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10/05/2019

Melle Camille Claudel à partir de la correspondance de Camille Claudel

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MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses)

 

LOC. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

https://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Lundi, mardi, mercredi à 21h

 

Dimanche à 20h

 

 

Mise en scène et interprétation,

 

Sylvie Adjedj-Reiffers

 

Melle-C.Claudel-1.jpg

( photos : L.Girard - C.Lavigne )

 

 

Nous collectionnons les Camille Claudel depuis quelque temps aussi faut-il se garder de la moindre comparaison, les approches du thème étant légèrement différentes.

 

Ici, la scénographie s'est voulue minimale : une collection de feuilles blanches suspendue à deux fils ( oui, il y a des termes que l'on ne prononce pas au théâtre ) par des épingles à linge, permettant à la comédienne d'y faire figurer les dates auxquelles les événements relatés se sont produits. Pour seuls accessoires, un siège rudimentaire et une bassine contenant le plâtre destiné aux oeuvres à venir ...

 

C.Claudel-h1.jpgL'action est donc centrée sur le personnage qui nous intéresse. Parfois une voix off ( exclusivement féminine ) interviendra ce, même quand il s'agit d'Auguste Rodin. Mais n'est-ce pas cette même femme qui a lu toutes ces lettres à elle destinées ?

 

Camille est un personnage en avance sur son temps donc, objet de scandale en une société d'un catholicisme étriqué.

 

A l'époque le pseudo rêve (sic) de toute femme était de se marier et de faire des enfants. Certes, l'élève de Rodin a souhaité épouser le Maître et peut-être fut-elle quelquefois enceinte ? Jehan Rictus l'a prétendu et son frère Paul fera état d'un avortement survenu peu avant la rupture avec Rodin mais la réelle descendance de Camille Claudel est son oeuvre artistique c'est pour elle et par elle que sa vie se justifie.

 

Dans ce but, elle est prête à remuer ciel et terre et bien sûr, les obstacles sont nombreux car sa famille ne l'aide guère, bien au contraire.

 

Rodin, reconnaissait son talent certes, mais à condition de le situer par rapport à lui, au second plan.


C.Claudel-h2.jpgQuant à son frère … le grand croyant ( ! ) il y aurait beaucoup à dire …

C'est donc une femme, une artiste qui se dresse, seule face à une société hostile, cherchant désespérément à être reconnue et à vivre de son Art, ce qui n'a jamais été facile surtout à cette époque.

 

Elle devra par conséquent faire face à la solitude, au manque d'argent et à la maladie conséquence des privations mais folle ? … Camille Claudel ne l'était vraisemblablement pas.

 

C'était tout simplement une passionnée qui en liberté travaillait douze heures par jour avec acharnement, ce qu'elle fit jusqu'à l'épuisement de ses forces.

Une décision arbitraire la tiendra enfermée durant trois décennies ...

 

Sylvie Adjedj-Reiffers seule en scène nous restitue tout cela grâce à cet hommage, ô combien mérité par cette artiste exceptionnelle qui fut dévorée par son talent.

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/05/2019

Dieu habite Düsseldorf de Sébastien THIERY

Dusseldorf-h1.jpg

 

 

LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 21h

 

 

Mise en scène des deux.

 

 

avec Renaud DANNER et Eric VERDIN

 

Dusseldorf-1.jpg

 

 

On est toujours l'imbécile de quelqu'un en cette vie où la norme invalidante nous traumatise. Seuls ceux qui ont choisi d'être différents seront sauvés mais certes pas acceptés.

 

Deux hommes vont délibérément se rencontrer, se raconter à tour de rôle, cherchant désespérément le moyen de s'en sortir, or ils savent qu'ils sont piégés.
En pareil cas reste une seule et unique échappatoire : l'humour !

 

Sébastien Thiéry a examiné chaque situation à la loupe.
Le constat est édifiant, pire : dévastateur. Ce spectacle peut se déguster comme un plat sucré-salé laissant nos papilles gustatives en interrogation et ici nos neurones font de même.

 

C'est loufoque, voire même " carrément barré " et le spectateur se cramponne à sa place bien extérieure à l'action, ne voulant surtout pas s'identifier aux personnages mais reconnaissant volontiers que d'autres sans nul doute, peuvent ressembler à ce qui leur est montré.

 

Dusseldorf-père.jpg

( photos LOT )

 

Certes, vous souhaitez parfois être sourd pour ne plus être confrontés à ce qu'il vous est donné d'entendre mais de là à rendre la situation irrémédiable, de vous soumettre à une mutilation …

 

Notre monde est composé de dominants et de dominés, ce n'est un secret pour personne et quand par hasard, un petit arrive à bouffer un gros, il y a de quoi se réjouir mais si un trader a coulé 12 banques consécutives, ses chances de se retrouver dans la peau d'un héros sont légèrement compromises.

 

Le verdict est tombé -" les incapables à Besançon ! " où là, le condamné s'entendra dire mais un peu tardivement

" dans le Doubs, abstiens-toi ." ( c'est sans doute pour cela que cette ville a été choisie.)

 

Abandonné très tôt par sa mère, Alain qui n'a pas voulu l'être une seconde fois a décidé d'empailler son père sans attendre la mort de ce dernier. Une cassette d'enregistrement est là pour entretenir l'illusion en permettant d'écouter la voix paternelle et les éloges qu'il destine à son fils.

 

La mère reviendra bien sûr, très fantomatique en cet univers surréaliste où ce que l'on invente a plus d'importance que ce qui est vraiment. C'est complètement dingue quoique … si on veut bien se lancer dans une lecture au second degré … cruellement philosophique car bien observé.

 

Les deux comédiens, Eric Verdin et Renaud Danner sont tous deux excellents.

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/05/2019

Tchekhov à la folie : La demande en mariage et l'Ours, d'après Anton Tchekhov

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POCHE MONTPARNASSE

 

76, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse)

 

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

du mardi au samedi à 19h

 

dimanche à 17h30

 

 

jusqu'au 14 JUILLET 2019

 

 

Traduction : André MARKOVICZ et Françoise MORVAN

 

( texte paru chez Acte-Sud, collection Babel )

 

Mise en scène : Jean-Louis BENOIT

 

avec,

 

Evelyne BAYART, Manuel LE LIEVRE et Jean-Paul FARRE

 

 

Demande-mariage.jpg

 

La demande en mariage et l'Ours sont comme chacun sait deux pièces en un acte que Jean-Louis Benoit a judicieusement rassemblées sous le titre générique,

" Tchekhov à la folie " car si l'on cachait le nom des personnages, la seconde histoire pourrait fort bien paraître la suite de la précédente alors que ce sont deux vaudevilles champêtres ( en réalité deux farces ) où le grotesque le dispute à la violence rustique des instincts terriens.

 

Dans " La demande en mariage " nous pénétrons dans la demeure de Tchouboukov Stepan Stepanovitch

( Jean-Paul Farré ) ; sa femme l'ayant quitté, il vit désormais en compagnie de sa fille Natalia Stepanovna

( Emeline Bayart ) laquelle est d'évidence en âge de se marier.

 

Survient un voisin propriétaire terrien lui aussi : Lomov Ivan Vassilievitch ( Manuel Le Lièvre ) endimanché des pieds à la tête et visiblement fort embarrassé par la démarche qui est la sienne.

 

Pourtant l'accueil du maître des lieux est chaleureux à l'excès " mon mignon, mon ange, mon bijou, mon charmant et ainsi de suite " … sont les termes dont il abreuve le visiteur lequel n'en est pas plus à l'aise pour autant !

 

L'objet de la visite ayant été formulé, le père ravi par ce qu'il vient d'entendre, s'éclipsera au profit de sa fille à laquelle il laisse malicieusement la surprise de la découverte …

 

Ce n'est certes pas l'amour fou qui a incité Ivan Vassilievitch a effectuer cette démarche, il n'a rien d'un amoureux transi et ne sait de surcroît, comment s'exprimer.


Par ailleurs, la promise accordée d'emblée par le père prouvera rapidement qu'elle bénéficie d'un sacré caractère !

 

Au cours de la conversation un conflit va naître puis un second tout cela sans que notre homme ait pu formuler sa demande qui devient de plus en plus inexprimable.
Le ton va rapidement monter, le prétendant friser la crise cardiaque.


A vous de découvrir la suite ...

 

L'Ours.jpg

( photos : Victor TONELLI )

 

 

Seconde pièce, " L' Ours " et toujours trois personnages.

 

Elena Ivanovna Popova ( Emeline Bayart ) veuve inconsolable,
- son serviteur : Louka ( Manuel Le Lièvre ) lequel a troqué sa perruque pour un béret,
et Grigori Stépanovitch Smirnov à court d'argent et quasiment au bord du suicide. ( Jean-Paul Farré)

 

L'homme est venu réclamer un remboursement de dette contractée par le défunt.

 

Les personnages féminins dans ces deux courtes pièces sont ce que l'on désigne par le terme " maîtresse-femme " les hommes en revanche paraissent assez dépourvus de caractère. Là aussi, un conflit va rapidement naître, la veuve acceptant de rembourser mais à son heure et ne se laissant nullement impressionner par l'urgence exposée.

 

Smirnov bien décidé à ne pas repartir sans l'argent va donc occuper les lieux.
Or cette femme l'impressionne au plus haut point, il va même en tomber littéralement amoureux. Ce n'est plus

" La mégère apprivoisée " mais son absolu contraire.

 

Les comédiens encouragés sans nul doute par le metteur en scène jouent " la bride sur le cou " et ce, jusqu'à l'excès. Emeline Bayart surtout, laquelle pour reprendre l'expression consacrée n'en fait pas des tonnes mais des mégatonnes, carrément.

 

Jean-Paul Farré donne libre cours à sa fantaisie laquelle est presque sans limites.
Seul, Manuel Le Lièvre s'autorise plus de subtilité.

 

Conséquence ? Le public adore !

 

J'avoue qu'un peu surprise au début, voire dérangée, je me suis peu à peu laissée prendre à ce triple jeu d'autant que la comédienne prouve s'il en était besoin qu'elle peut elle aussi doser savamment son interprétation grâce au personnage de dame Popova.

 

Tous les supposés excès slaves sont là, étalés sous nos yeux. Il semble même que le " chantre des crépuscules " ait choisi ici la lumière ardente ! C'est donc un Tchekhov inhabituel que vous allez découvrir, lequel fait bien plus que mériter le détour aussi n'hésitez pas : ALLEZ-Y ! ...

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent