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26/01/2016

Lapidée de Jean Chollet-Naguel

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Comédie BASTILLE

 

5, rue Nicolas Appert

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Richard Lenoir)

 

 

loc. 01 48 07 52 07

 

 

http://www.comedie-bastille.com/appert/

 

Pl. 27 & 32€

 

- 26ans  : 10€

 

A 19h.30 du mardi au samedi

 

A 15h le dimanche

 

Texte, mise en scène et lumières,

Jean Chollet-Naguel

 

avec : Nathalie Pfeiffer, Pauline Klaus et Karim Bouziouane

 

voix off : Roland Giraud

 

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La lapidation, cette " justice d'abattoir " disait Eschyle - ce qui prouve que cet effroyable mode d'exécution ne date pas d'hier !

Expliquer pourquoi il perdure au 21 siècle n'est pas aisé mais constitue pourtant la triste réalité en certains pays dont l'énumération nous sera faite en fin de spectacle.

 

Car il s'agit ici d'un rude, lucide et beau texte qui relate ce qui pour nous, occidentaux correspond à de la barbarie pure et simple. Il n'est pas rare que des couples mixtes ( ou pas ) adoptent ce genre de comportement. Dans les pays méditerranéens c'est l'homme qui décide de tout. D'abord le père, puis les frères et enfin l'époux.

 

L'action se situe au Yémen où Aneke jeune femme hollandaise a suivi son mari dans le pays d'origine de ce dernier, après avoir étudié la médecine avec lui à Maastricht.

 

Deux filles sont nées de cette union et bien entendu Abdul - fidèle aux traditions - veut absolument avoir un fils. C'est là que le désaccord va s'installer entre eux deux. Sans doute que les choses se seraient passées différemment en Europe mais sur place, c'est la Charia qui prime et une femme doit obligatoirement obéir à son époux.

 

Pour l'avoir contredit en public, Aneke sera enfermée à la cave et par le biais d'une sordide machination, les Sages ( sic ) du pays décideront de son sort.

 

La soeur d'Abdul, Nouria fait preuve d'intelligence et de compassion mais que peut-elle contre tous ? ...

 

Nathalie Pfeiffer apporte une dimension tragique à ce personnage qu'elle incarne avec sobriété et grandeur. Pauline Klaus ( Aneke ) nous bouleverse tandis que Karim Bouziouane ( Abdul ) nous indigne, bien sûr.

Il est rare que le spectateur oublie tout à fait qu'il est au théâtre et c'est pourtant le cas ici.

 

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( photos : Ludovic Lisee )

 

 

En attendant que la peine de mort soit interdite sur tout le globe ( ce qui hélas n'est pas pour demain ) il est indispensable d'aller voir cette pièce, témoignage-dénonciateur de ce qui se passe sous d'autres cieux.

 

Simone Alexandre

 

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10:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/01/2016

Médiation de Chloé Lambert

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POCHE MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 35€ - T.R. 28€

 

A 21h. du mardi au samedi

 

A 15h. le dimanche

 

Mise en scène : Julien Boisselier

 

avec : Raphaëline Goupilleau, Chloé Lambert, Ophélia Kolb et Julien Boisselier

 

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Dans tous les domaines, l'incompréhension mène au divorce. Nul besoin d'être mariés pour cela. Chacun repart alors de son côté et le tour est joué.

 

La situation se complique quand il y a des témoins et a fortiori, un enfant qui ne peut que se transformer en victime. Archimède n'est pas encore en âge de dire : " eurêka " puisque le petit bonhomme, objet du conflit n'a que 3 ans, ce qui ne l'empêche nullement de ressentir les choses …

 

Ce choix du prénom est déjà symptomatique puisque révélant une certaine irresponsabilité parentale. Essayez de traîner un prénom comme celui-là pendant tout une vie ! Il pourra plus tard en changer mais en attendant …

 

Pierre et Anna les géniteurs sont désormais à couteaux tirés. Situation banale allez-vous dire en la société actuelle ! Le fait s'est même tellement généralisé que l'on a créé des cellules de médiation …

 

Voilà donc le couple encadré si l'on peut dire par deux femmes dont on découvrira rapidement qu'il s'agit de la mère et de la fille (non dénuées de problèmes également).

 

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( photos : Brigitte Enguerand )

 

 

Pierre ( Julien Boisselier) est souriant. Un peu trop même car cela en devient agaçant - son personnage, pas lui, bien sûr !

 

Anna (Chloé Lambert) est quant à elle, très énervée et presque toujours au bord des larmes. Pourtant ce n'est visiblement pas une victime et certains n'en doutons pas iront sans doute jusqu'à la classer dans le camp des enquiquineuses. (une femme qui a du caractère n'en est elle pas toujours une ? ...)

 

Comme cette pièce écrite par Chloé Lambert est avant tout une étude de caractères, les deux médiatrices ne manquent pas de piquant !

 

Raphaeline Goupilleau est Isabelle et dès l'introduction, les spectateurs ont reconnu sa voix et sa diction caractéristiques. C'est la femme d'expérience chargée de mener à bien ladite médiation. Son assistante répondant au doux nom de Jeanne (ce qui plait beaucoup à Pierre ) fait ici ses premières armes en ce métier difficile, rôle incarné par Ophélia Kolb.

 

Alors certes, ceux qui vont au théâtre pour y puiser - peut-être - des solutions aux problèmes rencontrés dans la vie seront ravis de la tournure des événements.

 

Les autres, plus attirés par le dépaysement voir l'onirisme apprécieront peut-être moins  ? Tout est affaire de sensibilité et d'expérience personnelle.

Aussi me garderai-je de prendre position, me contentant de vous conseiller d'aller voir la pièce en vous laissant porter par elle et sans nul doute captiver par ces quatre irréprochables comédiens.

 

Simone Alexandre

 

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10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/01/2016

Andorra, autopsie d'une haine ordinaire de Max Frisch

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THEATRE 13 / SEINE

 

30, rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

 

(M° Bibliothèque François Mitterrand)

 

 

loc. 01 45 88 16 30

 

http://www.theatre13.com/

 

Pl. 26€ - T.R. 17€

 

13€ le 13 de chaque mois.

 

A 20h du mardi au samedi

 

A 16h le dimanche

 

Durée 1h55 sans entracte

 

jusqu'au : 14 février 2016

 

Mise en scène : Fabian Chappuis

 

avec : Alban Aumard (le docteur) - Anne Coutureau (La Senora) - Romain Dutheil (Andri) - Stéphanie Labbé (l'aubergiste) - Hugo Malpeyre (le soldat) - Laurent d'Olce (le maître d'école) - Loïc Risser (le prêtre) - Marie-Céline Tuvache (la mère) - Elisabeth Venture (Barbeline) - Eric Wolfer (le menuisier)

 

 

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Située dans le contexte actuel, cette pièce entraîne un indéniable écho puisque c'est le problème de la différence qui se pose ici. Peu importe finalement que Andri soit juif, arabe ou homosexuel (ce qui n'est pas le cas) c'est quelqu'un qui ne ressemble pas aux autres et qui, loin d'en tirer orgueil sera complexé puis rejeté en attendant le pire …

 

L'humanité n'aspire qu'au nivellement et à la ressemblance - tout ce qui s'en écarte l'inquiète.

Il en fut toujours ainsi et hélas, ce n'est pas près de changer. Max Frisch n'aborde pas seulement ici le problème de la différence et du rejet de l'autre mais également celui du mensonge. Combien de couples infertiles ont-ils adopté d'enfant (s), se refusant à avouer la vérité et reportant l'aveu de jour en jour, d'année en année ? …

 

Ici, c'est l'inverse qui s'est produit mais les conséquences n'en seront pas moins désastreuses.

 

Un homme instituteur de son état, a eu une liaison jadis avec une femme appartenant à un pays ennemi. (beaucoup de faits similaires se sont produits durant les années 40) les problèmes liés à la naissance d'un fils ont fait que l'enfant fut élevé par le père qui - pour masquer la vérité - s'est vanté d'avoir adopté un enfant juif. Le jeune homme traîne cela comme un boulet d'autant qu'il est tombé amoureux de sa soeur théorique (du moins le croit-il) laquelle partage ce sentiment. Puisqu'il n'est qu'adopté, où est le drame ? Juste quelques difficultés administratives auxquelles visiblement il ne pense pas. Il avouera donc son amour au père et son intention d'épouser celle qu'il aime.

 

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Tout alors va basculer. Une terrible et multiple analyse de caractères nous est ici fournie allant du médecin (l'est-il réellement ?) lequel se fait appeler " professeur " et se vante (décidément) d'avoir bourlingué un peu partout avant de revenir au pays ; jusqu'au menuisier qui refuse d'apprendre le métier à ce jeune sous prétexte que son origine le destine au commerce, sans oublier le soldat brutal et fruste qui lui aussi a jeté son dévolu sur la jeune fille (Barbeline) laquelle symboliquement repeint les murs en blanc alors que certaines taches ne s'effacent jamais.

 

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(photos : Bastien Capela)

 

Ne croyez pas pour autant que la pièce soit noire car il se passe exactement les mêmes choses que dans la vraie vie, à savoir mille et un rebondissements. Le spectateur passe donc de l'inquiétude à l'humour, de la compassion à l'espoir, bref c'est une pièce belle et forte qu'il est amené à voir et entendre là par le biais d'une mise en scène tout à la fois moderne et efficace, portée par des comédiens convaincus. Au final, une paire d'heures que l'on ne voit pas passer.

 

Simone Alexandre

 

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11:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent