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23/02/2016

Féline, je ne lâcherai rien de Laura Mokaiesh

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AKTEON THEATRE

 

11, rue du Général Blaise

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

loc. 01 43 38 74 62

 

http://www.akteon.fr/

 

Pl. 18€ - T.R. 12 & 14€

 

les vendredi et samedi à 21h30

 

jusqu'au : 19 MARS 2016

 

Mise en scène : Mathieu Farhi

 

avec : Marie-Emilie Michel en alternance avec Delphine Alexandre, Christelle Beausire, Laura Mokaiesh et Sébastien Martin.

 

 

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" A l'ombre des jeunes filles en fleurs … "

 

A l'heure où les fantasmes sont l'ébauche de la réalité à venir ( celle dont on rêve, du moins ) quand l'Amour est au stade expérimental, car vouloir être une femme libérée n'est nullement synonyme de femme comblée … ces trois jeunes personnes s'interrogent avec hardiesse.

 

Attirance rime avec errance quand les repères anciens volent en éclats ! Au baiser juvénile, les lèvres semblables attirent et rassurent, tandis que le mâle tapi derrière ce lourd rideau au drapé couleur de sombre verdure offre un bras tentaculaire et zébré, prêt à enserrer ces corps frémissants d'appréhension craintive.

 

Cette " manifestation poétique pour l'expression des aspirations intimes " ( fin de citation ) correspond en clair à l'extériorisation d'une introspection aventureuse car nouvelle. " Trois femmes exaltées " - la jeunesse ne l'est-elle pas toujours ? ...

Le contraire serait inquiétant car seule l'expérience tempère, modère les élans.

 

Ces " pensées inavouables " sont ici brandies comme des étendards et l'homme jubile derrière son rideau car il possède le pouvoir du Deus ex machina qui pour elles signifie : Espoir !

 

Quiconque a été amoureux ( fille ou garçon ) a eu cette envie de crier son amour sur tous les toits, livrant ainsi ses états d'âme au monde entier.

 

Mais comme les sentiments sont successifs et contradictoires, elles seront trois pour les exprimer,

 

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( photos : Juliet Alice )

 

 

- Blanche et son côté tête brûlée - Lou, la cérébrale et Pomme, la fantasque  …

 

Le quatrième personnage dont pour l'heure on n'entend que la voix, correspond à leur subconscient à toutes, lesquelles ne sont peut-être qu'une seule ?

 

Le résultat est onirique, hautement suggestif, un peu braque et brûlant.

 

Les comédiennes sont jeunes, jolies, n'ont pas froid aux yeux et affirment net et clair ce qu'elles disent. Les femmes dans la salle rient plus de ces folies que les hommes, bien évidemment. Connivence et sympathie se mélangent alors.

 

Un détail vestimentaire pas très heureux ( c'est le seul hiatus remarqué ) donne envie aux mâles présents dans la salle de fredonner : " baisse un peu l'abat-jour " mais à ce détail près ( mon sens de l'esthétique s'avérant parfois tyrannique ) je n'ajouterai au final qu'une seule chose : ALLEZ-Y !

 

Simone Alexandre

 

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11:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/02/2016

Rumeurs de Neil Simon

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THEATRE FONTAINE

 

10, rue Pierre Fontaine

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Pigalle ou Blanche)

 

loc. 01 48 74 74 40

 

http://www.theatrefontaine.com/

 

Pl. 16 à 38€

 

- 26 ans : 10€

(selon disponibilités)

 

Adaptation : Dominique Deschamps

 

Mise en scène : Eric Delcourt et Dominique Deschamps

 

avec  Samantha Benoit, Alain Bouzigues, Christophe Canard, Eric Delcourt, Jean-Marie Lhomme, Amélina Limousin, Amandine Maugy, Marie Montoya, Lucie Muratet, Romain Thunin.

 

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La pièce nous est présentée comme une farce - je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette définition car en réalité nous assistons à du boulevard pur et dur où le comique est poussé au paroxysme, en ayant recours au mode burlesque, ce qui est un genre tout particulièrement affectionné par les américains.

 

Voyez la dérision d'un Woody Allen : une situation est poussée à l'extrême et le comique vient du fait que le fond de l'affaire est dramatique alors que les personnages s'enlisent dans l'insolite, voire le ridicule.

 

Dix ans de mariage, cela se fête entre amis et c'est exactement ce que Myra et Charly ont prévu de faire … Seulement voilà, au moment où les premiers invités arrivent les hôtes eux, brillent par leur absence.

 

Le premier arrivé sur les lieux au moment du drame s'affole dans l'escalier au dessus duquel Charly baigne dans son sang. Or ces gens appartenant à la gentry new-yorkaise où la moindre rumeur se répand à la vitesse grand V, n'ont qu'une seule hantise : le scandale !

 

Il convient donc de gérer la situation avec un maximum de discrétion quitte pour cela à dire n'importe quoi, à inventer les fables les plus " abracadabrantesques " et chacun sait que lorsqu'on commence à mentir, à moins d'être un grand expert en ce domaine, on s'enferre de plus en plus.

 

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Fort heureusement, Charly n'est pas mort mais Myra - elle - a disparu. Les invités continuent à arriver avec bien entendu leurs petits problèmes personnels dont ils feront bénéficier tout un chacun.

 

Voici un jeune loup politique et son épouse très sexy, lesquels viennent d'avoir un accident de voiture à la conduite du modèle flambant neuf qu'ils étrennaient semble t-il, pour la circonstance.

 

Puis le psy' flanqué d'une épouse déguisée prématurément en baba Yaga, laquelle pousse des hurlements dès qu'une douleur aux reins ou ailleurs ?

( on ne sait pas très bien ) la plie en deux. Suprême compensation, la dame sait faire la cuisine car le personnel a disparu lui aussi.

 

Tous ces personnages vont et viennent, collectionnent les invraisemblances jusqu'à l'arrivée d'une patrouille de police à laquelle il convient de ne surtout pas dire la vérité !

 

C'est excessif, les interprètes gagnés par la surenchère se déchaînent et mieux vaut pour nous spectateurs laisser notre sens critique à la porte mais d'évidence le public présent n'est pas venu par hasard et se régale de toutes ces outrances.

 

Alors tout comme eux, soyons fous et puisque nous sommes là avant tout pour rire, laissons nous porter et profitons en. A signaler le numéro de haute voltige avec cette fausse improvisation explicative dont nous gratifie Eric Delcourt !  Ce moment à lui seul suffirait à justifier le détour et les applaudissements immédiats ne manquent pas de le confirmer.

 

Simone Alexandre

 

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16:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/02/2016

Voyages avec ma tante d'après Graham Greene


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LA PEPINIERE-THEATRE

 

7, Rue Louis-le-Grand

 

75002 PARIS

 

( M° Opéra )

 

loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Pl. de 12 à 38€

 

A 21h du mardi au samedi

 

+ matinée à 16h le samedi

 

 

Succès reprise ! 60 exceptionnelles

 

Adaptation et mise en scène : Nicolas Briançon

 

avec : Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier, Pierre-Alain Leleu

 

 

Les conventions veulent que nous espérions hériter d'un oncle d'Amérique ! ...

 

Claude-Aufaure.jpgHenry Pulling, ce vieux garçon désormais à la retraite après une vie rangée, passée derrière un guichet de banque, n'aime rien en dehors des dahlias et de la poésie lyrique, ce qui eut suffi à faire de lui un grand original dans le milieu bancaire, si ces deux hobbies avaient été connus.

 

Or voilà que sa mère meurt.

 

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Parfois la disparition de quelqu'un facilite les retrouvailles et voici précisément tante Augusta qui fait son apparition à l'enterrement.

Elle est septuagénaire, excentrique au possible et toujours aussi volage ...

 

Tout un programme !

 

Dominique-Daguier.jpgForte de cette dernière expérience, loin de coucher son neveu sur son testament, elle va entraîner ce dernier dans un tourbillon de voyages improvisés au gré de sa fantaisie mais également de ses amours ...

 

La dame a un bodyguard en la personne de Woodsworth, ce grand noir identifiable par son accent et l'obsession qu'il a de faire " tam-tam sur la galette " en compagnie de Lady Augusta, laquelle de son côté ne pense qu'à Visconti cet aventurier capable de faire encore vibrer le coeur de la vieille dame.

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Tante Augusta est jouée par Claude Aufaure qui s'amuse comme un fou à camper ce personnage insolite.

 

Henry Pulling sera successivement interprété par tous au gré de la distribution des autres rôles ( pas moins de vingt pour quatre comédiens ! ) Tout va très vite au rythme effréné de tante Augusta, cette éternelle madone des sleeping !

 

Je ne vais certes pas énumérer ici tous les personnages afin de ne pas vous priver du plaisir de la découverte. Sachez toutefois que si tous rivalisent de talent, Pierre-Alain Leleu grâce à son aptitude à devenir un perroquet, un chien ou Yolanda déclenche un surplus de cascades de rires dans la salle.

 

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( photos : François Berthier )

 

Si j'ajoute que l'humour est typiquement anglais, cette aristocratie du rire est sachez-le, bien au rendez-vous et nous console de toutes les lourdeurs des spectacles dits comiques fleurissant un peu partout, ça et là.

 

Cette pièce a remporté le Molière de la meilleure mise en scène de façon bien méritée. Aussi, allez la voir ou revoir, vous passerez ainsi une excellente soirée.

 

Simone Alexandre

 

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09:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/02/2016

Les cavaliers d'après le roman de Joseph Kessel

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° St-Georges)

 

tél. 01 48 74 76 99

 

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Pl. 20 à 33€

 

- de 26 ans : 10€ 

 

A 21h du mardi au samedi

 

+ matinée le samedi à 15h30

 

Mise en scène : Eric Bouvron et Anne Bourgeois

 

avec : Eric Bouvron

 

en alternance : Grégori Baquet ou Benjamin Penamaria,

 

Khalid K et Maria Gueritte

 

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Véritable gageure consistant à nous présenter sur le plateau du théâtre La Bruyère cette chanson de geste afghane évoquée par Guardi Guedj, le vieux sage infatigable qui parcourt la steppe afin de conter ce qu'il a vu, surnommé pour cela : " l'Aïeul de tout le monde." 

 

Avec très peu de moyens et servi par quatre interprètes dont il fait partie, Eric Bouvron accomplit ce miracle de nous faire voir cette aventure épique, le bouzkachi du Roi, véritable tournoi en vue duquel un bouc est sacrifié afin que les cavaliers rivalisent ensuite d'adresse et d'endurance.

 

Ouroz, fils du grand Toursène a décidé de gagner cette épreuve se déroulant pour la première fois à Kaboul mais malheureusement fera une chute, se cassera la jambe et forcément ne reviendra pas vainqueur mais ( pour avoir refusé de se laisser soigner par une femme ) unijambiste ...

 

Dure épreuve pour ce jeune cavalier orgueilleux !

 

D'autant que son serviteur, Mokkhi vient de tomber amoureux d'une nomade laquelle l'incite à tuer Ouroz afin de s'emparer de son cheval mythique : Jehol.

 

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( photos LOT )

 

Je ne vous dirai pas comment ce cheval est représenté ni comment les interprètes passent d'un personnage à l'autre, pourtant l'illusion est parfaite servie par le rythme, la beauté des costumes, les lumières conçues par Stéphane Baquet sans oublier l'envoûtement généré par les interventions musicales de Khalid K.

 

Ceux qui n'ont pas encore lu le roman de Joseph Kessel vont immanquablement y plonger tant la rencontre avec ces personnages nécessite un besoin de retrouvailles car nous sommes littéralement sous le charme …

 

A voir et revoir même, pour le plaisir.

 

Simone Alexandre

 

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10:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent