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17/10/2016

CLOUEE AU SOL de GEORGE BRANT

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelet)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Tous les jours sauf dimanche

& lundi à 21h30

 

jusqu'au 26 NOVEMBRE 2016

 

 

Traduction : Dominique HOLLIER

 

Mise en scène : GILLES DAVID

(sociétaire de la Comédie Française)

 

avec : Pauline BAYLE

 

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En intro, projection de texte explicatif, blanc sur noir.

Manie héritée des médias quand il s'agit d'un thème d'actualité, tout expliquer, ce qui a tendance à favoriser la paresse intellectuelle mais passons.

Un personnage debout, au presque garde-à-vous, se tient dans une peu seyante combinaison de couleur muraille.

Nous apprenons que cette femme a réalisé son rêve ( sic ) être pilote de chasse ! Apparemment la dame prend son pied à tirer sur des cibles irakiennes du haut de son avion. Dois-je ajouter que l'auteur du texte est américain ?

Comme heureusement pour ceux d'en-bas, elle n'est pas toujours dans le bleu du ciel, elle va un jour de perm'  rencontrer Eric et puisque c'est une femme d'action, ça ne va pas traîner d'autant que s'envoyer en l'air, elle connaît !

Lui est subjugué …

Après quelques exercices physiques, elle repartira à son activité habituelle et ils ne correspondront plus que par webcam interposée. Pas de chance, c'est la tuile : la dame est enceinte. ( tiens, lors d'une première rencontre, ils n'utilisent pas de préservatifs aux U.S.A ? )

On trouve assez incroyable qu'elle couche avec un type qu'elle ne connaît pas et ne prenne aucune précaution mais notre héroïne ne brille pas par la cérébralité non plus !
Impossible de continuer les missions en de telles circonstances. Alors, avant de rendre la nouvelle officielle, elle s'offrira un dernier vol ce qui, vu la nature du chargement, confirme bien sa légèreté mentale.
 
Congé de maternité bien sûr mais la nostalgie de sa vie d'avant finira par la rattraper. Tiger ( son avion ) lui manque …

( bizarre qu'elle le préfère à sa fille et au père de son enfant ce qui en dit long sur la gravité de l'intox' )

Or le temps a passé, ce qui fait qu'engagée dans l'U.S. Air Force elle va se retrouver mutée à la " rocking-chair-force."  En clair, dans un bureau, face à un écran au pilotage de drones …

Conditionnement aidant, sa déconvenue ne tardera pas à se transformer en un sentiment d'hyper-puissance puisque là où elle est, elle peut désormais donner la mort sans risquer quoique ce soit. Elle se prendra alors pour Dieu jusqu'à ce que le peu de raison qu'elle possède sombre et qu'elle ne distingue plus le rêve-cauchemar de la réalité.

 

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( photos : Marina RAURELL )



Ce monologue est pour la comédienne ( sans jeu de mots ) un morceau de bravoure. Son personnage aboie littéralement le texte jusqu'à sidérer le spectateur que l'hyper-réalité des faits tétanise en son fauteuil comme s'il s'y trouvait pieds et poings liés.

A la suite d'un fait que je vous laisse découvrir, devenue brusquement lucide, cette anti-Lysistrata nous accusera tous dénonçant la responsabilité collective.

La petite phrase récurrente nous vient une fois de plus à l'esprit : " comment en sommes nous arrivés là ? " …

Confusion des genres ? … Jadis le bellicisme était masculin tandis que les femmes représentaient la conscience du monde ; or voilà que certaines se mettent à faire la guerre, pire - à s'enorgueillir un temps d'avoir tué !


Le personnage central et unique ( non dans tous les sens du terme, hélas ) ne réalisera que tardivement l'horreur de la situation dont nous, spectateurs sommes conscients depuis la première minute.

 

L'épreuve fut rude mais nécessaire sans doute ?...

C'était du moins l'objectif fixé par l'auteur.

Saluons donc cette prestation certes plus ardue pour la comédienne ( Pauline Bayle ) que pour nous, réalité dont les spectateurs parfaitement conscients soulignent par des applaudissements nourris.


Simone Alexandre

 

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11:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/10/2016

16 JUIN 1940 de Bruno JARROSSON

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jusqu'au 26 OCTOBRE 2016

 

Dimanche & Lundi à 20h

 

Mardi & Mercredi à 21h

 

 

Mise en scène : Yves CARLEVARIS

 

avec : Jean-Claude ROBBE, Alain POCHET, Didier VINSON et Yves CARLEVARIS

 

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Quand la pièce commence, nous découvrons le président Albert Lebrun dans son bureau à l'Elysée. Il fait une chaleur épouvantable mais par mesure de sécurité, les fenêtres doivent rester fermées. En décalage complet avec les événements, il semble que l'homme n'ait pas de préoccupation plus grande que celle de prendre un bain et ce, jusqu'à l'obsession.  En attendant il consulte la T.S.F ( comme on disait à l'époque ) et semble apparemment branché sur les ondes courtes …

Dérision, le poste diffuse : " tout va très bien, madame la Marquise " -

Arrivée de Georges Mandel, ministre de l'intérieur qui essaie de contrer l'esprit défaitiste de toutes ses forces en préconisant la poursuite de la guerre. De son vrai nom : Louis Georges Rothschild a toutes les raisons de redouter l'expansion du régime nazi et va en quelque sorte jouer les pythonisses car il ne sait que trop à quoi il peut s'attendre ...

Le Président du Conseil - poste équivalent à celui de Premier Ministre ou chef du Gouvernement - était Paul Reynaud lequel prône un rapprochement avec l'Angleterre et serait même prêt à accepter cette fusion toute théorique proposée par Churchill, transmise par De Gaulle et dont l'idée surréaliste a germé dans l'esprit de Jean Monnet en sa qualité de coordinateur de l'union franco-britannique, laquelle consisterait à former un seul Parlement, une seule armée, afin de contrer l'Allemagne.

Cette proposition ne sera pas prise au sérieux par le Conseil des Ministres français. Paul Reynaud devra alors démissionner et abandonner la place au Maréchal Pétain avec les conséquences que l'on sait.

 

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Or il n'est que trop évident que pour l'heure, l'Amérique avec Roosevelt à sa tête se contente de fournir de l'armement en se gardant bien d'une intervention directe.

La nouvelle vient de tomber : la ligne Maginot s'est révélée inefficace et Verdun ( gloire de la précédente guerre ) est pris par les allemands.

 Philippe Pétain n'entrevoit plus que l'armistice et dissertera sur la différence subtile existant entre ce terme et celui de capitulation.
 
Au lieu des propositions que l'on pourrait attendre d'un militaire il se contente de tourner en dérision,

- Paul Raynaud qui " cherche à capturer le brouillard avec une clé à molette, "
 
-  " De Gaulle, et sa tête de roi mal aimé dont la mère a caché la couronne " ...

Au milieu de tout cela, Albert Lebrun joue les girouettes et le vent change souvent de direction.

Clémenceau disait que " la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires " mais les politiques en la circonstance ne valaient pas mieux.

L'auteur analyse ces erreurs dues à l'attentisme face à l'envahisseur et comme le sujet est grave il a choisi de le traiter légèrement. Il s'ensuivra un chapelet de " bons mots " mis dans la bouche des uns et des autres et même si l'on est convaincus que l'esprit fleurissait plus aisément à cette époque, qu'à la nôtre, nous finissons par ne plus entendre que celui qui a écrit la pièce en lieu et place de ceux qui sont ici représentés.

Yves Carlevaris dans le rôle ( ô combien ingrat ) de Philippe Pétain est remarquable !

Alain Pochet à qui incombe le non moins triste privilège d'incarner le Président Albert Lebrun s'en donne à coeur joie du début jusqu'à la fin. J'ignore si l'original était aussi fantoche que celui-là mais il suffirait à expliquer tous les malheurs qui ont suivi.

Jean-Claude Robbe est Georges Mandel qui subira les conséquences de tout ce qu'il a prédit car Philippe Pétain le fera arrêter, incarcérer et au final il sera assassiné de 16 balles dans le dos.

Didier Vinson ( nettement plus beau que l'original ) est Paul Reynaud, illustrant l'homme politique dans toute l'acception du terme.

Nous ne savons que trop hélas comment tout cela a fini ...

La pièce rebondit de bons mots en bons mots et les spectateurs semblent apprécier puisque je n'ai dénombré pas moins de 5 rappels enthousiastes à la fin.


Simone Alexandre

 

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11:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/10/2016

Conversations avec ma mère de Santiago Carlos Ovés et Jordi Galceran

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La Pépinière Théâtre

 

7, rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

(M° Opéra)

 

loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Place de 12 à 32€

 

d'après le scénario du film,

 

" Conversationes con mama " de Santiago Carlos Ovés

 

Mise en scène : Pietro Pizzuti

 

avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

 

 

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Ces « Conversations avec ma mère » sont une construction peu banale puisqu’il s’agit d’une version théâtrale de Jordi Galceràn, d’après le film de Santiago Carlos Ovés, dont le texte a été traduit par Dyssia Loubatère et mis en scène par Petro Pezzuti ; Et ce sont deux comédiens belges qui interprètent cette mère et son fils, Jacqueline Bir et Alain Lemmpoel.

Disons-le tout de suite, cette mère est magnifique. Jacqueline Bir lui confère une sensibilité, une humanité, un humour, une clairvoyance remarquables. Elle incarne une figure de mère moderne, fine et subtile, aimante et non dupe, une mère qui perçoit tout, qui ressent ce que son fils ne lui dit pas et qui ose le dire. C’est une femme terriblement vivante.

Alors que son fils, Jaime, la visite pour lui faire part d’un moment délicat de sa vie, elle lui oppose un bonheur et une joie de vivre tout teintés de rosserie et de lucidité dont on reste assez surpris.

Nous avons là un grand personnage maternel, qui n’a pas été sans m’évoquer la mère des « Parents terribles », qui n’ignore rien de son fils, qui l’aime et le protège, sans, ici,  l’étouffer toutefois. Et Jacqueline Bir n’est pas sans rappeler la mémoire de cette immense tragédienne oubliée que fut Yvonne de Bray, dans son rôle de Sophie filmée, d’après sa pièce, par Cocteau, rôle repris au théâtre Antoine par la superbe Lila Kedrova en 1977.

Face à cette femme qui se veut ordinaire et qui l’est si peu, si en prise avec son époque, plus que son fils, si ouverte à l’autre, alors que Jaime ne voit pas trop au-delà de ses préoccupations, certes importantes, mais si affligeamment terre-à-terre, avec ses petits problèmes de couple, d’argent, de travail, son quotidien si triste…le fils ne peut que paraitre un peu pâle. Il l’est, mais non sans talent.

Il regimbe parfois, il tente de s’imposer, mais sans jamais y parvenir. La vieille dame si digne est par trop anticonventionnelle et lui l’est tellement ! Lorsqu’il devra décider seul, la conversation continuera, et c’est ce qui donne à ce spectacle une dimension émotionnelle supplémentaire.

 

 

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( photos : Marianne Grimont )



Parce que la pièce, dont nous pensons que le texte souffre parfois de facilités de traduction, qui marque de menues faiblesses, réserve des surprises et des à-coups, ce serait lui faire une mauvaise manière que raconter le développement. Disons néanmoins, que nous rions souvent, parce que la vie est ainsi faite que même aux pires moments, il y a des éclaircies, et que à plusieurs reprises dûment convoqué, Sigmund ne doit pas être bien fier qui fait rire à ses dépens !

Il faut saluer la très belle surprise visuelle finale.

C’est à « La Pépinière théâtre » du mercredi au samedi à 19 heures et le dimanche à 15 heures, et c’est un très joli moment d’émotion tendre.



Frédéric Arnoux ©

 

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10:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2016

L'éveil du chameau de Murielle MAGELLAN

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THEATRE de l'ATELIER

 

1, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Anvers)

 

loc. 01 46 06 49 24

 

 

http://www.theatre-atelier.com/

 

Pl. de 10 à 37€

 

du mardi au samedi à 19h

 

matinée le samedi à 16h30

 

Mise en scène : Anouche SETBON

 

avec Barbara SCHULZ, Pascal ELBE et Valérie DECOBERT

 

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Côté jardin - c'est à dire à gauche pour les spectateurs - Mickaël ( Pascal Elbé ) installé à son bureau essaie de se concentrer quand sa petite amie du moment ne vient pas le distraire au téléphone.

 

On comprend très vite qu'il travaille là où il vit, au milieu d'un désordre assez incroyable or il paraît que les lieux où nous vivons nous ressemblent ? ...

Côté cour - autrement dit à droite toujours à destination de ceux qui ne parviennent pas à mémoriser ces expressions en vigueur au théâtre - une femme, la quarantaine discrète,

( Maryse, alias Barbara Schulz ) debout - résume la situation et la raison de la démarche qu'elle s'apprête à effectuer puisque sa fille est enceinte alors que l'auteur de l'acte a pris la poudre d'escampette ...

 

Après avoir mené une enquête approfondie, elle a décidé d'aller voir le père du coupable. Entre parents, on devrait pouvoir trouver un terrain d'entente !



C'était sans compter sur la personnalité du personnage dont l'irresponsabilité n'a d'égal que celle du fils en question.

- " Je m'en fous ! " répondra celui qu'elle ne va pas tarder à traiter de chameau ( expression quelque peu désuète correspondant à l'éthique générale de la dame en question en une époque où les principes ont tendance à voler en éclats. )



Or l'homme " fait dans l'humanitaire " comme on dit, sauf concernant ses proches, la nature humaine n'étant pas à un paradoxe près.

 

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( photos : Chantal DEPAGNE-PALAZON )



Son assistante, Frédérique ( Valérie Decobert ) va immédiatement flairer le danger … car Maryse est prête à tout pour parvenir à ses fins. Effectivement, elle  " tapera l'incruste " ne reculant devant rien pour convaincre son interlocuteur ; elle ira même jusqu'à utiliser les tarots qu'elle maîtrise de façon quelque peu contestable mais puisqu'elle avait un jeu dans son sac, autant essayer !



Le problème dans cette pièce est que l'on prévoit assez rapidement la suite en quelque sorte inéluctable … Sinon chaque interprète est parfaitement bien dans son rôle.

 

Le buveur de limonade ( quelle drôle d'idée ! ) qui joue les rocs inattaquables va peu à peu se laisser attendrir. La mère revendicatrice va se souvenir qu'elle est aussi une femme sensible au charme d'autres hommes que son époux et l'assistante qui est une ex … va développer quelques regrets mais en revanche les adeptes de " happy end " ne devraient pas ressortir frustrés, bien au contraire !


Simone Alexandre

 

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16:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent