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15/11/2016

RENATA, d'après " Renée " de Javier Ulises Maestro

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Comédie BASTILLE

 

5, rue Nicolas Appert

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Richard Lenoir)

 

loc. 01 48 07 52 07

 

 

 

http://www.comedie-bastille.com/appert/

 

Pl. de 27 à 32€

 

du jeudi au samedi à 21h

 

matinées samedi & dimanche à 17h

 

Mise en scène : Stephan DRUET

 

Adaptation : Stephan DRUET & Sebastian GALEOTA

 

avec : Sophie MOUNICOT (Monique, la gouvernante) - Sébastian GALEOTA (Jean, le fils puis Renata, la veuve) - Philippe SAID (Philippe, le jardinier) - Emma FALLET (Blanche, la bonne) - Antoine BERRY ROGER (Alexandre, le notaire)

 

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( photo : Bruno Perroud )

 

Ici, les entrées sont fracassantes à plus d'un titre ...

Voici Momo, ( la gouvernante ) une femme de caractère qui le prouve à tout instant. Puis, Philippe ( le jardinier ) époux de la dame en question. De toute évidence, c'est elle qui porte la culotte, comme on dit.

Un décès vient de survenir : le Patron est mort - incident comique du crucifix accroché par erreur car ce dernier était juif  ( Jésus aussi ...) Théo Goldenberg était son nom.

Puis on découvre Jean ( le fils ) une personnalité à part - selon certains - lequel apprend l'espagnol de façon quasi obsessionnelle ce qui s'avèrera bien utile par la suite.
 
- Blanche, soeur de Momo et de ce fait, tante de Jean - éternelle vieille fille ( comme on disait jadis ) Naïve, optimiste, romantique et bien sympa mais n'ayant pas inventé l'eau douce.

 Momo quant à elle, est obsédée par les varices qu'elle n'a pas encore mais pourrait avoir …

Rien de tel qu'un deuil pour mettre à jour la personnalité réelle de chacun.
 
Un dicton populaire recommande de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. C'est pourtant bien ce qu'ont fait tous ceux-là ( Momo, Philippe et Blanche ) en travaillant tous pour le même patron et en vivant sur place sans oublier Jean.

Or, le maître des lieux disparu, que vont-ils devenir ? ...

Alors la question essentielle se pose : existait-il un héritage, auquel cas où peut-il bien se trouver ?

Le Patron était marié jadis mais l'épouse Renata s'est envolée et n'a plus jamais donné de nouvelles. En réfléchissant bien au problème … un plan va germer dans l'esprit de chacun.

Si vous avez déjà vu Sébastien Galéota dans le rôle d'Eva Peron, vous saurez à quel point il peut-être génial après certaine transformation. Le numéro du comédien est époustouflant. Beaucoup de membres du sexe dit faible pourraient prendre des leçons de féminité avec lui !

Sophie Mounicot est Monique dite Momo et fait preuve d'une autorité et d'une drôlerie incontestables.

Philippe Saïd joue les époux déphasés et les pères faussement autoritaires. Une scène de grande ambiguité sera révélatrice de la nature refoulée du personnage ... Freud, au secours !

Emma Fallet la bonne,  elle aussi, privée d'emploi comme tous, joue allègrement des situations imposées par les événements.

Antoine Berry Roger est le jeune notaire, tour à tour emprunté, puis éperdu d'amour pour cette Renata, l'un et l'autre se retrouvant piégés à ce petit jeu. Le jeune comédien fait preuve d'une palette d'expressions tout à fait étonnante.

Je vous laisse bien entendu découvrir comment tout cela finira mais pas avant de saluer la magnifique mise en scène réalisée par Stéphane Druet qui nous tient en haleine, subjugués tout au long de la pièce. Texte, jeux, musique, lumières tout est réussi et l'on ressort de la salle en se disant " j'y retournerais bien " ( fait rarissime ... )

Vous l'avez compris, cette pièce n'est à manquer à aucun prix !




Simone Alexandre

 

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13:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/11/2016

LA PEUR d'après la nouvelle de Stefan Zweig

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THEATRE MICHEL

 

38, rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

loc. 01 42 65 35 02

 

http://www.theatre-michel.fr/

 

Pl. de 18 à 29€

 

les jeudi, vendredi,

samedi, dimanche à 19h.

 

d'après Stefan Zweig

 

Adaptation et mise en scène : Elodie Menant

 

avec Hélène Degy, Alochia Itovich et Ophélie Marsaud

 

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Sur un décor anguleux, les deux principaux personnages prennent place alors que la salle n'est pas encore plongée dans le noir. Image sans le son : entre deux baisers, le couple échange des propos que le caractère intime nous empêche de percevoir …

Si vous avez la curiosité de vous rapprocher du texte initial, vous saurez qu'à l'origine, le thème de la nouvelle de Zweig se situait à Vienne au début du Vingtième Siècle.


L'action se déroulait dans le milieu de la grande bourgeoisie, ce qui ici n'est pas évident. Le papier qui décore l'un des panneaux de la pièce est du reste typique des années 70, costumes et mobilier n'ayant strictement rien de luxueux.

Fritz, le mari ( avocat de son état ) travaille dur pour faire vivre sa petite famille ( une femme et deux enfants ) alors qu'en réalité, Irène possédait déjà une fortune personnelle et passait le plus clair de son temps en futiles mondanités, le couple imaginé par Zweig vivant dans l'aisance.

Du reste, quand la solliciteuse viendra réclamer 400 couronnes ne précisera t-elle pas ?

- " Pourquoi est-ce que moi, j'devrais avoir pitié d'une femme aussi riche ? "

Ce que nous voyons ne le confirme nullement mais c'est le parti-pris d'Elodie Menant ( adaptatrice et metteur en scène ) il convient donc de faire avec.

Irène, l'épouse de Fritz s'est - par pur ennui - offert une aventure et alors qu'elle sortait du domicile de son amant ( un jeune pianiste rencontré au hasard de ses sorties ) s'est vue accoster par une femme qui s'est présentée comme la compagne du dénommé Edouard.

Ensuite, Irène la trouvera constamment sur son chemin afin de lui extirper toujours plus d'argent. Par peur du scandale et honte de l'acte commis, le piège se refermera de plus en plus étroitement sur elle. C'est donc à une forme de psychose à laquelle nous allons assister ...

 

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Le mari aimant mais dont l'esprit sans doute déformé par la pratique du métier va se révéler terriblement machiavélique.

( Il est vrai qu'il a le droit pour lui ! )

Les comédiens sont excellents, j'ai juste souffert un peu pour eux en constatant qu'il leur fallait inclure à leur interprétation, la régie décor en pleine action, ce qui empêche un peu le spectateur d'oublier qu'il est au théâtre ...

La fin est ici modifiée par rapport à l'oeuvre originale car si les sentiments au fil des siècles sont immuables, les façons d'appréhender les situations diffèrent.
Une femme désormais ne pense plus à se suicider pour un malheureux coup de canif au contrat, à cause du " Vertige d'un soir " alors que le contexte initial de la nouvelle se situait encore dans " Le Monde d'hier " -

Une transposition de plus, par conséquent.

 

Il ne suffit que d'admettre le principe (ou pas) mais il est vrai que la démarche fait fureur depuis quelque temps !


Simone Alexandre

 

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10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/11/2016

Vladimir Jankélévitch : la vie est une géniale improvisation

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 11 à 26€

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 19h

 

dimanche à 15h

 

 

D'après Vladimir Jankélévitch

 

Mise en scène : Bruno Abraham Kremer & Corine Juresco

 

avec Bruno Abraham Kremer

 

 

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Dans sa tradition de théâtre contemporain très vivant et de curiosité intellectuelle heureusement jamais satisfaite, le Lucernaire produit actuellement et jusqu’au 11 décembre, à 19 heures du mardi au samedi et à 15 heures le dimanche une curiosité à laquelle il est essentiel de ne pas se soustraire : « Vladimir Jankélévitch, la vie est une géniale improvisation. »

Ce seul en scène d’une épatante vivacité de Bruno Abraham-Kremer, mis en scène par Corine Juresco, avec qui il signe l’adaptation, dans une économie totale qui confère au propos une force décuplée, comme mis à nu, exprimée au plus vif du texte, cherchant au plus près de son essence la pensée de Jankélévitch (qui voulait qu’on prononçât Jeankélévitch et non Yan –kélévitch, pour s’ancrer davantage encore dans la terre de France) ne laisse pas sortir indemne le spectateur, souvent ébloui par cette virtuosité.  

Disons-le tout net, on sort de la salle plus éveillé et attentif au monde que lorsque nous sommes entrés, et ne pas sortir indemne ne signifie pas que nous subissons quelque dommage, fort au contraire, nous bénéficions de nombreux bienfaits, ceux de la clairvoyance, ceux de l’intelligence, du questionnement, du doute, de la recherche intellectuelle, de l’insatiable curiosité.

Durant près d’une heure trente qui file comme une comète, Bruno Abraham-Kremer nous fait partager la correspondance de Jankélévirch et de son « co-turne » Louis Beauduc, soit 60 ans d’échanges épistolaires ininterrompus, d’amitié  et d’estimable affection réciproque.

A notre tour, nous partageons les moments d’espoir et de doutes de 1923 à 1985, date de la mort de Jankélévitch, Louis Beauduc étant mort  quelques années auparavant, en passant par la pénible période de la seconde guerre mondiale qui voit Jankélévitch à la peine « cachetonnant » à Toulouse pour garantir la survie de sa famille, déjà marquée par ses origines, dont il joue et se moque avec un humour un peu désespéré.

Il ne saurait être question de résumer ici , ce qui serait à la fois présomptueux et vain, la totalité des propos, si riches, profonds plus que souvent, échangés entre ces deux hommes, dont l’un est illustre et l’autre inconnu, demeuré toute sa vie professeur de philosophie à Limoges, mais si ces lignes pouvaient vous inciter à aller découvrir ces philosophes, ce serait un peu cause gagnée. Cette traversée de 60 ans de vie intellectuelle française dans un siècle plus que perturbé est une expérience à tenter.

Ce qui nous semble important dans le propos de Jankélévitch, c’est l’adéquation que nous trouvons entre ceux-ci et les actes, et cela constitue un appel, une exhortation en quelque sorte, à être acteur, c’est-à-dire l’être agissant de notre vie. Ce qui le rend si attachant, c’est qu’il tourne sans fin autour du concept de morale, et qu’il le fait vivre en lui donnant corps et esprit.

Quel formidable message d’espoir !

C’est à ce long voyage que Bruno Abraham-Kremer nous convie, avec retenue, modestie, ne cherchant pas à paraître plus intelligent que son auteur (et grâces lui en soit rendues, car ce n’est pas la tendance…), et on a véritablement envie de le suivre, en lisant (relisant pour certains, rares) les textes de Jankélévitch, pour aller encore plus loin.

C’est au Lucernaire, et c’est somptueux.



Frédéric ARNOUX ©

 

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10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent