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08/09/2016

Racine ou la leçon de Phèdre de et par Anne Delbée

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POCHE MONTPARNASSE

 

75, bd du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

A 21h du mardi au samedi

 

A 15h le dimanche

 

(Relâche les 23 & 30 Octobre)

 

Conception, mise en scène et interprétation : Anne Delbée

 

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Mon Maître, Gautier-Sylla disait,

 

- " on naît tragédien, on ne le devient pas "

Je suis persuadée qu'il avait raison. Il ajoutait ensuite ...

 

- " il faut quinze ans pour faire un bon tragédien. " 

 

Qui à notre époque peut encore s'offrir ce luxe ?

D'autant que plus personne n'enseigne correctement la tragédie ( pour cela, il faut l'avoir pratiquée ) et Jean Marchat est mort depuis longtemps.



Anne Delbée brûle pour Racine du même feu que Phèdre pour Hippolyte.


Ce monologue à valeur de biographie est donc un vibrant hommage rendu au Maître de la Tragédie classique en même temps qu'un cours magistral qui n'épargne pas la façon dont certains abordent l'oeuvre, parfois.

Pour ma part, je préfère généralement relire les alexandrins plutôt que les entendre par peur d'être confrontée à des vers de 11 ou 13 pieds, à des enjambements ignorés mais ici l'expérience de l'interprète limitait les risques.

Car, si " Phèdre est une partition dont il faut suivre pas à pas les notes " - n'en est il pas de même pour tous les écrits du grand Racine ?

J'avais conservé le souvenir de cette Camille Claudel vue il y a bien longtemps et connaissais le soin qu'Anne Delbée apporte à tout ce qu'elle réalise sur scène.

 

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( photos : Emmanuel Orain )



Désireuse de paraître dans le vent, la dame a adopté un curieux costume d'homme au pantalon à ceinture résolument trop haute, souligné par des bretelles. Les musiques de scène qu'elle a délibérément choisies n'en doutons pas, puisqu'elle a tout fait elle-même, " conception, mise en scène, interprétation " sont pour la plupart anachroniques avec utilisation ponctuelle d'un micro, sans oublier les éternelles vidéos en fond de scène qui envahissent nos plateaux depuis quelques années.

Mais ne jouons pas les puristes car le travail accompli est immense, l'implication totale. Personne ne connaît Racine mieux qu'elle et il est évident que son fantôme la suit partout et depuis longtemps  " Racine est une blessure qui ne cicatrise jamais " dit-elle. ( Je confirme ) C'est une déclaration d'amour qu'elle nous livre là : son incendiaire amour pour l'auteur.

Alors s'il reste quelques amateurs éclairés en ce domaine par trop négligé dont des enseignants maladroits ont peut-être compromis l'adhésion pleine et entière à ce joyau de notre patrimoine littéraire, qu'ils prennent le chemin qui mène au Poche Montparnasse où avec toute son énergie enthousiaste, Anne Delbée les attend.



Simone Alexandre

 

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08:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/09/2016

LA REINE DE BEAUTE DE LEENANE de Martin MCDONAGH

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs ou Vavin)

 

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

A 19h du mardi au samedi

 

dimanche à 15h

 

jusqu'au : 16 OCTOBRE 2016

 

Traduction : GILDAS BOURDET

 

Mise en scène : SOPHIE PAREL

 

avec CATHERINE SALVIAT

(Sociétaire honoraire de la Comédie Française) : MAG

 

GREGORI BAQUET

(Molière de la révélation masculine en 2014) : PAT DOOLEY

 

SOPHIE PAREL : MAUREEN

 

ARNAUD DUPONT : RAY DOOLEY

 

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Un vent de folie souffle sur Leenane, petit village paumé d'Irlande ...

Entre ces deux-là ( mère et fille ) c'est la guerre mais pas une suite de simples escarmouches : une lutte à mort, où chacune veut - à sa façon - avoir la peau de l'autre.

Mag ( extraordinaire Catherine Salviat ! ) est cette mère tyrannique, répulsive tant elle est négligée, calée à longueur de journée dans son fauteuil roulant, scotchée à ses feuilletons télévisuels et qui - le reste du temps - commande inlassablement ceci ou cela à sa fille, bref, se fait servir.

Infirme comme elle est, impossible de préparer elle-même son porridge, surtout avec cette main ébouillantée qui lui interdit depuis l'incident, toute initiative !

La malheureuse Maureen ( Sophie Parel ) doit s'exécuter bien que n'ayant pas la langue dans sa poche ! Mère et fille se lancent alors les pires horreurs à la figure …
L'atmosphère est tellement tendue que même le coucou s'affole quand un noir vient séparer deux scènes.

Aucun doute, ce comique irrésistible est plus que grinçant. Nous  avions déjà eu un aperçu de cette forme toute particulière d'humour noir grâce au film : " Bons baisers de Bruges " où Martin Mcdonagh était ( si mes souvenirs sont exacts ) réalisateur et scénariste.

Visite d'un voisin ( Ray, interprété par Arnaud Dupont ) lequel demande à voir Maureen ...

- " Elle est aux poules ! " répond aimablement la mère.

Le garçon ne semble pas particulièrement futé, un peu rustique mais brave et las d'attendre laissera le message à la vieille qui bien entendu, ne le transmettra pas.

C'était une invitation émanant de son frère : Pat Dooley lequel de passage à Leenane s'est souvenu de Maureen, la belle célibataire de bientôt 40 ans condamnée à vivre de façon sordide.


Heureusement le visiteur la croisera en repartant et prévenue malgré tout, elle pourra sortir au grand dam de sa génitrice.

 

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( photos : David Krüger )

 



Pat raccompagnera Maureen et passera la nuit auprès d'elle …

Scandale au petit matin ! Confronté à la mère, le garçon est mal à l'aise tandis que ravie de pouvoir provoquer Mag, Maureen en rajoute tant et plus pour détailler cette folle nuit d'amour. Une perfidie maternelle va se charger de refroidir l'atmosphère.

Je me garderai bien de vous raconter la suite bien sûr mais le constat est terrible.
Grégori Baquet ( Pat ) réussit l'exploit d'être aussi délicat que viril. Il a prouvé sa délicatesse durant cette nuit qui malheureusement n'aura pas de suite.

Le drame est farcesque or l'auteur se contente parfois de suggérer lui qui excelle à déranger tant les attaques sont frontales. C'est tout à la fois habile et très efficace.
Certains se demanderont si tout cela a bien eu lieu ou n'est que le fruit d'un esprit malade qui a fabulé pour se sentir vivre ?

On peut comprendre que Gildas Bourdet ait été séduit par ce texte dont il a mis au point la traduction et la mise en scène de Sophie Parel ne laisse place à aucun temps mort.

Voilà une pièce qui mérite ô combien, d'être vue !

Excellent spectacle de rentrée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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23:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/09/2016

Pyrénées ou le voyage de l'été 1843 de Victor Hugo

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THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D.des Champs ou Vavin)

 

 

Tél. 01 45 44 57 94

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 26€ - T.R. 16 & 21€

 

- de 26 ans : 11€

 

A 19h du mardi au samedi

 

jusqu'au : 8 OCTOBRE 2016

 

Adaptation et mise en scène : Sylvie BLOTNIKAS

 

avec Julien ROCHEFORT

 

Durée : 1h10

 

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( photo : Fabienne RAPPENEAU )

 

 

- Que fait un écrivain quand il est en vacances ? …

- Il écrit, pardi !


Le bourreau de travail qu'était Hugo rédigera donc ce journal, notant avec humour ce qu'il voit, ce qui lui arrive au fil de ses pérégrinations.


Avant lui, Lamartine, Chateaubriand et George Sand sont allés à Cauterets, ville d'eau située dans les Pyrénées ; aussi, joignant l'utile à l'agréable, Olympio - comme il se surnommait lui-même - se déplacera, carnet de notes et de croquis en poche.

 

( n'oublions pas qu'il illustrait souvent ses propres écrits, quelques éditions nous le prouvent.)


Et puis, c'est presque ici un devoir qu'il s'assigne, en direction de ceux qui bougent peu ou jamais ; nous savons qu'ils étaient nombreux à l'époque ...


Le trajet de Paris à Bordeaux s'effectuera en malle-poste : 36 heures pour parcourir 600 km en passant par Etampes, Orléans, Blois, Tours, Poitiers et Angoulème.


Inconvénient pourtant prévisible, le grand homme ne passe pas inaperçu et la presse s'empresse - c'est le cas de le dire - de signaler sa présence !

 

Le chapeau rabattu sur les yeux, il poursuit son voyage, quitte Bordeaux dont il fait l'éloge pour se rendre à Bayonne, en diligence cette fois. Quand il doit fournir son identité, il se contente de grommeler la finale de son nom : " Go " ( cela tombe bien puisqu'il y va … )

 

Facétie d'auteur, à la demande, il ajoutera qu'il ne sait pas très bien comment cela s'écrit. Nous découvrons ici un Hugo inhabituel, ironique presque primesautier, capable de facéties.


Julien Rochefort arpente l'espace scénique, commentant d'une voix légère un souvenir enfoui sous les ruines de Babylone … ( Il n'en fallait pas moins à l'auteur épris de gigantisme.)  Quelques souvenirs d'enfance refont surface, celui d'un premier amour, platonique donc inoubliable.

 

Evocation des femmes qui se baignaient à Biarrritz, tout à la joie d'abandonner le long châle qui les recouvrait de la tête aux pieds pour offrir leurs jambes nues à la caresse du soleil, le burkini n'étant pas encore imaginable sous nos cieux !


Certes, le texte était à l'origine plus fait pour être lu que pour être dit mais comme le talent de Sylvie Blotnikas est passé par là, le récit bien que fidèle à l'écrit initial s'en trouve allégé.

 

Hélas, la découverte de la mort de Léopoldine viendra mettre fin à la présente écriture.


N'en doutons pas, tous les amoureux de Victor Hugo se précipiteront pour aller entendre ce récit et même si Julien Rochefort ressemble peu physiquement à l'original, beaucoup devraient prendre plaisir à découvrir ou se remémorer ce journal de vacances qui fournit des images à foison.

 

Le texte de cette adaptation est bien entendu en vente à la librairie du théâtre.



Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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14:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent