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20/08/2019

ENRACINES de Bertille Sallard et Julien Mullier

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THEATRE DU NORD-OUEST

 

13, rue du faubourg Montmartre

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Grands Boulevards )

 

 

LOC. 01 47 70 32 75

 

 

Prochaines représentations,

 

Vendredi 23/8/2019 : 20h 15 - Samedi 24 : 19h 

Dimanche 25: 16h30

 

Dimanche 15 Septembre : 14h30 - jeudi 19 : 18h30 - Dimanche 29 : 12h30

 

Jeudi 3 Octobre : 20h30

 

Mise en scène : Marc F. DURET

 

avec Sabine JEAN ( la mère ) 

Marguerite HAYTER ( la Petite Soeur ) 

Julien MULLIER ( Charlie )

et Bertille SALLARD ( Pénélope )

 

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Daudet faisait dire à Rose Mamaï,

 

- " être mère, c'est l'enfer !  "


Ici, nous assistons carrément au processus inverse.

 

Le père disparu, la mère a dû élever seule ses trois enfants

( deux filles et un garçon ) Il n'est pas rare en pareille circonstance qu'un transfert abusif se mette en place car dépassé par les événements, celui ou celle qui a en charge l'autorité a tendance à en faire trop et là, le comportement de la dame n'a pas tardé à friser la tyrannie.

 

La petite dernière qui semble la moins vulnérable nous narre avec facétie ce qui s'est produit. Elle interviendra ponctuellement pour commenter l'action. Sans l'humour et la bonne humeur qui la caractérisent on pourrait presque dire : " un ange passe " …

 

Car c'est une date anniversaire et sous nos yeux, tout se met en place.

 

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La mère quelque peu fébrile prépare le repas en attendant la visite des enfants avec impatience. Elle a revêtu son éternelle petite robe verte à fleurs qui sans doute à ses yeux évoque quelque événement précis ?

 

La forêt noire est le dessert qu'elle réussit le mieux, une bouteille de champagne attend sauf que dans la précipitation elle a juste oublié de la mettre au frigo !

 

Arrive enfin Pénélope mariée depuis 3 ans mais dont l'époux ( Maxime ) a jugé plus prudent de ne pas se joindre à cette réunion de famille …

 

Charlie suivra, un bouquet de fleurs des champs à la main, cueillies juste derrière l'église, histoire sans doute de gagner un peu de temps ? Il y a exactement 7 ans qu'il n'a remis les pieds à la maison. On le devine vulnérable, sans doute plus que ses deux soeurs.

 

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L'atmosphère se partage entre les fréquents éclats de rire de la plus jeune, qui ouvrent comme des parenthèses et les sautes d'humeur de la mère ainsi que celles de Pénélope lesquelles n'ont décidément pas réglé tous leurs comptes ...

 

" Famille, je vous hais ! " disait Gide.

 

Bref, l'atmosphère devient à tout moment explosive.

On apprend que jadis, la mère est allée jusqu'à écraser une cigarette sur le bras de son aînée pour lui apprendre à ne pas fumer … Ce genre d'incident ne s'oublie pas aisément.

 

Il y aura beaucoup d'éclats de voix et les spectateurs ne doutent pas une seconde du vécu qui a présidé à l'écriture de cette histoire. On imagine aisément les co-auteurs délibérant de ce qui doit être écrit ou simplement suggéré …

 

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( photos : Andriana BABYUK )

 

 

La pièce est courte, très courte même et finit de façon abrupte nous laissant aussi surpris que si nous venions de tomber du haut d'une falaise. Car les comédiens ont su nous faire oublier que nous étions au théâtre.



Gageons que parmi le public, beaucoup se livreront à des comparaisons directes ou non. Les autres se réjouiront de ne pas avoir vécu cela. Dans tous les cas, cette pièce est à voir : 7 représentations sont encore prévues au Nord-Ouest et il s'agit non seulement d'une création mais d'une première pièce. ( voir les dates indiquées )

 


Simone ALEXANDRE

 

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13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/06/2019

107 ans d'après Diastème, adaptation Adrienne Ollé et Simon Fraud

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Théâtre Artéphile

 

7, rue Bourgneuf

 

84000 AVIGNON

 

 

 

 

Tél. 04 90 03 01 90

 

 

 

Du 5 au 27 JUILLET 2019

 

à 18h25

 

( relâches les 7, 14 & 21/7 )

 

http://artephile.com/festival-off-2019/

 

Mise en scène : Adrienne Ollé

 

Interprétation : Simon Fraud

 

 

 

- " Aimer à perdre la raison " ...

 

 

Impossible de vous dire si Patrick Asté dit Diastème a ou non " les dents du bonheur " puisque je ne l'ai pas rencontré ; en revanche, son personnage, Simon doit avoir les incisives bien acérées et malheur au poisson qui lui tombe sous la dent !

 

16 ans : pour beaucoup, l'époque du premier amour, celui que l'on n'oublie jamais - quoi que l'on fasse - les suivants ne seront que tentative désespérée de reproduire ce qui fut. On se console comme on peut ! ...

Or, Simon précisément, ne peut pas oublier, il reste accroché à cette âme soeur qu'il a reconnue tout de suite. Il en est persuadé.

 

Au premier regard, il s'est dit " c'est elle et personne d'autre ". Pourtant l'amour n'est pas un long fleuve tranquille et Lucie après un incident dont il est seul responsable, cherchera à mettre de la distance entre eux ce que cet amant éperdu ne pourra supporter car il a compris qu'il lui est impossible de vivre sans elle ...

 

A chaque instant, à chaque seconde, c'est son visage qu'il voit, sa voix qu'il entend en dépit de l'absence et il n'espère qu'une chose, qu'elle aussi dans le même temps, pense à lui. Lente construction de l'esprit, état obsessionnel. Envie de tuer celui qui peut-être, déjà, l'a remplacé ?

 

L'estomac noué, il va chercher à noyer son chagrin dans l'alcool ce, jusqu'à s'en rendre malade. Cet amour contrarié devient alors un poison qui s'infiltre dans ses veines, qui embrume son esprit. Car ce n'est pas l'amour qui rend fou mais son absence et Simon va " péter un câble " comme on dit.

 

Comme il est allé trop loin, les conséquences s'imposeront à lui bien sûr avec l'interdiction, pire l'impossibilité d'approcher celle qui lui manque tant et les années vont passer mais son obsession quelque peu destructrice perdurera car l'homme ne peut abandonner l'espoir de revoir celle qu'il aime.

 

Simon Fraud cultive le ressenti, l'intériorité, parmi une collection d'abats-jour ô combien symboliques !

( scénographie : Suzanne Barbaud )

Il sait qu'il serait capable d'attendre Lucie durant 107 ans car il a construit cet amour comme une cathédrale et rien ne pourra l'en détacher.

 


Simone ALEXANDRE

 

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14:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/06/2019

L'incroyable rencontre Antoine Vitez - Jean-Paul II de Jean-Philippe Mestre

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 18h30

dimanche à 15h

 

THEATRE NOIR, durée : 1h05

 

 

Mise en scène : Pascal VITIELLO

 

 

avec : Michel BOMPOIL & Bernard LANNEAU

 

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Rencontre extraordinaire et unique entre le pape Jean-Paul II et le nouvel administrateur du Théâtre Français : Antoine Vitez, en ce 28 Juillet 1988 juste après la représentation du " Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc " de Charles Péguy, laquelle eut lieu dans les jardins de Castelgandolfo.

 

Pourtant, tout opposait les deux hommes.



L'un était le pape qui finira son pontificat en martyr, ne tenant plus debout que cramponné à sa croix ce, à un tel point qu'on ne savait plus qui portait l'autre, lequel sera canonisé en 2014 devenant ainsi, St-Jean-Paul II.

 

Son vis-à-vis, marxiste notoire, fils d'un anarchiste dont la pensée exigeante, en constante évolution avait choisi de monter cette pièce écrite par un croyant fervent, de même qu'il avait au préalable et à diverses reprises fait de même concernant Paul Claudel avec " Le Partage de Midi " et " Le Soulier de Satin "



Or, c'était un athée convaincu.

 

Nous allons donc assister à cette rencontre-discussion dont Jean Philippe Mestre fut témoin, dialogue brillant entre deux êtres dont les convictions s'opposaient mais qui nourrissaient cependant le plus profond respect, l'un pour l'autre.

 

Il serait réducteur de dire que c'est à un duel à fleurets mouchetés auquel nous allons assister car si les accusations - ô combien justifiées - du directeur de théâtre concernant la politique parfois contestable de l'Eglise ( se souvenir de l'Inquisition, de l'élimination des Cathares, des conversions imposées aux juifs ) en revanche, l'habileté dialectique du pape et parfois les évidences émises au sujet de la Science qui croit détenir la vérité pour adopter une thèse inverse quelques années plus tard sont d'une confondante réalité.

 

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( photos : LOT )

 

 

Or quelque soit le camp que nous avons choisi, force est de reconnaître que ces deux personnages hors normes se trouvent chacun " in the right place " et que quelque puisse être la durée de la discussion, s'il est évident que l'on ne convainc jamais personne en dépit du niveau auquel se situe la discussion, participants et assistants en tirent un subtil plaisir, le même qu'avaient sans doute nos chevaliers d'autrefois à briser pacifiquement quelques lances face à ceux qui assistaient au tournoi.

 

Michel Bompoil et Bernard Lanneau excellent à ce subtil exercice pour lequel s'affrontent chaque jour et presque par mégarde nos actuelles civilisations composées de croyants et incroyants mâtinés d'une proportion d'agnostiques mais seul, le nivellement ou le triomphe d'une pensée unique est à craindre.

 

Et puis ne dit-on pas qu'en fin de compte, " Dieu reconnaîtra les siens " ? ... Amen !

 


Simone ALEXANDRE

 

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Jean-Paul II " cramponné à sa croix " ...

15:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent