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29/09/2015

Entretien avec Michel Voletti, metteur en scène d'Un, deux trois, Soleil de Christelle George

 

THEATRE RANELAGH

 

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5, Rue des Vignes 75016 PARIS

 

 

(M° La Muette)

 

Tél. 01 42 88 64 44

 

 

 

 

S.A.   Michel Voletti, comment cette aventure (car c'en est une) s'est-elle déclenchée ? ... Pour être plus précise, de qui avez vous fait la connaissance en priorité, de l'auteur(e) ou du texte ?

 

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M.V.   Lors d’une soirée au théâtre, j’ai rencontré l’auteure qui m’a donné deux pièces à lire. En rentrant je les ai mises dans un tiroir et bien entendu… oubliées ! Quatre ans plus tard, en faisant du rangement, je suis tombé dessus. J’ai lu " Un Deux Trois… Soleil " et j’ai eu un coup de cœur ! De là a commencé cette belle aventure.

 

 

S.A.  Le choix des interprètes qui ne saurait se contenter d'approximations (rassurez-vous, ce n'est pas le cas) vous revient-il exclusivement ou bien l'auteur(e) y a t'elle participé ?

 

 

M.V.  Non, l’auteure m’a totalement laissé carte blanche pour mon casting qui s’est passé par auditions après annonce sur les réseaux sociaux et auprès d’amis. 

 

 

 

S.A.  Le caractère des deux filles volontaires l'une et l'autre (à leur façon) conserve malgré tout une part de mystère. Est-ce ainsi que vous l'avez voulu ?

 

 

M.V.  Il me semble que le mystère vient surtout de cette famille de taiseux qui a du mal à communiquer et des non-dits du passé. Au niveau de Claire et de Marie, chacune a son caractère - les rôles comme les comédiennes -  et je trouve qu’ils se complètent parfaitement. Claire, en partant, a eu le temps de se refaire une vie à elle, même si sa famille lui manque. Marie s’est retrouvée « maman » à un âge ou on joue encore à la poupée, en charge d’un jeune frère et d’un père rongé par la douleur. Avec le départ de sa grande sœur, elle a perdu son enfance. Le conflit entre les deux sœurs est donc fort, même si elles essaient de se retrouver.

 

 

S.A.  Parlons de celui qui apporte la touche de fantaisie, le souffle d'air frais grâce au jeune et charmant Jérémie Duvall …

 

 

M.V.  Malgré son jeune âge (21 ans), Jérémie a déjà une belle carrière au cinéma et à la télévision. Le fils à Jo avec Gérard Lanvin, Mon père est femme de ménage avec François Cluzet, Délit de fuite avec Eric Cantona et Mathilda May… Il est aussi réalisateur/scénariste et termine en ce moment son 7ème court métrage ! Il est d’un naturel déconcertant et a un charisme extraordinaire. Je suis ravi qu’il ait accepté de jouer ce rôle. Il apporte beaucoup au personnage de Julien. Il est en effet le souffle d’air frais qui était nécessaire à la pièce. 

 

 

S.A.  Votre personnage donne l'impression d'être un homme éprouvé certes mais qui garde à tout moment les pieds sur terre. L'aînée partie puis revenue n'a pas perdu un atome de l'affection paternelle. Votre stature certes fait bien plus que servir le rôle mais j'ai eu l'impression que vous symbolisiez - comment dire ? …

" one heart in the right place

 

 

M.V.  Jean est renfermé sur lui-même depuis la perte de sa femme. Il parle peu. Il a essayé de gérer ses enfants, mais il est englué dans ses souvenirs, dans le passé. S’il garde quelque peu les pieds sur terre, c’est pour Julien et Marie. Il aimerait qu’ils partent pour une vie meilleure, mais… Le retour de sa « grande » chamboule tout. Si les blessures se ré ouvrent, c’est que l’amour revient dans ses veines. Il a du mal à parler, mais ses regards et ses silences en disent long.

 

 

S.A.   J'espère que vous serez d'accord avec ma conclusion qui est la suivante,

Musiques, lumières et décors concourrent à nous faire oublier que nous sommes au théâtre créant une illusion de vraie vie, pas toujours drôle certes mais profondément humaine.

 

 

M.V.  Oui, c’est une pièce très humaine sur les conséquences d’un acte irrémédiable au sein d’une famille, sur les souvenirs, la culpabilité, les non-dits mais aussi sur le retour, le pardon et l’amour. Cet amour que le temps n’a pas réussi à éteindre et qui les réunit afin de partir vers une nouvelle vie, vers la lumière !

 

 

http://www.theatre-ranelagh.com/ 

 

 

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09:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/09/2015

Une laborieuse entreprise de Hanokh Levin

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THEATRE de POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

 

Pl. 24€ - T.R. 18€

 

- 26 ans : 10€

 

A 21h du mardi au samedi

 

A 15h le dimanche

 

 

jusqu'au : 29 NOVEMBRE 2015

 

 

Texte français de Laurence Sendrowicz aux Editions Théâtrales

 

Mise en scène : Myriam Azencot

 

avec Yann Denécé, Luciana Velocci Silva et Cédric Revollon

 

Durée : 1h20

 

 

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 ( photos : Jean Henry )

 

 

Voilà une pièce délicieusement vacharde en comparaison avec laquelle le duo Signoret-Gabin dans " Le Chat " de Granier-Deferre ferait presque figure de simples amabilités conjugales.

 

 Truculent jusqu'à l'obscène, Hanokh Levin ne mâche pas ses mots. 30 ans de mariage équivalent à 30 ans de bagne, vu du côté masculin car l'homme reste un chasseur inassouvi et la femme l'obstacle à son Destin.

 

Le lieu de résidence dans lequel nous pénétrons est un infâme bric-à-brac où le lit voisine avec le frigo en passant par la planche à repasser. Camping permanent qui symbolise cependant le confort indispensable à l'époux qui hésite à s'en éloigner.

 

- Leviva ( Luciana Velocci Silva ) arbore une coiffure apocalyptique et traîne dans un peignoir à fleurs qui n'eut pas manqué d'inspirer Aznavour …

 

- Yona Popokh ( Yann Denece ) présente la démarche chaloupée et les éclats de voix de ceux qui demandent à l'alcool d'assoupir les problèmes.

 

Il y a immanquablement dans toute existence un moment où l'on se dit que l'on n'a rien fait de sa vie comparativement à ce qu'on avait prévu avant que la maturité nous tombe dessus sans crier gare !

 

Or si un couple est toujours seul face aux autres, c'est également cette confrontation qui cimente son existence et quand Gounkel ( Cédric Revollon ) viendra jouer les intrus en pleine nuit, nos deux époux jusque là divisés feront bloc face à lui.

 

L'auteur ne s'embarrasse pas de nuances, il nous livre les situations à l'état brut, la subtilité des intentions se situant au second degré. C'est l'angoisse existentielle du couple qu'Anokh Levin nous livre ici. En dépit de cette " guerre domestique " une sourde tendresse se dégage des paroles les plus injurieuses car ces deux là sont enchaînés l'un à l'autre pour le meilleur et ... surtout pour le pire !

 

Ce théâtre flirte avec le grotesque mais reste avant tout profondément humain et la puissance d'expression de ces comédiens fait ici merveille. Ma seule petite réserve se situera dans la scène de fin, à mes yeux un peu trop kitsch, ce qui ne saurait remettre en question tout le plaisir pris tout au long de la pièce menée de main de maître par Myriam Azencot.

 

Simone Alexandre

 

 

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10:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/09/2015

AU DEHORS de Alain Ubaldi

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Théâtre de Belle Ville

 

94, Rue du Fbg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

loc. 01 48 06 72 34

 

Pl.10€ à 25€

 

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

 

 

 

A 21h15 le lundi

 

A 19h30 le mardi

 

 

jusqu'au : 6 OCTOBRE 2015

 

 

Texte et mise en scène : Alain UBALDI

 

avec Stéphane CHOUKROUN

 

 

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Ce spectacle en déroutera plus d'un et captivera les autres eu égard au thème évoqué : licenciement abusif, tristement d'actualité. Mais en voulant frapper les esprits Alain Ubaldi a choisi un prétexte excessif.

 

- " 10 minutes de retard. Licencié. Et la vie d'un homme se disloque " (fin de citation)

 

Quelque soit le poids qui pèse désormais sur le monde du travail lequel se précarise de jour en jour, il est difficile de concevoir qu'un licenciement puisse avoir lieu pour 10 malheureuses minutes de retard après 10 ans de " bons et loyaux services."

 

Faut-il en conclure qu'il n'existe plus aucun syndicat en France et que les prud'hommes ont depuis longtemps jeté l'éponge ? … En prenant le propos au pied de la lettre, on pourrait le croire. 

 

L'auteur a isolé un fait lui servant de prétexte à analyser une situation donnée.

 

En réalité, c'est l'excès de confiance qui crée le risque.

Cet homme jeune, au départ sûr de lui, se fiant à ses compétences a comme beaucoup contracté un crédit afin de s'offrir un appartement de 50m2, dette qui s'étalera évidemment sur quelques décennies et dans l'intervalle le personnage plane quelque peu en vivant ses rêves à tendance cinématographique.

 

Une fois pris au piège, il dénoncera " les dangers du bonheur " mais peut-on vivre sur ses gardes en permanence ?

Un collègue patiemment attendait son heure … Certains êtres sont capables d'afficher un profil bas durant des années pour mieux prendre une revanche dès la première défaillance.

 

 

C'est à ce moment précis qu'il faut s'affirmer, prouver qu'en dépit des coups du sort, on reste intact : toujours sur la brèche ! 

 

L'époque est cruelle, du jour au lendemain le travail faisant défaut, une vie peut basculer. Or si certains se construisent, s'endurcissent au fil des épreuves, d'autres baissent les bras pour ne plus jamais s'en sortir. C'est à cette lente dérive à laquelle nous allons assister.

 

La scénographie intrigue - Nous avons l'impression d'être face à un immeuble, la nuit avec ses fenêtres allumées, symbole de sécurité et par un curieux transfert nous devenons cet exclu qui regarde tout en se voyant lui-même encore à l'intérieur pour un temps alors qu'une trappe vient de s'ouvrir sous ses pieds.

 

Que faire en pareille circonstance sinon ressasser encore et toujours ? La folie le guette car enfin, pourquoi lui ? … 

 

En début de spectacle nous sommes confrontés à une voix off révélatrice de confusion. Le personnage s'est lui-même enregistré comme s'il voulait s'accrocher aux mots qui ne sont que la manifestation d'une cruelle et injuste sentence. 

 

Le couperet est tombé et il est là, avec toute cette énergie inemployée, désormais inemployable puisqu'il est convaincu qu'il n'y a rien à faire, que la fatalité a décidé de tout, une fois pour toutes. Pour se relever il faudrait que monte en lui une saine et belle révolte mais en est-il capable ? … Notre époque le peut-elle encore ? Il faut le souhaiter car il y a bien longtemps que nous ne fabriquons plus de héros.

 

Le contexte n'est pas spécialement réjouissant mais l'interprète est bien plus qu'intéressant et à lui seul, justifie amplement le détour.

 

Simone Alexandre

 

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09:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/09/2015

Les Ambitieux de Jean-Pierre About

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THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

loc. 01 45 43 25 48

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

 

- de 26 ans : 11 €

 

Mardi, vendredi & samedi à 20h30

 

Mercredi, jeudi à 19h

 

Matinée le samedi à 16h

 

jusqu'au : 31 OCTOBRE 2015

 

Mise en scène : Thomas Le Douarec

 

avec : Thomas le Douarec, Nathalie Blanc, Marie Le Cam, Gautier About et Julien Cafaro

 

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 ( photos : LOT )

 

 

Des pièces sur l'entreprise, il en existe déjà un certain nombre ...

 

Or, quand on a vécu dans cette sphère ( après en être sorti ) on se débarrasse du traumatisme en l'évoquant ou bien on rejette en bloc et on s'efforce alors de n'y plus penser.

 

La troisième et meilleure solution ( choisie par Jean-Pierre About ) réside dans le rire sachant que ce milieu là est de plus en plus cynique, à mesure que l'appât du gain se fait plus grand.

 

Et oui ! … " Toujours plus " reste le maître mot.

Plus de fric, plus de sexe. ( le premier alimentant le second.) Car les conquêtes amoureuses font partie du standing, du moins nos cadres sans scrupules en sont-ils convaincus !

 

A quoi bon avoir épousé une femme plus âgée mais " nantie " si ce n'est pour s'offrir quelques petits " à côtés " disons  … compensatoires ?

 

Daniel ( Thomas Le Douarec ) en sa qualité de PDG est de ceux-là. Sa liaison avec la douce et naïve Anne ( Marie Le Cam ) a vécu et il rêve de la remplacer par Béatrice ( Nathalie Blanc ) femme torride qui sait comment amorcer le gros poisson.

 

Seulement il y a Philippe, ( Gautier About ) personnage complexe qui semble avoir quelques secrets et un objectif précis. Nous ne tarderons pas à le découvrir ...

N'oublions pas le syndicaliste : Antoine ( Julien Cafaro ) éternelle courroie de transmission en laquelle peu de gens font confiance à juste raison.

 

Bref, ça grenouille bien dans le bocal et en réalité, chacun est un requin pour l'autre. Les sentiments ne sont pas de mise, il faut jouir de la vie le plus possible et rapidement : au diable les scrupules !

 

Quelle belle occasion fournie à nos comédiens de se déchaîner avec un plaisir communicatif. Certes, les situations ne sont pas inédites. En dépit des prétendues protections sociales, le droit de cuissage, ( crise aidant ) a encore de belles heures et même de belles années devant lui.

 

Evidemment, il ne s'installe pas sans une certaine connivence et les gens réellement désintéressés ne sont pas nombreux à l'époque actuelle. Par conséquent, mieux vaut en rire !

 

 

Ce que vous ne manquerez pas de faire en vous rendant au théâtre 14. D'autant que la mise en scène signée Thomas Le Douarec est particulièrement enlevée ; nous n'en attendions pas moins de lui.

 

Simone Alexandre

 

 

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent