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10/02/2017

ENSEMBLE de Fabio Marra

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PETIT THEATRE MONTPARNASSE

 

31, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

 

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

 

loc. 01 43 22 77 74

 

Pl. 32€ - T.R. 18€

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 21h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

 

http://www.theatremontparnasse.com/

 

 

Ecriture et mise en scène : Fabio Marra

 

 

avec : Catherine Arditi, Sonia Palau, Floriane Vincent

et Fabio Marra

 

 

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Décor austère, évoquant une existence dénuée de tout luxe superflu. Entrent deux personnages, la mère : Catherine Arditi et le fils : Fabio Marra ; le comportement de ce dernier ne laisse pas place au doute, il y a visiblement problème ...

Nous apprenons qu'ils ont dû transférer leur humble mobilier au 7ème étage, là où les loyers sont moins chers et il n'y a pas d'ascenseur, bien sûr. Miquélé ( le fils ) qui aide sa mère à porter les provisions prétend avoir cassé les oeufs !
 
Comment fonctionne exactement un esprit " malade " ? L'explication n'est pas aisée même pour les spécialistes.

Nous ne tarderons pas à faire la connaissance de la soeur, Sandra : Sonia Palau - qui refait brusquement son apparition après 10 ans d'absence. Reproches justifiés de la mère …

L'histoire de cette famille va peu à peu se révéler à nous.
 
Mère et fille sont en complet désaccord concernant ce fils et frère handicapé. Isabella la mère, entièrement dévouée à cet être qu'elle protège s'oppose à Sandra qui voudrait que son frère soit placé dans un établissement spécialisé.

 

Le père est mort depuis longtemps dans des circonstances que nous devinons dramatiques, peut-être même est-ce la cause de l'état mental du fils ?

Il faut une certaine dose de compréhension pour ne pas condamner la fille qui a fui le domicile familial afin de se préserver mais comment l'en blâmer ?


Cela semble du reste lui avoir réussi : elle s'est forgé une belle situation et contrairement à ses frère et mère ne manque pas d'argent.

Elle vient annoncer son prochain mariage et invite sa mère à assister à la cérémonie à condition que Miquelé ne soit pas là. Elle a honte de ce frère qu'elle considère comme un boulet  …

 

 

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Vous l'avez compris, le thème n'est pas facile et pourtant on rit tout au long de la pièce tant le sujet est habilement traité - sans dérision aucune bien sûr - avec tendresse, humour et humanité.

L'auteur-metteur en scène interprète Miquélé en une superbe composition.  
Il n'est plus nécessaire de faire l'éloge du jeu toujours parfait de Catherine Arditi qui du reste ne joue pas mais vit littéralement les personnages qu'elle incarne.

Floriane Vincent est Claudia que nous découvrirons en deux temps lorsqu'elle se présentera à la recherche d'un emploi puis ensuite quand les circonstances lui auront finalement permis d'exercer le métier pour lequel elle se destinait.
La comédienne apporte une joyeuse fantaisie à son personnage et contribue ainsi à créer une atmosphère plus légère et surtout ludique vis-à-vis de Miquélé.

Le rôle le plus ingrat est sans nul doute celui qui est dévolu à Sonia Palau qui fait ici preuve d'une belle autorité mais pas seulement  ...

Vous l'avez compris la symbiose est complète entre les quatre comédiens et cette pièce constitue un beau message d'amour en direction de ceux que certains se refusent à assumer, persuadés qu'il y a  ( aussi ) " des maisons pour ça. " 

Certains textes tendent à rendre ceux qui les lisent ou les entendent plus humains, amour et tendresse sont ici - sans mièvrerie aucune - au rendez-vous.




Simone Alexandre

 

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11:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/02/2017

ABIGAIL'S PARTY de MIKE LEIGH

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THEATRE de POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

Tous les jours à 21h

(sauf dimanche et lundi)

 

Matinée le dimanche à 15h

 

Places de 10 à 38€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

 

Adaptation : Gérald SIBLEYRAS

 

Mise en scène : Thierry HARCOURT

 

avec : Cédric CARLIER - Dimitri RATAUD - Alexis RIBES - Lara SUYEUX et Séverine VINCENT

 

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La scénographie ne laisse aucune place au doute, l'action se déroule en plein milieu des années 70. Décor et costumes nous rappellent le mauvais goût de l'époque et apparemment celui-ci était identique de chaque côté de la Manche.

Il fallait alors pour " avoir l'air branché " en décorant son appartement adopter ces dessins géométriques et ces teintes souvent automnales quand on ne revêtait pas les murs de papier métallique ou cuivré.

La mode vestimentaire n'était guère mieux : coiffures volontiers sophistiquées pour les femmes, cheveux mi-longs pour les hommes et costumes à pantalons " pattes d'éph ' "

( quelques nostalgiques y reviennent parfois)

Mai 68 appartenait déjà au passé et un début de libéralisme prenait sa revanche en s'installant dans le " m'as-tu-vuïsme " car pour être considéré, il fallait étaler son aisance.

Les personnages dont nous allons faire la connaissance habitent dans une cité pavillonnaire située en banlieue londonienne. Là, les femmes le plus souvent restent au foyer tandis que le mari part travailler au volant d'une voiture qu'il souhaite changer le plus souvent possible. Standing oblige !

Et l'intellect dans tout ça ? …

 

Une bibliothèque figure dans le salon bien sûr - rien que des livres choisis en fonction de reliures modernes mais avec du doré sur la tranche. Gageons que seul le plumeau est intime avec les ouvrages en question.

Peter et Beverley ont ce soir là invité pour un cocktail-maison, un jeune couple de voisins nouvellement installés … on pense immédiatement à une certaine pièce d'Albee et on se dit qu'il va y avoir " de la rumba dans l'air " …

Nous ne serons pas déçus.

 

 

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( photos : Victor Tonelli )



Un cinquième personnage ne tardera pas à faire son apparition en la personne de Susan - la doyenne du groupe - laquelle a fuit son domicile car sa fille Abigail ( qui pour nous jouera les arlésiennes ) a organisé une petite sauterie à domicile dont la mère est exclue.

Ce dont Mike Leigh joue avec brio, c'est de la confrontation de ces êtres appartenant à des milieux sociaux différents car d'évidence, ces gens n'ont strictement rien en commun et bien entendu rien à se dire, ce que nous constaterons très rapidement.

Beverley ( Lara Suyeux ) reçoit son monde en longue robe d'intérieur qui ne déparerait pas une soirée mondaine, parle beaucoup mais n'émet que des banalités.

Peter ( Dimitri Rataud ) est l'homme d'affaires qui n'a pas un instant à lui. Nous découvrirons un peu plus tard qu'il est le seul du groupe a posséder un semblant de culture dite classique.

Après les maîtres de maison, passons aux visiteurs maintenant,

Antony ( Cédric Carlier ) est le beau gosse qui va immédiatement et sans rien faire, séduire Beverley laquelle lui donnera familièrement du Tonio. Il est évident qu'elle ne détesterait pas avoir un flirt avec lui, voire plus le cas échéant …

Angela ( Alexie Ribes ) est elle aussi du genre qui inspire la remarque " sois belle et tais-toi " Elle deviendra intéressante à la suite d'un certain incident qui lui permettra d'utiliser ses capacités professionnelles.

Enfin Susan ( Severine Vincent ) a tout de la ménagère sur le retour qui bénéficie sans nul doute d'un solide bon sens mais qui se situe un peu en décalage car contrairement aux autres, elle ne cherche à prouver quoi que ce soit.

L'alcool coule à flots - on se dit même qu'ils ont un sacré entrainement - sauf Susan bien sûr qui arrivée à jeun contrairement aux autres … ne tardera pas à être malade.

La tension va monter et je vous laisse bien entendu découvrir la suite ...

L'auteur est un fin observateur de cette société qui n'a pour idéal que l'argent. Nous connaissons tous quelques spécimens du genre et ne savons que trop où tout cela mène.

Thierry Harcourt signe une fois de plus une mise en scène efficace au rythme enlevé permettant à chacun de donner du meilleur de soi pour camper son personnage au plus près.

Sans l'ombre d'une hésitation, allez-y ; il est exclu, voire impossible que vous le regrettiez.


Simone Alexandre

 

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16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/02/2017

L'amante anglaise de Marguerite Duras

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THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre-Dame-des-Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 19h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

Mise en scène : Thierry Harcourt

 

avec Judith Magre, Jacques Frantz et Jean-Claude Leguay

 

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( photos LOT )

 

 

A l'origine de la pièce, un fait divers : des morceaux de corps humain furent retrouvés dans des wagons de marchandises ce, à la fin des années 40.

On constatera bientôt que chaque train était passé par le pont de la Montagne Pavée à Viorne. ( Corbeil-Essonnes )

Le corps une fois reconstitué, il manquera la tête ... Celle qui n'a pas tardé à avouer être l'auteur des faits refusera d'en dire plus, de donner la moindre précision à ce sujet.

- Qu'a t'elle fait de la tête de sa victime ? ...

Comment cette femme a t' elle pu - seule - sans complice, parvenir à découper ce corps, l'assassinée étant bien plus que plantureuse ? Précisons que cette dernière ne pouvait alerter le voisinage lors de l'assassinat puisqu'étant sourde et muette.

Face à un tel degré d'horreur, les enquêteurs s'obstinent.

Le juge d'instruction n'a rien pu obtenir ou presque quant aux motivations de Claire Lannes sauf à conclure à la folie pure et simple. Un interrogateur mi-policier, mi-psychologue va tenter d'en savoir un peu plus. Jean-Claude Leguay mène l'interrogatoire sans brusquerie aucune utilisant patience et méthode.

Droite sur sa chaise comme elle le fut sur ce banc de pierre où elle avait coutume de s'installer dans le jardin pour contempler inlassablement ce plant de menthe poivrée dite menthe anglaise ( d'où le jeu de mots facétieux de Marguerite Duras ) Judith Magre avec une obstination malicieuse subit l'interrogatoire sans céder un pouce de terrain.

Au préalable, ce fut son époux, Pierre Lannes qui avoua son impuissance à comprendre ce qui avait bien pu se passer dans la tête de cette femme  qui n'était présente à ses côtés que pour la forme, complètement énigmatique et dont il s'était peu à peu détaché ... L'imposante stature de Jacques Frantz apporte une dimension supplémentaire au personnage.

 

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La victime, Marie-Thérèse Bousquet était sa cousine et le jour où il avait constaté son absence, elle qui faisait tout dans la maison en lieu et place de l'épouse sur laquelle il ne pouvait compter était d'après cette dernière retournée à Cahors, leur ville natale à tous trois.

Claire consentira à livrer un peu de sa vie d'avant, celle précédant son mariage alors qu'elle était follement éprise de celui qu'elle nomme " l'agent de Cahors " mais qui n'était pas libre, ce qui avait débouché sur la rupture.

Ceux qui connaissent la cadurcienne légende, pensent immanquablement à ce petit diable de pierre accroché à une tour du pont Valentré qui comme la meurtrière, ne lâche pas prise, rivé à ses regrets et à son échec.

Alors oui, la dame eut ce coup de folie meurtrière qu'elle ne peut expliquer que par un immense écoeurement créé par la vie et par les autres aussi ...

Dans la réalité, c'est le mari qui fut assassiné puis découpé en morceaux.
 
Ici, en tuant puis dépeçant Marie-Thérèse, Claire mettait en pièces tous ceux qu'elle avait rencontrés en s'incluant elle-même mentalement. Pour preuve n'ira t'elle pas jusqu'à souhaiter la guillotine en vigueur à l'époque, persuadée de la mériter ?

Mais comme le personnage est complexe et contradictoire elle refuse obstinément de dire où est passé cette tête comme si elle voulait que le doute subsistât éternellement.

C'est donc ici un grand rôle, à la mesure de cette immense artiste qu'est Judith Magre et pour tout le plaisir que son jeu nous apporte ... Merci, Madame.




Simone Alexandre

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent