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07/04/2016

CIORAN / ENTRETIEN Adaptation : Antoine Caubet

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L' ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

( M° Anvers )

 

loc. 01 46 06 11 90

 

 

 

http://www.theatre-latalante.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 8 à 15€

 

D'après : " Entretien avec Léo Gillet "

 

Extrait de " Cioran, Entretiens " Gallimard 1985

 

Adaptation et mise en scène : Antoine CAUBET

 

avec : Cécile CHOLET et Christian JEHANIN

 

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Cet entretien-interview se déroule dans une salle de restaurant comme cela se produit parfois. L'interlocutrice ( Cécile Cholet ) semble avoir la charge du lieu puisqu'elle jouera les hôtesses mais personnalisera également la Denise Glaser de service.  - espèce journalistique en voie de disparition - car non seulement elle connaît les textes de l'auteur qu'elle interroge mais fait également preuve d'une qualité d'écoute assez exceptionnelle.

 

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( Crédit Photos © DR )



Christian Jéhanin dont nous apprécions le talent n'a pas exactement le physique qui correspond au personnage.

( Il est facile de retrouver l'original en consultant internet )

Le comédien présente une rondeur et une bonhommie que les écrits de Cioran démentent. ( Il est vrai que ce philosophe ne recherchant pas la sérénité mais son absolu contraire n'était pas à un paradoxe près, lui dont la logique tient pourtant la route de bout en bout.)

Il nous sera ici, fait grâce de ce parler teinté d'un accent qui rabotait les mots ( rappelons que Emil Cioran était roumain ) puisque ce n'est nullement une imitation qui nous est offerte mais bien au contraire, les clés amenant à la compréhension d'un auteur dont le pessimisme en a souvent rebuté plus d'un !

Parmi les insomniaques, seuls les fêtards peuvent rester optimistes. Nous avons tous été confrontés aux idées noires apportées par la nuit et de surcroit, l'influence de Schopenhauer fut indéniable chez Cioran dont le côté solaire se résumait à Bach.

Cet occidental tourmenté fut un temps attiré par le bouddhisme dont l'influence bénéfique se résumera à lui permettre de mettre fin à son attrait pour le nazisme. Ensuite, il niera toute cohérence historique précisant : " l'Histoire a un cours mais pas de sens " Ce fut sa façon d'en sortir par le haut mais il devait payer très cher ce fol engouement. Le nationalisme a bien souvent égaré les êtres …

Ses aphorismes qu'il prétendait composer par paresse alors qu'il était si rigoureux à propos de l'utilisation du français devenu sa patrie d'élection, " on n'habite pas un pays mais une langue "  … en dépit de leur caractère lapidaire, ne sauraient faire de lui un athée pur et dur car cette recherche constante de signification constitua une forme particulière de mysticisme hargneux. " On lance un aphorisme comme on lance une gifle " disait-il.

Avant d'effectuer l'ultime saut dans l'inconnu, Emil Cioran sombrera dans l'oubli de tout, lui dont la vie fut une longue et lucide insomnie. Que cette présentation du personnage ne vous éloigne surtout pas de la perspective d'assister à ce spectacle-entretien  - adapté et mis en scène fort habilement par Antoine Caubet - à l'issue duquel l'envie risque de nous prendre de plonger ou re plonger dans les écrits de cet auteur maudit, à l'indéniable talent.



Simone Alexandre

 

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09:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/04/2016

Jean Paul II Antoine Vitez, rencontre à Castelgandolfo de Jean-Philippe Mestre

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, Rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

(M° St Georges)

 

loc. 01 48 74 76 99

 

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Pl. 24 & 28€

- de 26 ans : 10€

 

du mardi au vendredi à 19h

le samedi à 18h.

 

Mise en scène : Pascal Vitiello

 

avec : Bernard Lanneau et Michel Bonpoil

 

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( photos Lot )

 

Une partie des chrétiens dits de gauche, a cru se retrouver dans le communisme à une certaine époque. Après s'être détournés de l'église, ils ont pensé renouer ainsi avec le principe de partage qui semblait avoir été oublié par ceux qui prétendaient se référer aux Ecritures …

Tout en se déclarant profondément athée, Antoine Vitez faisait preuve d'une indéniable culture judéo-chrétienne, sans doute plus approfondie qu'elle ne l'est chez la plupart des croyants. Mais il avait beaucoup de reproches à adresser au représentant de l'église apostolique et romaine en fonction de tout ce passé d'intolérance : " hors l'église point de salut "  ( croisades, Inquisition, persécutions, sans parler de ce luxe ostentatoire qui par rejet fut à l'origine de la religion réformée.)

Jean-Paul II, lui répondra avec une habileté non dénuée d'humour mais tout au long de l'échange, chacun suivra sa route sans jamais en dévier. Chaque reproche déclenchera une objection et le spectateur assistera de façon jouissive à cette joute verbale où personne ne doit être vainqueur puisque la sincérité et le niveau d'intelligence sont ici équivalents.

Cet entretien quelque peu remanié - ( pour les besoins de la cause ) eut réellement lieu à Castelgandolfo en 1988, à l'issue d'une représentation du Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc de Charles Péguy. ( Antoine Vitez venait d'être nommé Administrateur du Théâtre Français.)

Nous savons tous que Jean-Paul II était bien plus qu'un amateur de théâtre puisqu'il avait failli devenir lui-même acteur et Antoine Vitez ne manquera pas de lui faire observer qu'il en restait encore quelque chose …

En fait le religieux et le laïque ont ici même but, accéder à cette transcendance dont la vie de chaque jour semble être dépourvue.
- " On ne peut aller vers le théâtre que si l'on a faim "
et la démarche vers Dieu est identique.

Ce débat nous intéresse tous ( même ceux qui prétendent le contraire ) et il se situe avec eux au plus haut niveau. Aussi, pardonnez cette plaisanterie mais si vous ne voulez pas mourir idiots, hâtez vous de l'aller entendre. Vous choisirez certes le camp qui vous convient le mieux mais vous n'aurez pas perdu votre temps puisque texte et comédiens sont bien plus qu'intéressants.



Simone Alexandre

 

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11:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/04/2016

Le projet Poutine de Hugues Leforestier

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Théâtre des BELIERS parisiens

 

14bis, rue Sainte Isaure

 

75018 PARIS

 

 

(M° Jules Joffrin)

 

loc. 01 42 62 35 00

 

http://www.theatredesbeliersparisiens.com/

 

Pl. 26€ - T.R. 18€

 

- de 26 ans : 10€

 

 

jusqu'au : 12 JUIN 2016

 

 

Mise en scène : Jacques Décombe

 

avec : Nathalie Mann & Hugues Leforestier

 

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La projection d'une immense manifestation envahit le grand écran situé en fond de scène. Quand la population russe déferle dans les rues, le résultat est impressionnant !  Trois jours que cela dure … Etonnant, non ?   

En fin stratège, Vladimir Poutine subodore qu'il y a quelqu'un derrière tout cela et que mieux vaut utiliser la persuasion que la force, quand on n'a pas affaire à un ennemi de l'extérieur.

Une femme qu'il connaissait très bien pourtant s'est jadis opposée à lui. Elle et sa famille furent exilés en Sibérie et il vient précisément de la convoquer afin de déjouer les souhaits, les espoirs et peut-être les plans de cette opposante avérée.
 
N'ayant pas oublié son métier de Procureur Général, elle passe immédiatement à l'attaque et l'homme lui oppose un calme assez sidérant. Car enfin, qui possède le Pouvoir, elle ou lui ? …

Nous allons découvrir un Vladimir Poutine bien différent du portrait dressé communément par les médias occidentaux. Certes, l'homme n'est pas irréprochable et il le sait mieux que tout autre mais quoiqu'il ait fait ou fera, il lui est toujours loisible de se justifier en disant : " J'ai rendu sa fierté à la Russie. "

C'est même pour cela que la majorité des russes continuent

( nous dit-on ) à lui faire confiance.


Elections truquées ? ... Svetlana l'affirme, elle qui rêve de traduire celui qu'elle déteste passionnément devant le tribunal international de La Haye.

Elle rappellera le massacre des tchétchènes ; nous savons pourtant que les torts étaient partagés ( se souvenir de la prise d'otages en ce théâtre de la Doubrovka en 2002 ) mais ce n'était il est vrai, qu'en réaction à ce qui avait préexisté ; quand deux ethnies s'opposent la responsabilité des drames existe forcément de part et d'autre.

 

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( © Béliers Parisiens )

 



Hugues Leforestier dresse un bilan en essayant de ne rien omettre ni sur le plan  des responsabilités ni sur celui des justifications. La dernière phrase explique tout et je vous laisse la découvrir sur place ...

L'auteur qui interprète également le personnage-titre joue la carte de la mesure et de la lucide conviction.  L'original étant toujours en place, la tâche était rude mais il parvient parfois à créer l'illusion que c'est le vrai Poutine que nous entendons.

Nathalie Mann lui donne la réplique en actrice rompue au rythme cinématographique ou télévisuel et c'est peut-être dommage car il m'a semblé que le soir où j'assistai à la représentation, elle avait tendance à bouler le texte.

Il est vrai que son personnage n'est que de passage …

Svetlana repartira en Sibérie tandis que Poutine s'incrustera un peu plus dans la direction de l'Etat, ce par tous les moyens, justifiables ou non.

La pièce est au théâtre ce que la nouvelle est au roman, un condensé habile et instructif. Ceux qui seraient intéressés par la lecture du texte peuvent se le procurer sur place avec en prime, la dédicace de l'auteur.

 

Puisqu'il est là, autant en profiter !



Simone Alexandre

 

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10:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent