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15/03/2016

Anna Karenina de Helen Edmundson, d'après Léon Tolstoï

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THEATRE 14

 

20, Avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

 

Pl. 25€ - T.R. 16€

 

- de 26 ans : 11€

 

A 20h30 : mardi, vendredi,

 

A 19h, mercredi, jeudi,

 

A 16h et 20h30 le samedi

 

jusqu'au : 23 AVRIL 2016

 

 

version française et mise en scène : Cerise Guy

 

avec : Mathilde Hennekinne (Anna) - Antoine Cholet (Lévine) - Emmanuel Dechartre (Karénine) - François Pouron (Vronsky) - Eloïse Auria (Kitty) - Stéphane Ronchewski (Stiva) - Isabelle Andréani (Dolly)

 

Comtesse Vronskaya/Agatha/Princesse Betsy : Sandrine L'Ara/Cerise Guy

 

Le Majordome/L'invité/La silhouette : Laurent Letellier

 

Voix off grâce à l'amicale participation de Francis Huster

 

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De nombreux films ont été tournés à partir de ce célèbre roman de Tolstoï et adapter cette oeuvre à la scène constituait une gageure toute particulière !

 

Les histoires d'amour sont toujours complexes or l'auteur nous en présente ici une triple illustration. Tout d'abord, Anna et Alexis Karénine, leur fils Serge forment une famille sans histoire jusqu'au jour où …

 

Anna s'est rendue à St-Petersbourg y retrouver son frère mais à peine arrivée en gare, le destin jettera le comte Vronsky sur sa route. L'homme est séduisant, frivole et généreux.

Se produira alors ce que l'on nomme communément un coup de foudre ( pour Anna du moins ) Une fois de retour, elle croira pouvoir l'oublier auprès de son époux et de son fils.

 

Or comme Eros a de la suite dans les idées, une nouvelle rencontre aura lieu et cette fois, Anna bien que tiraillée entre son devoir de mère et d'épouse et cette imprévisible passion, décidera de tout quitter pour suivre Vronsky.

 

Le frère d'Anna, Stiva Oblonski est un personnage attachant mais fantasque, haut en couleurs, lequel ne pense qu'à profiter de la vie et trompe son épouse ( Dolly : Isabelle Andréani )  

La société du XIXème siècle est indulgente envers les hommes puisque la plupart du temps les femmes souffrent en secret.

 

Le troisième couple est celui constitué par Lévine et Kitty.

Cette dernière attirée un temps par Vronsky a repoussé Lévine lequel prendra plus tard sa revanche  ...

 

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( photos : LOT )

 

 

Tous ces personnages vont, viennent à une allure assez folle se croisant, poursuivant leur but personnel qui est d'aimer afin de ne pas avoir vécu pour rien mais sur un indélébile fond de mélancolie ( " typiquement slave " ajouteront certains ... )

 

L'histoire qui a commencé par l'arrivée meurtrière d'un train, finira de même et ce faisant, le cercle sera bouclé. 

 

Comme le disait l'auteur,

 

" les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon."

 

Mathilde Hennekinne prête son élégance naturelle au personnage d'Anna tandis qu'Emmanuel Dechartre est cet époux blessé qui se réfugie dans ce qui lui reste de dignité, interdisant à celle qui l'a trahie de revoir leur fils à tous deux.

 

François Pouron ( Vronsky ) passe sans s'arrêter bien longtemps comme le font tous les hommes dont la vocation première est de séduire. Contrairement à Anna on ne sait s'il est sincère ou se joue la comédie de l'amour. ( tentative de suicide avortée )

 

Eloïse Auria est Kitty, d'abord subjuguée par le bel officier, elle finira par reconnaître son attachement à Lévine, lequel est de loin le personnage le plus intéressant de tous, ici interprété magistralement par Antoine Cholet dont les modes d'expression foisonnent pour illustrer ce rôle.

 

Face à une telle complexité on se demande si Tolstoï n'a pas voulu se dépeindre lui-même en décrivant cet homme tout à la fois si humain ( donc tourmenté ) et si attachant.

 

La scénographie sobre au possible permet au spectateur d'accorder la priorité à ce qu'il entend, tout en donnant libre cours à son imagination. Les costumes sont beaux, les comédiens visiblement motivés, que demander de plus ?

 

Simone Alexandre

 

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09:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/03/2016

HUIS CLOS de Jean-Paul Sartre

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L'ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

(M° Anvers)

 

loc. 01 46 06 11 90

 

http://www.theatre-latalante.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 8 à 15€

 

Lundi, mercredi & vendredi à 20h30

 

jeudi et samedi à 19h

 

dimanche à 17h

 

Supplémentaire le dimanche 20 mars à 20h30

 

(Relâche le mardi)

 

jusqu'au : 27 MARS 2016

 

 

Mise en scène : Agathe Alexis et Alain Alexis Barsacq

 

avec : Agathe Alexis, Bruno Boulzaguet, Anne Le Guernec

Grégory Fernandes jusqu'au 22 mars

Jaime Azulay du 24 au 27 mars

 

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Surprise créée par la configuration inhabituelle de l'espace dans lequel nous pénétrons. Je n'en dirai pas plus afin de vous laisser le plaisir de la découverte. 

Sachez seulement que le spectateur entrera d'autant plus dans l'intimité de ce trio maudit.

 

Ouverture d'un couloir brumeux, un personnage fait son apparition, c'est le garçon d'étage. ( entendez le Cerbère de service ) rôle interprété par Grégory Fernandes.

 

( à partir du 24 mars ce sera Jaime Azulay )

 

Le même introduira Garcin, ce dernier très surpris non pas d'être là mais par ce qu'il découvre, nullement conforme à ce qu'on lui a enseigné jadis au catéchisme.

Vous savez, cette " industrie de la peur " hautement dissuasive, que désormais nos politiques maîtrisent si bien ? …

 

Mais il était dit qu'il ne resterait pas seul puisqu'un second personnage ne tarde pas à faire son apparition en empruntant le même chemin ( à sens unique ) -

 

C'est une femme ( Inès ) à l'allure décidée, volontiers sarcastique et franchement désagréable vis-à-vis de celui qui l'a précédée en ces lieux.

 

Troisième pièce du puzzle infernal :  arrivée d'Estelle, jeune femme blonde qui est la plus étonnée de se trouver là.

 

Car enfin, pourquoi les a t-on réunis ?

Dans quel but ?

 

Ils ne tarderont pas à le découvrir …

 

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( photos : Pascal Gely )

 

 

J'avoue que j'imaginais difficilement Agathe Alexis dans le rôle d'Inès ; son physique est tout à l'opposé d'une Suzy Solidor pour ceux qui connaissent cette référence ( les autres se documenteront ) mais à cette artiste, rien n'est impossible !

 

Elle entrera dans la peau du personnage en le cérébralisant à l'extrême. Tour à tour, perfide, insidieuse, agressive, elle se voudra persuasive, enjôleuse puis rageuse, en vain.

Ce rire incroyable, dévastateur, satanique qu'elle a su trouver, laisse chaque fois le spectateur pantois et ravi d'avoir été de la sorte dérangé.

 

Bruno Boulzaguet est un Garcin complexe au possible, tourmenté et trop intelligent pour être résumé à un lâche. En outre, le comédien a un charme fou et Anne Le Guernec alias Estelle, ne pouvait qu'y être sensible. Peu lui importe ce que Garcin a fait ou non puisqu'elle cherche en priorité un contact physique qui l'apaise et qu'Inès aimerait bien lui prodiguer.

 

Perceptions, sensations d'ici-bas projetées dans l'au-delà : piège éternel ? … Question sans réponse puisque personne ne reviendra jamais pour en témoigner.

 

La mise en scène concoctée par Agathe Alexis et Alain Alexis Barsacq nous envoûte littéralement. Grâce à leurs soins conjugués, le texte sartrien n'a pas pris une ride et la scénographie réalisée par Robin Chemin parfait le tout.

 

Il nous est si souvent donné d'assister à des spectacles inaboutis que celui-ci est un régal à notre perception.

Vous avez jusqu'au 27 mars pour y assister. Ne manquez surtout pas le rendez-vous !

 

Simone Alexandre

 

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16:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/03/2016

Woyzeck de Georg Büchner

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L'ETOILE DU NORD

 

16, rue Georgette Agutte

 

75018 PARIS

 

 

(M° Guy Môquet)

 

loc. 01 42 26 47 47

 

Pl. 15€ - T.R. 10€

 

 

 

 

http://www.etoiledunord-theatre.com/

 

 

jusqu'au : 26 MARS 2016

 

A 19h30 les mardi et samedi

 

A 20h30 : mercredi / vendredi

 

Relâche le 18 Mars

 

Adaptation et mise en scène : Eram Sobhani

 

avec : Olav Benestvedt - Vincent Brunol - Emilia Giudicelli - Céline Laurentie - Corentin Le Bras - Edouard Liotard - Khouri-Haddad - Yuta Masuda - Santiago Montequin - Eram Sabhani

 

Création Lumières : Julien Kosellek

 

Durée : 1h25

 

 

Il y a deux ans ( déjà ! ) en ce théâtre de l'Etoile du Nord, Eram Sobhani nous présentait  Léonce et Léna de ce même Büchner. Je crois avoir alors fait part de ma nostalgie de Woyzeck, pièce qui se situe en bonne place dans mon Panthéon artistique personnel …

 

Et bien, c'est fait, il s'y est attaqué et cette volonté de dépouillement que le metteur en scène semble tout particulièrement affectionner était au rendez-vous.

On adhère ou pas mais il faut reconnaître que cela convient assez au thème de la pièce. Il n'empêche que les personnages semblent parfois un peu perdus sur ce grand espace vide - c'est un choix mais ce qui nous importe, c'est le texte et son approche que l'on souhaite voir traiter le plus possible en profondeur …

 

Comme Eram Sobhani a l'esprit de troupe ce qui, comme chacun sait constitue la pire et la meilleure des choses, certaines fidélités voient le jour ; c'est ainsi que Olav Benestvedt héritera du rôle titre pour lequel il nous fournit en toute logique, une image quelque peu étique sans oublier de nous rappeler qu'il se définit comme contre-ténor.

 

Les comparaisons sont presque toujours cruelles au théâtre et les quelques représentations de cette pièce auxquelles il m'a été donné d'assister durant ces dernières décennies ont sans nul doute fait quelqu'ombre à cette nouvelle approche. Trop souvent quand les comédiens ne se voient pas proposer cette prothèse que l'on nomme micro, ils hurlent pour faire passer le texte et ici, en alternance, l'accent de l'interprète rend parfois l'écoute inconfortable.

 

En revanche j'ai trouvé la scène du crime souvent traitée de façon furtive ( n'oublions pas que le théâtre contraignait  jadis aux mises à mort en coulisses ) anormalement belle ce, grâce aux lumières qui la mettent en valeur.

Donc, allez-y, forgez vous votre propre opinion sur place et il me semble que la lecture préalable du texte ne serait pas malvenue …

 

Signalons dans la foulée que le samedi 19 mars de 14 à 16h, toujours à l'Etoile du Nord, Eram Sobhani animera un atelier de découverte du théâtre - pour la modique somme de 10€ - " aucune pratique du théâtre n'est requise. "  mais n'oubliez pas quand même qu'il faut des années pour faire un bon comédien !

 

infos et inscriptions au 01 42 26 29 21 ou publics@etoiledunord-theatre.com

 

Simone Alexandre

 

 

 

 

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11:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2016

Les éclats du bal - Daniil Harms

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L'AUGUSTE THEATRE

 

6, Impasse Lamier

 

75011 PARIS

 

 

(M° Philippe-Auguste)

 

loc. 01 43 67 20 47

 

 

http://augustetheatre.com/

 

 

Pl. 16€ - T.R. 12€

 

Les mercredi et vendredi à 21h

 

jusqu'au : 18 MARS 2016

 

et prolongation en Avril,

 

les 12, 14 & 15 puis les 19, 21 & 22 Avril ...

 

 

 

 

Création et mise en scène : Pascal CRANTELLE

 

avec : Aline LEBERT et Harold CROUZET

 

Chorégraphie et costumes : Stéphane PUAULT

 

Toiles peintes : Patricia BURKHALTER 

 

 

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Bienvenue en Absurdie !

 

Nous avons coutume, ici - à l'Ouest, de considérer les slaves en général et les russes en particulier - comme des êtres excessifs, capables de passer d'un sentiment extrême à son absolu contraire, ce - en un temps record !

 

Daniil Harms quant à lui, agit de façon particulière en créant ce qui peut ressembler à des fulgurances avant de déraper pour ensuite exploser en plein vol.

 

Ce portrait d'homme roux qu'il nous brosse pour arriver à sa déconstruction en est l'exemple type. Le message est tout à fait subversif, expliquant rétrospectivement le sort qui fut le sien en un régime soviétique où toute liberté d'esprit était proscrite.

 

Ici, les gestes ont autant d'importance et parfois plus que la parole elle-même puisque cette dernière ne se fixe jamais, se contentant de suggérer de façon anarchique.

 

Le rythme fait de pulsions et de brusques ruptures constitue le moteur de ce qui nous est donné à voir et entendre.

 

Nous découvrons en fond de scène, trois panneaux hautement colorés lesquels peuvent évoquer des flammes crépitantes lesquelles s'élancent à l'instar de ces comédiens danseurs, ce - sur des musiques judicieusement choisies ( Stravinsky, Chostakovitch et Rachmaninov seront pour nous sollicités.) 

 

Ici, rien n'est laissé au hasard, jusqu'au choix de teintes des costumes, tout devant contribuer à composer l'atmosphère, c'est donc un tout harmonieux bien que contrasté qui figure ici.

 

Réaliser un spectacle avec des fragments d'écriture aussi parcellaire correspondait à une réelle gageure. Ainsi, de même qu'une toile a besoin d'un châssis qui la structure, Pascal Crantelle encadrera les écrits de Daniil Harms au moyen d'un prologue et d'un épilogue nous permettant de mieux connaître l'auteur qui nous est présenté. ( lui, dont l'esprit battait la campagne pour mieux dénoncer l'absurdité du monde au moyen de cette danse macabre laquelle malgré tout, constitue un formidable hymne à la vie ! )

 

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Vous l'avez compris, ce spectacle sort des sentiers battus et à ce titre, mérite d'engendrer notre curiosité. Les comédiens y sont engagés à 300 % et c'est un formidable instant que nous vivons là, avec eux - grâce à eux, la communion entre salle et scène étant totale. Aussi, faites vite, allez-y !

 

Simone Alexandre

 

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11:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent