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12/04/2016

Marcelle et Marcel de Marc Delaruelle

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LE GUICHET MONTPARNASSE

 

15, rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 43 27 88 61

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

A 20h30, vendredi et samedi

 

A 16h30 le dimanche

 

jusqu'au : 15 MAI 2016

 

Texte et mise en scène : Marc DELARUELLE

 

avec : Claude MAILHON et Patrice RICCI

 

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Une mouche qui se prend pour celle du coche à moins qu'elle ne croie être chez Sartre ( ? ) hante la loge où se prépare le comédien, excédé par cette intrusion intempestive !

" Marcelle ! " s'exclame à intervalles réguliers celui qui, décidément ne saurait se débrouiller seul comme tout homme qui se respecte.  Or ladite Marcelle est allée humer la poussière des coulisses, histoire de se mettre en condition  ...
 
Le médecin a prescrit au comédien douze gouttes à prendre avant chaque représentation, pas une de moins, ni une de plus. Mais où est donc passée cette fichue bouteille ?

Marcel est du genre à ne pas voir une vache dans un couloir quand il a l'esprit préoccupé et comment voulez-vous qu'un comédien qui s'apprête à jouer ne soit pas obnubilé par son texte ? Le reste n'existe pas. Deux seules choses comptent réellement, lui et ce qu'il va dire.

Marcelle et Marcel sont deux partenaires à la ville et à la scène, lesquels vont affronter une fois de plus, les feux de la rampe. Comme ils ont encore un peu de temps devant eux ils en profitent pour se chamailler.

Lui, surtout : ce Roméo sur le retour qui ne revient plus … Ce qu'il ne saurait comprendre ni admettre car enfin,

( précise t-il ) personne n'a joué le rôle mieux que lui !

Sa compagne est plus raisonnable, elle fut Juliette et le temps ayant passé se contente désormais d'incarner la nourrice. Ainsi va la vie … Mais n'être que frère Laurent, ça non !

 

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Suivra une violente diatribe destinée à clouer au pilori le monde théâtral actuel, ces comédiens et metteurs en scène qui font n'importe quoi, n'importe comment, bref qui ne respectent plus rien. ( ce n'est pas entièrement faux )

Avec malice, Marcelle lui fera remarquer que lorsqu'ils étaient jeunes leurs prédécesseurs tenaient le même discours … ( à peu de choses près ) -

Marc Delaruelle s'amuse à brosser le portrait de ces deux comédiens vieillissants qui peinent à gérer le temps qui passe. C'est féroce mais avec une immense tendresse !

Ne comptez pas sur moi pour vous dire comment tout cela va finir car tout le plaisir réside dans la découverte. Patrice Ricci est ce que l'on nomme " une bête de scène " - et il se fait trop rare à notre goût puisque le voir et l'entendre constitue chaque fois un réel plaisir.

Sa partenaire : Claude Mailhon lui donne intelligemment la réplique et nous passons en leur compagnie un agréable moment. Puisque la pièce se joue les vendredi et samedi à 20h30 et le dimanche à 16h30, voilà une bien agréable façon de terminer la semaine, ce jusqu'au : 15 MAI prochain aussi ne boudez pas votre plaisir, allez-y vite !



Simone Alexandre

 

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11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/04/2016

VALENTINA-TCHERNOBYL, née pour l'amour d'après Svetlana Alexievitch

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LA MANUFACTURE

DES ABBESSES

 

7, rue Véron 75018 PARIS

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

loc. 01 42 33 42 03

 

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

Du mercredi au samedi à 19h

 

Représentation exceptionnelle : MARDI 26 AVRIL

 

jusqu'au : 14 MAI 2016

 

D'après La Supplication de Svetlana Alexievitch

 

Mise en scène : Laure Roussel

 

avec : Coralie Emilion-Languille

 

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( photo : François Languille )

 

 

Les Anciens pensaient qu'un événement tragique était le fait de la volonté des dieux … Nous savons désormais que le plus souvent, l'irresponsabilité des hommes est à l'origine des catastrophes. Quand cela arrive, deux attitudes sont alors possibles : cesser de croire à tout jamais en la Providence ou aller se réfugier dans une église pour solliciter une bien tardive protection. Bref, " oublier la vie. " Essayer du moins !

Valentina s'étonne d'être toujours là alors que l'homme qu'elle aimait, son époux a subi les conséquences de l'explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl en 1986 ( trente ans déjà ! ) Il mourra un an plus tard, à l'issue d'une lente agonie et d'une monstrueuse détérioration physique.

Désormais seule - à jamais - elle se souvient de leur rencontre. Elle n'avait que 16 ans alors et lui 7 années de plus. Il était grand, beau et lui plut tout de suite. Ce fut même elle qui le demanda en mariage tant il est vrai que ce sont presque toujours les femmes qui choisissent. Un fils est né de leur union et se trouve depuis dans un hôpital psychiatrique. " Où est papa, Micha ? ... " demande t'il à chacune de ses visites.

Coralie Emilion-Languille debout, seule en scène, témoigne de ce qui s'est passé. La mise en scène de Laure Roussel nous a épargné les trop fréquentes vidéos qui ici, eussent été horrifiques. Face à nous, cette femme, victime de la folie des hommes qui ont fait le mauvais choix au mépris de tous les risques, prévisibles pourtant.

Cette expérience hélas n'a pas suffi puisque Fukushima allait en 2011 répéter l'inadmissible. ( En attendant la prochaine catastrophe puisqu'il n'y a pas plus aveugle ou sourd que celui qui ne veut ni voir ni entendre.) Là, effectivement, nous sommes dans les mains des dieux mais méritons nous leur indulgence ? …

Cette course absurde à l'énergie comporte toujours tous les risques, nous le savons pourtant. Ce spectacle vient à point nommé le rappeler à nos esprits obtus. " Qui ne dit mot consent " précise un dicton populaire. Aussi le simple fait d'assister à ce spectacle ou de lire les écrits de Svetlana Alexievitch constitue une forme de résistance à ce qui nous est imposé car une " énergie propre " ne saurait être meurtrière !


Simone Alexandre

 

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15:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/04/2016

CIORAN / ENTRETIEN Adaptation : Antoine Caubet

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L' ATALANTE

 

10, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

( M° Anvers )

 

loc. 01 46 06 11 90

 

 

 

http://www.theatre-latalante.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 8 à 15€

 

D'après : " Entretien avec Léo Gillet "

 

Extrait de " Cioran, Entretiens " Gallimard 1985

 

Adaptation et mise en scène : Antoine CAUBET

 

avec : Cécile CHOLET et Christian JEHANIN

 

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Cet entretien-interview se déroule dans une salle de restaurant comme cela se produit parfois. L'interlocutrice ( Cécile Cholet ) semble avoir la charge du lieu puisqu'elle jouera les hôtesses mais personnalisera également la Denise Glaser de service.  - espèce journalistique en voie de disparition - car non seulement elle connaît les textes de l'auteur qu'elle interroge mais fait également preuve d'une qualité d'écoute assez exceptionnelle.

 

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( Crédit Photos © DR )



Christian Jéhanin dont nous apprécions le talent n'a pas exactement le physique qui correspond au personnage.

( Il est facile de retrouver l'original en consultant internet )

Le comédien présente une rondeur et une bonhommie que les écrits de Cioran démentent. ( Il est vrai que ce philosophe ne recherchant pas la sérénité mais son absolu contraire n'était pas à un paradoxe près, lui dont la logique tient pourtant la route de bout en bout.)

Il nous sera ici, fait grâce de ce parler teinté d'un accent qui rabotait les mots ( rappelons que Emil Cioran était roumain ) puisque ce n'est nullement une imitation qui nous est offerte mais bien au contraire, les clés amenant à la compréhension d'un auteur dont le pessimisme en a souvent rebuté plus d'un !

Parmi les insomniaques, seuls les fêtards peuvent rester optimistes. Nous avons tous été confrontés aux idées noires apportées par la nuit et de surcroit, l'influence de Schopenhauer fut indéniable chez Cioran dont le côté solaire se résumait à Bach.

Cet occidental tourmenté fut un temps attiré par le bouddhisme dont l'influence bénéfique se résumera à lui permettre de mettre fin à son attrait pour le nazisme. Ensuite, il niera toute cohérence historique précisant : " l'Histoire a un cours mais pas de sens " Ce fut sa façon d'en sortir par le haut mais il devait payer très cher ce fol engouement. Le nationalisme a bien souvent égaré les êtres …

Ses aphorismes qu'il prétendait composer par paresse alors qu'il était si rigoureux à propos de l'utilisation du français devenu sa patrie d'élection, " on n'habite pas un pays mais une langue "  … en dépit de leur caractère lapidaire, ne sauraient faire de lui un athée pur et dur car cette recherche constante de signification constitua une forme particulière de mysticisme hargneux. " On lance un aphorisme comme on lance une gifle " disait-il.

Avant d'effectuer l'ultime saut dans l'inconnu, Emil Cioran sombrera dans l'oubli de tout, lui dont la vie fut une longue et lucide insomnie. Que cette présentation du personnage ne vous éloigne surtout pas de la perspective d'assister à ce spectacle-entretien  - adapté et mis en scène fort habilement par Antoine Caubet - à l'issue duquel l'envie risque de nous prendre de plonger ou re plonger dans les écrits de cet auteur maudit, à l'indéniable talent.



Simone Alexandre

 

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09:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent