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16/11/2016

Un fil à la patte de Georges Feydeau

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THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

- 26 ans : 11€

 

Mise en scène : Anthony Magnier

 

avec : Marie Le Cam ou Hélène Degy - Stéphane Brel ou Lionel Pascal - Solveig Maupu - Agathe Boudrières - Eugénie Ravon ou Pauline Guimard - Gaspard Fasulo ou Xavier Martel - Xavier Clion - Mikael Taieb - Anthony Magnier ou Julien Jacob.

 

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Georges Feydeau, comme chacun sait est mort jeune, victime de troubles psychiques dus à la syphilis, ce qui nous laisse présumer que le monde de la légèreté ne lui était pas étranger.

Le titre même du spectacle qui se donne en ce moment au Théâtre 14 « Un fil à la patte » évoque cette légèreté.

Anthony Magnier, qui met en scène une troupe survoltée et hurlante, n’a pas eu cette perception, et il faut un peu le déplorer.

Car ce n’est plus un fil dont M. de Bois-d’Enghien doit se défaire, mais bien d’un boulet au bout de sa chaîne.

Nous ne raconterons pas l’histoire de ce petit monsieur empêtré dans une relation avec une théâtreuse de café-concert à laquelle il veut mettre fin pour épouser dans le grand monde. S’ensuivront naturellement des situations peu crédibles, mais qui font le charme du théâtre de Feydeau, et avec lui Labiche ou Courteline, moins fondé sur des quiproquos interminables que sur une théorie de petits mensonges et cachotteries qui font que Feydeau colle au plus près de ce qu’il est convenu de nommer « la vraie vie ».

Ce n’est naturellement pas le texte qui nous a gênés, mais bien la façon de le présenter. On hésite entre le café-théâtre et ses faibles moyens, le burlesque du cinéma muet avec ses outrances auxquelles on aurait donné du son, en le réglant au maximum, et les mimiques et grimaces copiées d’acteurs plus récents, Louis de Funès pour certain, Jim Carey pour d’autres, en tentant, de ci de là, une pose ou une image tout droit issue de la bande dessinée.

Disons que ce soit une approche qui peut plaire, à preuve les prix que ce spectacle a reçus en 2015, et le plaisir apparent de certains spectateurs, mais on peut concevoir aussi que nous soyons déçus face à cette expérience de théâtre « multisourcé », si nous osons ce néologisme.

 

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( photos LOT )



Dans le vaudeville, les sonnettes sonnent et les portes claquent. Rien ici de tout cela, puisque les accessoires sont supprimés, mais le bruit des claquements et des vibrations est remplacé par des onomatopées émises par les comédiens eux-mêmes.

On entre là tout droit dans le monde de l’enfance où l’on remplace ce que nous n’avons pas par son illusion. Cela peut être une bonne idée; il est simplement à regretter que les sonnettes résonnent beaucoup et il y a de nombreuses portes dans ce Feydeau …

Sur scène nous avons une équipe de jeunes comédiennes et comédiens tout dévoués à leur  spectacle, nerveux jusqu’à l’épilepsie, bruyant comme un concert de heavy metal, et pour finir un peu brouillon.

Mais c’est un genre, et pour qui ne connaît pas Feydeau, ce peut être une porte d’entrée, qu’il n’est pas utile de claquer en sortant.

C’est au théâtre 14, jusqu’au 31 décembre.



Frédéric Arnoux ©

 

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13:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent