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10/02/2016

Nature morte avec sexe d'ange de Maurici Macian-Colet

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet-Les Halles)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Pl. de 10 à 26€

 

Mise en scène : Emilie Le Borgne & Maurici Macian-Colet

 

avec : Xavier Béja, Régis Ivanov, Marilou Mahé, Marie-Véronique Raban et Maxime Vambre

 

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Comme chacun sait, deux moteurs activent le monde, l'argent et le sexe.

 

Concernant le premier cas de figure, tout le monde n'en a pas ou suffisamment. Pour la seconde option, à part les anges … nous en sommes tous nantis, seule l'utilisation diffère. Et là, c'est uniquement un problème de direction et de fréquence 

 

Cette pièce est férocement drôle !

 

Nous sommes dans le cabinet médical d'un urologue expérimenté et quelque peu blasé. L'homme possède une indéniable autorité dont il n'hésite pas à faire preuve face à des patients aussi indécis que complexés.

 

Régis Ivanov prête son imposante stature au personnage en question sa prestation étant alimentée par un formidable timbre de voix, puissant et grave.

 

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( photos : Damien Tramblay )

 

 

Précisément ,voici un homme - jeune - qui arrive

( Langelin : Maxime Vambre ) Or son but n'est pas de se faire examiner. Il déclare vouloir venir en aide à la fille du praticien, citée dans un procès concernant une secte du style Temple Solaire … précise être tout à fait asexué mais s'oppose à toute vérification.

 

Comme les choses vont très vite en ces lieux, les patients étant souvent examinés à la chaîne, un autre homme ne va pas tarder à se présenter. Levert, personnage interprété par Xavier Béja. Il s'agit d'un vendeur d'Encyclopédies lequel a semble t-il rationalisé ses besoins sexuels à raison d'un seul par semaine. Très étonné d'apprendre la médiocrité de cette performance ! On sort parfois plus malade d'un cabinet médical qu'en y entrant …

 

Or cet homme qui fréquente les prostituées, vient d'en rencontrer une, plutôt vieille et curieusement inexpérimentée, ce qui donne un petit aperçu de la catastrophe … Marie-Véronique Raban s'acquitte de ce rôle ingrat avec humour et une maîtrise confondante.

 

Le coeur de l'action est symbolisé par Adélaïde la fille du médecin ( Marilou Mahé ) auprès de laquelle et soi-disant pour la protéger … le père joue les Portier de Nuit. Chacun sait que le sadomasochisme finit souvent très mal.

 

Texte et situations grincent bien et les spectateurs s'amusent beaucoup. Je n'ai pas fait exception à la règle, loin de là !  Voici une pièce atypique, bien jouée et menée rondement. Elle mérite donc d'être vue par le plus grand nombre mais comme cela se termine le 13 février, faites vite !

 

Simone Alexandre

 

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13:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/02/2016

La chambre de Milena texte de Filip Forgeau

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Théâtre de l'Atalante

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

(M° Anvers)

 

Loc. 01 46 06 11 90

 

Pl. 20€ - T.R. 8 à 15€

 

http://www.theatre-latalante.com/

 

A 20h30, mercredi, Vendredi, lundi

 

à 19h, jeudi & samedi

 

à 17h. le dimanche

 

 

Du 5 au 22 FEVRIER 2016

 

 

Texte et mise en scène : Filip Forgeau

 

avec Soizic Gourvil

 

et la voix de Daniel Mesguich

 

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Il est rare que les jeunes filles ne rêvent d'un prince charmant. Pour Milena, c'est Franz qui à ses yeux, incarne ce personnage mythique.

 

Nous la découvrons engageant un dialogue imaginaire avec lui. Pour l'amoureuse éperdue la distance n'existe pas, ni le Temps, vie et mort font partie de la même éternité.

 

La jeune femme rêve enfouie sous sa couette couleur de passion. Cette chambre sera donc l'écrin de ce dialogue imaginaire … L'endroit est apparemment situé dans ce que l'on appelait jadis " les combles " car une fuite venue de la toiture égrène les gouttes de pluie dans une bassine, telle une horloge dont les minutes tombent une à une inexorablement.

 

A l'intérieur, la paix règne encore mais dehors ? … la guerre approche et parfois un avion déchire le ciel, porteur de menaces qui se veulent de plus en plus précises. Car cette rêveuse a plus que tout autre le sens des réalités. " Rien n'a jamais été gratuit et rien n'a jamais coûté autant de sang que la liberté des hommes " dira t-elle.

 

Si romanesque soit-il, l'échange qu'elle entretient avec Franz constitue également un bilan de la situation. L'état du monde est rarement au beau fixe et à cette époque, encore moins !

 

Avec la légèreté d'un oiseau, Solzic Gourvil de sa voix claire évoque ces temps maudits tandis que la tranquillisante, chaude et sensuelle voix de Daniel Mesguich lui donne la réplique.

 

Milena  Jesenskà fut un temps la traductrice de Kafka pour lequel elle brûlait d'un amour passionné. L'Histoire commet souvent des injustices car elle n'a peut-être pas - sans doute même - la notoriété qu'elle mérite. Disons que Max Brod lui a fait écran. Ce sont hélas des choses qui arrivent ...

 

Franz Kafka disparaîtra en 1924 tandis que Milena Jesenskà lui survivra durant 20 longues années de lutte intense pour finir ses jours bien trop tôt à Ravensbrück. (elle n'avait que 48 ans) 

 

Filip Forgeau vient de les réunir en plaçant cette femme exceptionnelle en pleine lumière afin que justice lui soit rendue.

 

Simone Alexandre

 

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16:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/02/2016

Poignard de Roberto Alvim

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Théâtre de Belle Ville

 

94, rue du Faubourg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

loc. 01 48 06 72 34

 

Pl. de 10 à 25€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

A 21h15 du mercredi au samedi

 

Dimanche à 20h30

 

du 27 JANVIER au 14 FEVRIER 2016

 

 

Mise en scène : Alexis Lameda-Waksmann

 

 

 

avec : Adrien Gamba-Gontard, Benjamin Tholozan, Majid Chikh-Miloud, Célia Catalifo, Rachel André, Julien Urrutia, Guillaume Perez & Claire Lemaire.

 

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M.I.A.O.U !  ( cri du chat qui se mord la queue ) -

 

C'est également le nom de la compagnie théâtrale qui nous propose ce " POIGNARD " ajoutant en sous-titre à la pièce : " Il faut parfois se servir d'un poignard pour se frayer un chemin " ( sic )

 

J'ai surtout eu l'impression que cette bande de joyeux drilles utilise volontiers vidéos et micros pour faire passer le message mais c'est dans l'air du temps, allez vous dire ? ...

 

Le thème - lui aussi - est d'actualité ( hélas ) puisqu'il est question de terrorisme et de manipulation émanant du Pouvoir en place. Or ce n'est pas nouveau, nous avons connu Action Directe, la Bande à Baader, les Brigades Rouges et tous ces mouvements inspirés par une idéologie radicale ont fini de manière identique.

 

Eternelle histoire du pot de terre s'opposant au pot de fer ! Les dés sont par avance pipés. Il faut donc une grande naïveté pour se lancer en pareille entreprise or les illusions ont la vie dure.

 

Une promesse de célébrité ? ... Il n'en faut pas plus pour vendre son âme au diable ! Cela aussi n'est pas nouveau.

 

Quand la pièce commence avec en fond sonore un patchwork d'enregistrements destinés à nous plonger dans l'action, les acteurs effectuent ( en direct ) des exercices d'assouplissements, un peu à la façon dont les chanteurs d'opéra se chauffent la voix avant de monter sur scène.

 

" Nous avons besoin d'un nouvel ennemi " déclarera l'un de ceux qui détiennent le Pouvoir et veulent à tout prix le conserver. Cynique mais bien observé car lorsque les ennemis n'existent pas on les invente, on en crée de toutes pièces avec la ferme intention de les éradiquer le moment venu.

Forcément alors, ce que l'on désigne sous le terme de " dégâts collatéraux " risque de répondre " présent "  à l'appel ! 

 

C'est ainsi qu'un père un peu trop machiavélique devra faire le deuil de sa fille qui, sans ses manigances aurait peut-être continué à vivre ?

Du moins, un peu plus longtemps ...

 

Vous l'avez compris, la pièce constitue un réel coup de poignard donné aux consciences. ( à supposer que les hommes politiques en aient une : ce dont il est permis de douter.)

 

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Bien que constituant un formidable " fourre-tout "

( là, je pense plus précisément à cette scène de télé-réalité ) cette pièce est à voir, car son but est bien de dessiller nos yeux, nous qui trop souvent préférons ne rien voir, ne rien entendre et surtout ne rien comprendre afin de poursuivre notre chemin en toute quiétude.

 

Si vous êtes intéressés, faites-vite car le spectacle n'est programmé que jusqu'au 14 février.

 

Simone Alexandre

 

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14:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent