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14/02/2015

Marie Tudor de Victor Hugo

 

PEPINIERE THEATRE

 

7, rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

(M° Opéra)

 

loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Pl. 24 à 44€

 

 

A 21h du mardi au samedi

 

Matinée le samedi à 16h

 

 

Mise en scène : Philippe Calvario

 

 

avec : Cristiana Reali, Jean-Philippe Ricci, Jean-Claude Jay, Philippe Calvario ou Benjamin Guillet, Régis Laroche ou Pierre-Alain Leleu, Jade Fortineau, Anatole de Bodinat, Stanislas Perrin, Pierre Estorges, Robin Goupil, Valentin Fruitier et Thomas Gendronneau.

 

 

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Marie Tudor : malheureuse histoire d'une femme amoureuse, celle d'une reine trompée. Il n'est pas rare que la haine succède à l'amour éperdu, puis bafoué.

Fabiano Fabiani est un aventurier, un vulgaire coureur de dot qui a eu la chance de plaire à la souveraine. Depuis, elle lui distribue sans compter les privilèges, le comblant d'honneurs, de Pouvoir et d'argent.

 

Or parmi les titres dont le favori a hérité, figure celui de lord Talbot, ce fidèle serviteur de Catherine d'Aragon ( mère de Marie ) qu'Henri VIII fit décapiter après confiscation de ses biens. Fabiani qui a eu vent de l'affaire veut faire disparaître la preuve de l'héritage détourné et pour cela est prêt à tout.

Séduire une femme, assassiner un homme, qu'est-ce pour lui ? (surtout en ce dernier cas, s'il s'agit d'un juif) seulement, il y eut un témoin de la scène : Gilbert, protecteur de Jane chez qui le filou se rend chaque soir en catimini. L'engrenage est prêt : le drame est en route ...

 

Gilbert après avoir été son protecteur s'apprêtait à épouser Jane dont il ignore le noble lignage. Or voilà que le séducteur surgit sous ses yeux alors qu'il vient de tuer un homme.

La reine quant à elle a également appris la trahison de Fabiano lequel ne compte plus le nombre d'ennemis qu'il s'est fait tant de par sa position que grâce ou à cause de son comportement général ...

 

La machination désespérée se met en place.

 

 

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Philippe Calvario à l'instar de nombreux metteurs en scène a voulu dépoussiérer l'oeuvre et pour cela n'a pas lésiné sur les moyens.

Sans être tout à fait originale, la scénographie est assez esthétique, à la limite du clinquant. ( bling-bling, qui a dit : bling-bling ? ) Certains tiqueront à l'écoute de cette musique de scène appartenant non pas au XVI ème siècle mais empruntée au XX ème … d'autres s'esclafferont comme ce fut le cas lors de bon nombre de répliques.

 

Les hommes pour faire plus viril sans doute, portent le cuir à même la peau et arborent une fraise (ou collerette) sur un cou dégagé, le poitrail à l'air : discrète allusion à ce qui les attend car les têtes tombaient dru à l'époque ...

 

 

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 ( photos : Florian Fromentin )

 

 

J'ai trouvé un comédien particulièrement bien.

 

Il s'agit de Pierre Estorges dans le rôle de Maître Enéas et ce n'était pas facile pourtant car le rôle est ingrat.

 

Si vous décidez d'aller voir la pièce c'est qu'en dépit de toutes ses outrances vous aimez Victor Hugo aussi vous laisserai-je juge de l'approche dont il bénéficie une fois de plus.

 

Il n'est pas facile d'être " Olympio " au delà du temps qui passe  …

 

 

 Simone Alexandre

 

 

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16:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/02/2015

The Servant de Robin Maugham

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POCHE MONTPARNASSE

 

75, bd du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 15 à 35€

 

(- 26 ans : 10€ selon disponibilités)

 

A 19h. du mardi au samedi

 

A 17h. le dimanche

 

(- 50 % jusqu'au 17 février)

 

 

 

Traduction : Laurent Sillan

 

Mise en scène : Thierry Harcourt

 

 

avec Maxime d'Aboville, Roxane Bret, Xavier Lafitte, Adrien Melin, Alexie Ribes

 

 

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On peut se poser la question de savoir si le spectacle d’une déchéance est vraiment un spectacle. On aura la réponse en allant applaudir « The servant » de Robin Maugham, dans une traduction de Laurent Sillan et une mise en scène de Thierry Harcourt au Théâtre de Poche Montparnasse.

Peu ou prou, chacun croit connaître cette triste et lamentable histoire, si anglaise, qui évoque tellement le monde d’Oscar Wilde et la tournée des bas-fonds d’un Dorian Gray pervertissant la délicate Sybil Vane, mais il est à craindre que ce soit au travers du film que le texte soit connu.

 

La pièce excellemment interprétée par cinq comédiens et comédiennes de bel avenir donne à voir une autre dimension.

 

Nous sommes dans une Grande Bretagne des années 50, où subsistent encore quelques fortunes suffisantes pour mettre à l’abri de toute activité mercenaire une frange oisive de la population. Tony est de celle-ci qui recrute Barrett, un butler modèle, déférent jusqu’à l’obséquiosité,  attentif et travailleur forcené. Ces qualités apparentes lui servent à poursuivre son but.

Barrett saura jouer de la paresse de son employeur, de sa faiblesse de caractère, de son indolence, et pour tout dire de sa veulerie, pour l’amener à ses fins. On pourrait presque penser qu’ « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » tant la personnalité de Tony est inexistante.

 

Ce grand bourgeois vit dans un monde fini, il est resté figé dans les mœurs du siècle précédent et cela lui est fatal. Barrett est un homme qui a une revanche à prendre sur la vie, sur la société qu’il rejette. Nous sommes dans un univers de lutte des classes, à une époque, l’après-guerre, où la prospérité s’entr’aperçoit et où les plus démunis d’hier commencent d’espérer en un avenir meilleur. Les moyens pour y parvenir sont plus ou moins honorables.

 

A l’heure où certains s’élèvent socialement, d’autres chutent, et c’est à ce croisement que nous assistons. Et tout cela est terrible, dépourvu de sentiment, cruel, sans humour, sans amour non plus bien que perdus dans leurs habitudes certains personnages se bercent de l’illusion de ce sentiment. 

 

Cette pièce est utile, parce qu’elle donne à voir des ressorts humains qui ne disparaitront jamais. Elle démontre que la résistance, le recul, la clairvoyance et l’analyse sont les armes utiles et nécessaires à la vie en société, qui, pour hiérarchisée qu’elle soit, ne saurait être un combat du jour contre la nuit.

 

La seule réserve que nous émettrons sur cet excellent spectacle, bien faible, est que nous eussions aimé davantage de perversité de ton. Cette pièce qu’on pourrait résumer à la prise de pouvoir par la médiocrité (ce qui n’est pas sans évoquer la société dans laquelle nous vivons désormais) reste néanmoins un parfait moment de théâtre auquel il faut aller sans tarder.

 

 

Paris produit en ce moment nombre de pièces regardant l’Angleterre ; c’est nous que nous voyons. Est-ce assez dire que nos sociétés sont similaires … et perfectibles ?

 

© Frédéric Arnoux

 

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09:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/02/2015

Opus Coeur d'Israël Horovitz

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PETIT HEBERTOT

 

78 bis, bd des Batignolles

 

75017 PARIS

 

(M° Villiers ou Rome)

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

petithebertot.com

 

Pl. 28€ - T.R. 16€

 

- 26 ans : 12€

 

Depuis le 4 FEVRIER 2015,

 

du mercredi au samedi à 21h

 

le dimanche à 15h

 

 

Adaptation : Attica Guedj et Stephan Meldegg

 

Mise en scène : Caroline Darnay

 

avec Marcel Maréchal et Nathalie Newman

 

 

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Attirés à juste titre par le couple : Horovitz-Maréchal, les spectateurs se bousculaient à l'entrée du Petit Hébertot.

 

Dans la file d'attente, juste derrière moi,  une précieuse aussi approximative que ridicule lança : " Horovitz ? … c'est un grrrand metteur en scène ! "

 

J'ai failli me retourner pour lui dire " et l'auteur, vous en faites-quoi ? " mais me suis souvenue in extremis, d'une phrase de Michel Audiard (*) laquelle m'a fait opter pour le silence.

 

La pièce valait vraiment le déplacement : texte horovitzien (forcément) donc de qualité, interprètes excellents et mise en scène intelligente. Preuve que notre opiniâtreté à hanter les théâtres est parfois récompensée au delà de l'imaginable.

 

Mais arrivons au thème de la pièce,

 

Un vieux professeur en retraite, (Jacob Brackish) - à la redoutable réputation - vient d'apprendre qu'il lui reste peu de temps à vivre et a fait paraître une annonce dans le but d'obtenir l'assistance d'une dame de compagnie. 

 

Jusque là, tout va bien.

 

Kathleen Hogan, une jeune veuve, ne tardera pas à se présenter. Elle semble mal dans sa peau, complexée, un tantinet godiche et se révèlera d'emblée d'une insigne maladresse ! Agacement du vieil ours qui jusqu'alors, ne dialoguait qu'avec son bien-aimé fauteuil et sa radio au répertoire classique lui permettant de prolonger ainsi la passion de toute une vie. 

 

L'homme est rivé à son sonotone à peu près aussi étroitement que nos contemporains à leur smartphone. Comme il enseignait la musique et l'anglais nous ne serons pas surpris de découvrir qu'il possède un vieux chat répondant au sobre nom de William Shakespeare, lequel vu son âge canonique est devenu incontinent et ne fait plus de différence entre un lit et une litière …

 

Où Israël Horovitz excelle ( ce n'est un secret pour personne ) c'est à nous dépeindre le caractère évolutif des personnages. Là, nous passerons par tous les stades : ruse, haine revendicatrice et insidieux attachement.

 

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 ( photos : LOT )

 

 

Marcel Maréchal n'avait certes pas attendu ce rôle pour nous prouver l'étendue de son talent mais il est ici émouvant au possible.

Quant à Nathalie Newman, cette dernière lui donne la réplique haut la main, si je puis dire. Quelle belle leçon d'humanité à laquelle nous assistons là !

Plus d'un spectateur est ressorti du lieu absolument bouleversé et je n'ai pas honte d'avouer que j'en fus.

 

Inutile d'ajouter : " allez-y  et plutôt deux fois qu'une" car cela va de soi.

 

 

Simone Alexandre

 

 

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(*) " faut pas parler aux c… , ça les instruit ! "  

15:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent