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15/10/2015

Nous qui sommes cent de Jonas Hassen Khemini

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THEATRE LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet-Les Halles)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

 

Pl. de 10 à 26€

 

A 21h30 du mardi au samedi

 

 Durée : 1h20

 

Du 13 OCTOBRE au 7 NOVEMBRE 2015

 

Texte publié aux éditions théâtrales

 

traduction : Marianne Ségol-Samoy

 

Mise en scène : Laura Perrotte

 

 

avec :  Caroline Monnier, Laura Perrotte, Isabelle Seleskovitch

 

 

 

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( photo : Jean-François Faure )

 

 

 

 - Quand les spectateurs arrivent,

elles sont déjà toutes trois en place.

 

Même génération - coiffure identique à une frange près - même habillement ( cette fois, jupes et châles bleu étoilé ) pieds nus. Une musique de scène tout à la fois lancinante et répétitive meuble l'espace.

 

Nous accédons à leur vécu par le biais d'une chorégraphie gymnique : rappel de la veillée d'armes du chevalier ou de la concentration du kamikaze. Exercices de respiration, comptage … Heureusement pour nous, elles ne feront pas le grand saut,

( pas cette fois, du moins )

 

En dépit de leur jeunesse, elles éprouvent le besoin de faire le point, de se retourner sur leur proche passé, d'établir le bilan de leur existence, de raconter ce qu'elles ont vu, vécu ou simplement imaginé.

 

Jusqu'alors, elles se sont cherchées - sans pour autant se trouver - Ces nouvelles amazones ne savent pas exactement si les garçons les attirent ou si elles préfèrent leurs semblables ? L'enfance n'est pas loin et l'ours en peluche toujours là pour recueillir les plus secrètes confidences.

 

La mise en scène déviera en direction de la salle pas seulement à cause de la configuration des lieux mais peut-être pour mieux nous faire sentir que les préoccupations sont les mêmes de part et d'autre ? 

 

Actuellement, beaucoup se réfugient dans le monde virtuel, espérant y trouver une solution qui n'existe pas, bien sûr.

On rêve de soi tel que l'on aurait voulu être …

 

Il y a un demi-siècle, on aurait parlé de " troubles existentiels " … l'expression désormais prête à sourire. Nous peinons à comprendre le monde dans lequel nous vivons et pour échapper à cela, certains choisissent de se raconter des histoires. 

" La vie est un songe " disait Calderon ...

 

Nous autres spectateurs, nous laissons séduire par le caractère juvénile de ces trois là ! 

 

 

D'autant que c'est un peu un miroir qui nous est tendu car nous ne supportons pas plus qu'elles ce qui les dérange tant. L'humanité ( cette mal nommée ) continue à perpétrer des génocides alors que nous restons assis à déplorer.

 

Nos tentatives plus ou moins convaincues de vivre des histoires d'amour nous laissent bien souvent en carafe. Les illusions ont la vie dure … Bref, ce texte nous parle et quelque soit notre âge, nous résume fort bien mais rassurez-vous, tout est présenté de façon ludique et on passe en la compagnie de Laura Perrotte, Caroline Monnier et Isabelle Seleskovitch un excellent moment.

 

Simone Alexandre

 

 

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10:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/10/2015

De l'autre côté de la route de Clément Koch

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THEATRE MICHEL

 

38, rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

 

loc. 01 42 65 35 02

 

 

Pl. de 25 à 37€

 

 

http://www.theatre-michel.fr/

 

A 21h du mercredi au samedi

 

A 16h30 le samedi

 

A 16h45 le dimanche

 

( Relâche : lundi et mardi )

 

Mise en scène : Didier CARON

 

avec Maaïke JANSEN, Maïmouna GUEYE, Dany LAURENT, Gérard MARO et Laurence PIERRE.

 

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Quelque part en Suisse  - dans une maison de retraite, une femme ( Maaike Jansen ) revêtue d'une robe immaculée est allongée sur son lit, dans la posture classique du gisant.

 

 

Elle se nomme Eva et nous allons découvrir pour la bonne continuation de la pièce que fort heureusement elle n'est pas morte.

 

Andrée,  une voisine de chambre ( Dany Laurent ) ne cesse de venir vers elle - il faut bien s'occuper - affichant une évidente tendance à tout oublier, sauf les pâtes de fruits qui constituent une obsession pour elle et quelques autres également ; disons que cela fait partie des moeurs de la maison ...

 

Eva Makovski fut jadis une éminente physicienne qui manqua le prix Nobel de peu, par la faute du laboratoire pour lequel elle travaillait. L'actualité nous a hélas habitués aux scandales réitérés en ce domaine …

 

Depuis qu'elle réside en ce lieu, son ancien patron prend son séjour complètement en charge et lui rend visite de temps à autre mais pas plus de 2 fois par an.

 

Andrée Legendre ( la voisine envahissante ) cause à tort et à travers ( surtout à tort ) et bien évidemment, encore plus quand elle est en panne de friandises. Le reste du temps, il est évident qu'elle perd un peu la boule ! 

 

Leur aide-soignante, Hortense ( Maïmouna Gueye ) est une formidable tornade … noire, débordante d'énergie, le verbe haut, laquelle bouscule de façon bénéfique les occupants de ce lieu de haute stagnation.

 

Une journaliste ( Laurence Pierre ) s'est annoncée pour interviewer la grande chercheuse, laquelle la fait attendre tout en lui ménageant une surprise de son cru.

 

 

Michèle n'a obtenu cette rencontre qu'après avoir littéralement harcelé celle dont le témoignage l'intéresse au plus haut point et bien plus que cela encore …

 

La suite vaut son pesant de pâtes de fruits ! ...

 

 

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 ( photos : Franck Harscouët )

 

 

Ces quatre comédiennes sont toutes absolument formidables et la pièce est menée à un rythme d'enfer ! Le rôle délicat de l'homme responsable du laboratoire, en l'absence de Gérard Maro est joué par le metteur en scène Didier Caron.

 

Le texte de Clément Koch déborde de fantaisie et si le thème est grave, la façon dont il est traité mérite d'être qualifiée de brillantissime.

 

 

Ceux qui font profession d'aller au théâtre souvent ont quelque peu tendance à tenir à distance ce mode d'expression dit de boulevard. Il en existe pourtant d'excellent, en voici la preuve.

 

Simone Alexandre

 

 

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09:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2015

Flaubert, lettres à Louise Colet

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Théâtre de l'île Saint-Louis Paul Rey

 

39, quai d'Anjou

 

75004 PARIS

 

 

(M° Pont-Marie)

 

loc. 01 46 33 48 65

 

http://www.theatre-ilesaintlouis.com/

 

Places : 15€

 

Etud. - de 25 ans : 10€

 

Chaque mardi à 21h

 

jusqu'au 8 DECEMBRE 2015

 

Durée ; 1h20

 

De et avec Marie-Stéphanie Sutter

 

 

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En juin 1846 Gustave Flaubert rencontra ( chez le sculpteur Pradier ) Louise Colet, poétesse en vogue ; le jeune homme n'avait alors que 24 ans.

 

Une liaison s'ensuivit, émaillée d'échanges épistolaires car si l'on est accoutumé à ce que les femmes se refusent ( le plus souvent par coquetterie ) cette fois, c'est l'amant qui jouera de la distance afin de protéger la concrétisation de ce projet d'écriture en direction duquel " La Muse " l'avait chaleureusement encouragé. 

 

Ce pessimiste qui ne croit à rien - pas même en lui - va rapidement lutter contre cet amour, se plaignant de façon significative : " je suis malade de toi " …

 

Par la suite, s'étant réfugié à Croisset qui restera son port d'ancrage, les courriers s'échangeront entre ce lieu ( où il se terre ) et Paris où Louise vit et a même un salon ouvert à tout ce que la capitale compte de gens célèbres dans le monde littéraire de l'époque, bien plus riche que la nôtre en ce domaine.

 

Plus sa maîtresse est passionnée et plus il se protège … et pendant tout le périple qu'il effectuera en Orient accompagné de Maxime du Camp, ( ce qui d'ailleurs, ressemblait fort à une fuite ...)  elle espérera vainement une lettre de lui. Il avait rompu leur liaison au préalable, en mars 1848 et ne renouera avec elle qu'à son retour, courant juillet 1851.

 

 

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 ( photos : Jean Reynes )

 

 

Commencera alors l'écriture pour le moins laborieuse de Madame Bovary ( tant il pousse le perfectionnisme à son point culminant ) et dont la rédaction durera trois longues et pénibles années jonchées de courriers explicatifs, bien sûr.

 

Car ce solitaire avait parallèlement la rage d'écrire des lettres de façon quasi quotidienne, souvent plusieurs heures d'affilée. Louise en bénéficiera mais également George Sand, Sainte Beuve, Tourguéniev, beaucoup d'autres et même Victor Hugo qu'il surnomme " le grand crocodile " faisant mention auprès de sa confidente d'une " lettre monumentale " sur laquelle il passa tant de temps qu'il avoua la savoir par coeur ... ( il est toujours permis de douter de la spontanéité d'un auteur quand il rédige un courrier ! )

 

Les échanges entre nos deux amants furent souvent houleux car cette républicaine féministe de surcroît, supportait mal d'être de la sorte délaissée.

 

En mars 1855, elle témoignera d'un peu trop d'impatience à le revoir et ayant cherché ( vainement ) à le rencontrer en se rendant à son domicile trois fois en une même soirée ( ! ) se verra - toujours par lettre - signifier son congé de façon bien plus que cavalière, injurieuse pour tout dire.

 

Si l'on admire l'écrivain, l'homme quant à lui est peu sympathique ce qui bien sûr, ne l'empêchera pas de passer à la postérité alors que le nom de Louise Colet n'est peut-être venu jusqu'à nous, plus à cause de cette liaison que grâce à ses écrits couronnés pourtant à trois reprises par l'Académie française.

 

Avec cette voix fraîche que beaucoup d'Agnès pourraient lui envier, Marie-Stéphanie Sutter arbore avec élégance la célèbre robe bleue qui lui permet d'évoquer tout à la fois, Louise Colet mais également Emma Bovary. C'était sans doute une justice à rendre à l'une et à l'autre. 

 

Portée par cette triple fonction d'adaptatrice, de metteur en scène et d'interprète, la comédienne mérite bien nos applaudissements. Ce n'est hélas, qu'un seul soir par semaine

( chaque mardi à 21h jusqu'au 8 décembre ) aussi ne manquez pas le rendez-vous ! 

 

Simone Alexandre

 

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent