Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/04/2018

Jacques ou la soumission d'Eugène IONESCO

Jacques-Ionesco-h.jpg

 

 

LA COMEDIE SAINT MICHEL

 

95, boulevard St-Michel

 

75005 PARIS

 

 

 

(M° Cluny-Sorbonne)

 

LOC. 01 55 42 92 97

 

Pl. 24€ - T.R. 18€

 

http://www.comediesaintmichel.fr/

 

A 19h45 chaque jeudi

 

jusqu'au : 31 MAI 2018

 

Relâches le 19 avril, 3 & 10 mai 2018

 

Mise en scène : Christophe COLLIN

 

avec : Edouard BIOY, Santiago BORDILS, Maria CALAMELA, Manon CHAIGNEAU, Marie-Laure COTTARD, Lucilla DE COLA, Catherine DESTRIMEAUX, Bertrand FESTAS & Serge SCHIRO

 

Jacques-Soumission-L.jpg

 

Bienvenue en Absurdie !

Avec ses vêtements d'adolescent attardé, Jacques cultive avant l'heure le cocoonning familial et la contestation. Se marier ? … certainement pas - rentrer dans le rang : jamais !

Couvé par une mère abusive, en constante demande de reconnaissance, méprisé par un père qui le juge " indigne de sa race ", Jacques affirme sa différence en restant hermétique à tout ce qu'il voit et entend.

Comme dirait Jacqueline ( sa soeur )

 

- " Il se bouche les oreilles et prend un air dégoûtanté."

Oui, Ionesco adore inventer des vocables, multiplie les allitérations voire les non-sens, disloque le langage dans l'intention de parodier jusqu'à la caricature ce théâtre de boulevard auquel il a décidé de substituer une forme nouvelle que d'aucuns nommeront " théâtre de l'absurde ".

Toute la famille se ligue pour convaincre Jacques : le père, la mère, les grands-parents et même la soeur qui en désespoir de cause lancera le terrible verdict,

- " Tu es chronométrable ! "

 

( lui qui croyait échapper au temps )

Après un instant de trouble puis de mûre réflexion, Jacques finira par admettre,

- " Et bien oui, … j'adore les pommes de terre au lard. "

Le sort en est jeté et le garçon est cuit puisque tout rentre dans l'ordre préétabli.

Comme par magie, la future belle famille ( les Robert ) arrive ainsi que la fiancée en robe de mariée, ( au diable la superstition ! ) le voile de dentelles blanches ( il n'aurait plus manqué que la mariée fût en noir ! ) cachant son visage ; mais quand le voile sera soulevé, en un dernier sursaut d'indépendance, Jacques exigera que Roberte - la promise - ait trois nez !

Une fois la surprise passée, les Robert préciseront qu'ils ont une " seconde fille unique." Ouf ! … et Roberte II fera son apparition mais je vous en ai déjà trop dit. Il ne vous reste plus qu'à aller caracoler en leur compagnie.

Comme dans la vie tout va de travers, le décor sera ironiquement de guingois.

 

jacques-soumission.jpg

( photos : Vincent BOURDON )

 



En apprenant que la pièce fut créée au Théâtre de la Huchette, ( en 1955 ) j'ai peiné à imaginer cette brochette de comédiens sur un tel petit plateau sachant combien 2 couples peinent parfois à s'y déplacer … Sur la scène de la Comédie Saint Michel tout le monde s'active avec aisance aidé en cela par une mise en scène active.

Chaque interprète illustre parfaitement son personnage et s'il est habituel que Roberte I et II soit joué par la même comédienne, afin de confirmer la règle du " jamais 2 sans 3 " toujours la même incarnera la grand-mère de Jacques et ceux qui ne le savent pas ne verrons que du feu à cet exploit.

Croyez-moi, prenez le chemin qui mène à ce lieu car même si vous pensiez que Ionesco cet ex-avant-gardiste appartient au théâtre de papa, la fougue de tous ces comédiens parviendra à vous convaincre du contraire …




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/04/2018

L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine d'après Ruwen Ogien

aff.Croissants-chauds.jpg

 

 

THEATRE de la REINE BLANCHE

 

2bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle ou Marx Dormoy)

 

LOC. 01 40 05 06 96

 

Pl. 25€ - T.R. 20€

Groupes : 12€

 

http://www.reineblanche.com/

 

du jeudi au samedi à 20H45

 

le dimanche à 15h30

 

jusqu'au : 22 AVRIL 2018

 

Adaptation: Hervé DUBOURJAL

 

Mise en scène : Eric BU  & Hervé DUBOURJAL

 

Scénographie : Jean-Marie TOUSSAINT

 

avec : Jean-Louis CASSARINO & Hervé DUBOURJAL

 

Durée : 1h25

 

sous-la-pluie.jpg

 

 

Sur le plateau, un écran en hauteur sur lequel est projeté un match de foot ( quésaco ? ) ...

Avant que la pièce commence, un des deux comédiens devise avec quelques membres du public situés au premier rang.

On comprend très vite que l'échange entre la scène et la salle fait partie intégrante du spectacle. Du reste à l'arrivée, quelqu'un a distribué à chacun d'entre nous, un crayon et un petit carton aux fins d'utilisation …

Effectivement, le dialogue sera sollicité de façon ponctuelle et mis en confiance, le public réagira bien volontiers.

Car ce sont des cas de conscience qui nous sont présentés ici mais toujours de façon ludique. Parmi la somme incroyable d'informations dont les médias nous abreuvent quotidiennement, avons nous toujours réfléchi aux tenants et aboutissants de certaines situations ?

Serions nous capables en certaines circonstances, de sacrifier une personne pour en sauver plusieurs ? Nous préférons ne pas y penser. Médecine et morale empruntent elles toujours le même chemin ? ... ( le petit carton du départ était destiné à effectuer un sondage à titre d'évaluation.)

Choisir ou ne pas choisir … telle est la question !

En théorie, une vie en vaut une autre, or que se passe t-il si, en cas d'extrême urgence, un enfant ou un vieillard ( l'un ou l'autre mais pas - hélas - l'un et l'autre ) doit être sauvé ?  Cruel dilemme ! Là, les dés sont pipés et risquent fort de le rester … en toute ( bonne ) conscience ? ...

La vie d'un chien ( surtout si c'est un St-Bernard ) vaudrait-elle moins que celle d'un nazi ou d'un violeur récidiviste ? …

 

comme-un-oiseau.jpg

( photos : Franck Harscoüet )

 



Tout ce brassage de neurones nous est ici proposé avec abondance, lucidité et optimisme, véhiculé par une bonne humeur communicative.

Fort heureusement, l'odeur des croissants chauds existe pour mettre tout le monde d'accord car ils symbolisent le bien être et même la générosité. J'avoue qu'en sortant du théâtre si j'avais trouvé une pâtisserie ouverte, sans doute m'y serais-je aussitôt engouffrée !

Ce spectacle-conférence, dans le sens non péjoratif du terme est animé par le très sympathique et convivial Hervé Dubourjal avec la complicité active de Jean-Louis Cassarino comédien à la voix mélodieuse, l'un et l'autre utilisant leur charme naturel pour séduire un public très rapidement conquis.




Simone Alexandre

 

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

 

 

10:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/03/2018

Lettres à Elise de Jean-François Viot

aff.Lettres-Elise.jpg

 

 

L' ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

 

75018 PARIS

 

( M° Anvers)

 

LOC. 01 46 06 11 90

 

Pl. 20€, T.R. 8, 12, 15€

 

Mercredi, Vendredi, Lundi : 20h30

Jeudi et Samedi à 19h

Dimanche à 17h

 

Durée : 1h15

 

 

Du 23 Mars au 14 Avril 2018

 

 

Mise en scène : Yves Beaunesne

 

avec Lou Chauvain et Elie Triffault

 

Elise-scene-1.jpg

 

 

Toute la romanesque nostalgie d'une sonate de Beethoven, toute l'intensité d'un drame historique qui à l'époque ( celle de la Grande Guerre ) fabriquait les héros à la pelle ( celle du fossoyeur ) et ces 18 millions de victimes qui ici passent par le prisme de deux comédiens …

Que les pacifistes ne prennent surtout pas la fuite, épouvantés par le thème. Ils auraient bien tort car Jean-François Viot a écrit cette page d'Histoire tout à la fois intime et universelle avec une indéniable subtilité.

Jean, instituteur dans un petit village est mobilisé comme tous ceux de sa génération.

Il laisse derrière lui ses élèves bien sûr, ses amis et surtout : une épouse, deux enfants : Camille et Arthur ainsi qu'une petite fille à venir ...

 


La guerre entre l'Allemagne et la France est une fois de plus déclarée mais pas seulement puisqu'il s'agit cette fois de la Première Guerre Mondiale, " la Grande Guerre " comme on dira plus tard en comparaison avec " la drôle de guerre " qui a repris après la signature de l'Armistice du 11 Novembre 1918 … 21 ans plus tard.

 

Elis1915.jpg



L'esprit de revanche est souvent ce qui sert de moteur en pareille circonstance mais quand un conflit que l'on pensait vite réglé s'éternise, que les victimes succèdent aux victimes, le combattant se met à faire le bilan, à réfléchir et constate qu'il est dupe de la politique plus cruellement encore qu'en temps de paix.

Beaucoup de lettres ont été échangées entre ceux du front et leur famille. La censure a - certes - fait disparaître bon nombre d'entre elles car il ne fallait pas que certaines informations soient divulguées. Dans le même temps, la presse tenait plus de la propagande et à ce titre de la désinformation que de la stricte vérité. Il en est chaque fois toujours ainsi.

 

Jean-Elise.jpg

( photos : Guy Delahaye )

 



Grâce à une scénographie qui a son mot à dire, l'action se déroule sous nos yeux servie par deux comédiens exceptionnels. Le piège du mélo' fut ici écarté et Lou Chauvain ainsi que Elie Triffaut nous offrent l'un et l'autre un jeu savamment dosé mais criant de vérité.

" Quelle connerie la guerre ! " dira plus tard Prévert, à juste titre.
 
Nous savons malheureusement que le " plus jamais ça " relève de l'utopie mais en revanche aller voir et entendre ce texte fait de nous des êtres plus humains et plus intelligents aussi.

La mise en scène que l'on doit à Yves Beaunesne, l'effet de surprise passé, s'avère très efficace.

Par conséquent, c'est une réelle réussite qu'il ne faut surtout pas manquer.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

 

 

14:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent