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02/05/2017

Les peintres au charbon de Lee Hall

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THEATRE 13 - SEINE

 

30, Rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

 

 

 

(M° Bibliothèque François Mitterrand)

 

Tél. 01 45 88 62 22

 

Pl. 26€ - T.R. 17€

 

le 13 de chq mois, tarif unique : 13€

 

http://www.theatre13.com/

 

Tlj à 20h (sauf dimanche & lundi)

 

Matinée le dimanche à 16h

 

 

Traduction : Fabrice MELQUIOT

 

Mise en scène : Marc DELVA

 

 

avec : Hugo BARDIN (Ben Nicholson) - James BORNICHE (Jimmy Floyd) - Thomas BRAZETE (George Brown) - Solal FORTE (Le P'tit gars) - Elodie GALMICHE (Helen Sutherland) - Florent HU (Oliver Kilbourn) - Marie PETIOT ou Elise FOURNEAU (Susan Parks) - Paul Emile PETRE (Robert Lyon) - Emmanuel REHBINDER (Harry Wilson)

 

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Descente aussi inhabituelle que surprenante avec ces gueules noires qui surgissent nous montrant le chemin ; la lumière, les bruits, l'odeur, tout est fait pour mettre le spectateur en condition. Nous serons répartis côté cour et côté jardin, une porte coulissante à claire-voie ayant permis l'accès à la salle.
 
L'action débute en avril 1934.

Le syndicat des mineurs d'Ashington cette banlieue anglaise située au nord du pays a jugé utile de les inscrire à une initiation à la peinture. Ces hommes sont tous très politisés et les moyens de s'en sortir ne sont pas nombreux, l'expérience pourra au moins leur changer les idées tout en canalisant leur énergie revendicatrice.

L'enthousiasme n'est pas unanime, ces damnés de la mine étant persuadés ne rien pouvoir faire d'autre que creuser encore et toujours jusqu'à ce que mort s'ensuive.

D'ailleurs, comment le dialogue pourrait il s'installer entre cet intellectuel qui arrive, lui et ses idées par trop abstraites ( et néanmoins précises ) se rapportant à un Art auquel ils ne connaissent rien, pour lequel ils ne sont pas faits et dont ils soupçonnent tout juste l'existence puisque n'ayant jamais rien pu voir.

Ils finiront par se laisser convaincre puis se lancer en des essais forcément peu concluants au début mais sur lesquels il va falloir réfléchir … expliquer, ce qui leur ouvrira les portes d'une possible compréhension et leur donnera envie de continuer.

 

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( photos : Suzanne Rault-Balet )

 



L'un d'eux Oliver, ne tardera pas à se révéler le plus doué de tous et quand Robert Lyon leur initiateur fera venir Hélen Sutherland, cet Ambroise Vollard enjuponné, sans oublier le modèle qui se présentera à eux, ils commenceront alors à réellement se prendre au jeu !

Comme il ne nous sera pas donné à voir mais à imaginer en fonction de ce qui est dit, le texte s'avèrera parfois un peu verbeux mais la richesse du propos nous mettra à l'abri de l'ennui car les images sont fortes.

La période couverte s'étendant de 1934 à 1947 la triste guerre s'est invitée dans l'intervalle sans pour autant battre en brèche la passion de peindre qui s'est imposée à eux.

Le spectacle se clôturera par une scène moins âpre que les précédentes et comme il n'y a pas qu'en France que tout finit par des chansons nous pourrons également visualiser leur oeuvre à tous réalisée individuellement certes mais alors qu'ils étaient ensemble, étroitement liés.

C'est cela un groupe d'artistes, non ?



Simone Alexandre

 

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14:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/05/2017

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

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LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

7006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 15h

 

jusqu'au : 28 MAI 2017

 

 

Mise en scène : Judith WILLE

 

 

avec : Caroline ROCHEFORT et Stéphane DUCLOT

 

 

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Internet " la meilleure et la pire des choses " tant il est vrai que depuis Esope, peu de choses - précisément - ont changé, si l'on se réfère à la mentalité humaine.

J'avoue m'être souvent interrogée au sujet de ces femmes mariées qui parviennent à alimenter régulièrement un blog ou passer leur temps à envoyer puis recevoir des mails sans que le conjoint n'y trouve à redire …

Là, nous allons plonger en plein coeur du sujet !

Emmi ( car décidément, Emma fait par trop bovarien donc à éviter ) est une jeune personne - mariée, faut-il le préciser ? - mère de deux enfants, qui un jour, grâce ou à cause de sa dyslexie va inopinément atterrir sur la messagerie de Léo, lequel ne réagira pas tout de suite ce qui mettra la dame en rage car elle n'est pas exactement un parangon de patience.

Il se trouve que l'homme en question est un conseiller en communication, section : psychologie du langage, qu'accessoirement et comme presque toujours, Cupidon vise juste et que ledit Léo est quelque peu frustré sur le plan sentimental, sa Marlène s'étant fait la belle.

Emmi ne supporte pas qu'on lui résiste et va pratiquer un acharnement textuel, inondant son interlocuteur de messages sans cesse plus pressants. Ce n'est pas autrement que l'on s'attaquait aux places fortes jadis.

De mail en mail, d'interrogations suivies ou non d'effet ( chacun avançant plus ou moins masqué ) une correspondance obsessionnelle va s'installer entre ces deux là.

 

 

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( photos : Christophe DAUPHIN )

 



Fidèle à mes principes, je vais vous laisser découvrir la suite mais pour utiliser une expression familière, sachez que " ce n'est pas triste ! "

La personnalité des deux comédiens se situe aux antipodes.

Caroline Rochefort est l'extravertie par excellence tandis que Stéphane Duclot se présente comme son absolu contraire. J'ajouterai à cela que notre Emmi a un accent à découper au couteau ce qui ajoute de la drôlerie à son personnage.

Cette adaptation du roman éponyme de Daniel Glattauer déclenche maints gloussements jubilatoires parmi le public.

Il paraît qu'il y a une suite à cette histoire car nous bénéficions ici d'une fin ouverte mais c'est très bien ainsi puisque nous permettant d'imaginer ce qui nous conviendra le mieux une fois sortis du théâtre.

N'hésitez surtout pas à aller voir cette pièce branchée avec humour sur nos moeurs actuelles ce, pour notre plus grand plaisir.




Simone Alexandre

 

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14:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/04/2017

Le silence du miroir d'après Théâtre décomposé ou L'homme poubelle de Mateï Visniec

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MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, Rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h

 

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 7 MAI 2017

 

 

Adaptation, interprétation et mise en scène : Bruno ABADIE

 

Création sonore : Bruno COFFINEAU 

Lumières : Antoine DERMAUT

 

 

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( photos : Philippe HANULA )

 

 

 

Voici un spectacle insolite dans lequel se faufile le miroir symbolique, cher à Cocteau.

Or, nous sommes ici plus proche de Beckett, d'Orwell ou de Kafka sans parler d'Antonin Artaud !

Ces comparaisons ne sauraient faire injure à Mattei Visniec qui est et demeure un auteur singulier.

Solitude de l'exilé mais certains peuvent l'être en leur propre pays …

Peur panique, obsédante de l'Autre, celui qui interfère en permanence dans ce " quant à soi ", cercle invisible que certains tracent - consciemment ou non - tout autour d'eux.
Espace imaginaire, magique ou maléfique dans lequel nous pouvons être protégés ou piégés au gré du sort qui nous est imparti.

Cet homme raconte, se raconte, s'adressant à un invisible ami qui n'existe peut-être pas, qui n'est en fait que le reflet de lui-même, qui sait ?


Ce texte a valeur d'ultime appel au secours quand ayant conscience que tout est perdu,  on perçoit qu'il y a constamment, Soi et les autres, ceux qui se situent juste à l'extérieur du cercle et qui - sans scrupules - jettent leurs détritus par dessus le mur d'enceinte.

Etre né, avoir vécu à l'époque des Ceausescu - ce couple maudit - ne peut que dessiller à jamais le regard que l'on porte sur le monde, quelque soient les illusions et l'espoir que l'on tient à conserver.

Ainsi, ce personnage sorti tout droit d'une oeuvre foisonnante, sculpté en quelque sorte au fil des pages, avance dans un noir quasi absolu ; seuls les mouvements saccadés, désordonnés parfois, de sa démarche nous permettent de le découvrir, de le deviner ...

 

 

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Il avance dans les ténèbres de son existence, tout de noir vêtu, cheveux et barbe hirsutes, faisant part à ce mystérieux Bartoloméo de ses délires fous.
L'homme possède un petit lopin de terre qui lui permettait de vivre simplement ( il est végétarien ) or chaque nuit des lapins viennent dévorer ses plantations.  

Il les capturera un à un mais comme il ne veut pas les tuer, il faut bien entendu les nourrir et pour cela, qu'a t-il sinon les choux qu'il a plantés ? … L'absurdité grotesque de la situation se met en place.

Dehors, c'est pire : des ordures sont déversées sur ses chaussures, quand les chiens ne lèvent pas la patte sur elles ! On lui fourre des écorces d'oranges dans la bouche, ses poches se transforment en corbeilles à papiers et sa sacoche est pleine de débris de verres ou de lames de rasoir. Un vrai cauchemar !

Alors il court, encore et encore et quand de retour chez lui son miroir non content de lui renvoyer une image dérangeante se met brusquement à produire des bruits pour le moins insolites ... il ne lui reste plus que la présence d'un cafard pour le rassurer tout en l'inquiétant.

L'histoire de cet homme dérange et fascine à la fois et le comédien s'implique totalement en ce rôle d'une portée quasi métaphysique. Sartre prétendait que " l'Enfer, c'est les autres " mais n'est-ce pas tout simplement soi-même quand à force de solitude, l'esprit a basculé ? …

Voici un bien étrange et intéressant monologue. Ajoutez à cela la performance de l'acteur et vous serez alors persuadés que vous n'êtes pas venus pour rien.




Simone Alexandre

 

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15:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent