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07/10/2016

Le personnage désincarné de Arnaud DENIS

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THEATRE de la HUCHETTE

 

23, Rue de la Huchette

 

75005 PARIS

 

 

 

(M° St-Michel)

 

 

loc. 01 43 26 38 99

 

 

http://www.theatre-huchette.com/

 

PL. 26€,

 

Etud.(-25 ans) : 17€)

 

Tarif jeunes : 10€ du mardi au jeudi

(6 places, maximum en fonction des disponibilités)

 

 

Texte et mise en scène : Arnaud DENIS

 

 

avec :Marcel PHILIPPOT, Audran CATTIN,

Grégoire BOURBIER

 

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Dès le départ, la musique lancinante créée un état de réceptivité maximale.

En fond de scène une porte d'où paraîtra le personnage …


Face à lui, côté jardin, une femme debout est représentée et côté cour, un homme est assis nous tournant le dos également ; tous deux symboliseront les autres personnages de la pièce mais pas seulement, car leur présence sera un rappel de la soumission vouée à l'auteur-metteur en scène.

Le personnage principal, bien vivant lui, est angoissé, nous pouvons percevoir son souffle haletant.

Comme la situation s'éternise, nous croirons - un temps - à un trou de mémoire … En fait, c'est bien plus que cela car l'homme est sorti de son rôle pour redevenir lui-même et se révolte. Il n'accepte plus le sort qui lui est imposé !

Sans comprendre immédiatement ce qui se passe, l'auteur surgit brusquement dans la salle, tente de raisonner son interprète, essaie de le calmer puis fait preuve d'une autorité teintée d'un évident mépris.


Nous autres spectateurs, sommes devenus les impuissants otages de ces deux là car nous assistons à ce que

( logiquement ) nous n'aurions jamais dû voir …

Audran CATTIN est ce jeune comédien en révolte, funambule sur une corde invisible, instable, prête à céder.

Nous enregistrons la fragilité de l'homme qui se met chaque soir en danger mais aussi toutes les possibilités inexploitées dont l'auteur n'a que faire, lui qui suit la trame qu'il a préalablement fixée.

Puisque les règles du théâtre ont brusquement volé en éclats, Grégoire BOURBIER interviendra pour être tour à tour spectateur puis régisseur indigné. Les interventions du comédien sonnent juste ; il est parfait dans ces deux fragments qui nous font rêver pour lui d'un plus grand rôle.

L'auteur en question car vous avez compris que nous assistons ici à du théâtre dans le théâtre est Marcel PHILIPPOT lequel

( son personnage bien sûr ) use et abuse de sa position privilégiée. A ses yeux, le comédien n'est et ne peut être, qu'un exécutant entièrement soumis à sa volonté.

 

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( photos : LOT )

 



Cette pièce a - n'en doutons pas - un évident pouvoir cathartique. Combien de comédiens ont eu un jour envie de tuer l'auteur ou le metteur en scène qui les retournaient ainsi sur le gril ? …

Par cette démarche, Arnaud DENIS, l'auteur bien réel de la pièce cette fois, semble avoir puisé ses sources d'inspiration dans la vraie vie mais également en décalage avec Pirandello et Diderot …

Chaque auteur sait que ses personnages vont lui échapper pour vivre leur propre vie - généralement le phénomène se produit en cours d'écriture, ici c'est après. Et tout comédien est confronté à son double qui ne demande qu'à se démultiplier au cours d'une carrière la plus longue possible.

Un thème donc fort intéressant - peut-être plus pour les gens de métier que pour les profanes mais qui devrait cependant en attirer et satisfaire plus d'un.



Simone Alexandre

 

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10:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/10/2016

EDMOND d'Alexis MICHALIK

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Théâtre du PALAIS-ROYAL

 

38, Rue de Montpensier

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Bourse, Palais-Royal,

Musée du Louvre)

 

 

loc. 01 42 97 40 00

 

 

http://theatrepalaisroyal.com/

 

Pl. 17 à 60€

- 26 ans : 10€

 

Du mardi au samedi à 21h

Dimanche à 16h30

 

Texte et mise en scène : Alexis MICHALIK

 

 

avec : Anna MIHALCEA, Christian MULOT,

Christine BONNARD, Guillaume SENTOU,

Jean-Michel MARTIAL,Kevin GARNICHAT,

Nicolas LUMBRERAS, Pierre BENEZIT,

Pierre FOREST, Régis VALLEE,

Stéphanie CAILLOL, Valérie VOGT

 

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" Biopic " ai-je lu quelque part ? ... quel terme horrible pour résumer l'approche romancée d'une vie. On dirait que l'on vient d'épingler quelqu'un ! 

Ce que Alexis Michalik a réalisé au théâtre est bien mieux que cela et son spectacle mérite à coup sûr les " standing ovation " que le public enthousiaste lui réserve ainsi qu'à toute la distribution.

Le jeune Rostand le soir de la première aurait assisté incrédule et ravi aux 40 rappels saluant la représentation de son Cyrano de Bergerac au Théâtre de la Porte St-Martin.

 

Certaines pièces sont faites pour perdurer. Les personnages deviennent alors mythiques et Cyrano est éternel tout comme Don Quichotte. Hélas, Brel n'eut pas la même chance car c'est cela la réussite au théâtre, le bon moment ( avant tout ) un bon texte, une bonne mise en scène et les meilleurs interprètes que l'on puisse trouver.

 

Guillaume SENTOU est Edmond et a eu le scrupule de se faire la tête de l'auteur, politesse élémentaire allez-vous dire mais qui n'est pas toujours prise en compte.



Pierre FOREST est éblouissant dans le rôle de Constant Coquelin ( Cyrano ) Confrontés à une telle truculence on se demande qui aurait pu jouer le rôle à sa place ? Car il est tout à la fois le célèbre personnage mais également celui qui l'interprétait à la création. Double difficulté imposée par l'auteur à la troupe.

Christine BONNARD dans le rôle de Marie Legault créatrice du rôle de Roxane est capricieuse, hilarante au possible. On ne l'imaginait pas comme cela ? … Tant mieux !

Kévin GARNICHAT est Volny alias Christian.
Le comédien est beau, élégant et ne paraît pas stupide du tout.

Valérie VOGT m'a fait hurler de rire dans sa charge chevrotante de la grande Sarah.
N'oublions pas pour autant ce que Rostand disait précisément d'elle,

" Reine de l'attitude et princesse du geste " -

Les outrances de l'époque n'annulaient pas le génie.

Régis VALLEE est Jean Coquelin pressenti pour être De Guiche, personnage qui ne lui plaisait absolument pas et qu'il massacre avec brio puis sera parfait dans le rôle de Ragueneau où il justifiera cet autre choix.

 

Je me garderai bien d'oublier le toujours excellent Jean-Michel MARTIAL dont le personnage a une grande importance.

La pièce est montée de main de maître et les spectateurs savourent ce plaisir sans pareil ( devenu assez rare, il faut bien le dire ... ) Bref, du vrai et bon théâtre comme on l'aime.


Simone Alexandre

 

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21:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/09/2016

Annonce : EDMOND au PALAIS ROYAL

 

 

http://theatrepalaisroyal.com/

10:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent