs de Balzac ( s'il en existe encore …) ou bien quelques puristes, trouveront peut-être à redire concernant cette adaptation ?
Pourtant la justification existerait ( presque ) dans le texte.
En effet, n'est-ce pas l'auteur lui-même qui écrit ?

- " Quand on ne veut pas être dupe des marionnettes, il faut entrer tout à fait dans la baraque et ne pas se contenter de regarder par les trous de la tapisserie. "

Avec malice, Frédérique Lazarini fait sortir les personnages comme d'une nappe trouée car c'est ne l'oublions pas, lors des repas que ceux-ci communiquent en cette loqueteuse Maison-Vauquer.

L'action se déroule à Paris en 1819, rue Neuve Ste Geneviève … un écriteau situé au dessus de la porte d'entrée indique,

" Pension bourgeoise des deux sexes et autres " …

( Balzac n'avait certes pas prévu l'impact hilarant qu'aurait cette phrase à notre époque )

La maîtresse de céans est une femme d'un certain âge ( pour ne pas dire, d'un âge certain ) et " ressemble à toutes les femmes qui ont eu des malheurs " ...
Elle n'a que les revenus de cette maison pour vivre et les pensionnaires ne s'abonnent généralement qu'au dîner.  Il règne donc en ces lieux " une misère économe, concentrée, râpée. "

Celui que l'on surnomme " le père Goriot " est le plus ancien locataire des lieux.
Ayant fait fortune au moment de la Révolution grâce au commerce de grains ( la farine qui comme chacun sait se faisait rare à l'époque ) ce veuf a voulu que ses deux filles gravissent les échelons de la société. C'est ainsi que l'une est devenue comtesse de Restaud et l'autre épouse du banquier Nucingen, accessoirement baron du saint Empire mais nous n'apprendrons cela que beaucoup plus tard ! …

Un jeune ambitieux venu étudier le droit à Paris répond au nom désormais célèbre de Rastignac. Il est encore assez naïf mais n'a pas froid aux yeux.

Plus trouble et dangereux est ce Vautrin qui lit dans les pensées du jeune homme comme en un livre ouvert.

Vous l'avez compris, cette histoire est sombre et même résolument sordide aussi pour ne pas désespérer l'auditoire, Didier Lesour et Frédérique Lazarini nous présentent les personnages à la façon d'un théâtre de marionnettes.
Au total, trois comédiens dont deux ponctuellement masqués interprèteront alors les rôles féminins. C'est caricatural certes, mais d'une incontestable drôlerie !

Conséquence, les personnages ne sont plus aussi noirs que dans le roman et  - en dépit de leurs travers - finissent par être sympathiques. Car après tout, la vie n'est-elle pas une comédie ?  Un dicton populaire ne précise t'il pas ? " mieux vaut en rire qu'en pleurer " - Voilà de quoi justifier la démarche et puis si vous voulez remonter à la source, le texte initial est en vente partout.


Simone Alexandre

 

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10:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/04/2016

Le Misanthrope, vs politique d'après Molière.

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Vingtième THEATRE

 

7, rue des Plâtrières

 

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant)

 

loc. 01 48 65 97 90

 

http://www.vingtiemetheatre.com/

 

Pl. 25€ - Séniors : 20€

 

Etud. 13€

 

A 21h30, jeudi - vendredi - samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

jusqu'au : 8 MAI 2016

 

Adaptation et mise en scène : Claire GUYOT

 

avec Julie CAVANNA (Célimène) - Pierre MARGOT (Alceste) - Emmanuel LEMIRE (Philinte) - Edgar GIVRY (Oronte) -

Nastassia GIRARD (Eliante) - Benoit du PAC (Acaste) - Denis LAUSTRIAT (Clitandre) - Annick ROUX (Arsinoë)

 

 

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 Combien aimerions nous parfois avoir le courage d'Alceste afin de dire aux gens leur fait, sans barguigner.

Seulement, voilà : les rares essais en ce domaine ne tardent pas à prouver que la démarche consiste à se faire inutilement des ennemis alors, très rapidement on se dit :  à quoi bon ? … gardons nos pensées secrètes puisque " les autres " ne changeront jamais, pas plus que nous du reste …

Quittant le siècle de Louis XIV, notre Misanthrope échoit en plein 21ème siècle, époque de grande lâcheté collective où règne le politiquement correct. Nul besoin pour lui des conseils d'un Stéphane Hessel puisque l'indignation lui est naturelle. Son tendon d'Achille ? … une femme bien entendu, s'accommodant mieux que lui de l'air du temps, aussi séduisante et futile qu'il est profond jusqu'à l'ennui mais naïf aussi.

Comparé à ce Don Quichotte hexagonal, le sportif Philinte,

( Emmanuel Lemire ) ferait presque figure de grand philosophe. En outre, le personnage titre ayant atterri dans la sphère politique, y trouvera naturellement de quoi alimenter ses humeurs pécantes !

 Arsinoë grince moins qu'à l'habitude car Annick Roux déborde d'humour et le public d'affection pour elle ce, à un point tel que l'on finit par se dire qu'Alceste fait ici le mauvais choix mais on ne choisit pas ses attirances et Pierre Margot a pour Julie Cavanna ( leurs personnages du moins ) la même attraction que Pyrrhus pour Andromaque ou Buridan pour sa reine de débauche. Car il est évident que cet amour là est physique, ce qui explique son caractère incontrôlable.

Par dépit amoureux ( pardon Marivaux ) Alceste envisagera de remettre son coeur entre les mains d'Eliante, or décide t-on seul d'un tel choix ? …

 

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( photos : Thierry HUGON )



Les quelques spectateurs qui ne sont pas abonnés au théâtre classique adhéreront facilement au verbe moliéresque bien que situé en un décor tout à fait moderne, sobre et beau, reconnaissons-le. ( le fait est assez rare pour être souligné ) Je ne ferai pas aux initiés l'injure de leur résumer la pièce dont les alexandrins sont rigoureusement respectés à une ou deux onomatopées près, n'ayant que la valeur d'un souffle.( car si l'époque et le lieu de l'action sont transposés, le texte quant à lui est fidèle )

Sachez toutefois que ces presque deux heures passent à la vitesse grand V, aussi ne puis-je que vous inciter à assister à l'une des représentations qui se donnent encore jusqu'au 8 mai prochain. J'ajouterai si besoin est qu'il est quasiment impossible que vous le regrettiez.


Simone Alexandre

 

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11:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent