Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/04/2011

Jean et Béatrice de Carole Fréchette.

GUICHET MONTPARNASSE

15 rue du Maine

75014 PARIS

(M° Montparnasse-Bienvenue)

Loc. 01 43 27 88 61

Pl. 18€ - T.R. 13€

A 20h.30 du mercredi au samedi,

jusqu'au : 7 MAI 2011

jeanetbea.jpg
  
Mise en scène : Patrick Rouzaud

avec Pascale Bouillon et Didier Forest.

Décidément, les jeux de rôle sont à la mode ...
Il semble même qu'en ce 21ème siècle, les individus n'osent plus être eux-mêmes, tout simplement.

Rassurez-vous, cela est narré avec le plus grand talent puisque l'on doit cette pièce à Carole Fréchette.
Lorsque l'action commence, on voit une femme qui lit couchée à plat ventre au pied de son lit.
Tiens ? pourquoi pas dessus ? ... premier décalage, premier indice. Il y en aura d'autres ...
Cette belle au bois dormant (et à répétition) attend son prince lequel arrive, plutôt essoufflé à cause du nombre d'étages qu'il a dû gravir mais aussi parce qu'il n'est plus jeune et svelte. En outre, le nounours en question a le sens des réalités. - " Combien ? " sera son premier mot. Bonjour la poésie !
Et oui, car une récompense substantielle fut promise. L'homme a lu la petite annonce et vient pour décrocher le gros lot. Jean est quelque peu matérialiste et ne s'extasie que sur les billets de 20 à condition qu'ils soient le plus nombreux possible ...

Etrange personnage que cette Béatrice, volontiers directive, mythomane et atteinte de narcolepsie : la totale !
Le texte " est à la fois léger et profond, violent et tendre, ironique et poétique " pour reprendre les intentions du metteur en scène qui sont parfaitement mises en application.
Telle une princesse du Moyen Age, la gente dame soumet son prince à des épreuves. Des prétendants et même des amants ? Elle en eût certes ... pas moins de 14 en 14 années. A croire qu'elle les changeait à chaque Nouvel An. Jean est pressé d'en finir ! Il est venu dans un but précis et compte bien l'atteindre. Ce qui n'est pas absolument du goût de la dame qui elle, a envie de jouer les prolongations  ...
Et splatch ! par la fenêtre la clé, mais ne vous leurrez pas, ce n'est pas celle d'une ceinture de chasteté.
Notre homme va alors jouer les mouches enfermées dans un bocal et se cogner quelque peu aux parois.
Les deux comédiens sont parfaits et pourtant les rôles n'étaient pas faciles car ils flirtent en permanence avec le ridicule que les interprètes ont su habilement éviter.

Rencontre d'une schizophrène avec quelqu'un qui a les pieds sur terre or, rassurez-vous, ils ne seront plus jamais les mêmes après avoir vécu cette expérience.
Toute ressemblance avec des personnages réels ne peut qu'être fortuite, bien entendu car les auteurs ne s'inspirent jamais de la vraie vie comme chacun sait.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

jean-et-bea.jpg


15:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les épouvantails de Laurent Leclerc

desprez-barouf.jpg

LES DECHARGEURS

3, rue des Déchargeurs

75001 PARIS

M° Châtelet-Les Halles

loc. 08 92 70 12 28

www.barouf-theatre.com

A 20h. du mardi au samedi

jusqu'au 21 MAI 2011

Texte publié aux Editions Les Marchands de fables.

Mise en scène : Laurent Leclerc

avec Margaux Delafon et Laurent Leclerc.

 

Les épouvantails jadis, se trouvaient dans les champs; maintenant on en trouve dans les rues, vêtus de bric et de broc et s'ils n'ont pas les bras en croix, ils ont très souvent la main tendue.
Personne ne mérite un sort pareil !

Le passant, gêné évite leur regard même quand la compassion l'amène à s'arrêter; les autres poursuivent leur chemin, feignant de ne rien voir ...
Curieuse époque où " les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres " phrase rebattue à l'extrême mais qui ne déclenche rien.
Ici, Jeanne et Lucien furent victimes d'une restructuration, terme barbare censé recouvrir une abomination. Les multinationales jonglent avec les dollars ou l'euro tout en jetant les gens à la rue. Le hasard va réunir ces deux là au coin d'un trottoir.
Des deux, la femme est la plus combative, normal, question d'habitude. Lui, semble avoir finalement accepté son sort avec une sérénité quasi bouddhique.

On a envie de dire,
- " que reste t-il des années trente ? "

A force de se retourner dans leur tombe, ceux qui se sont battus ne savent plus où se situe l'endroit de l'envers. Pourtant, des lingots, ces deux là en ont vu défiler sous leurs yeux tout à la fois éblouis et résignés. Alors après avoir touché le fond du fond, ils auront une idée.
Laquelle ? ... Je vous laisse la découvrir en vous rendant aux Déchargeurs assister à ce spectacle tout à fait particulier, déroutant même qui avait encore besoin de trouver son rythme le soir où je l'ai vu mais qui le trouvera très vite, n'en doutons pas car les deux comédiens (Margaux Delafon et Laurent Leclerc) sont talentueux et le prouvent chaque soir en bousculant de toute leur énergie, les consciences endormies.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

epouvant-2.jpg


10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent