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26/04/2017

Le silence du miroir d'après Théâtre décomposé ou L'homme poubelle de Mateï Visniec

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MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, Rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h

 

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 7 MAI 2017

 

 

Adaptation, interprétation et mise en scène : Bruno ABADIE

 

Création sonore : Bruno COFFINEAU 

Lumières : Antoine DERMAUT

 

 

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( photos : Philippe HANULA )

 

 

 

Voici un spectacle insolite dans lequel se faufile le miroir symbolique, cher à Cocteau.

Or, nous sommes ici plus proche de Beckett, d'Orwell ou de Kafka sans parler d'Antonin Artaud !

Ces comparaisons ne sauraient faire injure à Mattei Visniec qui est et demeure un auteur singulier.

Solitude de l'exilé mais certains peuvent l'être en leur propre pays …

Peur panique, obsédante de l'Autre, celui qui interfère en permanence dans ce " quant à soi ", cercle invisible que certains tracent - consciemment ou non - tout autour d'eux.
Espace imaginaire, magique ou maléfique dans lequel nous pouvons être protégés ou piégés au gré du sort qui nous est imparti.

Cet homme raconte, se raconte, s'adressant à un invisible ami qui n'existe peut-être pas, qui n'est en fait que le reflet de lui-même, qui sait ?


Ce texte a valeur d'ultime appel au secours quand ayant conscience que tout est perdu,  on perçoit qu'il y a constamment, Soi et les autres, ceux qui se situent juste à l'extérieur du cercle et qui - sans scrupules - jettent leurs détritus par dessus le mur d'enceinte.

Etre né, avoir vécu à l'époque des Ceausescu - ce couple maudit - ne peut que dessiller à jamais le regard que l'on porte sur le monde, quelque soient les illusions et l'espoir que l'on tient à conserver.

Ainsi, ce personnage sorti tout droit d'une oeuvre foisonnante, sculpté en quelque sorte au fil des pages, avance dans un noir quasi absolu ; seuls les mouvements saccadés, désordonnés parfois, de sa démarche nous permettent de le découvrir, de le deviner ...

 

 

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Il avance dans les ténèbres de son existence, tout de noir vêtu, cheveux et barbe hirsutes, faisant part à ce mystérieux Bartoloméo de ses délires fous.
L'homme possède un petit lopin de terre qui lui permettait de vivre simplement ( il est végétarien ) or chaque nuit des lapins viennent dévorer ses plantations.  

Il les capturera un à un mais comme il ne veut pas les tuer, il faut bien entendu les nourrir et pour cela, qu'a t-il sinon les choux qu'il a plantés ? … L'absurdité grotesque de la situation se met en place.

Dehors, c'est pire : des ordures sont déversées sur ses chaussures, quand les chiens ne lèvent pas la patte sur elles ! On lui fourre des écorces d'oranges dans la bouche, ses poches se transforment en corbeilles à papiers et sa sacoche est pleine de débris de verres ou de lames de rasoir. Un vrai cauchemar !

Alors il court, encore et encore et quand de retour chez lui son miroir non content de lui renvoyer une image dérangeante se met brusquement à produire des bruits pour le moins insolites ... il ne lui reste plus que la présence d'un cafard pour le rassurer tout en l'inquiétant.

L'histoire de cet homme dérange et fascine à la fois et le comédien s'implique totalement en ce rôle d'une portée quasi métaphysique. Sartre prétendait que " l'Enfer, c'est les autres " mais n'est-ce pas tout simplement soi-même quand à force de solitude, l'esprit a basculé ? …

Voici un bien étrange et intéressant monologue. Ajoutez à cela la performance de l'acteur et vous serez alors persuadés que vous n'êtes pas venus pour rien.




Simone Alexandre

 

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15:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/04/2017

Le dernier chant d'après Anton Tchekhov

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THEATRE DE L'EPEE DE BOIS

 

CARTOUCHERIE DE VINCENNES

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

 

 

© Jean Cardoso

 

 

 

(M° Château de Vincennes puis 112)

 

Loc. 01 48 08 39 74

 

Pl. 20€ / 15€ / 12€ / 10€

 

voir modalités sur

http://www.epeedebois.com/

 

du mardi au samedi à 20h30

 

Matinées samedi & dimanche à 16h

 

 

D'après : Le baron, Elle et lui, Le chant du cygne,

Correspondance avec Olga

 

Traduction : Yves Bastide

Adaptation : Emmanuel Ray

 

Mise en scène : Mélanie Pichot

& la collaboration artistique d'Emmanuel Ray

 

avec : Emamnuel Ray, Mélanie Pichot, Fabien Moiny

 

 

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( photo : Alice Contanceau )

 

 

Ce décor blanc, situé au milieu de l'espace scénique fait penser à un livre ouvert duquel sortent les personnages.

Le climat de départ sera lyrique ( vocalises en off et en intro ) et couple venu recueillir les applaudissements ; la cantatrice en longue robe rouge, lui en habit comme il était de rigueur en ce lieu de luxe et de fête. Cette scène se déroulait en une autre vie ...

La page du livre scénique se tourne et nous découvrons un étrange personnage - seul - habillé d'une drôle de façon, qui se définit lui-même comme " un petit vieux d'une quarantaine d'années " (sic) Certains événements accélèrent le cours du temps, font brûler les étapes, pulvérisent l'horloge biologique.

Faute de mieux, l'homme est devenu souffleur …

 

 

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( photo : Jean Cardoso )



Du temps de Tchekhov, il y en avait encore et sans doute ne concevait-on pas le théâtre sans cet emploi indispensable ?

Sort cruel quand on a rêvé d'être Hamlet, que bien entendu on trouve celui qui est sur scène épouvantable et que l'on est persuadé qu'on aurait fait mieux que lui. Un peu d'alcool et même beaucoup, pour supporter la situation et c'est la catastrophe.

La critique loge désormais dans le trou du souffleur et se révèle impitoyable !

Les personnages de cette pièce ( bien trop courte à notre gré ) vont alors se succéder, illustrant le métier de comédien ou celui encore plus cruel de comédienne ( surtout à l'époque ) mais toujours, existe ce décalage entre le rêve immense de gloire et le résultat si satisfaisant soit-il et il ne l'est pas toujours.

 

 

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( photo : Alice Contanceau )



En fin de carrière, tout acteur a conservé la nostalgie de rôles pour lesquels il se croyait fait mais on n'a pas pensé à lui tout simplement et quand par chance il en a joué un, le souvenir du succès souvent exagéré, l'accompagne inlassablement.

Pour une comédienne c'est exactement la même chose, ne parlons pas de coquetterie en plus car tout tempérament d'artiste est féminin.


Précisément, une comédienne revient sur les lieux d'un théâtre aujourd'hui disparu prétexte à citer Tourgueniev : " J'ai fait des rêves de gloire " … Les pieds sur le plateau et le public en bas suspendu au moindre souffle, qui n'en a fait ?

Tchekhov connaissait très bien les artistes et personne ne pouvait les dépeindre mieux que lui.

Que vous ayez ou non connu ces rêves sublimes, vous ne pourrez qu'être transportés par le jeu de ces trois interprètes qui auront partagé en cette petite heure leurs émotions avec vous.

Quelque soit votre parcours c'est là une expérience intéressante qui vous attend.




Simone Alexandre

 

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15:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/04/2017

LA MOUETTE de TCHEKHOV

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THEATRE RANELAGH

 

5, Rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

 

(M° La Muette)

 

Loc. 01 42 88 64 44

 

 

http://www.theatre-ranelagh.com/

 

Pl. de 10 à 35€

 

Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 20h45

 

Matinée le dimanche à 17h

 

 

Traduction : Antoine VITEZ

 

Mise en scène : Isabelle HURTIN

 

assistée de Marie VITEZ & Kevin CHEMLA

 

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avec,

Marjorie HERTZOG (Paulina) - Isabelle HURTIN (Arkadina)  Léonor ILITCH (Nina) - Fanny JOUFFROY (Macha) 

Bruno BISARO (Medvedenko) 

Jean-François CHATILLON (Chamraiev)  

Kevin CHEMLA (Iakov) - Thomas COUSSEAU (Trigorine)  Frédéric CUIF (Dorn) - Lionel ERPELDING (Sorine) 

Mathieu SACCUCCI (Treplev)

 

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Anton Pavlovitch Tchekhov avait coutume de dénoncer le théâtre commercial, déclarant que celui-ci pervertissait les auteurs, les interprètes et le public précisant qu'il suffisait d'écrire pour libérer son coeur, tout simplement.

Ce qui définit le plus cet auteur, c'est l'atmosphère toute particulière qui règne sur l'étendue de son oeuvre.

 

Atmosphère faite de poétique mélancolie où les êtres rêvent le plus souvent leur vie à défaut de la prendre à bras-le-corps, pour découvrir un jour que l'existence a passé et qu'ils se sont laissés porter par elle. Oh ! certes, ils avaient des aspirations et même des passions mais le déclic a manqué. Ils ont donc le plus souvent suivi le cours du temps à la lisière de leur propre vie. C'est le cas de Sorine chez lequel ils sont tous réunis " et ainsi de suite " dirait ce dernier.

Quand la pièce commence, de retour d'une promenade, Medvedenko, l'instituteur reproche à Macha d'être toujours en noir, prétexte à une exposition des états d'âme de chacun.

Une représentation théâtrale est sur le point d'avoir lieu dans le parc où chacun s'active aux préparatifs. Treplev en est l'auteur et sa bien aimée Nina doit interpréter le rôle qui échappe quelque peu à celle-ci, de même qu'il échappera au public dérouté par le caractère abstrait de l'action.

Le jeune homme a une théorie qu'il essaie de mettre en application, " Des formes nouvelles ( dit-il ) voilà ce qu'il nous faut et s'il n'y en a pas alors mieux vaut rien du tout. "

Ce n'est pas tout à fait l'avis de sa mère - Arkadina - comédienne expérimentée qui fait peu de cas des créations de cet auteur en herbe d'autant que Nina n'est encore qu'une ébauche de comédienne … La représentation tournera court et Constantin ( Tréplev ) partira ulcéré.

Un conflit couve entre ce dernier et l'amant de sa mère Trigorine, écrivain reconnu ce qui met doublement en rage le fils que personne ou presque ne prend au sérieux.

Il y aura beaucoup de maldonnes en cette pièce où la réciprocité des sentiments sera rarement au rendez-vous.

Arkadina aime ou croit aimer Trigorine, elle en exprime du moins toute la possessivité tandis que ce dernier flatté sans doute par l'admiration de Nina ne tardera pas à succomber au charme de cet être jeune et naïf, ce qui décuplera la rage de Treplev qui se croyait destiné à la jeune fille.

Paulina mariée à Chamraëv (régisseur de la propriété de Sorine) est amoureuse de Dorn le médecin qui n'en a que faire tandis que Macha aime vainement Treplev lequel à force de déconvenues vient de faire une tentative de suicide avant d'envisager de se battre en duel avec Trigorine ...

Le climat devenu par trop explosif, Arkadina décidera de partir à Moscou en compagnie de Trigorine qu'elle veut garder tout à elle, ignorant que Nina empruntera le même chemin.

Je vous laisse découvrir la suite qui se déroulera deux ans plus tard ...

La pièce est allègrement menée par Isabelle Hurtin qui en a signé la mise en scène.
Théâtre d'Ombres et de Lumières remarquablement mis au point par les soins conjugués de Jean-Pierre Lescot (assisté de Marie Vitez) et de Jean-Marc Hennaut.

Une création musicale de François Couturier et Jean-Marc Larché constitue la musique d'ambiance et le CD est en vente au foyer du théâtre.

Les inconditionnels tchekhoviens trouveront là de quoi se satisfaire, il n'en faut point douter car ces deux heures de spectacle passent agréablement.




Simone Alexandre

 

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11:15 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent