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22/03/2007

Cet enfant de Joël Pommerat

Théâtre des Bouffes du Nord
209 rue du Faubourg St-Denis
75010 PARIS
(Métro : La Chapelle (ne pas confondre avec la Pte de la Chapelle)
T. 01 46 07 33 00
www.bouffesdunord.com

Mise en scène : Joël Pommerat
Compagnie Louis Brouillard

du mercredi 21 mars au samedi 14 avril 2007
du mardi au samedi à 21h.
matinée le samedi à 15h.30 - Durée : 1h.10
Relâches les dimanches et lundis.

avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin & Marie Piemontese

Création musicale : Antonin Leymarie, Scénographie & lumières : Eric Soyer
Le texte est édité chez Acte Sud-Papiers.

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photo : Elisabeth Carecchio.

Beaucoup ont à des degrés divers, vécu l'une de ces situations, utilisant alors la crudité des mots pour évoquer la cruauté de situations.
Presque toutes les filles ont - un temps - haï leur mère et l'ont abreuvée - ne serait ce que mentalement - de ces phrases tantôt perfides, tantôt brutales.
Ironie du sort, une mère cela devrait se résumer en une chanson douce pour toutes ces berceuses chargées de tendresse exprimée ou non.
On parle communément de " couper le cordon ombilical " mais parfois cette expression est destinée au père qui assiste incrédule à cette violence, à cet arrachement pour lui inexplicable.
Les enfants sont cruels car ils n'ont pas demandé à venir, parce que la vie leur fut imposée sans consultation préalable et qu'ils doivent faire avec, ce qui explique le taux de suicide parmi les adolescents. Tous ceux qui n'ont pas eu ce courage se réfugient en une salutaire révolte mais parfois, à la longue la lassitude est telle que trouver la force de se lever demande un effort surhumain et puis le relais change de main ...
L'enfant d'hier sera la nouvelle mère, échafaudant déjà les plus ambitieux projets pour son enfant.
Après moult rencontres, Joël Pommerat a illustré ces situations en des tableaux chargés de toute la violence qui est faite à ceux qui, confrontés aux difficultés sont conditionnés, piégés par elles.
Le ton utilisé par les membres de sa troupe est identique à celui que l'on entend dans la vraie vie. L'engagement des comédiens ici présents ne saurait se nommer théâtralité. C'est autre chose, comme une sorte de témoignage à l'état brut.
Ils ont fui toute sorte de sophistication en se voulant vrais jusqu'au dérangement car les questions importantes sont ici posées, les contraintes exposées, les rejets affichés et ces modernes Atrides font mouche !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

LE MONTE PLATS de Harold Pinter

THEATRE ESSAION
6, Rue Pierre au Lard (à l'angle du 24 rue du Renard)
75004 PARIS
M° Hôtel de Ville ou Rambuteau

du 4 avril au 19 mai 2007
du mercredi au samedi à 20h.
relâches les 28 avril & 5 mai 2007
avant première le mardi 20 mars à 21h.30

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Deux hommes dans un sous-sol attendent les instructions d'un troisième et mystérieux personnage qui restera invisible jusqu'à la fin.
Histoire de tuer le temps ... Ben lit un journal sur une couche de fortune tandis que de la sienne, Gus essaie de calmer son angoisse en des tentatives de dialogues qui échouent ou déclencheront l'animosité de l'autre. L' atmosphère est tendue comme une corde. On entend les grincements d' un monte-plats. Sous quel mystérieux restaurant ces deux là sont ils parqués ?
L' un commente les faits divers à mesure qu'il les lit,
- un vieillard a été écrasé par un camion sous lequel il rampait ; situation surréaliste !
- une petite fille de 8 ans a été accusée d' avoir tué un chat alors que c'était son aîné de deux ans qui avait fait le coup ...
Durant ce temps, Gus noue laborieusement les lacets de ses chaussures, se plaint de la malpropreté des draps, pose mille et une questions que le monte-plats viendra ponctuellement interrompre, porteur de commandes intempestives ...
Nous allons découvrir que les deux hommes sont armés et que la raison de leur présence en ce lieu devient de plus en plus claire ...
La précédente mission - puisqu'il s'agit de deux tueurs à gage, on l'a compris - hante encore la mémoire de Gus, une femme en ayant été victime.
Les explosions verbales vont se succèder, Ben jouant les petits caïds voire les tyrans de chambrée vis à vis de son adjoint et ils auront très rapidement l'un et l'autre les nerfs à vif !
Les deux comédiens illustrent de leur mieux ce huis-clos qui se voudrait hermétique, leurs personnages se posant des questions en porte-à-faux.
On se croirait chez Beckett ... La mise en scène est en parfaite adéquation avec le thème mais force est de reconnaître que la violence actuelle n'a plus aucune commune mesure avec celle correspondant à l'écriture de la pièce et notre prix Nobel de Littérature-2005 supporte assez mal l'impact laissé dans les esprits par les réalisations même contestables d'un Quentin Tarantino.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent