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05/05/2016

Le Monde d'hier de Stefan Zweig

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75009 PARIS

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

loc. 01 42 65 90 00

 

http://www.theatredesmathurins.com/

 

Pl. 18 à 32€

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

Relâche les 24 & 25 MAI

 

Jusqu'au : 19 JUIN 2016

 

Mise en scène : Jérôme Kircher et Patrick Pineau

 

avec : Jérôme Kircher

 

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Tout d'abord, il convient de rendre hommage à Laurent Seksik lequel à partir des 506 pages de ces Souvenirs d'un Européen a construit cet intéressant monologue. C'était certes une gageure mais l'essentiel y est dit. Nous entrevoyons grâce à lui " Le Monde d'hier " et nous en imprégnions peu à peu.

 

Deux guerres successives ont détruit l'Europe préexistante, mettant à bas un niveau culturel qui avait certes ses défauts mais n'en restait pas moins d'une richesse inégalée. Je veux parler ici de la richesse intellectuelle bien sûr, dont bénéficiait un petit nombre mais qui ne faisait pas encore passer avant tout le pouvoir de l'argent.

 

Quelques grandes figures méritèrent l'admiration de Zweig tels Schnitzler, Rilke ou Freud pour ne citer que ces trois là.

 

Jusqu'à l'arrivée d'Hitler, la pensée unique n'avait pas encore démontré les catastrophiques nuisances dont elle était capable. Or nous savons tous que toute situation excessive engendre fatalement son absolu contraire … Il ne suffit que d'examiner l'époque actuelle pour en être convaincus. 

 

Jérome Kircher nous dit ce texte porté par une sensibilité nerveuse tout en cultivant m'a t-il semblé, une distance que d'aucuns pourraient qualifier de brechtienne. L'espace scénique est nu, juste traversé en fond de scène par un rideau en biais, ce qui crée un effet de perspective dont la symbolique ne saurait nous échapper.

 

Pour accessoires une chaise et un recueil qu'il prendra en mains de temps à autre pour faire diversion, lunettes à l'appui.

Nous bénéficions alors de cette élocution que je qualifierai de particulière … Il ne m'est pas permis de m'étendre sur le sujet puisque c'est la première fois que je vois et entends ce comédien sur scène.

 


Sachez toutefois que des casques audio sont mis à la disposition des spectateurs qui eux, n'entendraient pas bien. Intention très louable du lieu mais démarche assez incompréhensible pour les amoureux de l'art théâtral convaincus que c'est à l'interprète qu'il revient de régler personnellement ce problème. Autres temps, autres moeurs et puisque nous avons quitté le monde d'hier cela nous permet d'avoir recours à la technique quand le besoin s'en fait sentir ...


Ce monologue est programmé chaque soir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 15h, ce jusqu'au : 19 juin prochain.

Simone Alexandre

 

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11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/05/2016

GIACOMETTI, la rue d'un seul de Tahar Ben Jelloun

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, Rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

 

loc. 01 43 55 14 80

 

 

http://www.folietheatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

A 19h30 : vendredi et samedi

 

jusqu'au : 4 JUIN 2016

 

Adaptation et mise en scène : Sarah VAUSSIER

 

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avec : Valérie PUJOL et Sarah VAUSSIER

 

 

Giacometti et ses silhouettes étirées à l'extrême comme ces vêtements oubliés sur une corde à linge, un jour de pluie. Personnages énigmatiques, fantômes décharnés et comme débarrassés du légendaire linceul. Squelettique interrogation.

Tahar Ben Jelloun a découvert cette oeuvre grâce à Jean Genet, attirés l'un et l'autre par l'insolite.

Tout naturellement ces êtres étiques ne pouvaient qu'emprunter, se situer dans " la rue d'un seul " en cette Médina de Fez, où deux hommes normalement constitués ne peuvent se croiser.


On pense alors à ces rescapés d'Auschwitz, aux yeux immenses, silhouettes qui n'ont plus que la peau et les os. Rappel horrifique de la malédiction qui s'abat parfois sur certains. Fort heureusement pour nous, les deux interprètes féminines font preuve d'une belle santé physique et mentale ce qui nous épargne la perspective du cauchemar mais favorise la réflexion.

Le gris étant la couleur privilégiée de Giacometti, leur tenue scénique tout à fait identique a adopté cette teinte. Même coiffure également ou presque : on pourrait les assimiler à deux soeurs siamoises surtout quand elles se tiennent côte à côte avec sur un seul bras, cette manche flottante comme le discret étendard d'un bateau en partance.

Il n'est pas aisé de porter à la scène un texte fait pour être lu. La chorégraphie mise au point par Sylvaine Soldano est là pour suppléer à l'absence de didascalies ce qui permettra de suggérer tout ce qui n'est pas dit.

 

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Car ce spectacle privilégie l'onirisme en une invitation au voyage. Ici, tout s'imbrique comme ces deux voix qui murmurent, se chevauchent ou se répondent tel un écho. Réflexion sur le cheminement de l'artiste, sur son oeuvre, sur les personnages engendrés par elle et qui peu à peu s'animent de façon autonome avec pour maître mot,

 

- " ne pas s'installer ."

L'Art est un personnage en marche qui traverse les épreuves en direction d'un ailleurs de même consistance que la ligne d'horizon. Duo réussi entre Sarah Vaussier et Valérie Pujol qui se répondent en parfaite complétude, adoucissant les angles de leur présence féminine.

Spectacle atypique, digne d'être vu.



Simone Alexandre

 

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10:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/04/2016

AMOK d'après Stefan Zweig, adaptation de et avec Alexis Moncorgé

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THEATRE DE POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 18€

 

- de 26 ans : 10€

 

A 19h du mardi au samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

jusqu'au : 22 MAI 2016

 

Adaptation : Alexis Moncorgé

 

Mise en scène : Caroline Darnay

 

avec : Alexis Moncorgé

 

Scénographie : Caroline Mexme

Lumières : Denis Koransky

 

 

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Peu d'auteurs sont allés aussi loin dans l'étude, l'approfondissement du caractère des personnages évoqués.

Si Stefan Zweig n'avait été l'écrivain fascinant que nous connaissons, sans doute serait il devenu psychanalyste ?
Or son impact est ici mille fois plus grand puisqu'il s'adresse à tous. Le narrateur n'est pas installé confortablement sur un divan mais se trouve sur le pont d'un navire venant de Malaisie et s'exprime grâce à l'obscurité et à l'effet désinhibiteur de l'alcool.

La littérature regorge de descriptions concernant les passions destructrices, ce au point de créer un pléonasme consécutif à l'accolement de ces deux mots.
Certains êtres sont plus que d'autres, la proie de sentiments excessifs. Intelligence et culture n'ont rien à voir en cela puisqu'il ne s'agit que de tempérament. Quelque soit le sexe auquel ils appartiennent, d'aucuns seront toujours victimes de leur amour. C'est une sorte d'aliénation qui se met alors en place. Plus rien n'existe en dehors du processus de satisfaction de leur désir. Il est alors possible d'aller jusqu'au crime pour cela !

Notre héros malgré lui est un jeune médecin exilé en pleine jungle à la suite d'une précédente mésaventure qui résume bien sa vulnérabilité en certaines circonstances et comme la vie est un éternel recommencement, la suite était en quelque sorte préalablement écrite.

Relégué en ce pays lointain dans lequel il ne fait que survivre, une femme dont la force de caractère est nettement supérieure à la sienne viendra à lui, exigera de lui l'inacceptable puisque la demande bat en brèche l'éthique médicale.
Haine et amour se confondront alors de façon inextricable.

Le désir de domination deviendra diabolique et débouchera sur le drame final.

 

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( photos : Christophe Brachet )



Alexis Moncorgé a lui-même écrit cette adaptation théâtrale dans laquelle il s'implique corps et âme. Histoire de la folie d'un homme dominé par la passion, portée par le talent indéniable de l'interprète. Le public toujours aussi nombreux n'échappe pas à cet envoûtement.
 
Aussi, prenez soin de réserver quelques jours à l'avance car la petite salle du Poche Montparnasse est chaque soir pleine à craquer. Sachez également que le comédien se produira au sein du Festival d'Avignon du 7 au 30 juin dans le cadre du Théâtre du Roi René.

Sciemment, je n'ai pas voulu rentrer dans les détails en résumant ce que vous allez voir et entendre afin de laisser intact le plaisir de la découverte. Vous avez jusqu'au 22 mai prochain pour cela. Comme chacun sait les spectacles sont nombreux à Paris ( raison pour laquelle je n'avais pu voir celui-ci plus tôt ) mais ne le laissez surtout pas passer car c'est un moment exceptionnel que vous vivrez alors.

 

Un immense bravo à Alexis Moncorgé qui prouve ici qu'il appartient à ce tout petit nombre de comédiens qui ont l'indéniable étoffe des grands !


Simone Alexandre

 

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14:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent