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14/04/2016

FISSION de Jacques & Olivier TREINER

 

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REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

(M° La Chapelle ou Marx Dormoy)

 

loc. 01 40 05 06 96

 

du 8 AVRIL au 22 JUIN 2016

 

http://www.reineblanche.com/

 

Mise en scène et costumes : Vincent DEBOST

Scénographie : Pascal CROSNIER

 

avec : Romain BERGER (Edward Teller) - Benoît DI MARCO (Carl-Friedrich Von Weizsäcker) - Christian FRANCOIS (Otto Hahn) - Alexandre LACHAUX (Werner Heisenberg) - Stéphane LARA (Walter Gerlach) - Marie Paule SIRVENT (Lise Meitner)

 

 

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La génération des baby-boom se souvient encore de l'angoisse qui régnait dans les années 50, où les abris anti-atomiques en obsédaient certains : ceux qui avaient les moyens financiers pour se les procurer, bien sûr.

Pour cette génération, la 3ème guerre mondiale serait atomique ou ne serait pas. En dépit de quelques essais superflus, celle ci n'a pas encore eu lieu. " Touchons du bois " diront les superstitieux.

Car la race ( j'utilise ici ce terme à dessein ) des savants fous existe toujours. Certains ne nous promettent ils pas l'éternité ? Réservée aux plus riches, comme toujours, il ne suffira alors que d'un petit nombre d'individus pour gérer la planète puisque les autres seront rapidement réduits à l'état d'esclaves puis de déchets et remplacés par des robots. J'exagère à peine …

Les physiciens allemands n'ont pas eu le temps de fournir à Hitler la bombe destructrice qui aurait inversé le cours de l'Histoire. Ce que ces derniers n'ont pu faire, d'autres s'en sont chargé. Ironie du sort : dans un but pacifique (sic) Hiroshima devait clore la guerre mondiale mais à quel prix ? !!! …

Le problème nucléaire n'est pas résolu puisque l'on permet à l'Iran d'utiliser cette énergie dans le domaine civil mais rien ne prouve qu'un jour cette exploitation ne se transforme en énergie offensive. L'Iran n'est pas seul concerné, imaginez Daech en possession de cette arme effroyable !

Les pères de la fission exilés à Farm Hall discutent entre eux sans imaginer que les britanniques ont semé des micros un peu partout. Nous les suivrons sans aucune continuité chronologique, lors du Manifeste de Göttingen en 1957 et afin d'expliquer la genèse de l'histoire, à l'Institut Niels Bohr de Copenhague en 1938 puis retour à Farm Hall en 1945.

 

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C'est là qu'ils apprendront l'utilisation faite par d'autres de leur découverte. ( fission de l'atome ) Quelle terrible responsabilité ! Alors pour se donner bonne conscience, ils prétendront que leur objectif était uniquement de fabriquer des machines thermiques.  Magnifique pirouette !

Nobel créa son prix pour faire oublier qu'il avait inventé la dynamite. Werner Heisenberg fondateur de la mécanique quantique obtiendra ce prix. Quant à Edward Teller ce physicien juif hongrois, que certains comparent au diable boiteux -  ce père de la bombe H -  se réfugiera aux Etats Unis avec l'intention de poursuivre ses recherches bien entendu.

Au total ils sont six ( du moins sur scène car dans la réalité, ils furent plus nombreux ) Parmi eux, une femme Lise Meitner, physicienne autrichienne qui, parce qu'elle était juive a dû elle aussi s'exiler.

 

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Tous vont essayer de se justifier car la Recherche n'a décidément pas de conscience. Nous savons quant à nous que les armes sont faites pour tuer.
Si le génie débouche sur la destruction de l'humanité quelle gloire les savants peuvent ils en tirer ?

Si vous n'allez pas seulement au théâtre pour vous distraire mais pour apprendre ce que peut-être vous ignoriez, en ce cas, vous prendrez le chemin qui mène à la Reine Blanche.

Mise en scène et scénographie ont choisi la sobriété et la musique de Raphaël Treiner convient parfaitement à l'action.

A découvrir ...


Simone Alexandre

 

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11:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/04/2016

Marcelle et Marcel de Marc Delaruelle

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LE GUICHET MONTPARNASSE

 

15, rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 43 27 88 61

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

A 20h30, vendredi et samedi

 

A 16h30 le dimanche

 

jusqu'au : 15 MAI 2016

 

Texte et mise en scène : Marc DELARUELLE

 

avec : Claude MAILHON et Patrice RICCI

 

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Une mouche qui se prend pour celle du coche à moins qu'elle ne croie être chez Sartre ( ? ) hante la loge où se prépare le comédien, excédé par cette intrusion intempestive !

" Marcelle ! " s'exclame à intervalles réguliers celui qui, décidément ne saurait se débrouiller seul comme tout homme qui se respecte.  Or ladite Marcelle est allée humer la poussière des coulisses, histoire de se mettre en condition  ...
 
Le médecin a prescrit au comédien douze gouttes à prendre avant chaque représentation, pas une de moins, ni une de plus. Mais où est donc passée cette fichue bouteille ?

Marcel est du genre à ne pas voir une vache dans un couloir quand il a l'esprit préoccupé et comment voulez-vous qu'un comédien qui s'apprête à jouer ne soit pas obnubilé par son texte ? Le reste n'existe pas. Deux seules choses comptent réellement, lui et ce qu'il va dire.

Marcelle et Marcel sont deux partenaires à la ville et à la scène, lesquels vont affronter une fois de plus, les feux de la rampe. Comme ils ont encore un peu de temps devant eux ils en profitent pour se chamailler.

Lui, surtout : ce Roméo sur le retour qui ne revient plus … Ce qu'il ne saurait comprendre ni admettre car enfin,

( précise t-il ) personne n'a joué le rôle mieux que lui !

Sa compagne est plus raisonnable, elle fut Juliette et le temps ayant passé se contente désormais d'incarner la nourrice. Ainsi va la vie … Mais n'être que frère Laurent, ça non !

 

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Suivra une violente diatribe destinée à clouer au pilori le monde théâtral actuel, ces comédiens et metteurs en scène qui font n'importe quoi, n'importe comment, bref qui ne respectent plus rien. ( ce n'est pas entièrement faux )

Avec malice, Marcelle lui fera remarquer que lorsqu'ils étaient jeunes leurs prédécesseurs tenaient le même discours … ( à peu de choses près ) -

Marc Delaruelle s'amuse à brosser le portrait de ces deux comédiens vieillissants qui peinent à gérer le temps qui passe. C'est féroce mais avec une immense tendresse !

Ne comptez pas sur moi pour vous dire comment tout cela va finir car tout le plaisir réside dans la découverte. Patrice Ricci est ce que l'on nomme " une bête de scène " - et il se fait trop rare à notre goût puisque le voir et l'entendre constitue chaque fois un réel plaisir.

Sa partenaire : Claude Mailhon lui donne intelligemment la réplique et nous passons en leur compagnie un agréable moment. Puisque la pièce se joue les vendredi et samedi à 20h30 et le dimanche à 16h30, voilà une bien agréable façon de terminer la semaine, ce jusqu'au : 15 MAI prochain aussi ne boudez pas votre plaisir, allez-y vite !



Simone Alexandre

 

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11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/04/2016

VALENTINA-TCHERNOBYL, née pour l'amour d'après Svetlana Alexievitch

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LA MANUFACTURE

DES ABBESSES

 

7, rue Véron 75018 PARIS

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

loc. 01 42 33 42 03

 

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

Du mercredi au samedi à 19h

 

Représentation exceptionnelle : MARDI 26 AVRIL

 

jusqu'au : 14 MAI 2016

 

D'après La Supplication de Svetlana Alexievitch

 

Mise en scène : Laure Roussel

 

avec : Coralie Emilion-Languille

 

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( photo : François Languille )

 

 

Les Anciens pensaient qu'un événement tragique était le fait de la volonté des dieux … Nous savons désormais que le plus souvent, l'irresponsabilité des hommes est à l'origine des catastrophes. Quand cela arrive, deux attitudes sont alors possibles : cesser de croire à tout jamais en la Providence ou aller se réfugier dans une église pour solliciter une bien tardive protection. Bref, " oublier la vie. " Essayer du moins !

Valentina s'étonne d'être toujours là alors que l'homme qu'elle aimait, son époux a subi les conséquences de l'explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl en 1986 ( trente ans déjà ! ) Il mourra un an plus tard, à l'issue d'une lente agonie et d'une monstrueuse détérioration physique.

Désormais seule - à jamais - elle se souvient de leur rencontre. Elle n'avait que 16 ans alors et lui 7 années de plus. Il était grand, beau et lui plut tout de suite. Ce fut même elle qui le demanda en mariage tant il est vrai que ce sont presque toujours les femmes qui choisissent. Un fils est né de leur union et se trouve depuis dans un hôpital psychiatrique. " Où est papa, Micha ? ... " demande t'il à chacune de ses visites.

Coralie Emilion-Languille debout, seule en scène, témoigne de ce qui s'est passé. La mise en scène de Laure Roussel nous a épargné les trop fréquentes vidéos qui ici, eussent été horrifiques. Face à nous, cette femme, victime de la folie des hommes qui ont fait le mauvais choix au mépris de tous les risques, prévisibles pourtant.

Cette expérience hélas n'a pas suffi puisque Fukushima allait en 2011 répéter l'inadmissible. ( En attendant la prochaine catastrophe puisqu'il n'y a pas plus aveugle ou sourd que celui qui ne veut ni voir ni entendre.) Là, effectivement, nous sommes dans les mains des dieux mais méritons nous leur indulgence ? …

Cette course absurde à l'énergie comporte toujours tous les risques, nous le savons pourtant. Ce spectacle vient à point nommé le rappeler à nos esprits obtus. " Qui ne dit mot consent " précise un dicton populaire. Aussi le simple fait d'assister à ce spectacle ou de lire les écrits de Svetlana Alexievitch constitue une forme de résistance à ce qui nous est imposé car une " énergie propre " ne saurait être meurtrière !


Simone Alexandre

 

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15:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent