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27/09/2016

JULES RENARD, l'homme qui voulait être un arbre

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THEATRE de POCHE

 

75, bld du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Tarifs de 10€ (-26 ans) à 26€

 

Chaque lundi à 19h

 

Relâches exceptionnelles les 10.X, 7.XI & 5.XII

 

 

Adaptation et interprétation : Catherine SAUVAL

 

D'après le Journal, Bucoliques & Histoires Naturelles

de Jules RENARD

 

 

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( photo : Chantal Delpagne )

 



En dépit de ce que certains aficionados en disent, comme pour s’en convaincre, Jules Renard est un auteur quelque peu oublié, autrefois sauvé du total oubli par l’étude scolaire de « Poil de carotte » dont je doute que la lecture suscite quelque émoi désormais chez nos têtes réputées blondes…

Pourtant au Théâtre de Poche, Philippe Tesson a eu la bonne idée de demander à l’excellente Catherine Sauval de rappeler à la vie ce Jules pour une heure et quart de dialogue avec lui.
Entendons-nous, le public ne dit rien, mais il écoute Renard au travers de son « Journal littéraire », des « Bucoliques » et des « Histoires  naturelles », et disons-le tout net, c’est passionnant !

Jules Renard pouvait être amusant, ce n’était néanmoins pas un homme drôle ! Le verbe juste, l’adjectif précis, l’esprit acéré, il mettait ces talents au service d’histoires de son siècle souvent charmantes et un peu désuètes, mettant aux prises des héros ordinaires (entendre Catherine Sauval dans « La mort de la Brunette » ! ) des sortes de « Choses vues » en bon admirateur de Hugo qu’il était.

Le titre complet de ce spectacle intelligent et souvent tendre est « Jules Renard, l’homme qui voulait être un arbre ».

On peut aussi penser que Jules Renard voulait simplement être un homme débarrassé des préoccupations métaphysiques qui le faisaient humain justement, même si on peut lui reprocher, parfois des méchancetés gratuites, comme accepter de signer une lettre commune d’écrivains en faveur d’un Oscar Wilde alors dans la débine, à condition que ce dernier cessât d’écrire. Il voulut faire un mot. Il fit mal.

Son « Journal littéraire » est une mine sur la vie parisienne intellectuelle de 1887 à 1910, et si Renard aime à trouver des formules, il faut bien reconnaître qu’elles sont souvent heureuses et qu’il trouve souvent des bonheurs d’écriture comme on en voit rarement.

Renard cherchait le succès, il l’eut, jusqu’à la Légion d’Honneur, mais il est demeuré un insatisfait, heureux en ménage bien que marié de raison, père de famille, célébré, académicien Goncourt assidu, il reste vaguement triste, méditatif sur la nature comme on pourrait, dans une imagerie saint sulpicienne envisager Saint François parlant aux animaux.

Nous ne sommes pas autrement étonnés que Catherine Sauval ait, par touches subtiles, suggéré un monde japonisant, évoquant des voiles de couleurs à la Vuillard, sur un fond tracé à la manière d’un dessin nippon.  Jules Renard peut susciter des tels  sentiments,, une sorte de paix apparente qui dissimule des typhons intérieurs..

Toujours en quête de bonheur, et qui sait ?, d’une perfection dont il ne pouvait ignorer qu’elle n’existe pas, on pourrait tenter de comprendre Jules Renard, par facilité, au travers de sa phrase «  Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente ».

C’est sans attendre qu’il faut aller redécouvrir Jules Renard, à 19 heures chaque lundi au « Théâtre de Poche ». Vous prendrez un bain d’intelligence, portés par le talent émouvant et délicat de Catherine Sauval.

 

 

Frédéric Arnoux ©

 

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12:18 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/09/2016

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS de Daniel COLAS

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THEATRE du PETIT ST-MARTIN

 

17, Rue René Boulanger

 

75010 PARIS

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

loc. 01 42 08 00 32

 

http://www.petitstmartin.com/

 

Pl. 33€ - 26 ans : 10€

 

A 19h ou 21h du mardi au samedi

en alternance.

A 17h le samedi en alternance.

 

Texte et mise en scène : Daniel COLAS

 

avec Alexandre BRASSEUR

 

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" Bon sang ne saurait mentir… " l'expression remonte paraît-il au XIVème siècle mais les ressemblances - elles - se contentent le plus souvent de sauter une génération.
Alexandre Brasseur est donc physiquement plus proche de Pierre que l'était son fils, Claude.

Certes, la silhouette n'est pas tout à fait la même mais en revanche le regard est là.
Quand l'héritier y pense surtout, car les ressemblances sont mentales avant d'être physiques or Alexandre n'avait qu'un an quand son illustre grand-père nous a quittés ; il ne saurait donc se souvenir de lui.

En revanche, il y a fort à parier qu'avant de réaliser ce spectacle, il se soit abreuvé des nombreux films que le grand comédien a tournés. Où aurait-il trouvé cette voix parfois rocailleuse, ce maintien qui rejette le buste en arrière pour mieux dominer la situation ?


Et il n'est de modèle plus prestigieux que celui-là !

 

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( photos : Juliette BRASSEUR )



Chaque soir, du mardi au samedi sur le vaste plateau du Petit Saint-Martin, l'interprète a rendez-vous avec son ancêtre et pour mission de le faire revivre sous nos yeux.

 

Tous les cinéphiles connaissent par coeur " Les Enfants du Paradis " dont on ne saurait se lasser. Pierre Brasseur y campait le personnage de Frédéric Lemaître, autre monstre sacré.

 

J'avais en son temps, dévoré " Ma vie en vrac " et bien évidemment, le livre prêté n'est jamais revenu. Il me fait bien défaut aujourd'hui où j'aurais aimé m'y replonger mais comme Daudet le faisait dire à Frédéri : " j'ai toujours sa voix dans les oreilles " ...

 

Les personnages joués par lui prenaient une dimension exceptionnelle : Raspoutine, Buridan ( pour ne citer que ces deux là ) dès que son nom figurait à l'affiche, je me précipitais.  Ensuite je suis allée le voir et entendre dans " Cher Menteur " la salle était comble mais ayant réussi à me faufiler j'assistai à la représentation debout contre le mur du théatre, parfois sur un pied car me trouvant à l'extrémité du dernier balcon je devais me pencher pour bien le voir et n'aurais certes pas donné ma place pour un empire !

Certains acteurs ont ce pouvoir là et les jeunes générations ne peuvent imaginer l'impact qu'avait cet artiste.

Alexandre Brasseur évoque pour nous la période d'occupation allemande durant laquelle vivre de son art était encore plus difficile que d'habitude. Prévert et Carné ont dû affronter les pires difficultés pour mener à bien leur entreprise. Arletty est évoquée bien sûr, Jean-Louis Barrault n'est pas oublié, lui et son personnage de Debureau car Barrault avant d'être metteur en scène était un grand mime.

Toute une époque renaîtra pour les privilégiés qui iront voir cette pièce et applaudir l'interprète à qui nous souhaitons carrière aussi prestigieuse que celle ici évoquée.



Simone Alexandre

 

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10:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/09/2016

Le voyage en Uruguay de Clément Hervieu-Léger

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LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Vavin ou N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 26€ - T.R. 16 & 21€

- 26 ans : 11€

 

A 21h. du mardi au samedi

 

jusqu'au : 15 OCTOBRE 2016

 

Mise en scène : Daniel SAN PEDRO

 

avec : Guillaume RAVOIRE

 

 

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" Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage …"

 




Notre héros, Philippe est un jeune vacher normand que rien ne prédisposait à vivre une telle aventure. Or un jour, don Hector, riche éleveur uruguayen est arrivé avec la ferme intention de faire l'acquisition de quelques bêtes destinées à enrichir son troupeau. Après avoir parcouru la Normandie, il arrivera à la Ferme Neuve et constatant que sa réputation n'est pas usurpée, choisira trois taureaux et deux vaches afin de renouveler son cheptel.

C'est ainsi que Robespierre, Serpolet, Osiris, Guérilla et Navette seront du voyage accompagnés du jeune vacher, quelque peu perdu à la perspective de cette longue traversée. Celui-ci n'a que 20 ans et n'a jamais quitté sa campagne normande.

 

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( photos : Juliette PARISOT )



Quelle aventure ! …

 

Pas question évidemment d'utiliser l'avion - l'homme et le troupeau emprunteront donc le bateau et la traversée durera 57 jours. D'abord, il a fallu construire de rudimentaires baraquements sur le pont afin d'accueillir les bêtes qui vont devenir l'attraction du navire. Trente passagers dont huit missionnaires essuieront une tempête et Philippe devra assister Guérilla sur le point de vêler. Et un passager en plus, un ! …

Une jeune passagère plait au jeune homme mais malheureusement elle descendra avant lui, le laissant à ses rêves inassouvis …

La casquette résolument vissée sur la tête, Guillaume Ravoire nous entraîne en cette folle équipée. Don Hector qui apprécie les qualités du jeune vacher essaiera bien de le retenir sur place mais en vain. Une fois la mission accomplie Philippe reviendra dans sa campagne normande et racontera plus tard l'aventure à son petit fils lequel émerveillé par cette belle histoire l'a prise en notes au fur et à mesure, ce qui lui permet de nous la restituer.

Belle performance pour le comédien !


Simone Alexandre

 

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14:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/09/2016

LE CID de Pierre Corneille

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THEATRE RANELAGH

 

5, Rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

(M° Passy ou La Muette)

 

 

loc. 01 42 88 64 44

 

Pl. 30 & 35€

 

-26 ans : 10€

 

http://www.theatre-ranelagh.com/

 

Du mercredi au samedi à 20h45

matinées samedi à 15h,

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 15 JANVIER 2017

 

Mise en scène : Jean-Philippe DAGUERRE

 

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avec Alexandre BONSTEIN ou Didier LAFAYE,

(Le Roi Don Fernand)

Stéphane DAUCH (Don Gomez, père de Chimène)

Manon GILBERT (Chimène)

Kamel ISKER ou Thibault PINSON (Don Rodrigue)

Johann DIONNET ou Edouard ROULAND (Don Sanche)

Charlotte MATZNEFF ou Flore VANNIER-MOREAU (L'Infante)

Christophe MIE (Don Arias)

Sophie RAYNAUD (Elvire, gouvernante de Chimène)

Yves ROUX (Don Diègue, père de Rodrigue)

Mona THANAEL ou Maïlis JEUNESSE,

(Léonor, gouvernante de l'Infante)

 

 


"… Qu'il est joli garçon l'assassin de papa ! "
 
   Georges Fourest

 




Monter des classiques en dehors du Théâtre Français a toujours constitué une gageure. Il faut beaucoup d'audace pour se lancer en une telle entreprise. Or la troupe formée par Jean-Philippe Daguerre est jeune, bien décidée à prouver que,

 

- " la valeur n'attend point le nombre des années. "



Ce qui caractérise cette réalisation est le rythme. Deux musiciens donneront la note au démarrage du spectacle et le duel que vont se livrer Chimène et Rodrigue est d'emblée bien réel.

Alors certes, la tragi-comédie voulue par son auteur dérape parfois en direction de la farce épique lorsque - par exemple - nous sommes confrontés à ce Roi-bouffon ( Alexandre Bonstein zézaye en se délectant de façon visible ) mais les comédiens - ici il n'est nullement question de tragédiens - s'efforcent de faire honneur au texte.

Sophie Raynaud joue Elvire de façon bien plus qu'intéressante cette comédienne a de la présence et un sens réel du texte qu'elle maîtrise parfaitement.

Il en est de même pour Edouard Rouland qui interprétait Don Sanche le jour où j'ai vu la pièce. Beau physique et prestance, qualités qui sont également celles de Stéphane Dauch qui joue le Comte et disparaîtra trop tôt, comme chacun sait.

 

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J'ai sciemment voulu mettre en valeur ces rôles qui ne sont pas ceux que l'on évoque habituellement en priorité ( Rodrigue et Chimène ) afin de souligner leur importance dans l'action que ces témoins agissants structurent.

Par ailleurs, dois-je avouer que j'ai un peu moins apprécié les claquements de doigts de Mona Thanaël ( Léonor ) qui oubliait pour cet effet comique qu'elle se trouvait à la Cour d'Espagne et non dans une écurie.

Les duels sont montés de façon remarquable mais je m'étonne toujours de l'absence de fourreaux quand les épées se contentent d'être au repos, simplement accrochées à la hanche.

Sinon les costumes sont beaux - Kamel Isker joue Rodrigue avec fougue et je suis persuadée que les scolaires entreront de plain pied en cet univers et l'apprécieront.



Simone Alexandre

 

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09:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent