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08/03/2016

Woyzeck de Georg Büchner

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L'ETOILE DU NORD

 

16, rue Georgette Agutte

 

75018 PARIS

 

 

(M° Guy Môquet)

 

loc. 01 42 26 47 47

 

Pl. 15€ - T.R. 10€

 

 

 

 

http://www.etoiledunord-theatre.com/

 

 

jusqu'au : 26 MARS 2016

 

A 19h30 les mardi et samedi

 

A 20h30 : mercredi / vendredi

 

Relâche le 18 Mars

 

Adaptation et mise en scène : Eram Sobhani

 

avec : Olav Benestvedt - Vincent Brunol - Emilia Giudicelli - Céline Laurentie - Corentin Le Bras - Edouard Liotard - Khouri-Haddad - Yuta Masuda - Santiago Montequin - Eram Sabhani

 

Création Lumières : Julien Kosellek

 

Durée : 1h25

 

 

Il y a deux ans ( déjà ! ) en ce théâtre de l'Etoile du Nord, Eram Sobhani nous présentait  Léonce et Léna de ce même Büchner. Je crois avoir alors fait part de ma nostalgie de Woyzeck, pièce qui se situe en bonne place dans mon Panthéon artistique personnel …

 

Et bien, c'est fait, il s'y est attaqué et cette volonté de dépouillement que le metteur en scène semble tout particulièrement affectionner était au rendez-vous.

On adhère ou pas mais il faut reconnaître que cela convient assez au thème de la pièce. Il n'empêche que les personnages semblent parfois un peu perdus sur ce grand espace vide - c'est un choix mais ce qui nous importe, c'est le texte et son approche que l'on souhaite voir traiter le plus possible en profondeur …

 

Comme Eram Sobhani a l'esprit de troupe ce qui, comme chacun sait constitue la pire et la meilleure des choses, certaines fidélités voient le jour ; c'est ainsi que Olav Benestvedt héritera du rôle titre pour lequel il nous fournit en toute logique, une image quelque peu étique sans oublier de nous rappeler qu'il se définit comme contre-ténor.

 

Les comparaisons sont presque toujours cruelles au théâtre et les quelques représentations de cette pièce auxquelles il m'a été donné d'assister durant ces dernières décennies ont sans nul doute fait quelqu'ombre à cette nouvelle approche. Trop souvent quand les comédiens ne se voient pas proposer cette prothèse que l'on nomme micro, ils hurlent pour faire passer le texte et ici, en alternance, l'accent de l'interprète rend parfois l'écoute inconfortable.

 

En revanche j'ai trouvé la scène du crime souvent traitée de façon furtive ( n'oublions pas que le théâtre contraignait  jadis aux mises à mort en coulisses ) anormalement belle ce, grâce aux lumières qui la mettent en valeur.

Donc, allez-y, forgez vous votre propre opinion sur place et il me semble que la lecture préalable du texte ne serait pas malvenue …

 

Signalons dans la foulée que le samedi 19 mars de 14 à 16h, toujours à l'Etoile du Nord, Eram Sobhani animera un atelier de découverte du théâtre - pour la modique somme de 10€ - " aucune pratique du théâtre n'est requise. "  mais n'oubliez pas quand même qu'il faut des années pour faire un bon comédien !

 

infos et inscriptions au 01 42 26 29 21 ou publics@etoiledunord-theatre.com

 

Simone Alexandre

 

 

 

 

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11:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2016

Les éclats du bal - Daniil Harms

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L'AUGUSTE THEATRE

 

6, Impasse Lamier

 

75011 PARIS

 

 

(M° Philippe-Auguste)

 

loc. 01 43 67 20 47

 

 

http://augustetheatre.com/

 

 

Pl. 16€ - T.R. 12€

 

Les mercredi et vendredi à 21h

 

jusqu'au : 18 MARS 2016

 

et prolongation en Avril,

 

les 12, 14 & 15 puis les 19, 21 & 22 Avril ...

 

 

 

 

Création et mise en scène : Pascal CRANTELLE

 

avec : Aline LEBERT et Harold CROUZET

 

Chorégraphie et costumes : Stéphane PUAULT

 

Toiles peintes : Patricia BURKHALTER 

 

 

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Bienvenue en Absurdie !

 

Nous avons coutume, ici - à l'Ouest, de considérer les slaves en général et les russes en particulier - comme des êtres excessifs, capables de passer d'un sentiment extrême à son absolu contraire, ce - en un temps record !

 

Daniil Harms quant à lui, agit de façon particulière en créant ce qui peut ressembler à des fulgurances avant de déraper pour ensuite exploser en plein vol.

 

Ce portrait d'homme roux qu'il nous brosse pour arriver à sa déconstruction en est l'exemple type. Le message est tout à fait subversif, expliquant rétrospectivement le sort qui fut le sien en un régime soviétique où toute liberté d'esprit était proscrite.

 

Ici, les gestes ont autant d'importance et parfois plus que la parole elle-même puisque cette dernière ne se fixe jamais, se contentant de suggérer de façon anarchique.

 

Le rythme fait de pulsions et de brusques ruptures constitue le moteur de ce qui nous est donné à voir et entendre.

 

Nous découvrons en fond de scène, trois panneaux hautement colorés lesquels peuvent évoquer des flammes crépitantes lesquelles s'élancent à l'instar de ces comédiens danseurs, ce - sur des musiques judicieusement choisies ( Stravinsky, Chostakovitch et Rachmaninov seront pour nous sollicités.) 

 

Ici, rien n'est laissé au hasard, jusqu'au choix de teintes des costumes, tout devant contribuer à composer l'atmosphère, c'est donc un tout harmonieux bien que contrasté qui figure ici.

 

Réaliser un spectacle avec des fragments d'écriture aussi parcellaire correspondait à une réelle gageure. Ainsi, de même qu'une toile a besoin d'un châssis qui la structure, Pascal Crantelle encadrera les écrits de Daniil Harms au moyen d'un prologue et d'un épilogue nous permettant de mieux connaître l'auteur qui nous est présenté. ( lui, dont l'esprit battait la campagne pour mieux dénoncer l'absurdité du monde au moyen de cette danse macabre laquelle malgré tout, constitue un formidable hymne à la vie ! )

 

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Vous l'avez compris, ce spectacle sort des sentiers battus et à ce titre, mérite d'engendrer notre curiosité. Les comédiens y sont engagés à 300 % et c'est un formidable instant que nous vivons là, avec eux - grâce à eux, la communion entre salle et scène étant totale. Aussi, faites vite, allez-y !

 

Simone Alexandre

 

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11:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/02/2016

Féline, je ne lâcherai rien de Laura Mokaiesh

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AKTEON THEATRE

 

11, rue du Général Blaise

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

loc. 01 43 38 74 62

 

http://www.akteon.fr/

 

Pl. 18€ - T.R. 12 & 14€

 

les vendredi et samedi à 21h30

 

jusqu'au : 19 MARS 2016

 

Mise en scène : Mathieu Farhi

 

avec : Marie-Emilie Michel en alternance avec Delphine Alexandre, Christelle Beausire, Laura Mokaiesh et Sébastien Martin.

 

 

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" A l'ombre des jeunes filles en fleurs … "

 

A l'heure où les fantasmes sont l'ébauche de la réalité à venir ( celle dont on rêve, du moins ) quand l'Amour est au stade expérimental, car vouloir être une femme libérée n'est nullement synonyme de femme comblée … ces trois jeunes personnes s'interrogent avec hardiesse.

 

Attirance rime avec errance quand les repères anciens volent en éclats ! Au baiser juvénile, les lèvres semblables attirent et rassurent, tandis que le mâle tapi derrière ce lourd rideau au drapé couleur de sombre verdure offre un bras tentaculaire et zébré, prêt à enserrer ces corps frémissants d'appréhension craintive.

 

Cette " manifestation poétique pour l'expression des aspirations intimes " ( fin de citation ) correspond en clair à l'extériorisation d'une introspection aventureuse car nouvelle. " Trois femmes exaltées " - la jeunesse ne l'est-elle pas toujours ? ...

Le contraire serait inquiétant car seule l'expérience tempère, modère les élans.

 

Ces " pensées inavouables " sont ici brandies comme des étendards et l'homme jubile derrière son rideau car il possède le pouvoir du Deus ex machina qui pour elles signifie : Espoir !

 

Quiconque a été amoureux ( fille ou garçon ) a eu cette envie de crier son amour sur tous les toits, livrant ainsi ses états d'âme au monde entier.

 

Mais comme les sentiments sont successifs et contradictoires, elles seront trois pour les exprimer,

 

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( photos : Juliet Alice )

 

 

- Blanche et son côté tête brûlée - Lou, la cérébrale et Pomme, la fantasque  …

 

Le quatrième personnage dont pour l'heure on n'entend que la voix, correspond à leur subconscient à toutes, lesquelles ne sont peut-être qu'une seule ?

 

Le résultat est onirique, hautement suggestif, un peu braque et brûlant.

 

Les comédiennes sont jeunes, jolies, n'ont pas froid aux yeux et affirment net et clair ce qu'elles disent. Les femmes dans la salle rient plus de ces folies que les hommes, bien évidemment. Connivence et sympathie se mélangent alors.

 

Un détail vestimentaire pas très heureux ( c'est le seul hiatus remarqué ) donne envie aux mâles présents dans la salle de fredonner : " baisse un peu l'abat-jour " mais à ce détail près ( mon sens de l'esthétique s'avérant parfois tyrannique ) je n'ajouterai au final qu'une seule chose : ALLEZ-Y !

 

Simone Alexandre

 

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11:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent