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13/10/2016

16 JUIN 1940 de Bruno JARROSSON

Paul-Reynaud.jpg

 

 

LA MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jusqu'au 26 OCTOBRE 2016

 

Dimanche & Lundi à 20h

 

Mardi & Mercredi à 21h

 

 

Mise en scène : Yves CARLEVARIS

 

avec : Jean-Claude ROBBE, Alain POCHET, Didier VINSON et Yves CARLEVARIS

 

Mandel-Lebrun.jpg

 

 

Quand la pièce commence, nous découvrons le président Albert Lebrun dans son bureau à l'Elysée. Il fait une chaleur épouvantable mais par mesure de sécurité, les fenêtres doivent rester fermées. En décalage complet avec les événements, il semble que l'homme n'ait pas de préoccupation plus grande que celle de prendre un bain et ce, jusqu'à l'obsession.  En attendant il consulte la T.S.F ( comme on disait à l'époque ) et semble apparemment branché sur les ondes courtes …

Dérision, le poste diffuse : " tout va très bien, madame la Marquise " -

Arrivée de Georges Mandel, ministre de l'intérieur qui essaie de contrer l'esprit défaitiste de toutes ses forces en préconisant la poursuite de la guerre. De son vrai nom : Louis Georges Rothschild a toutes les raisons de redouter l'expansion du régime nazi et va en quelque sorte jouer les pythonisses car il ne sait que trop à quoi il peut s'attendre ...

Le Président du Conseil - poste équivalent à celui de Premier Ministre ou chef du Gouvernement - était Paul Reynaud lequel prône un rapprochement avec l'Angleterre et serait même prêt à accepter cette fusion toute théorique proposée par Churchill, transmise par De Gaulle et dont l'idée surréaliste a germé dans l'esprit de Jean Monnet en sa qualité de coordinateur de l'union franco-britannique, laquelle consisterait à former un seul Parlement, une seule armée, afin de contrer l'Allemagne.

Cette proposition ne sera pas prise au sérieux par le Conseil des Ministres français. Paul Reynaud devra alors démissionner et abandonner la place au Maréchal Pétain avec les conséquences que l'on sait.

 

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Or il n'est que trop évident que pour l'heure, l'Amérique avec Roosevelt à sa tête se contente de fournir de l'armement en se gardant bien d'une intervention directe.

La nouvelle vient de tomber : la ligne Maginot s'est révélée inefficace et Verdun ( gloire de la précédente guerre ) est pris par les allemands.

 Philippe Pétain n'entrevoit plus que l'armistice et dissertera sur la différence subtile existant entre ce terme et celui de capitulation.
 
Au lieu des propositions que l'on pourrait attendre d'un militaire il se contente de tourner en dérision,

- Paul Raynaud qui " cherche à capturer le brouillard avec une clé à molette, "
 
-  " De Gaulle, et sa tête de roi mal aimé dont la mère a caché la couronne " ...

Au milieu de tout cela, Albert Lebrun joue les girouettes et le vent change souvent de direction.

Clémenceau disait que " la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires " mais les politiques en la circonstance ne valaient pas mieux.

L'auteur analyse ces erreurs dues à l'attentisme face à l'envahisseur et comme le sujet est grave il a choisi de le traiter légèrement. Il s'ensuivra un chapelet de " bons mots " mis dans la bouche des uns et des autres et même si l'on est convaincus que l'esprit fleurissait plus aisément à cette époque, qu'à la nôtre, nous finissons par ne plus entendre que celui qui a écrit la pièce en lieu et place de ceux qui sont ici représentés.

Yves Carlevaris dans le rôle ( ô combien ingrat ) de Philippe Pétain est remarquable !

Alain Pochet à qui incombe le non moins triste privilège d'incarner le Président Albert Lebrun s'en donne à coeur joie du début jusqu'à la fin. J'ignore si l'original était aussi fantoche que celui-là mais il suffirait à expliquer tous les malheurs qui ont suivi.

Jean-Claude Robbe est Georges Mandel qui subira les conséquences de tout ce qu'il a prédit car Philippe Pétain le fera arrêter, incarcérer et au final il sera assassiné de 16 balles dans le dos.

Didier Vinson ( nettement plus beau que l'original ) est Paul Reynaud, illustrant l'homme politique dans toute l'acception du terme.

Nous ne savons que trop hélas comment tout cela a fini ...

La pièce rebondit de bons mots en bons mots et les spectateurs semblent apprécier puisque je n'ai dénombré pas moins de 5 rappels enthousiastes à la fin.


Simone Alexandre

 

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11:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent