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18/05/2016

Anna Karénine (les bals où l'on s'amuse n'existent plus pour moi) d'après Léon Tolstoï

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CARTOUCHERIE -

 

THEATRE DE LA TEMPETE

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

 

(M° Château de Vincennes

puis navette gratuite)

 

Loc. 01 43 28 36 36

 

http://www.la-tempete.fr/

 

Pl. 20€ - T.R. 12 & 15€

 

chaque mercredi : 12€

 

jusqu'au : 12 JUIN 2016

 

Adaptation et mise en scène : Gaëtan Vassart

 

avec : Golshifteh Farahani, Emeline Bayart, Xavier Boiffier, Sabrina Kouroughli, Xavier Legrand, Manon Rousselle, Igor Skreblin, Stanislas Stanic & Alexandre Steiger

 

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( photos : Antonia Bozzi-La Tempête )

 

 


La scénographie conçue par Mathieu Lorry-Dupuy allie tout à la fois élégance et sobriété. Rideau argent aux reflets bleutés en fond de scène, lequel servira de support éphémère à une projection puis en cours de spectacle passera de la couleur argent à l'or et au drapé somptueux, ménageant ainsi l'entrée des personnages. Un lustre impressionnant porteur de multiples bougies sera allumé de façon quasi magique côté jardin tandis que des sièges ressemblant étrangement à des prie-dieu occupent l'espace scénique.

Houleuse scène de ménage entre Daria ( époustouflante Emeline Bayart ! ) et son époux Stépan ( Alexandre Steiger ) pris au piège de son infidélité.
La dame n'a pas la langue dans sa poche et conspue son époux de belle façon !

Il s'agit d'une adaptation et les termes utilisés ne sont pas exactement ceux que Tolstoï aurait mis dans la bouche de ses personnages mais le thème en devient d'autant plus percutant et ces mêmes personnages plus proches de nous.

Stépan a appelé sa soeur Anna ( Golshifteh Farahani ) à la rescousse. Elle vient donc rendre visite au couple. Alors qu'elle descend du train, le Hasard ( notre maître à tous ) lui fera rencontrer Vronski ( Xavier Boiffier ) cet officier qui fera preuve d'une belle générosité à la suite d'un accident survenu dans cette gare,…. présage funeste !

Kitty ( Sabrina Kouroughli ) se considère pratiquement fiancée à Vronski et déchantera cruellement lors d'un bal au cours duquel celui-ci prêtera plus d'attention à Anna qu'à elle.

Lévine ( Stanislas Stanic ) avait quitté son domaine à la campagne pour faire sa demande en mariage à Kitty laquelle n'avait encore d'yeux que pour le bel officier. Le train du destin est désormais en marche …

Gaëtan Vassard a par le biais de cette adaptation voulu cibler la question d'émancipation des femmes, qu'il s'agisse d'Anna, de Daria ou de Kitty, l'histoire individuelle de chacune est ici portée au premier plan. La passion vécue de façon différente par chacune est bien présente, presque palpable et la dimension tragique s'avère évidente.

Le choix de l'interprète principale pourrait de prime abord, surprendre. Nous avions coutume d'imaginer Anna Karénine blonde et slave alors que cette fois, l'élégante jeune femme vient tout droit du golfe persique. Elle nous prouvera tout au long de la pièce et plus particulièrement lors de son monologue de fin qu'elle dira les yeux brillants de larmes, combien ce choix fut judicieux.

Je ne puis décemment vous en dire plus au risque de tout raconter aussi vous conseillerai-je d'aller voir cette pièce qui se donne au théâtre de la Tempête jusqu'au 12 juin prochain, persuadée que vous en reviendrez tout comme moi, absolument ravis par ces 2h 15 de spectacle qui passent à la vitesse grand V.



Simone Alexandre

 

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10:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/05/2016

Les banquiers de Nicolas Haut

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelet-Les-Halles)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Places de 10 à 26€

 

19h30 : jeudi, vendredi, samedi

 

(à partir du 23 juin, le spectacle passe à 21h30)

 

Relâche les 14,15 & 16/7

 

jusqu'au : 3 SEPTEMBRE 2016

 

 

Texte et mise en scène : Nicolas HAUT

 

avec : Matthias Leonhard LANG & Derek ROBIN

 

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Costumes impeccables aux poches bourrées de billets ( ça, c'est pour le fun, l'utilisation de la carte bleue électronique étant devenue prioritaire, à fortiori pour les professionnels ! )

Mais ces deux là jonglent avec l'humour inspiré par le langage des initiés.


" Un banquier, ça peut tout faire "

 

- démonstration à l'appui : peintre, enseignant, clown ( pour les petits népargnants ) - chanteur, boucher, charcutier et même curé !  Qui dit mieux ? …

 

Comme chacun sait, l'argent ouvre toutes les portes. Surtout celles des Paradis fiscaux. Les banques nous braquent - Vous ne le saviez pas ? Alors parfois, certes, un accident peut survenir et un banquier se découvrir une conscience mais cela reste un cas exceptionnel !

 

Le fait est même tellement perturbant que la victime de cet état d'âme devra en référer à un psy afin d'essayer de trouver la solution pour sortir de l'impasse qui déboucherait ( ... ) infailliblement sur la faillite. Le secret bancaire est mort ( nous dit-on ) aussi assisterons-nous à la mascarade de son enterrement.


Vous l'avez compris, ce spectacle composé de sketches dûment ciblés est hilarant au possible. Nos deux recyclés s'en donnent à coeur joie et nous leur emboitons le pas avec un enthousiasme galopant.


L'auteur et metteur en scène, Nicolas Haut sait de quoi il parle et son propos humoristique vise juste.

 

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( photos : Philippe Hondebert )

 


Matthias Leonhard Lang compose ses personnages avec une aisance et un entrain tout à fait sidérant tandis que Derek Robin lui donne la réplique droit dans son costume croisé, plus vrai que nature, illustration fidèle d'un membre de ce secteur

( pour nous incontournable ) auquel nous sommes hélas, ponctuellement confrontés.


En sortant de la salle où le spectateur a enfin trouvé moyen de se défouler mentalement, une envie irrépressible lui vient alors de téléphoner à son banquier pour lui dire : " j'ai pensé à vous, allez-y ! " Sans doute, celui qui s'est laissé convaincre rirait-il jaune ... ( comme Maître Su ) mais quelle satisfaction pour nous tous !

Or quelque soit votre profession, vous êtes obligatoirement concernés, aussi allez-y, je vous promets que vous ne pourrez le regretter, bien au contraire car vous aurez même envie d'y retourner.

 

Tenez, " je vous en fiche mon billet ! " ...

Simone Alexandre

 

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/05/2016

Le Monde d'hier de Stefan Zweig

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75009 PARIS

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

loc. 01 42 65 90 00

 

http://www.theatredesmathurins.com/

 

Pl. 18 à 32€

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

Relâche les 24 & 25 MAI

 

Jusqu'au : 19 JUIN 2016

 

Mise en scène : Jérôme Kircher et Patrick Pineau

 

avec : Jérôme Kircher

 

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Tout d'abord, il convient de rendre hommage à Laurent Seksik lequel à partir des 506 pages de ces Souvenirs d'un Européen a construit cet intéressant monologue. C'était certes une gageure mais l'essentiel y est dit. Nous entrevoyons grâce à lui " Le Monde d'hier " et nous en imprégnions peu à peu.

 

Deux guerres successives ont détruit l'Europe préexistante, mettant à bas un niveau culturel qui avait certes ses défauts mais n'en restait pas moins d'une richesse inégalée. Je veux parler ici de la richesse intellectuelle bien sûr, dont bénéficiait un petit nombre mais qui ne faisait pas encore passer avant tout le pouvoir de l'argent.

 

Quelques grandes figures méritèrent l'admiration de Zweig tels Schnitzler, Rilke ou Freud pour ne citer que ces trois là.

 

Jusqu'à l'arrivée d'Hitler, la pensée unique n'avait pas encore démontré les catastrophiques nuisances dont elle était capable. Or nous savons tous que toute situation excessive engendre fatalement son absolu contraire … Il ne suffit que d'examiner l'époque actuelle pour en être convaincus. 

 

Jérome Kircher nous dit ce texte porté par une sensibilité nerveuse tout en cultivant m'a t-il semblé, une distance que d'aucuns pourraient qualifier de brechtienne. L'espace scénique est nu, juste traversé en fond de scène par un rideau en biais, ce qui crée un effet de perspective dont la symbolique ne saurait nous échapper.

 

Pour accessoires une chaise et un recueil qu'il prendra en mains de temps à autre pour faire diversion, lunettes à l'appui.

Nous bénéficions alors de cette élocution que je qualifierai de particulière … Il ne m'est pas permis de m'étendre sur le sujet puisque c'est la première fois que je vois et entends ce comédien sur scène.

 


Sachez toutefois que des casques audio sont mis à la disposition des spectateurs qui eux, n'entendraient pas bien. Intention très louable du lieu mais démarche assez incompréhensible pour les amoureux de l'art théâtral convaincus que c'est à l'interprète qu'il revient de régler personnellement ce problème. Autres temps, autres moeurs et puisque nous avons quitté le monde d'hier cela nous permet d'avoir recours à la technique quand le besoin s'en fait sentir ...


Ce monologue est programmé chaque soir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 15h, ce jusqu'au : 19 juin prochain.

Simone Alexandre

 

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11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent