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17/11/2016

Les personnages oubliés de Henry Le Bal

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Théâtre de l'Ile Saint-Louis

Paul Rey

 

39, Quai d'Anjou

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Pont-Marie)

 

loc. 01 46 33 48 65

 

http://www.theatre-ilesaintlouis.com/

 

Pl. 15€ - T.R. 10€

 

 

Vendredi & samedi à 18h30

 

Dimanche à 15h

 

jusqu'au : 11 DECEMBRE 2016

 

Mise en scène : Alain SORANO et Henry LE BAL

 

avec : Philippe de BRUGADA, Juliette RAYNAL, Alain SORANO et Henry LE BAL

 

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Il n'est que trop évident que les auteurs et leurs oeuvres connaissent tous une période de Purgatoire …

 

Voyez Sartre : ce n'est certes pas son " Huis-Clos " qui le mit à l'abri des flammes de l'Enfer. Le pape de l'existentialisme refait bien quelques apparitions de temps à autre puis retourne au Néant qui inspira son être. ( ouvrage le plus hermétique de sa vie.)


Le fait est avéré mais qui a eu jusqu'ici l'idée de se préoccuper des personnages ?  Pas même leurs créateurs qui vexés de la désaffection du public s'empressent alors de les oublier.

Et pourtant ! ...


Alors, Henry Le Bal a imaginé cette pièce tout à la fois philosophique et burlesque nous permettant de suivre " Les personnages oubliés " - à la trace …


Un enfant de la balle rebondit de pièce en pièce mais un personnage reste rivé à son état, à ses caractéristiques que les héritiers modifieront peu ou prou, enrichiront aussi parfois puis, sauf exception si le personnage n'a pas accédé à la Légende, ce dernier plongera irrémédiablement dans l'oubli.


Sachant que dans l'Univers il existe des trous noirs, certains ont prétendu que si nous pouvions y pénétrer, nous pourrions alors remonter le Temps ?


C'est ce que vont tenter de faire nos personnages et en dépit de toute l'énergie qui les anime, ils rencontreront quelques difficultés bien sûr ...

 

 

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( photos : David Raynal )

 


Théâtre dans le théâtre. A l'instar des poupées russes un personnage permet d'en découvrir un autre ; c'est ainsi que nous ferons la connaissance de " Monsieur-Monsieur " grand Conservateur des Oeuvres Théâtrales devant l'Eternel, à la recherche de la Tour de Babylone désormais disparue ( tout comme lui ) flanqué de son fidèle Mathurin.


Une sorte de Kiki de Montparnasse viendra les accueillir

( elle se nomme Loulou ) -


Puis nous rencontrerons d'autres personnages

( ou leurs ombres ) et nous offrirons même le luxe de remonter jusqu'à l'époque antique en compagnie d'Etéocle ( pardonnez du peu ) non sans avoir au préalable effectué un détour par le Moyen-Age, époque des chevaliers dragueurs ...


Bienvenue en Absurdie !

 

Vous l'avez compris, c'est complètement foutraque, ludique à souhait. Le spectateur un temps désarçonné finit par se prendre au jeu et une fois le principe admis se laisse aller, emporté par ces joyeux drilles qui abdiquant tout cartésianisme ont compris bien avant nous qu'il n'y avait rien à comprendre … Il ne suffit que d'admettre pour supporter ( non la pièce mais la vie tout simplement )


Si vous aimez le dépaysement, ce spectacle est pour vous.



Simone Alexandre

 

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10:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/11/2016

Un fil à la patte de Georges Feydeau

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THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

- 26 ans : 11€

 

Mise en scène : Anthony Magnier

 

avec : Marie Le Cam ou Hélène Degy - Stéphane Brel ou Lionel Pascal - Solveig Maupu - Agathe Boudrières - Eugénie Ravon ou Pauline Guimard - Gaspard Fasulo ou Xavier Martel - Xavier Clion - Mikael Taieb - Anthony Magnier ou Julien Jacob.

 

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Georges Feydeau, comme chacun sait est mort jeune, victime de troubles psychiques dus à la syphilis, ce qui nous laisse présumer que le monde de la légèreté ne lui était pas étranger.

Le titre même du spectacle qui se donne en ce moment au Théâtre 14 « Un fil à la patte » évoque cette légèreté.

Anthony Magnier, qui met en scène une troupe survoltée et hurlante, n’a pas eu cette perception, et il faut un peu le déplorer.

Car ce n’est plus un fil dont M. de Bois-d’Enghien doit se défaire, mais bien d’un boulet au bout de sa chaîne.

Nous ne raconterons pas l’histoire de ce petit monsieur empêtré dans une relation avec une théâtreuse de café-concert à laquelle il veut mettre fin pour épouser dans le grand monde. S’ensuivront naturellement des situations peu crédibles, mais qui font le charme du théâtre de Feydeau, et avec lui Labiche ou Courteline, moins fondé sur des quiproquos interminables que sur une théorie de petits mensonges et cachotteries qui font que Feydeau colle au plus près de ce qu’il est convenu de nommer « la vraie vie ».

Ce n’est naturellement pas le texte qui nous a gênés, mais bien la façon de le présenter. On hésite entre le café-théâtre et ses faibles moyens, le burlesque du cinéma muet avec ses outrances auxquelles on aurait donné du son, en le réglant au maximum, et les mimiques et grimaces copiées d’acteurs plus récents, Louis de Funès pour certain, Jim Carey pour d’autres, en tentant, de ci de là, une pose ou une image tout droit issue de la bande dessinée.

Disons que ce soit une approche qui peut plaire, à preuve les prix que ce spectacle a reçus en 2015, et le plaisir apparent de certains spectateurs, mais on peut concevoir aussi que nous soyons déçus face à cette expérience de théâtre « multisourcé », si nous osons ce néologisme.

 

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( photos LOT )



Dans le vaudeville, les sonnettes sonnent et les portes claquent. Rien ici de tout cela, puisque les accessoires sont supprimés, mais le bruit des claquements et des vibrations est remplacé par des onomatopées émises par les comédiens eux-mêmes.

On entre là tout droit dans le monde de l’enfance où l’on remplace ce que nous n’avons pas par son illusion. Cela peut être une bonne idée; il est simplement à regretter que les sonnettes résonnent beaucoup et il y a de nombreuses portes dans ce Feydeau …

Sur scène nous avons une équipe de jeunes comédiennes et comédiens tout dévoués à leur  spectacle, nerveux jusqu’à l’épilepsie, bruyant comme un concert de heavy metal, et pour finir un peu brouillon.

Mais c’est un genre, et pour qui ne connaît pas Feydeau, ce peut être une porte d’entrée, qu’il n’est pas utile de claquer en sortant.

C’est au théâtre 14, jusqu’au 31 décembre.



Frédéric Arnoux ©

 

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13:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/11/2016

RENATA, d'après " Renée " de Javier Ulises Maestro

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Comédie BASTILLE

 

5, rue Nicolas Appert

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Richard Lenoir)

 

loc. 01 48 07 52 07

 

 

 

http://www.comedie-bastille.com/appert/

 

Pl. de 27 à 32€

 

du jeudi au samedi à 21h

 

matinées samedi & dimanche à 17h

 

Mise en scène : Stephan DRUET

 

Adaptation : Stephan DRUET & Sebastian GALEOTA

 

avec : Sophie MOUNICOT (Monique, la gouvernante) - Sébastian GALEOTA (Jean, le fils puis Renata, la veuve) - Philippe SAID (Philippe, le jardinier) - Emma FALLET (Blanche, la bonne) - Antoine BERRY ROGER (Alexandre, le notaire)

 

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( photo : Bruno Perroud )

 

Ici, les entrées sont fracassantes à plus d'un titre ...

Voici Momo, ( la gouvernante ) une femme de caractère qui le prouve à tout instant. Puis, Philippe ( le jardinier ) époux de la dame en question. De toute évidence, c'est elle qui porte la culotte, comme on dit.

Un décès vient de survenir : le Patron est mort - incident comique du crucifix accroché par erreur car ce dernier était juif  ( Jésus aussi ...) Théo Goldenberg était son nom.

Puis on découvre Jean ( le fils ) une personnalité à part - selon certains - lequel apprend l'espagnol de façon quasi obsessionnelle ce qui s'avèrera bien utile par la suite.
 
- Blanche, soeur de Momo et de ce fait, tante de Jean - éternelle vieille fille ( comme on disait jadis ) Naïve, optimiste, romantique et bien sympa mais n'ayant pas inventé l'eau douce.

 Momo quant à elle, est obsédée par les varices qu'elle n'a pas encore mais pourrait avoir …

Rien de tel qu'un deuil pour mettre à jour la personnalité réelle de chacun.
 
Un dicton populaire recommande de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. C'est pourtant bien ce qu'ont fait tous ceux-là ( Momo, Philippe et Blanche ) en travaillant tous pour le même patron et en vivant sur place sans oublier Jean.

Or, le maître des lieux disparu, que vont-ils devenir ? ...

Alors la question essentielle se pose : existait-il un héritage, auquel cas où peut-il bien se trouver ?

Le Patron était marié jadis mais l'épouse Renata s'est envolée et n'a plus jamais donné de nouvelles. En réfléchissant bien au problème … un plan va germer dans l'esprit de chacun.

Si vous avez déjà vu Sébastien Galéota dans le rôle d'Eva Peron, vous saurez à quel point il peut-être génial après certaine transformation. Le numéro du comédien est époustouflant. Beaucoup de membres du sexe dit faible pourraient prendre des leçons de féminité avec lui !

Sophie Mounicot est Monique dite Momo et fait preuve d'une autorité et d'une drôlerie incontestables.

Philippe Saïd joue les époux déphasés et les pères faussement autoritaires. Une scène de grande ambiguité sera révélatrice de la nature refoulée du personnage ... Freud, au secours !

Emma Fallet la bonne,  elle aussi, privée d'emploi comme tous, joue allègrement des situations imposées par les événements.

Antoine Berry Roger est le jeune notaire, tour à tour emprunté, puis éperdu d'amour pour cette Renata, l'un et l'autre se retrouvant piégés à ce petit jeu. Le jeune comédien fait preuve d'une palette d'expressions tout à fait étonnante.

Je vous laisse bien entendu découvrir comment tout cela finira mais pas avant de saluer la magnifique mise en scène réalisée par Stéphane Druet qui nous tient en haleine, subjugués tout au long de la pièce. Texte, jeux, musique, lumières tout est réussi et l'on ressort de la salle en se disant " j'y retournerais bien " ( fait rarissime ... )

Vous l'avez compris, cette pièce n'est à manquer à aucun prix !




Simone Alexandre

 

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13:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent