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05/04/2016

Jean Paul II Antoine Vitez, rencontre à Castelgandolfo de Jean-Philippe Mestre

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, Rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

(M° St Georges)

 

loc. 01 48 74 76 99

 

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Pl. 24 & 28€

- de 26 ans : 10€

 

du mardi au vendredi à 19h

le samedi à 18h.

 

Mise en scène : Pascal Vitiello

 

avec : Bernard Lanneau et Michel Bonpoil

 

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( photos Lot )

 

Une partie des chrétiens dits de gauche, a cru se retrouver dans le communisme à une certaine époque. Après s'être détournés de l'église, ils ont pensé renouer ainsi avec le principe de partage qui semblait avoir été oublié par ceux qui prétendaient se référer aux Ecritures …

Tout en se déclarant profondément athée, Antoine Vitez faisait preuve d'une indéniable culture judéo-chrétienne, sans doute plus approfondie qu'elle ne l'est chez la plupart des croyants. Mais il avait beaucoup de reproches à adresser au représentant de l'église apostolique et romaine en fonction de tout ce passé d'intolérance : " hors l'église point de salut "  ( croisades, Inquisition, persécutions, sans parler de ce luxe ostentatoire qui par rejet fut à l'origine de la religion réformée.)

Jean-Paul II, lui répondra avec une habileté non dénuée d'humour mais tout au long de l'échange, chacun suivra sa route sans jamais en dévier. Chaque reproche déclenchera une objection et le spectateur assistera de façon jouissive à cette joute verbale où personne ne doit être vainqueur puisque la sincérité et le niveau d'intelligence sont ici équivalents.

Cet entretien quelque peu remanié - ( pour les besoins de la cause ) eut réellement lieu à Castelgandolfo en 1988, à l'issue d'une représentation du Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc de Charles Péguy. ( Antoine Vitez venait d'être nommé Administrateur du Théâtre Français.)

Nous savons tous que Jean-Paul II était bien plus qu'un amateur de théâtre puisqu'il avait failli devenir lui-même acteur et Antoine Vitez ne manquera pas de lui faire observer qu'il en restait encore quelque chose …

En fait le religieux et le laïque ont ici même but, accéder à cette transcendance dont la vie de chaque jour semble être dépourvue.
- " On ne peut aller vers le théâtre que si l'on a faim "
et la démarche vers Dieu est identique.

Ce débat nous intéresse tous ( même ceux qui prétendent le contraire ) et il se situe avec eux au plus haut niveau. Aussi, pardonnez cette plaisanterie mais si vous ne voulez pas mourir idiots, hâtez vous de l'aller entendre. Vous choisirez certes le camp qui vous convient le mieux mais vous n'aurez pas perdu votre temps puisque texte et comédiens sont bien plus qu'intéressants.



Simone Alexandre

 

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11:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/04/2016

Le projet Poutine de Hugues Leforestier

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Théâtre des BELIERS parisiens

 

14bis, rue Sainte Isaure

 

75018 PARIS

 

 

(M° Jules Joffrin)

 

loc. 01 42 62 35 00

 

http://www.theatredesbeliersparisiens.com/

 

Pl. 26€ - T.R. 18€

 

- de 26 ans : 10€

 

 

jusqu'au : 12 JUIN 2016

 

 

Mise en scène : Jacques Décombe

 

avec : Nathalie Mann & Hugues Leforestier

 

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La projection d'une immense manifestation envahit le grand écran situé en fond de scène. Quand la population russe déferle dans les rues, le résultat est impressionnant !  Trois jours que cela dure … Etonnant, non ?   

En fin stratège, Vladimir Poutine subodore qu'il y a quelqu'un derrière tout cela et que mieux vaut utiliser la persuasion que la force, quand on n'a pas affaire à un ennemi de l'extérieur.

Une femme qu'il connaissait très bien pourtant s'est jadis opposée à lui. Elle et sa famille furent exilés en Sibérie et il vient précisément de la convoquer afin de déjouer les souhaits, les espoirs et peut-être les plans de cette opposante avérée.
 
N'ayant pas oublié son métier de Procureur Général, elle passe immédiatement à l'attaque et l'homme lui oppose un calme assez sidérant. Car enfin, qui possède le Pouvoir, elle ou lui ? …

Nous allons découvrir un Vladimir Poutine bien différent du portrait dressé communément par les médias occidentaux. Certes, l'homme n'est pas irréprochable et il le sait mieux que tout autre mais quoiqu'il ait fait ou fera, il lui est toujours loisible de se justifier en disant : " J'ai rendu sa fierté à la Russie. "

C'est même pour cela que la majorité des russes continuent

( nous dit-on ) à lui faire confiance.


Elections truquées ? ... Svetlana l'affirme, elle qui rêve de traduire celui qu'elle déteste passionnément devant le tribunal international de La Haye.

Elle rappellera le massacre des tchétchènes ; nous savons pourtant que les torts étaient partagés ( se souvenir de la prise d'otages en ce théâtre de la Doubrovka en 2002 ) mais ce n'était il est vrai, qu'en réaction à ce qui avait préexisté ; quand deux ethnies s'opposent la responsabilité des drames existe forcément de part et d'autre.

 

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( © Béliers Parisiens )

 



Hugues Leforestier dresse un bilan en essayant de ne rien omettre ni sur le plan  des responsabilités ni sur celui des justifications. La dernière phrase explique tout et je vous laisse la découvrir sur place ...

L'auteur qui interprète également le personnage-titre joue la carte de la mesure et de la lucide conviction.  L'original étant toujours en place, la tâche était rude mais il parvient parfois à créer l'illusion que c'est le vrai Poutine que nous entendons.

Nathalie Mann lui donne la réplique en actrice rompue au rythme cinématographique ou télévisuel et c'est peut-être dommage car il m'a semblé que le soir où j'assistai à la représentation, elle avait tendance à bouler le texte.

Il est vrai que son personnage n'est que de passage …

Svetlana repartira en Sibérie tandis que Poutine s'incrustera un peu plus dans la direction de l'Etat, ce par tous les moyens, justifiables ou non.

La pièce est au théâtre ce que la nouvelle est au roman, un condensé habile et instructif. Ceux qui seraient intéressés par la lecture du texte peuvent se le procurer sur place avec en prime, la dédicace de l'auteur.

 

Puisqu'il est là, autant en profiter !



Simone Alexandre

 

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10:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/03/2016

Un stylo dans la tête de Jean Dell

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MONTMARTRE GALABRU

 

4, rue de l'Armée d'Orient

 

(face au 53, rue Lepic)

 

 

75018 PARIS

 

 

(M° Blanche)

 

loc. 01 42  23 15 85

 

http://theatregalabru.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 10€

 

jusqu'au : 3 MAI 2016

 

Mise en scène : Marc Rizo

 

 

avec : Sandra de Jesus, Winnie Dhenin, Stéphanie Genvrin, Rémi Johnsen, Omar Mebrouk, Geoffrey Morhmann

 

 

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Une femme, un canapé et une bouteille qu'elle vide consciencieusement car c'est visiblement dramatique d'être l'épouse d'un auteur  … Mais le voilà qui arrive en retard comme d'habitude ( ? ) et uniquement préoccupé de la réception de ses mails … Adeline lui rappelle qu'ils ont des invités et que ceux-ci ne devraient pas tarder à être là, d'autant que ( soit dit en passant … ) c'est lui qui les a convoqués.

Peu lui chaut, car ce qui lui importe dans l'immédiat est la réponse consécutive à l'envoi de son dernier manuscrit.

Tout le reste peut attendre ! Et voilà que cette invention du diable ( entendez internet ) est débranchée … Discussion entre les deux époux, Adeline ne trouvant pas génial le fait de s'être inspiré de la vie de leurs proches amis pour alimenter le contenu de sa dernière pièce. D'autant que visiblement, personne n'est épargné.

A ces remarques, Victor objectera que lorsque Zola écrivit les Rougon-Macquart, il ne s'y prit pas autrement et beaucoup d'autres ont fait de même avant et après lui.

Un exemple : en remontant le plus loin possible, si les hommes préhistoriques n'avaient pas observé les mammouths, les célèbres fresques de la grotte de Lascaux n'auraient jamais existé. Argument imparable !

Les invités-amis vont arriver un à un, nous allons faire leur connaissance tandis qu'eux vont découvrir ce qui les attend.

( Une belle " soupe à la grimace " va leur être servie. )

Chacun sait que le portrait s'arrête là où commence la caricature, ce sera rapidement l'opinion de chacun puisque personne ne se voit tel qu'il est.

 

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Théâtre dans le théâtre : commençons par l'épouse qui va se retrouver muette et femme trompée ( le terme " cocu " s'appliquant uniquement aux hommes ) Cela dit, en douce … elle lui rend bien la monnaie de sa pièce puisque Victor qui se croyait très malin précipitant en imagination son épouse dans les bras de son ex - histoire de corser l'action - ne croyait pas si bien dire !

Beau couple de névrosées que ces deux soeurs : Karen qui gavée de tranquillisants depuis des années suit une psychothérapie aux effets pour le moins aléatoires et Olga, l'emmerdeuse de service, frustrée par sa vie de femme et de comédienne, cultive l'agressivité en aggravant son cas.

N'oublions pas les hommes : Raoul, homosexuel notoire, galiériste mondain ( forcément ) et Raphaël - l'ex, toujours d'actualité - en dépit de son obscur destin à la C.A.F, lequel passe aux yeux de presque tous pour le demeuré de service.

Beau portrait de famille ! 

Je vous laisse découvrir la suite bien entendu.
Les comédiens s'amusent comme des fous et le public s'esclaffe à tout bout de champ. C'est du théâtre de boulevard, pur jus et les spectateurs friands de ce mode d'expression ne seront pas déçus. Qu'on se le dise !



Simone Alexandre

 

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11:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent