Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2017

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams

aff.soudainletedernier.jpg

 

 

 

ODEON - THEATRE DE L'EUROPE

 

Place de l'Odéon

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Odéon)

 

Loc. 01 44 85 40 40

 

Places de 6 à 38€

 

http://www.theatre-odeon.eu/

 

Du mardi au samedi à 20h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

jusqu'au : 14 AVRIL 2017

 

 

Mise en scène : Stéphane BRAUNSCHWEIG

 

 

avec : Jean-Baptiste ANOUMON, Océane CAIRAFY,

Virginie COLEMYN, Boutaïna El FEKKAK, Glenn MARAUSSE, Luce MOUCHEL, Marie REMOND

 

 

Jusqu’au 14 avril prochain, l’Odéon –Théâtre de l’Europe donne « Soudain l’été dernier » de Tennessee Wililams dans une mise en scène et une scénographie de Stéphane Braunschweig.

 


On peut se poser la question  de savoir s’il fallait ou non redonner ce texte. Disons-le d’emblée, même si la pièce est courte, le temps paraît être bien long parfois…

On peut penser que les mœurs ayant quelque peu changé, le texte joué pour la première fois en 1958 souffre d’un net décalage avec nos vies présentes, et notre perception du bien et du mal, du dicible et de l’indicible.

Le fond de la pièce n’en reste pas moins intéressant qui est le dessin d’un personnage que nous ne verrons jamais, suivant plusieurs éclairages différents. Sa mère est pleins feux sur son fils, l’écrasant de lumière et gommant ainsi toute marque suspecte, tout défaut possible. Sa cousine le voit de biais, ce qui porte sur le personnage un faisceau plus diffus, laissant des parts d’ombre se deviner, des failles et des fissures entailler l’image sainte qui nous est donnée d’entrée de jeu.

Cette pauvre famille riche se déchire sur l’héritage matériel, ce qui est accessoire, mais surtout moral de ce Sébastien au prénom de martyr mille fois transpercé, icône gay au passage, mort non pas de ses blessures mais d’une série de coups de verges…,  et ce seul  prénom résonne pour qui veut l’entendre comme une indication fournie dès le début, et dont la fin ne peut qu’être misérable.

Williams, comme dans la Chatte sur un toit brûlant ou Un tramway nommé Désir brosse ci un portrait de femme, jeune, en décalage avec le reste de la société dans ou avec laquelle elle vit. C’est d’une certaine manière autour d’elle, qui détient et tente de faire connaître une forme de vérité que tourne l’ensemble de la pièce. Femme sacrifiée bien sûr, délaissée par son mari dans la Chatte, violée dans Un Tramway, utilisée dans Soudain l’été dernier, elle tente de survivre et se débat contre son entourage et les institutions, dans lesquelles le corps médical est lourdement mis en accusation.

Et par trois fois le thème de la dévoration est évoqué : dès le début dans le jardin assez fou que Sébastien Venable a créé, et dans lequel se passe toute l’action, avec un rendu assez saisissant de l’Atelier de construction de l’Odéon ; il est dit que Sébastien cultive des plantes carnivores datant des origines du monde, ce qui d’une certaine manière peut renvoyer à la terre nourricière, et à la mère.

Plus tard, Mrs Venable, impeccablement jouée par Luce Mouchel, superbe de dédain et de hauteur distante, cachant son deuil dans une colère permanente, parlera longuement de la fuite des bébés tortues vers la mer, pourchassés et dévorés d’atroce façon par les oiseaux carnassiers qui en laissent vivre un sur des milliers. Enfin la disparition de Sébastien Venable, crédible mais incroyable, sous les coups portés et l’appétit démultiplié des enfants et des jeunes gens dont nous saurons qu’il a abusé.

Ce thème repris notamment des Furies romaines, n’est pas sans évoquer Cronos dévorant ses propres enfants, et il n’est pour s’en donner l’image que de repenser au terrifiant tableau de Goya, comme l’amour dévorant de la mère pour son fils unique.

Bien, cela dit, ce spectacle pour intéressant qu’il soit n’en demeure pas moins une déception car la distribution nous a paru faiblarde, les comédiens, à l’exception de Luce Mouchel, à côté de leur rôle comme s’ils avaient peur de leur texte et la dernière scène, fort longue en vérité, durant laquelle les bras en croix Catherine jouée par Marie Rémond finit d’exposer la situation, en criant de façon monocorde d’une voix aiguë et larmoyante est particulièrement pénible non par ce qu’elle révèle mais par ce qu’elle nous fait subir.

C’est un peu gâcher la fin.
Mais y a-t-il une fin ? Ce que Mrs Venable ne voulait pas entendre, ou plutôt ré entendre, car elle connaissait la version de Catherine, lui est asséné et cela devrait la détruire, ce n’est pas certain. Et Catherine repart dans son monde médico-psychiatrique, sans véritable espoir .
Cette pièce est désespérante et ne laisse que peu de place à l’optimisme. C’est pour cela que, à sa façon, elle est dans l’air du temps.




Frédéric Arnoux ©

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/04/2017

Anton Tchekhov et les Trois Soeurs

aff.3soeurs.jpg

 

 

THEATRE de l'ILE SAINT-LOUIS-PAUL REY

 

39, quai d'Anjou

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Pont-Marie)

 

Loc. 01 46 33 48 65

 

http://www.theatre-ilesaintlouis.com/

 

Pl. 15€ - T.R. 10€

 

Du 21 MARS au 9 AVRIL 2017

 

du mardi au samedi à 21h

 

Matinée le dimanche à 17h30

 

 

Mise en scène : Claudine GABAY

 

 

avec,

OLGA (Maud SAUVAGEOT) - MACHA (Martine GRINBERG) - IRINA (Mathilde GENDREAU) - NATACHA (Claire COTTRELL) - ANDRE (Cyril LE BOITEUX) - KOULYGUINE (Jacques LAGARDE) - VERCHININE (Jean-Claude KRAEMER) - TOUSENBACH ( Stéphane MOREAU) - SOLIONI (Denis OLLIVON) - TCHEBOUTYKINE ( Jean-Claude AUMONT) - FERAPONTE (Gérard MAAREK) - ANFISSA (Gilberte de PONCHEVILLE) et ANTON TCHEKHOV (Michel MILKOVITCH)

 

Tchekhov-3soeurs.jpg

 

 

Jouer Les Trois Soeurs de Tchekhov, pièce qui comme chacun sait ne se limite pas à ces trois personnages et placer la distribution sur le plateau du Théâtre de l'Ile St-Louis constituait une indéniable gageure.

Pour ce faire, Claudine Gabay a eu l'idée originale de situer tout ce monde autour d'une table avec l'auteur en prime comme s'il s'agissait d'une italienne améliorée car ici les comédiens ne se contentent pas de lire le texte mais le jouent bel et bien. N'allez surtout pas croire qu'ils resteront statiques car le peu de place disponible sera judicieusement utilisé.

Nous sommes donc dans la maison de Prozorov où la table est dressée. Le père est mort il y a juste un an et ce 5 mai correspond également à la fête de la plus jeune des trois soeurs.  Quand le père fut nommé général de brigade, ils ont tous quitté Moscou pour s'installer en ce lieu et grâce au temps printanier, les souvenirs reviennent et avec eux la nostalgie de la grande ville natale.

Olga et Irina n'ont qu'une envie : vendre la maison et retourner à Moscou. Macha quant à elle doit rester avec son mari mais pourrait bien sûr leur rendre visite lors des vacances de ce dernier ...

Un obstacle imprévisible ( ? ) va compromettre ce projet car André Prozorov ( époux de Natacha ) est joueur, perd régulièrement, a 35 000 roubles de dettes et contracté une hypothèque ...

Macha quant à elle, sera très troublée par l'arrivée d'Alexandre Verchinine surnommé jadis " le commandant amoureux " lequel est marié, père de famille mais indéniablement attiré par elle. L'époux de Macha ( Koulyguine ) fera preuve alors d'une surprenante compréhension …

A la suite du Carnaval, un incendie va survenir, échauffer un peu plus les esprits et alors qu'Irina s'est résolue à épouser le baron Tousenbach, ce dernier se battra en duel avec l'insupportable Solioni ce qui compromettra d'autant plus les projets.

Comme toujours chez Tchekhov règne une atmosphère de nostalgie désabusée, l'espoir étant reporté aux générations à venir … La pièce n'étant programmée que jusqu'au 9 Avril, faites vite si l'envie vous prend de l'aller voir !




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

10:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/04/2017

Les Misérables de Victor Hugo

Aff.Miserables.jpg

 

 

 

THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

( M° N.D. des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 20h

 

Matinée le dimanche à 18h

 

Adaptation et mise en scène : MARION MONTEL

 

assistée de STEPHANIE WURTZ

 

avec : DOV COHEN, STEPHANE DAUCH, CLAIRE FAUROT, JEAN-CHRISTOPHE FRECHE, CECILE GENOVESE,

MANON MONTEL, LEO PAGET, FRANCOIS PERACHE, ANTOINE GUIRAUD et ANATOLE DE BODINAT

 

 

Discus-politique.jpg

 

A l'origine, un roman - volumineux - que sans doute, tout le monde n'a pas eu le courage de lire mais qui a fait l'objet de nombreuses adaptations tant au cinéma qu'au théâtre.

Comme Hugo ne lésinait pas sur le nombre de personnages et qu'il ne s'agit nullement ici d'une superproduction, Manon Monteil a donc effectué des coupes sombres pour ne conserver que les personnages principaux, voire essentiels.
 
Il fallait ensuite trouver une approche et elle a eu l'idée d'utiliser le personnage de la femme Thénardier

( Claire Faurot ) pour introduire l'action.

En effet, sans le couple infernal le drame que nous connaissons dans son intégralité ne serait sans doute pas advenu, aurait du moins été atténué. Or il fallait que la densité même écourtée conservât son impact.

C'est ainsi que 7 interprètes devront camper 13 personnages - pas un de plus ou de moins - au grand mépris de la superstition, laquelle porte malheur comme chacun sait.

La monumentale oeuvre initiale repose donc au départ sur les épaules de cette fâcheuse Thénardier, conteuse de circonstance et accordéoniste d'occasion - cette expression ne mettant nullement en cause la qualité de son jeu musical - tandis que dans sa voix passe l'accent crapulard des bas-fonds du Paris de l'époque.

Ce roman fleuve nous est donc ici servi en tranches vives et colorées. Signalons que les lumières mises au point par Allan Hové sont particulièrement réussies.

Certes, les hugoliens ( il doit bien en rester quelques uns ) se plaindront peut-être de ce traitement à la Reader's Digest mais en revanche, les paresseux-à-lire y trouveront leur compte et même certains scolaires auront peut-être envie d'en savoir un peu plus ? ...

Stéphane Dauch est un Jean Valjean fougueux et apparemment ses années de bagne n'ont en rien émoussé son énergie une fois devenu Monsieur Madeleine …

Le chien hargneux qui le suit en la personne de l'inspecteur Javert est interprété par Jean-Christophe Frèche à qui il manque peut-être un peu de vicieuse perfidie ?

Quant à Xavier Girard, son physique le met à l'abri de toute antipathie alors que le personnage de l'époux Thénardier avait coutume de déclencher l'aversion la plus physique qui soit.

Du fait de l'alternance, j'ignore si François Pérache correspond plus à ce triste sire que lui. L'un et l'autre interprètent également Courfeyrac …

 

 

Les-Miserables.jpg



Alors certes, le personnage de Fantine joué par Manon Montel précisément, n'échappe pas au mélo très en vogue à l'époque.

( l'action, pas le jeu ) Victor Hugo et Karl Marx étant contemporains, si les temps actuels ne sont pas joyeux, le 19ème siècle était bien pire ! Un moment très réussi du spectacle est du reste celui qui nous donne un aperçu du travail à la chaîne ... ( autre forme de bagne )

Le sautillant Gavroche également interprété par cette comédienne-adaptatrice-metteur en scène ne m'a pas complètement convaincue, peut-être parce que les travestis au théâtre sont un peu passés de mode mais également du fait que le personnage du jeune garçon est devenu par trop présent en notre esprit. Ferait-on jouer le Petit Gibus à une fille ? Pardon Hugo pour la comparaison ! 

Léo Paget offre sa fragilité au personnage de Marius tandis que Cécile Génovèse est une Cosette un peu plus charmeuse et semble t-il, un peu moins ingénue que d'habitude. Elle sera accessoirement le subversif Enjolras ...

 

 

les-amoureux.jpg

( photos : Bruno DELORD )



J'ai cru déceler un malicieux clin d'oeil à Corneille en cours de représentation mais peut-être n'est-ce qu'un dérapage incontrôlé ou un effet de mon imagination ?

Dov Cohen est tour à tour Monseigneur Bienvenu ( Myriel ) et Guillenormand, grand-père de Marius et royaliste convaincu.

Ce double rôle équivaut pour lui à une belle performance.

J'espère n'avoir oublié personne. Chorégraphie et musique originale sont de Claire Faurot. Le traitement est curieux car inhabituel et même si cela ne correspond pas exactement à l'idée que l'on est en droit de se faire concernant cette oeuvre, ce qui nous est donné de voir mérite le détour.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

11:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent