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18/06/2017

LE DINDON d'après Georges Feydeau

Dindon-h.jpg

 

 

 

LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.Dame des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Du mardi au samedi à 19h

 

Le dimanche à 15h

 

jusqu'au : 20 AOUT 2017

 

CREATION LUCERNAIRE : Collectif Silencio Please

(première promotion de l'Ecole d'Art Dramatique du Lucernaire)

 

 

Adaptation : PHILIPPE PERSON

 

Mise en scène : FLORENCE LE CORRE & PHILIPPE PERSON

 

Avec en alternance,

 

ZOE BENSIMON - MATHIEU BONNEFONT 

LUCAS BOTTINI - NICOLAS BOUILLIS - CLEMENCE BRIEND

EMMANUELLE CABIN SAINT MARCEL - CECILE CAUBET 

NANS GOURGOUSSE - GLORIA HERAULT 

RICHARD JONES-DAVIS - ERIC JULLIARD 

AURELIE MAILLOT - MANON MENIN - JULIE PACHECO 

PIERRE-LOUIS PAILLUSSEAU - ALICE PERSAIN 

CHLOE PHILIPPE - VALENTIN RAPILLY 

ONDINE SAVIGNAC - AURELIE TREILHOU 

ALEXANDRE ZELENKIN

 

THEATRE NOIR / Durée : 1h20

 

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( photos : DORIANE CHAPELIER )

 

 

Adapter Feydeau en situant les personnages du DINDON à l'époque actuelle relevait à priori de la gageure - voire du pari impossible - notre mode de vie actuelle n'ayant plus rien à voir avec les moeurs en cours à la fin du XIXème siècle.

Et pourtant …

Au diable les redingotes et les cols cassés, c'est désormais en tenue de jogging que l'on aborde les femmes et que l'on peut tenter de s'imposer en faisant la course avec elles.

Pontagnac suit donc Lucienne de façon haletante et la suivra même jusqu'à son domicile. Surprise ! il se trouve que le mari de la dame est un vieux copain. Effusions non prévisibles entre les deux hommes, sous l'oeil étonné de l'épouse en question.

Chez Feydeau tout va extraordinairement vite et les situations s'entrecroisent, les amours aussi. Cela tombe bien puisque notre époque se caractérise par la rapidité et ici il y a de quoi faire !

Pontagnac faux célibataire est un dragueur impénitent doublé d'un mari menteur. ( espèce qui n'est nullement en voie de disparition )


Vatelin ( époux de Lucienne ) semble être un homme sans histoire quand son métier ne lui fournit pas l'occasion de s'encanailler en Angleterre ...


Sinon sa naïveté est telle qu'il est capable d' acheter un tableau signé Poitevin quand on lui assure en catimini qu'il s'agit d'un Corot. Le fait n'est certes pas banal.


Lucienne est habituellement courtisée par Rédillon ( cet original éperdu qui conjugue short et noeud pap' ) laquelle confrontée à ses assiduités, a - de guerre lasse - juré de ne lui accorder ses faveurs que si elle avait la preuve formelle d'être trompée. Sachant cela, Rédillon le bien nommé, observe et espère, bien que perturbé par l'arrivée de ce Pontagnac là !

Patatras, voici l'épouse de ce dernier, très amazone et visiblement dominatrice alors que ce pauvre Pontagnac l'avait dépeinte rhumatisante et calée dans une petite voiture à Pau. La situation est pour le moins scabreuse -


Durant tout ce temps, Rédillon qui ne donnerait pas sa place pour un empire, goguenard, assiste aux péripéties ...

Mais STOP ! car je ne vais certes pas tout vous raconter. Sachez toutefois que la suite vaut le début et que les rebondissements se dérouleront à un train d'enfer.


Aussi vous laisserai-je découvrir les autres personnages tous plus savoureux les uns que les autres. Le résultat est enlevé, car les comédiens de l'école d'art dramatique du Lucernaire qui se produisent ici font preuve d'un bel enthousiasme.

Philippe Person pour l'adaptation, assisté de Florence Le Corre pour la mise en scène ont rajeuni la pièce en la dépoussiérant de tout ce côté petit bourgeois dans lequel les conventions théâtrales l'emprisonnaient jusqu'à maintenant.

C'est ironiquement gai et on passe en leur compagnie à tous un agréable moment. Les comédiens étant au nombre de douze, vous comprendrez que je ne puisse détailler chaque intervention ce qui du reste, est une façon comme une autre de rendre hommage à l'homogénéité du résultat.

Donc, allez-y car il faudrait que vous eussiez l'esprit bien chagrin pour ne pas apprécier !




Simone Alexandre

 

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16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/06/2017

Le Shaga de Marguerite DURAS

La saison théâtrale se termine et en prévision du festival d'Avignon, quelques pièces se donnent en avant-première sur les scènes parisiennes. Heureuse initiative allez-vous dire ? …

Oui et non car en cette époque où tout va trop vite, les spectacles se rodent non en répétitions comme ce fut le cas jadis ( il y a bien longtemps ) mais au fil des représentations.



Shaga-199.pngOn ne saurait toutefois faire ce reproche à Hervine de Boot, durassienne convaincue qui nous propose une pièce atypique de cet(te) auteur(e) " Le Shaga " dont le langage pour le moins décalé aurait tendance à nous faire dire que dame Marguerite n'était certes pas à jeun quand elle a écrit cela !



Trois personnes dans une cour d'asile, ( deux femmes et un homme ) tentent de communiquer. Chacun traîne derrière lui un vécu malheureux, des expériences ratées et un délire envahissant.



Les personnages seront désignés par une simple initiale.

A - (Catherine Giron) est une femme mûre un peu fêlée qui eut un jour l'idée de s'offrir un lion. Imaginez les complications qui suivirent …

H - l'homme bien sûr - est interprété par Antoine Sastre qui nous fait don ici d'une belle palette d'expressions.

Lui est hanté par une sorte d'oiseau bleu, qui semble lui avoir fait perdre ses repères. Depuis, il erre un bidon d'essence à la main qu'il ne risque pas de remplir puisque le récipient est troué.

B - alias Hervine de Boot danse et chante pieds nus ce langage étrange qui se nomme Le Shaga que très curieusement A comprend puisqu'elle le traduit à l'homme éperdu qui en frisonne dans son beau costume blanc. ( plus seyant que le jaune sans aucun doute )

 

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La mise en scène est enlevée, le texte curieux bien sûr et le spectacle devrait en intéresser plus d'un.

La pièce est programmée dans le OFF tous les jours à 11h15 ( mardi exclu ) du 7 au 30 juillet au Théâtre des Barriques 8, rue Ledru-Rollin à AVIGNON -
Réservations : 04 13 66 36 52

 

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( photos : Alexandre Normand )




Simone Alexandre

 

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11:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

A 90 DEGRES de Frédérique KEDDARI-DEVISME

 

Le Théâtre de Belleville situé 94 rue du faubourg du Temple nous présentait les 12 & 13 Juin en avant-première,

 

" A 90 DEGRES " de Frédérique KEDDARI-DEVISME dans une mise en scène de l'auteur.

 

CREATION 2017 - Durée : 1h10

 

" Il y a des êtres que j'envie pour qui vivre est une évidence. Les salops "

 

Frédérique Kaddari-Devisme

 

 

a 90 degres - © Frédéric Benoist-9.jpg




Elizabeth Mazev, seule en scène, sans un poil de maquillage, loge son personnage désorienté dans un informe pyjama bleu à rayures évoquant ainsi son état de prisonnière de l'addiction.

Au début, il faut presque tendre l'oreille pour capter ce qu'elle dit de ce ton monocorde d'où surgit brusquement un mot auquel elle a décidé de donner une valeur inattendue et qui se détache de ces phrases laissées en suspens.

Le décor est sobre, un lit, deux chaises et une petite table, jusqu'à ce que les plumes du traversin éventré se confondent avec les nombreuses petites bouteilles, sur le sol étalées.

Cette  femme rompue ( comme aurait dit Simone de Beauvoir) expliquera que " pour retrouver quelque couleur, elle s'est saoulé le coeur " - La formule est poétique mais la constatation de son état l'est moins.

Le personnage nous offre ici l'explication de sa déchéance ou du moins tente de l'expliquer. Car ce qu'elle nous raconte, son beau rêve d'amour raté, n'est pas l'histoire de Roméo et Juliette mais celle de Marthe et Christophe " mis en bouteille à la propriété " ajoute t'elle avec dérision.

Brusquement tout est devenu trop lourd pour cette femme aimante, à la vie tranquille. Le sourire de son compagnon a brusquement disparu, prémisses de la solitude qui allait lui tomber dessus comme une chape de plomb.


Dans " Vladimir ou le vol arrêté " Marina Vlady avait dépeint avec un réalisme effrayant l'enfer qui se met en place dans un couple quand l'un des deux est arrivé au point de traquer l'alcool à 90° jusque sur les étagères de la pharmacie ...

Après un incident un peu plus grave que les autres, une cure de désintoxication sera décrétée mais que peuvent quinze malheureux jours de sevrage quand tout l'organisme fut de la sorte imprégné, a gardé en mémoire ce qui a préexisté ?

Le monologue finira sur une note d'espoir confirmé par la pimpante tenue rouge de l'interprète, cette couleur étant comme chacun sait synonyme de bonheur et de chance ( en Chine ) et on sort de là en se disant que si notre héroïne parvient à remplacer l'alcool par le thé, elle sera sauvée.


Le spectacle est programmé dans le cadre du festival Off d'Avignon au Théâtre des Halles, rue du Roi René chaque jour à 11h. sauf les 10, 17 & 24 Juillet.

Bon festival ! 


Simone Alexandre

 

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10:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent