Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/05/2017

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

aff-D.Glattner.jpg

 

 

 

LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

7006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 15h

 

jusqu'au : 28 MAI 2017

 

 

Mise en scène : Judith WILLE

 

 

avec : Caroline ROCHEFORT et Stéphane DUCLOT

 

 

vent-du-nord.jpg

 

 

Internet " la meilleure et la pire des choses " tant il est vrai que depuis Esope, peu de choses - précisément - ont changé, si l'on se réfère à la mentalité humaine.

J'avoue m'être souvent interrogée au sujet de ces femmes mariées qui parviennent à alimenter régulièrement un blog ou passer leur temps à envoyer puis recevoir des mails sans que le conjoint n'y trouve à redire …

Là, nous allons plonger en plein coeur du sujet !

Emmi ( car décidément, Emma fait par trop bovarien donc à éviter ) est une jeune personne - mariée, faut-il le préciser ? - mère de deux enfants, qui un jour, grâce ou à cause de sa dyslexie va inopinément atterrir sur la messagerie de Léo, lequel ne réagira pas tout de suite ce qui mettra la dame en rage car elle n'est pas exactement un parangon de patience.

Il se trouve que l'homme en question est un conseiller en communication, section : psychologie du langage, qu'accessoirement et comme presque toujours, Cupidon vise juste et que ledit Léo est quelque peu frustré sur le plan sentimental, sa Marlène s'étant fait la belle.

Emmi ne supporte pas qu'on lui résiste et va pratiquer un acharnement textuel, inondant son interlocuteur de messages sans cesse plus pressants. Ce n'est pas autrement que l'on s'attaquait aux places fortes jadis.

De mail en mail, d'interrogations suivies ou non d'effet ( chacun avançant plus ou moins masqué ) une correspondance obsessionnelle va s'installer entre ces deux là.

 

 

cote-a-cote.jpg

( photos : Christophe DAUPHIN )

 



Fidèle à mes principes, je vais vous laisser découvrir la suite mais pour utiliser une expression familière, sachez que " ce n'est pas triste ! "

La personnalité des deux comédiens se situe aux antipodes.

Caroline Rochefort est l'extravertie par excellence tandis que Stéphane Duclot se présente comme son absolu contraire. J'ajouterai à cela que notre Emmi a un accent à découper au couteau ce qui ajoute de la drôlerie à son personnage.

Cette adaptation du roman éponyme de Daniel Glattauer déclenche maints gloussements jubilatoires parmi le public.

Il paraît qu'il y a une suite à cette histoire car nous bénéficions ici d'une fin ouverte mais c'est très bien ainsi puisque nous permettant d'imaginer ce qui nous conviendra le mieux une fois sortis du théâtre.

N'hésitez surtout pas à aller voir cette pièce branchée avec humour sur nos moeurs actuelles ce, pour notre plus grand plaisir.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

14:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/04/2017

Le silence du miroir d'après Théâtre décomposé ou L'homme poubelle de Mateï Visniec

aff.Silence-1.jpg

 

 

 

MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, Rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h

 

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 7 MAI 2017

 

 

Adaptation, interprétation et mise en scène : Bruno ABADIE

 

Création sonore : Bruno COFFINEAU 

Lumières : Antoine DERMAUT

 

 

B.Ababie.jpg

( photos : Philippe HANULA )

 

 

 

Voici un spectacle insolite dans lequel se faufile le miroir symbolique, cher à Cocteau.

Or, nous sommes ici plus proche de Beckett, d'Orwell ou de Kafka sans parler d'Antonin Artaud !

Ces comparaisons ne sauraient faire injure à Mattei Visniec qui est et demeure un auteur singulier.

Solitude de l'exilé mais certains peuvent l'être en leur propre pays …

Peur panique, obsédante de l'Autre, celui qui interfère en permanence dans ce " quant à soi ", cercle invisible que certains tracent - consciemment ou non - tout autour d'eux.
Espace imaginaire, magique ou maléfique dans lequel nous pouvons être protégés ou piégés au gré du sort qui nous est imparti.

Cet homme raconte, se raconte, s'adressant à un invisible ami qui n'existe peut-être pas, qui n'est en fait que le reflet de lui-même, qui sait ?


Ce texte a valeur d'ultime appel au secours quand ayant conscience que tout est perdu,  on perçoit qu'il y a constamment, Soi et les autres, ceux qui se situent juste à l'extérieur du cercle et qui - sans scrupules - jettent leurs détritus par dessus le mur d'enceinte.

Etre né, avoir vécu à l'époque des Ceausescu - ce couple maudit - ne peut que dessiller à jamais le regard que l'on porte sur le monde, quelque soient les illusions et l'espoir que l'on tient à conserver.

Ainsi, ce personnage sorti tout droit d'une oeuvre foisonnante, sculpté en quelque sorte au fil des pages, avance dans un noir quasi absolu ; seuls les mouvements saccadés, désordonnés parfois, de sa démarche nous permettent de le découvrir, de le deviner ...

 

 

Silence-Miroir.jpg



Il avance dans les ténèbres de son existence, tout de noir vêtu, cheveux et barbe hirsutes, faisant part à ce mystérieux Bartoloméo de ses délires fous.
L'homme possède un petit lopin de terre qui lui permettait de vivre simplement ( il est végétarien ) or chaque nuit des lapins viennent dévorer ses plantations.  

Il les capturera un à un mais comme il ne veut pas les tuer, il faut bien entendu les nourrir et pour cela, qu'a t-il sinon les choux qu'il a plantés ? … L'absurdité grotesque de la situation se met en place.

Dehors, c'est pire : des ordures sont déversées sur ses chaussures, quand les chiens ne lèvent pas la patte sur elles ! On lui fourre des écorces d'oranges dans la bouche, ses poches se transforment en corbeilles à papiers et sa sacoche est pleine de débris de verres ou de lames de rasoir. Un vrai cauchemar !

Alors il court, encore et encore et quand de retour chez lui son miroir non content de lui renvoyer une image dérangeante se met brusquement à produire des bruits pour le moins insolites ... il ne lui reste plus que la présence d'un cafard pour le rassurer tout en l'inquiétant.

L'histoire de cet homme dérange et fascine à la fois et le comédien s'implique totalement en ce rôle d'une portée quasi métaphysique. Sartre prétendait que " l'Enfer, c'est les autres " mais n'est-ce pas tout simplement soi-même quand à force de solitude, l'esprit a basculé ? …

Voici un bien étrange et intéressant monologue. Ajoutez à cela la performance de l'acteur et vous serez alors persuadés que vous n'êtes pas venus pour rien.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

15:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/04/2017

Le dernier chant d'après Anton Tchekhov

Svetlovidov-J.Cardoso_modifié-2.jpg

 

 

 

 

 

THEATRE DE L'EPEE DE BOIS

 

CARTOUCHERIE DE VINCENNES

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

 

 

© Jean Cardoso

 

 

 

(M° Château de Vincennes puis 112)

 

Loc. 01 48 08 39 74

 

Pl. 20€ / 15€ / 12€ / 10€

 

voir modalités sur

http://www.epeedebois.com/

 

du mardi au samedi à 20h30

 

Matinées samedi & dimanche à 16h

 

 

D'après : Le baron, Elle et lui, Le chant du cygne,

Correspondance avec Olga

 

Traduction : Yves Bastide

Adaptation : Emmanuel Ray

 

Mise en scène : Mélanie Pichot

& la collaboration artistique d'Emmanuel Ray

 

avec : Emamnuel Ray, Mélanie Pichot, Fabien Moiny

 

 

Dernier-Chant-3.jpg

( photo : Alice Contanceau )

 

 

Ce décor blanc, situé au milieu de l'espace scénique fait penser à un livre ouvert duquel sortent les personnages.

Le climat de départ sera lyrique ( vocalises en off et en intro ) et couple venu recueillir les applaudissements ; la cantatrice en longue robe rouge, lui en habit comme il était de rigueur en ce lieu de luxe et de fête. Cette scène se déroulait en une autre vie ...

La page du livre scénique se tourne et nous découvrons un étrange personnage - seul - habillé d'une drôle de façon, qui se définit lui-même comme " un petit vieux d'une quarantaine d'années " (sic) Certains événements accélèrent le cours du temps, font brûler les étapes, pulvérisent l'horloge biologique.

Faute de mieux, l'homme est devenu souffleur …

 

 

Tchekhov-J.Cardoso.jpg

( photo : Jean Cardoso )



Du temps de Tchekhov, il y en avait encore et sans doute ne concevait-on pas le théâtre sans cet emploi indispensable ?

Sort cruel quand on a rêvé d'être Hamlet, que bien entendu on trouve celui qui est sur scène épouvantable et que l'on est persuadé qu'on aurait fait mieux que lui. Un peu d'alcool et même beaucoup, pour supporter la situation et c'est la catastrophe.

La critique loge désormais dans le trou du souffleur et se révèle impitoyable !

Les personnages de cette pièce ( bien trop courte à notre gré ) vont alors se succéder, illustrant le métier de comédien ou celui encore plus cruel de comédienne ( surtout à l'époque ) mais toujours, existe ce décalage entre le rêve immense de gloire et le résultat si satisfaisant soit-il et il ne l'est pas toujours.

 

 

Dernier-Chant-2.jpg

( photo : Alice Contanceau )



En fin de carrière, tout acteur a conservé la nostalgie de rôles pour lesquels il se croyait fait mais on n'a pas pensé à lui tout simplement et quand par chance il en a joué un, le souvenir du succès souvent exagéré, l'accompagne inlassablement.

Pour une comédienne c'est exactement la même chose, ne parlons pas de coquetterie en plus car tout tempérament d'artiste est féminin.


Précisément, une comédienne revient sur les lieux d'un théâtre aujourd'hui disparu prétexte à citer Tourgueniev : " J'ai fait des rêves de gloire " … Les pieds sur le plateau et le public en bas suspendu au moindre souffle, qui n'en a fait ?

Tchekhov connaissait très bien les artistes et personne ne pouvait les dépeindre mieux que lui.

Que vous ayez ou non connu ces rêves sublimes, vous ne pourrez qu'être transportés par le jeu de ces trois interprètes qui auront partagé en cette petite heure leurs émotions avec vous.

Quelque soit votre parcours c'est là une expérience intéressante qui vous attend.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

15:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent