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10/05/2017

Play Strindberg de Friedrich Dürrenmatt

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 19h

 

jusqu'au : 13 MAI 2017

 

 

Adaptation : Patrick ANTOINE

 

Traduction : Hélène MAULER et René ZAHND

 

Mise en scène : Patrick ANTOINE

 

avec : Jean-Pierre GRANET (Edgar) - Axel PETERSEN (Alice) - Jean-Christophe RAUZY (Kurt)

 

 

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(photo : iFou, le Pôle Média)

 

 

D'évidence, l'espace scénique est judicieusement aménagé, le déroulement de la pièce le prouvera. C'est à un presque match de catch à trois auquel nous sommes conviés et chaque round sera annoncé avant que nous y assistions.

Friedrich Dürrenmatt - en cours d'action, aimait s'adresser au public, créant ainsi une relation directe avec lui. Remanier un texte préexistant était sans nul doute son péché mignon ( se souvenir de Romulus le Grand ) mais l'auteur ne saurait être accusé de plagiat puisque l'intention est ici clairement exposée.
 
Ceux qui connaissent La Danse de Mort de Strindberg reconnaitront son climat cruel fait de rancoeur accumulée, de déception et de hargne avec en plus le caractère ludique et désespéré qui personnalise l'oeuvre de Dürrenmatt.

Un couple s'apprête - presque distraitement - à fêter  ( ! ) ses Noces d'Argent ce, de façon pour le moins spartiate car précisément, l'argent fait défaut. Un fond de bouteille, du tabac interdit par la faculté, nulle provision de bouche, juste quelques cartes à jouer avec l'intime conviction que ce sont peut-être les dernières ? ...

Edgar est un militaire en fin d'existence. Malade, il essaie de se persuader qu'il vivra encore 20 ans mais collectionne les malaises réels ou feints. Son caractère intransigeant a littéralement fait le vide autour de lui. Personne n'a grâce à ses yeux, à commencer par le médecin. Pour lui l'espèce humaine est composée de crapules et d'imbéciles, le cumul des deux étant le plus fréquent.

Sur le plan caractériel, Alice n'a rien à lui envier. Ses phrases vipérines sont là pour le prouver. Surviendra Kurt qui refait son apparition après 15 ans de silence. Edgar ne le ménage pas bien sûr, l'accusant d'avoir abandonné femme et enfants.
L'homme s'était alors lancé en un long périple tandis que le couple lui, n'a quitté Copenhague que pour s'enterrer en ce trou perdu.
 
Le seul moment de relative humanité sera symbolisé par une pause effectuée entre Alice et Kurt, album de photos en mains. Nostalgie du passé … On comprend alors que des liens ont existé entre eux ce que confirmera Alice mais c'était avant Edgar !

Cette femme plus très jeune quoique moins âgée que son mari, était comédienne et a dû abandonner sa carrière pour suivre son époux auteur d'un seul et unique ouvrage qui n'intéresse que les militaires.

Un banquet est organisé chez le médecin et " les flonflons de la fête " parviennent jusqu'à eux, soulignant le fait qu'ils ne sont pas invités, ce qui crée un supplément de rancoeur.

Ces deux anthropophages vont se déchiqueter sous les yeux du visiteur …

La haute stature de Jean-Pierre Granet fait merveille et le comédien campe son personnage de façon intelligemment contrastée : tantôt redoutable, tantôt victime expiatoire mais cherchant à rester " droit dans ses bottes " jusqu'à la fin (ou presque).

Peut-être eût-il fallu à ses partenaires un peu plus d'intériorité agressive pour justifier le climat voulu par l'auteur mais il est difficile de se faire une exacte opinion par le biais d'une seule représentation, la mise en condition n'étant pas la même d'un soir à l'autre et puis vous avouerai-je que le souvenir de Michelle Marquais aux côtés de Bernard Fresson hante encore mon esprit ?

Pour être parfaitement impartial, il faudrait pouvoir remettre les compteurs à zéro chaque fois que l'on va au théâtre.

Friedrich Dürenmatt s'est amusé à émailler le dialogue d'expressions répétitives un peu à la façon de Tchekhov avec son ironique " d'une certaine façon " prouvant  ainsi que tout est relatif en cette triste vie.

Comme cette pièce fut programmée sur une période courte du 2 mai au 13 inclus, il ne vous reste plus que peu de temps pour l'aller découvrir aussi faites vite !




Simone Alexandre

 

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15:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/05/2017

A QUI LA FAUTE ? de Jacques VIDAL

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COMEDIE DE PARIS

 

42, rue Pierre Fontaine

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Blanche)

 

Loc. 01 42 81 00 11

 

 

http://www.comediedeparis.com/

 

Pl. de 10 à 28€

 

20 REPRESENTATIONS EXCEPTIONNELLES

 

du mercredi au samedi à 19h30

 

Mise en scène : FLANNAN OBE

 

 

avec : JACQUES VIDAL & PHILIPPE BONHOMMEAU

 

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Pablo ( Jacques Vidal) rentre chez lui et trouve l'appartement aussi vide qu'un champ de maïs après le passage d'une nuée de sauterelles. De toute évidence, sa femme Carmen est partie, emmenant Manuela ( leur fille ) et le mobilier a suivi.

Bien qu'hispanique et non gaulois, notre homme a l'impression que le ciel lui est brusquement tombé sur la tête.

Que fait-on quand une catastrophe arrive ? ...

On cherche tout naturellement un réconfort amical et ça tombe bien ( si l'on peut dire ) puisque des retrouvailles providentielles vont avoir lieu avec Felipe - avocat de surcroît. ( Philippe Bonhommeau ) sans aucun jeu de mots.

Ce dernier ne se fera pas trop longtemps tirer l'oreille pour accompagner ce copain en détresse au cours d'un périple Paris-Séville puisque Pablo a rapidement conclu que la fuite de sa femme et de sa fille n'avait pu avoir lieu qu'en cette direction.

Après un voyage pour le moins mouvementé, dans une guimbarde à peu près aussi confortable qu'un sac de noix, les voilà enfin sur place. Carmen ayant un hobby : la danse, ils vont donc se répartir la tâche en faisant le tour de toutes les académies que la ville peut compter.
 
Les rencontres ne seront pas tristes ! ...

Enfin, Felipe finira par dénicher Carmen mais pour lui la découverte sera toute autre puisqu'un petit passage au poste de police lui aura permis de découvrir sa vraie nature qu'il s'était pourtant ingénié à refouler le plus possible jusqu'à ce jour.

 

 

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Toutes ces péripéties racontées ainsi peuvent vous paraître banales mais croyez-moi, elles ne le sont pas. Ils vont à deux, faire vivre tous les personnages de cette histoire, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes sans oublier la petite Manuela et dans tous les cas, c'est du délire !

Le rythme effréné de ce spectacle est celui du Music-hall -  Philippe Bonhommeau est aussi élancé qu'un danseur espagnol

( et pour cause … ) et se lance dans une époustouflante chorégraphie qui nous laisse béats d'admiration.

Quant à Jacques Vidal lequel danse lui aussi, on est confondu par l'aisance et la rapidité avec laquelle il passe d'un personnage à l'autre ; précisons également qu'il chante à ravir.

 

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( photos : Louis BARSIAT )

 



Vous ferai-je un aveu ? Ce genre de spectacle ne constituait pas spécialement " ma tasse de thé " - comme on dit - mais le brio de ces deux interprètes est tellement convaincant que je reprendrais bien de cette sangria là !

Une chose est certaine, le délire ne tarde pas à gagner la salle et la mise en scène de Flannan Obé fait mouche toutes les fois.

En ces temps moroses, nous avons bien besoin qu'un tel spectacle existe, alors ne ménagez pas votre plaisir, d'autant qu'ici, le résultat est garanti.




Simone Alexandre 

 

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14:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/05/2017

Douce vengeance et autres piécettes de Hanokh Levin

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Essaïon

 

6, rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

Loc. 01 42 78 46 42

 

 

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

Du 4 au 20 MAI 2017

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h30

 

 

Traduction : Laurence SENDROWICZ

 

Mise en scène : Didier BLAU

 

avec Anaïs JEAN - Cyril DAMET et Didier BLAU

 

 

 



Pour 6 représentations exceptionnelles à l’Essaïon, l’aventurier théâtre de la rue Pierre au lard, c’est « Douce vengeance et autres piécettes… » de Hanokh Levin que vous pourrez aller applaudir, si vous le souhaitez.

Dans une mise en scène de Didier Blau, qui joue également en compagnie de Anaïs Jean et Cyril Damet, c’est une suite de petits moments de vie qui vous sont donnés d’être vus.


Ils reflètent tous plutôt les bassesses et ridicules des uns et des autres qu’ils ne mettent en valeur des qualités ou des vertus, et c’est en cela que ces moments joués, qui tiennent davantage des sketchs que de pièces courtes, tant on attend la chute, inéluctable et soulignée à chaque fois par un noir brutal, sont assez dérangeants. Il y a dans tout cela un côté « no future » qui laisse peu de place à l’optimisme.

Parfois, des incursions dans une sorte de « non-sense » britannique permet de retrouver des pistes, et nous sommes alors sur le fil assez ténu d’un humour entre Wodehouse et le surréalisme, tant l‘humour anglais nous paraît relever de cette école.

Ces courts textes sont autant de satires à l’encontre de la société dans laquelle Levin, disparu en 1999, vivait, et dans laquelle nous continuons de tenter d’évoluer, et nombre de situations peuvent se reproduire ou se perpétuer, ce qui n’est pas sans susciter un peu d’effroi.


Cet humour du désespoir, entre Woody Allen, moins photographe de la société qu’admirateur de son propre nombril, et Groucho Marx, franchement allumé et véritable iconoclaste, est typique et marqué. On peut y être sensible ou pas.

Il faut toutefois reconnaître à l’auteur une certaine acuité visuelle et une qualité de synthèse assez puissante pour brosser en quelques phrases les situations auxquelles il s’attache.


En quelque sorte il est, avec les mots, un caricaturiste, c’est-à-dire un rapporteur du quotidien, en d’autres termes, un journaliste,  dans la tradition du genre, et du plus loin qu’elle apparaisse dans les profondeurs de l’histoire.

Avec une grande économie de moyens, les trois comédiens interprètent une douzaine de mini pièces, soit environ une vingtaine de rôles au final, qui laissent tous entrevoir les failles et les incohérences de la société et des individus.

C’est vif, sans temps mort  et le spectacle file sans qu’on voie le temps passer. C’est pour encore 5 représentations.

A vous de voir.


Frédéric Arnoux ©

 

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11:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent