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02/02/2016

Le journal d'un fou de Nicolaï Gogol

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GUICHET MONTPARNASSE

 

15, rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 43 27 88 61

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Pl. 10€ - T.R. 15€

 

A 20h30 : vendredi & samedi

 

A 16h30 le dimanche

 

jusqu'au : 20 MARS 2016

 

Mise en scène : Bruno DAIROU

 

avec Antoine ROBINET

 

 

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Chez tout diariste impénitent, un fou sommeille et pourrait bien se réveiller un jour.

Inadaptation à la vie, à son métier, à son époque ? ... En ce cas, l'écriture sert d'exutoire ( de garde-fou précisément ) mais elle peut aussi devenir le toboggan sur lequel l'esprit dévale ! ...

 

La solitude fait parfois voir des choses qui n'existent pas comme ces oasis surgissant aux yeux de l'égaré dans le désert. L'homme repu de silence finit par entendre les chiens parler le langage humain.

 

Cet obscur petit employé de l'administration tsariste baptisé pompeusement " conseillé titulaire " alors qu'il passe le plus clair de son temps à tailler des plumes d'oie, en est arrivé là.

Le bureau de son supérieur hiérarchique est envahi de livres rédigés en français ou en allemand, ce qui l'impressionne beaucoup. En outre, il est tombé amoureux de la fille de ce dernier laquelle semble ne pas le voir, ce qui parachève la cruauté de son état.

 

Homme jeune en toute possession de ses moyens physiques et a priori ( … ) intellectuels, il sait que son existence est d'ores-et-déjà ratée, faute d'avoir eu un bon départ. Ses vêtements sont usés jusqu'à la trame et bien entendu, il est toujours célibataire.

 

Certains, frustrés, mécontents de leur sort, bâtissent pour se consoler des châteaux en Espagne, lui, va carrément se prendre pour l'héritier du trône ce qui débouchera sur d'irrémédiables conséquences ... mais quel beau rôle pour un comédien !

 

Antoine Robinet prend la gestion de son personnage à bras le corps. Tantôt raisonneur, faussement calme, parfois emporté mais jamais résigné il nous fait découvrir les méandres de cet être malmené par le Destin.

 

Au rythme du texte vient parfois s'ajouter une bande son qui souligne les rebondissements imprévisibles de l'esprit. Une envoûtante slavitude s'installera au moment où nous entendrons cette chanteuse russe dont l'intervention est tout à la fois discrète, en contrepoint mais bouleversante.

 

Ce monologue est à découvrir ou revoir, ce que je fis

( bis repetita placent : " il faut profiter des bonnes choses et reprendre de ce qu'on aime " ) aussi allez-y nombreux car interprète

( Antoine Robinet ) et metteur en scène

( Bruno Dairou ) le méritent bien.

 

Simone Alexandre

 

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13:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/01/2016

Revenez demain de Blandine Costaz

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Théâtre du Rond-Point

 

2bis, av. Franklin Roosevelt

 

75008 PARIS

 

 

(M° Franklin Roosevelt)

 

loc. 01 44 95 98 21

 

http://www.theatredurondpoint.fr/

 

Pl. 30€ - T.R. de 11 à 26€

 

 

Salle Jean Tardieu

 

A 21h. du mardi au samedi

 

A 15h30 le dimanche

 

( Relâche le 2 février )

 

 

Du 27 Janvier au 21 Février 2016

 

 

Mise en scène : Laurent Fréchuret

 

Avec Marianne Basler et Gilles Cohen

 

 

Tout le monde a subi ou subira un ou plusieurs entretiens d'embauche … Situation inconfortable au possible à l'issue de laquelle le demandeur se voit souvent répondre : " on vous écrira. " 

 

Ici, c'est légèrement différent puisque celui qui est investi de tous les pouvoirs, va curieusement et à plusieurs reprises, mettre fin à la rencontre par un surprenant, " revenez demain."

 

Situation hautement surréaliste  !

 

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Comment s'étonner alors que la postulante qui, dès le départ ne manquait pas d'arguments, acquière peu à peu l'assurance lui permettant de jouer sur un pied de presque égalité avec cet improbable collaborateur ? 

 

Bénéfice t-elle réellement de cette expérience qu'elle prétend posséder ?  Pour le savoir, il va donc lui tendre quelques pièges et le classique petit jeu du

" cours après moi que je t'attrape " s'exercera, battant en brèche tous pronostics. 

 

Quelques projets de déplacements en commun seront évoqués alors que Lucie avait bien indiqué être mère de famille en instance de divorce ...

 

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Puis nous quittons brusquement la sphère commerciale pour rejoindre la sphère privée et là, constatons qu'Antoine ( le mari ) ressemble étrangement au directeur d'embauche … Où se situe l'exacte vérité ? 

 

Le spectateur hésite à déterminer vécu et fantasme, à choisir entre chocolat et révolver.

( ceux qui iront voir la pièce comprendront  … ) 

 

Le décideur semblait aussi indécis que l'époux et bien que Claire affirme que généralement c'est elle qui tranche, la réalité peut ici, devenir tout autre.

 

Voilà une pièce plus qu'intéressante ... jouée avec maestria par Marianne Basler, à laquelle Gilles Cohen donne la réplique en mettant sa partenaire loyalement en valeur.

 

Si je puis vous donner un conseil : allez-y accompagné (e) car il serait dommage de se priver de la quasi obligatoire discussion qui s'ensuivra, le décryptage pouvant s'exercer de façon aussi variée que différente.

 

Simone Alexandre

 

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15:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/01/2016

Lapidée de Jean Chollet-Naguel

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Comédie BASTILLE

 

5, rue Nicolas Appert

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Richard Lenoir)

 

 

loc. 01 48 07 52 07

 

 

http://www.comedie-bastille.com/appert/

 

Pl. 27 & 32€

 

- 26ans  : 10€

 

A 19h.30 du mardi au samedi

 

A 15h le dimanche

 

Texte, mise en scène et lumières,

Jean Chollet-Naguel

 

avec : Nathalie Pfeiffer, Pauline Klaus et Karim Bouziouane

 

voix off : Roland Giraud

 

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La lapidation, cette " justice d'abattoir " disait Eschyle - ce qui prouve que cet effroyable mode d'exécution ne date pas d'hier !

Expliquer pourquoi il perdure au 21 siècle n'est pas aisé mais constitue pourtant la triste réalité en certains pays dont l'énumération nous sera faite en fin de spectacle.

 

Car il s'agit ici d'un rude, lucide et beau texte qui relate ce qui pour nous, occidentaux correspond à de la barbarie pure et simple. Il n'est pas rare que des couples mixtes ( ou pas ) adoptent ce genre de comportement. Dans les pays méditerranéens c'est l'homme qui décide de tout. D'abord le père, puis les frères et enfin l'époux.

 

L'action se situe au Yémen où Aneke jeune femme hollandaise a suivi son mari dans le pays d'origine de ce dernier, après avoir étudié la médecine avec lui à Maastricht.

 

Deux filles sont nées de cette union et bien entendu Abdul - fidèle aux traditions - veut absolument avoir un fils. C'est là que le désaccord va s'installer entre eux deux. Sans doute que les choses se seraient passées différemment en Europe mais sur place, c'est la Charia qui prime et une femme doit obligatoirement obéir à son époux.

 

Pour l'avoir contredit en public, Aneke sera enfermée à la cave et par le biais d'une sordide machination, les Sages ( sic ) du pays décideront de son sort.

 

La soeur d'Abdul, Nouria fait preuve d'intelligence et de compassion mais que peut-elle contre tous ? ...

 

Nathalie Pfeiffer apporte une dimension tragique à ce personnage qu'elle incarne avec sobriété et grandeur. Pauline Klaus ( Aneke ) nous bouleverse tandis que Karim Bouziouane ( Abdul ) nous indigne, bien sûr.

Il est rare que le spectateur oublie tout à fait qu'il est au théâtre et c'est pourtant le cas ici.

 

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( photos : Ludovic Lisee )

 

 

En attendant que la peine de mort soit interdite sur tout le globe ( ce qui hélas n'est pas pour demain ) il est indispensable d'aller voir cette pièce, témoignage-dénonciateur de ce qui se passe sous d'autres cieux.

 

Simone Alexandre

 

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10:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent