Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/01/2016

Médiation de Chloé Lambert

aff.Mediation.jpg

 

POCHE MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 35€ - T.R. 28€

 

A 21h. du mardi au samedi

 

A 15h. le dimanche

 

Mise en scène : Julien Boisselier

 

avec : Raphaëline Goupilleau, Chloé Lambert, Ophélia Kolb et Julien Boisselier

 

Mediation-Poche.jpg

 

Dans tous les domaines, l'incompréhension mène au divorce. Nul besoin d'être mariés pour cela. Chacun repart alors de son côté et le tour est joué.

 

La situation se complique quand il y a des témoins et a fortiori, un enfant qui ne peut que se transformer en victime. Archimède n'est pas encore en âge de dire : " eurêka " puisque le petit bonhomme, objet du conflit n'a que 3 ans, ce qui ne l'empêche nullement de ressentir les choses …

 

Ce choix du prénom est déjà symptomatique puisque révélant une certaine irresponsabilité parentale. Essayez de traîner un prénom comme celui-là pendant tout une vie ! Il pourra plus tard en changer mais en attendant …

 

Pierre et Anna les géniteurs sont désormais à couteaux tirés. Situation banale allez-vous dire en la société actuelle ! Le fait s'est même tellement généralisé que l'on a créé des cellules de médiation …

 

Voilà donc le couple encadré si l'on peut dire par deux femmes dont on découvrira rapidement qu'il s'agit de la mère et de la fille (non dénuées de problèmes également).

 

face-a-face.jpg

( photos : Brigitte Enguerand )

 

 

Pierre ( Julien Boisselier) est souriant. Un peu trop même car cela en devient agaçant - son personnage, pas lui, bien sûr !

 

Anna (Chloé Lambert) est quant à elle, très énervée et presque toujours au bord des larmes. Pourtant ce n'est visiblement pas une victime et certains n'en doutons pas iront sans doute jusqu'à la classer dans le camp des enquiquineuses. (une femme qui a du caractère n'en est elle pas toujours une ? ...)

 

Comme cette pièce écrite par Chloé Lambert est avant tout une étude de caractères, les deux médiatrices ne manquent pas de piquant !

 

Raphaeline Goupilleau est Isabelle et dès l'introduction, les spectateurs ont reconnu sa voix et sa diction caractéristiques. C'est la femme d'expérience chargée de mener à bien ladite médiation. Son assistante répondant au doux nom de Jeanne (ce qui plait beaucoup à Pierre ) fait ici ses premières armes en ce métier difficile, rôle incarné par Ophélia Kolb.

 

Alors certes, ceux qui vont au théâtre pour y puiser - peut-être - des solutions aux problèmes rencontrés dans la vie seront ravis de la tournure des événements.

 

Les autres, plus attirés par le dépaysement voir l'onirisme apprécieront peut-être moins  ? Tout est affaire de sensibilité et d'expérience personnelle.

Aussi me garderai-je de prendre position, me contentant de vous conseiller d'aller voir la pièce en vous laissant porter par elle et sans nul doute captiver par ces quatre irréprochables comédiens.

 

Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/01/2016

Andorra, autopsie d'une haine ordinaire de Max Frisch

aff.Andorra.jpg

 

THEATRE 13 / SEINE

 

30, rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

 

(M° Bibliothèque François Mitterrand)

 

 

loc. 01 45 88 16 30

 

http://www.theatre13.com/

 

Pl. 26€ - T.R. 17€

 

13€ le 13 de chaque mois.

 

A 20h du mardi au samedi

 

A 16h le dimanche

 

Durée 1h55 sans entracte

 

jusqu'au : 14 février 2016

 

Mise en scène : Fabian Chappuis

 

avec : Alban Aumard (le docteur) - Anne Coutureau (La Senora) - Romain Dutheil (Andri) - Stéphanie Labbé (l'aubergiste) - Hugo Malpeyre (le soldat) - Laurent d'Olce (le maître d'école) - Loïc Risser (le prêtre) - Marie-Céline Tuvache (la mère) - Elisabeth Venture (Barbeline) - Eric Wolfer (le menuisier)

 

 

andorra-2.jpg

 

Située dans le contexte actuel, cette pièce entraîne un indéniable écho puisque c'est le problème de la différence qui se pose ici. Peu importe finalement que Andri soit juif, arabe ou homosexuel (ce qui n'est pas le cas) c'est quelqu'un qui ne ressemble pas aux autres et qui, loin d'en tirer orgueil sera complexé puis rejeté en attendant le pire …

 

L'humanité n'aspire qu'au nivellement et à la ressemblance - tout ce qui s'en écarte l'inquiète.

Il en fut toujours ainsi et hélas, ce n'est pas près de changer. Max Frisch n'aborde pas seulement ici le problème de la différence et du rejet de l'autre mais également celui du mensonge. Combien de couples infertiles ont-ils adopté d'enfant (s), se refusant à avouer la vérité et reportant l'aveu de jour en jour, d'année en année ? …

 

Ici, c'est l'inverse qui s'est produit mais les conséquences n'en seront pas moins désastreuses.

 

Un homme instituteur de son état, a eu une liaison jadis avec une femme appartenant à un pays ennemi. (beaucoup de faits similaires se sont produits durant les années 40) les problèmes liés à la naissance d'un fils ont fait que l'enfant fut élevé par le père qui - pour masquer la vérité - s'est vanté d'avoir adopté un enfant juif. Le jeune homme traîne cela comme un boulet d'autant qu'il est tombé amoureux de sa soeur théorique (du moins le croit-il) laquelle partage ce sentiment. Puisqu'il n'est qu'adopté, où est le drame ? Juste quelques difficultés administratives auxquelles visiblement il ne pense pas. Il avouera donc son amour au père et son intention d'épouser celle qu'il aime.

 

Andorra-couple.jpg

 

Tout alors va basculer. Une terrible et multiple analyse de caractères nous est ici fournie allant du médecin (l'est-il réellement ?) lequel se fait appeler " professeur " et se vante (décidément) d'avoir bourlingué un peu partout avant de revenir au pays ; jusqu'au menuisier qui refuse d'apprendre le métier à ce jeune sous prétexte que son origine le destine au commerce, sans oublier le soldat brutal et fruste qui lui aussi a jeté son dévolu sur la jeune fille (Barbeline) laquelle symboliquement repeint les murs en blanc alors que certaines taches ne s'effacent jamais.

 

Andorra-1.jpg

(photos : Bastien Capela)

 

Ne croyez pas pour autant que la pièce soit noire car il se passe exactement les mêmes choses que dans la vraie vie, à savoir mille et un rebondissements. Le spectateur passe donc de l'inquiétude à l'humour, de la compassion à l'espoir, bref c'est une pièce belle et forte qu'il est amené à voir et entendre là par le biais d'une mise en scène tout à la fois moderne et efficace, portée par des comédiens convaincus. Au final, une paire d'heures que l'on ne voit pas passer.

 

Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

11:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/01/2016

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard

aff.wittgenstein.jpg

 

 

THEATRE DE L'ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Anvers)

 

 

Loc. 01 46 06 11 90

 

 

http://www.theatre-latalante.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 12 & 15€

 

les lundi, mercredi & vendredi à 20h30

 

les jeudi et samedi à 19h

 

dimanche à 17h

 

Relâche exceptionnelle le 21 janvier

 

Représentation supplémentaire le dimanche 31 janvier à 20h30

 

jusqu'au : 1er FEVRIER 2016

 

 

Traduction : Michel Nebenzahl

 

Titre original de la pièce : Ritter, Dene, Voss

(en hommage aux trois acteurs allemands)

 

Mise en scène : Agathe Alexis

 

avec Yveline Hamon, Agathe Alexis et Hervé Van Der Meulen

 

dejeuner-1_modifié-1.jpg

                    ( photos : Nathalie Hervieux )

 

Génie et folie vont souvent de pair.

 

N'était-ce pas le cas de Nietzsche ou d'Antonin Artaud, pour ne citer que ces deux-là ? …

Il est vrai que parfois les proches voient du génie où il n'y en a pas, tout simplement parce que le fait les revalorise, du moins voudraient-ils le croire. Appartenir à une riche famille créé des privilèges mais également des obligations car c'est une forme de standing à préserver.

 

Dene et Ritter sont comédiennes ou prétendent l'être quand la fantaisie les prend puisque les moyens leur en sont fournis. Donc, elles jouent petits ou grands rôles à espaces plus ou moins réguliers … Le reste du temps, elles rendent visite à leur frère Ludwig interné à Steinhof.

 

Précisément, ce dernier vient de sortir sur les instances de Dene, la soeur aînée qui voue à ce frère pour le moins spécial, une réelle idolâtrie.

 

La cadette Ritter,  se veut plus lucide et désapprouve la démarche en attendant de se faire piéger, elle aussi quand le phénomène en question sera là.

 

Le personnage masculin symbolise sans nul doute, ce que Thomas Bernhard aurait pu devenir s'il s'était - disons … laissé aller. Les violences du frère tout à la fois aimé et haï par ses soeurs qui en sont victimes ont bien des accents bernhardiens.

 

dejeuner-2_modifié-1.jpg

 

Personne n'est épargné, ni la famille bien sûr, ni les médecins, ni les peintres, tous déclenchent ses foudres. Cet être asocial au possible utilise la philosophie qui lui permet de soliloquer tout en suscitant l'admiration de ceux qui ne comprenant pas se réfugient dans l'extase. Il les ruine pourtant mais liens du sang oblige !

 

De même que l'auteur du fait de sa lucidité s'embarrasse peu de nuances, les spectateurs quant à eux adorent ces textes ou ne peuvent les supporter car Thomas Bernhard met tout le monde en cause puisque la détestation de ce misanthrope va bien au delà du peuple allemand.

 

Les comédiens qui ont le privilège de jouer ce théâtre peuvent alors s'en donner à coeur joie car du fait de ces subtiles outrances ... il leur est permis de se surpasser.

 

Agathe Alexis, (Ritter, la soeur cadette) - Yveline Hamon (Dener, la soeur ainée) et Hervé van der Meulen, Voss, le frère autrement dit : Ludwig rivalisent de talent pour illustrer leur personnage respectif.

 

Pour le public venu en toute connaissance de cause, c'est un pur régal car la pièce est âpre, férocement drôle, ce à un stade de jubilation extrême et pour tout dire, à ne surtout pas laisser passer ! 

 

Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

09:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent