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15/10/2018

La Colombe et l'Epervier de Benoît MARBOT

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THEATRE du PETIT PARMENTIER

 

Place Parmentier

 

92200 NEUILLY-sur-SEINE

 

 

 

(M° Porte Maillot, sortie 7)

 

LOC. 01 46 24 03 83

 

theatre-le-petit-parmentier

 

du mercredi au samedi à 20h30

 

jusqu'au : 20 OCTOBRE 2018

 

Mise en scène par l'auteur,

 

avec Marion TREMONTELS et Adrien MICHAUX

 

 

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L'action se déroule dans le salon bleu de la Vallée-aux-Loups, en cette fin de septembre 1828 où, étendue sur sa méridienne en une pause lascive, Juliette Récamier, un livre en mains s'apprête à recevoir le vicomte François-René de Chateaubriand.

L'un et l'autre se connaissent depuis longtemps et leurs échanges ont connu moult péripéties. Juliette en prétendant qu'elle ne l'attendait plus, ment bien évidemment, sa lecture étant là pour en témoigner.

L'Ambassadeur prenant le pas sur l'homme de lettres, Chateaubriand s'apprête à partir pour la cité papale où il est attendu avec sa légitime épouse, conformément aux préceptes de l'Eglise apostolique et romaine.

 Juliette va alors risquer la phrase scabreuse,

- " Quand partons-nous ? " ...

Il n'est que trop évident que le Pape ne tolèrerait pas que l'époux résidant en la ville éternelle, Madame de Châteaubriand restât à Paris !

L'orage pointe à l'horizon car ce poste à Rome n'a été obtenu que grâce aux relations de l'influente Juliette Récamier, les candidats étant nombreux et Tayllerand lui-même rêvant de cette nomination. Ayant accompli cet exploit, elle pensait donc l'accompagner. Hélas ...

Avec une flagrante mauvaise foi, Chateaubriand évoquera la nuée d'admirateurs qui se bouscule en permanence dans le salon de Madame Récamier, symbolisant le pouvoir qu'elle exerce sur les hommes les plus influents de l'époque.

Pour se faire pardonner, il promettra d'écrire chaque jour.

Juliette lui fait observer qu'elle, présente à ses côtés, toutes les célébrités d'Europe se précipiteraient autour d'eux alors que flanqué d'une épouse acariâtre et bigote …

Préoccupé de gloire, Chateaubriand ne pense qu'à collectionner les décorations : Grand Croix de St-André remise par le Tsar Alexandre 1er et maintenant celle du St-Esprit ! ( lui fait-elle remarquer non sans ironie.)

 

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( photos : Colcormarion )



Brusquement, Chateaubriand se souvient de ce sabre mauresque qui a disparu et qu'il veut absolument retrouver avant son départ … Belle diversion à la dispute !

Mais je vous laisse découvrir la suite d'autant que par le biais de cet échange tour à tour tendre et houleux, l'auteur n'a rien laissé au hasard porté par le romantisme échevelé de l'époque car même si la discrétion était de mise, on ne faisait pas les choses à moitié en ce temps là.

Il ne reste plus que la période du mercredi 17 au samedi 20 octobre pour découvrir cette pièce assez courte - presque trop - qui réunit le temps d'une représentation ce couple prestigieux évoquant pour nous l'amour battu en brèche par les honneurs et les tourments de la création artistique.


Simone ALEXANDRE

 

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10:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/10/2018

GALILEE LE MECANO de Francesco Niccolini, Marco Paolini et Michela Signori

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LA REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

LOC. 01 40 05 06 96

 

Pl. 25€ - 20€ - 15€

 

https://www.reineblanche.com/

 

du jeudi au samedi à 20h45

 

le dimanche à 15h

 

( le jeudi 18 Octobre la représentation aura lieu à 14h30 )

 

Traduction : Daniela Almansi

 

Adaptation : Jean Alibert et Gloria Paris

 

Scénographie et lumières : Laurent P. Berger

 

Son : Anouk Audart

 

Mise en scène : Gloria Paris

 

avec : Jean Alibert

 

 

jusqu'au : 28 OCTOBRE 2018

 

 

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Théâtre narratif mais qu'est-ce qu'un monologue sinon une narration plus ou moins active ? ...

 

Rassurez-vous, Jean ALIBERT de par son expérience sait donner vie à un texte. Il déclenche d'emblée un échange avec la salle, créant ainsi une bienveillante complicité.

En cette époque où l'on nous rebat les oreilles avec l'intelligence artificielle, nous parler de Galilée remet singulièrement les pendules à l'heure !

Jadis, le génie d'un homme se nourrissait de lecture, d'imagination et de savoir faire ...

 

( ça, c'est pour le côté " mécano. " )


C'est ainsi qu'il eut l'idée de créer cette lunette qui allait lui permettre de scruter aisément le ciel. Pour lui la voie était ouverte et le vieil obscurantisme révolu. Ce n'était pas évident en un siècle où l'Eglise était toute puissante.

 

Malheur à qui - de près ou de loin - contestait le dogme, les bûchers alors s'enflammaient rapidement. Giordano Bruno en est le triste exemple - " hors l'Eglise, point de salut ! "

Le géocentrisme hérité d'Aristote plaçait la terre au centre de l'Univers alors que Galilée adhérait à la théorie copernicienne et de ce fait était hélio-centriste.

 

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( photos : Pascal Gély )


 
Alors que le philosophe grec se demandait : " POURQUOI ? " question liée à la métaphysique, Galilée nettement plus pratique en bon physicien qui se respecte répondra : " COMMENT ?  " question sacrilège par excellence qui lui vaudra d'être mis à l'index par l'Eglise. Plus tard, cette dernière l'obligera comme on sait à renier ses découvertes.

 

D'où la célèbre phrase : " et pourtant, elle tourne ! "

Jean Alibert nous narre tout cela en s'amusant, en nous amusant, utilisant parfois de simples anecdotes pour alléger le langage qui risquerait d'en rebuter certains, le public n'étant pas composé exclusivement de scientifiques.
Ceux là - dont sans fausse honte, je fais partie - ressortiront du théâtre un peu plus savants qu'ils y étaient entrés.

 

Aussi, quelque soit votre bagage culturel, n'hésitez pas à vous rendre à la Reine Blanche car de même que la terre tourne autour du soleil, les spectateurs curieux se retrouvent très souvent en orbite non seulement autour mais à l'intérieur de ce lieu, preuve s'il en était besoin, que la force d'attraction existe bien.


Simone ALEXANDRE

 

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14:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/10/2018

VIPERE AU POING de Hervé BAZIN

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THEATRE du RANELAGH

 

5, rue des Vignes

 

 

75016 PARIS

 

 

(M° La Muette)

 

LOC. 01 42 88 64 44

 

Places : 32, 28 1 10€

 

https://www.theatre-ranelagh.com/

 

Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 19h

Dimanche à 15h

 

 

Mise en scène : Victoria RIBEIRO

 

avec : Aurélien HOUVER

 

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Pouvait-on adapter un roman à  - très fort - succès en un monologue ? Il semble une fois de plus que la réponse soit positive car seul en scène, suivant la formule désormais en usage, Aurélien Houver donne à voir, un peu et à entendre, beaucoup, « Vipère au poing » roman publié en 1948 par Hervé Bazin, futur président d’une académie Goncourt qui ne voulut pas lui décerner son prix pour cet ouvrage.

Peu ou prou tout le monde connaît l’histoire de ce combat farouche entre Jean Rézeau, affublé du surnom ridicule de « Brasse bouillon » et sa mère, froide, autoritaire, distante, peu maternelle en somme, surnommée  Folcoche, contraction entre « folle «  et « cochon ».

C’est en somme une histoire de famille, et Maurice Nadeau a évoqué les Atrides à son propos, ce qui n’est que partiellement vrai puisque le père est très absent, voire transparent,  et que la haine est simplement partagée entre la mère et ses fils, et encore, cette détestation n’est-elle pas complète ni uniforme de la part des trois frères.

Ce qui a pu faire le succès de l’ouvrage en son temps est la contestation de l’autorité maternelle aussi marquée et le portait d’une femme aussi dure.

Pour les mêmes raisons, ce texte peut toujours attirer en y ajoutant le motif de la curiosité historique, les mœurs, en ce compris les moeurs familiales, ont terriblement changé en 60 ans, et ce que peuvent connaître les enfants Rézeau relèverait désormais des tribunaux avec risque d’inculpation pour maltraitance.

A l’heure où l’adjectif « recomposée » vient presqu’automatiquement s’accoler au mot « famille », nous avons sous les yeux le spectacle d’une famille fissurée et dont un élément, le fils cadet souhaite l’éclatement.

Au vrai, sous des apparences un peu hâbleuses, ce personnage est assez peu sympathique et peine à nous entraîner dans son malheur domestique. Nous avons face à nous deux personnages qui s’affrontent et qui ont la particularité d‘être mère et fils. La parole étant au fils, il peut bien présenter sa version.

Nous ignorerons toujours celle de sa mère et le récit reste à charge. C’est toutefois ce qui en fait l’intérêt.

 

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( photos : BEN DUMAS )



Il semble que Bazin ait à peine transposé son histoire personnelle, changeant de ci de là un nom, un prénom , un lieu. Mais tout cela reste très identifiable et le nom du village, Soledot, peut être remplacé par Angers, ville d’origine de l’auteur.

Marcel Jouhandeau, belle plume cruelle de la génération précédant celle de Bazin, n’a pas fait autre chose avec un Guéret transformé en Chaminadour et des portraits si criants de vérité que bien que les noms eussent été modifiés, chacun s’est reconnu. Et comme Jouhandeau, les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, Bazin a été battu froid tout le reste de sa vie dans sa ville d’origine.

On saluera l’énergie de l’interprète, Aurélien Houver, qui donne à son personnage vie, consistance, qui l’incarne réellement, et qui, dans une grande économie de moyens restitue l’environnement de Jean Rézeau, sa famille et ses précepteurs successifs, mais aussi les lieux, clos ou ouverts, dans un décor minimaliste et assez ésotérique.

On reprochera à Victoria Ribeiro les éclats de voix trop nombreux et souvent inopportuns qu’elle impose à son interprète, quand la véritable méchanceté n’est pas dans la fureur mais bien dans le silence, et que le combat que se livrent fils et mère est sourd, sournois, souterrain. Il nous semble que l’univers volontairement restreint voulu par Paule-Folcoche y aurait gagné.

La prison qu’elle crée au sein de sa famille lui permet de surveiller et punir…

On ne rit pas dans ces échanges, mais on compatit, sans toutefois toujours passer du côté des enfants. Il faut saluer en cela l’intelligence et le talent d’ Aurélien Houver, qui donne à ce spectacle et de l’adaptation du roman un caractère ambigu, tout à fait justifié.




Frédéric ARNOUX ©

 

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14:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent