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16/09/2016

Politiquement correct de Salomé Lelouch

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La Pépinière Théâtre

 

7, Rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

( M° Opéra )

 

Loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Pl. 29 & 38€

 

- 26 ans : 12€

 

A 21h du mardi au samedi

 

Matinée le samedi à 16h

 

 

Texte et mise en scène : Salomé LELOUCH

 

avec : Thibault de MONTALEMBERT ( Alexandre, avocat ) - Rachel ARDITI ( Mado, prof' d'histoire ) - Ludivine de CHASTENET ( Andréa ) - Bertrand COMBE ( Louis, fleuriste et militant FN ) - Arnaud PFEIFFER ( Gérant du café )

 

 

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Sans doute vais-je passer pour " une affreuse réac' " si je vous dis que le fait de recharger son téléphone portable en dehors de chez soi, me paraît une démarche pour le moins ?… cavalière, dirons-nous. Et peu " politiquement correct " par conséquent. 

 

Oui, mais sans ce prétexte, l'écriture de la pièce n'aurait pas eu lieu, alors faisons avec et oublions ce " sans gêne " bien à la mode semble t-il ? Un soir, dans un petit théâtre, j'ai effectivement vu un spectateur brancher son téléphone dans le hall et n'ai pu m'empêcher de penser : " en voilà un qui est gonflé ! "  Mais passons ...

 

Alexandre et Mado fréquentent sans le savoir, le même café,

" chez Loulou " et ce jour là, ont fait la même chose, confiant leur cellulaire respectif au sympathique gérant du lieu. Seulement dans la précipitation, au moment de la restitution des appareils dûment rechargés, une confusion s'est produite. Chacun est ensuite reparti avec le téléphone de l'autre …

Voilà qui facilite bien les rencontres ! 

 

Mado qui se situe décidément " carrément à l'ouest " n'avait pas rentré de mot de passe ce qui fait qu'Alexandre a pu lire certains messages qui auront une évidente répercussion sur la suite de l'aventure ...

 

Nous sommes en pleine période électorale or il se trouve que l'une est de gauche tandis que l'autre est carrément d'extrême-droite. Aïe ! aïe ! aïe ! …

 

Je me suis alors souvenue que ma grand-mère était une fervente catholique, votant à droite, mon grand-père un farouche communiste et que cela ne les a nullement empêché de passer leur vie ensemble mais " autre temps, autres moeurs ! "

En outre, l'un et l'autre étaient des militants de base alors qu'ici Alexandre est pour le moins engagé dans l'action que je ne qualifierai pas de directe, le terme risquant de lui déplaire …

 

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( photos : Christophe VOOTZ )

 

 

Pourtant, le coup de foudre a bien eu lieu entre ces deux là et peut-être que s'ils n'étaient pas flanqués l'un et l'autre d'un (e) ami (e) et confident (e) les choses se seraient passées autrement ? 

 

Seulement voilà, Andréa est psy ' donc, se targue d'y voir clair, tandis que Louis, fleuriste de son état ne vend pas spécialement des roses rouges mais composerait plutôt des bouquets du style : bleuet, marguerite, coquelicot. 

 

De toutes façons, quand un membre du Front National rencontre une bobo de gauche, il y a forcément de la rumba dans l'air ! 

 

Thibault de Montalembert qui s'est fait la tête de Me Collard a quelques démêlés avec sa chevelure dans laquelle il passe constamment des doigts impatients.

 

Rachel Arditi, jeune prof' d'histoire vit comme elle peut, c'est à dire assez mal, cet amour contradictoire en complet décrochage avec ses convictions.

 

Ludivine de Chastenet est comme son nom ne l'indique pas : marxiste convaincue et féministe bien sûr ; elle verra donc d'un oeil plus que critique ce à quoi elle assiste.

 

Bertrand Combe dont le personnage n'a pas inventé l'eau chaude ( mais pour les fleurs, ce n'est pas recommandé ) joue ici les militants aussi bornés que convaincu.

 

Enfin, Arnaud Pfeiffer ( celui par qui involontairement le malheur est arrivé ) est très, très drôle dans son rôle de témoin amusé par cette idylle naissante mais quelque peu perturbé par ce qu'il voit et entend.

 

Vous l'avez compris, vous êtes ici au théâtre comme dans la vraie vie. Chacun adoptera les répliques qui lui conviennent et si j'ajoute que la chute de la pièce est très habile, vous voudrez sans doute en savoir plus ?

Auquel cas, vous savez ce qui vous reste à faire ...

 

 

Simone Alexandre

 

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10:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/09/2016

La Louve, comédie de Daniel Colas

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° St-Georges)

 

loc. 01 48 74 76 99

 

 

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Pl. 22 à 38€

 

- de 26 ans : 10€

 

 

Texte et mise en scène : Daniel COLAS

 

 

avec : Béatrice AGENIN (La Louve) - Gaël GIRAUDEAU (François 1er) - Coralie AUDRET (La Reine Marie) - Maud BAECKER (La Reine Claude) - Yvan GAROUEL (Le Bègue) - Adrien MELIN (Suffolk) - Patrick RAYNAL (Le Roi Louis XII)

 

 

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La Louve, entendez par là : Louise de Savoie, mère de celui qui allait devenir François 1er, - vous savez … le héros du Camp du Drap d'Or ? - mais nous n'en sommes pas encore là. ( Les louves ont la réputation de devenir féroces lorsqu'il s'agit de défendre leurs petits, à fortiori, si celui-ci doit devenir chef de meute.)

1515 : Marignan, la date la plus facile à retenir de toute l'Histoire de France; même les cancres y parvenaient jadis. Auparavant, en ce 1er Janvier de la même année, François de Valois, comte d'Angoulême devait devenir François 1er et la veuve de Charles d'Orléans intrigue en ce sens depuis longtemps. Elle défend son louveteau " bec et ongles " dans la perspective qu'il devienne " un nouveau César."

Béatrice Agenin met toute son énergie à faire revivre cette nouvelle Agrippine plus honorable que la précédente mais non moins motivée.

Charmant, ( le nez certes, un peu court par rapport au modèle ) complètement folâtre,  effectuant des moulinets avec les mains, volontiers truculent, le tourbillonnant Gaël Giraudeau campe ce roi en herbe.

Avec ce monarque aux goûts fastueux, hanté par l'Art italien, le pays quittera le sombre Moyen Age pour accéder à une nouvelle ère, celle de la Renaissance.

Quand la pièce commence, Louis XII vit ses derniers instants. Usé par les guerres, épuisé par ses vaines tentatives à donner un héritier au trône, celui que les Etats Généraux ont salué en 1506 par le titre de " Père du Peuple " s'éteint.

Patrick Raynal confère toute la dimension à ce personnage que l'ingratitude historique oublie trop souvent. Sa jeune épouse, Marie est soeur d'Henri VIII et l'on ne sait que trop la convoitise que La France déclenchait outre-Manche.

Marie feindra un temps d'être enceinte espérant que son amant Suffolk palliera les carences de l'époux mais le subterfuge ne tardera pas à être découvert.

Car celle qui veille au grain, l'incontournable Louise de Savoie a des espions. Un, en particulier, ce bègue amoureux d'elle

( irrésistible Ivan Garouel ! ) qu'elle s'emploie à manoeuvrer, ce qui lui permettra de déjouer le plan mis en place pour l'orienter au profit de son fils.

Faut-il rappeler que la loi salique refusait la couronne aux femmes et non la Régence que Louise exercera à deux reprises durant les campagnes italiennes de son fils mais n'anticipons pas.

François est marié à la claudiquante Claude ( fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne ) et se doit pour asseoir son pouvoir de lui faire des enfants ( mâles de préférence ).
Or l'homme est volage et il faudra toute l'insistance de sa mère pour qu'il accomplisse son royal devoir conjugal aussi souvent que possible.

 

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( photos : LOT )

 



Daniel Colas nous narre avec brio cette époque-épique ( ô combien ! ) au cours de laquelle la classe privilégiée alors au pouvoir occupait joyeusement son temps, passant allègrement de la chasse au desduit se gardant d'oublier la guerre et ses promesses de récompenses ...

Brantôme - peu lu à notre époque - a fourni les anecdotes figurant à cette foisonnante " Vie des dames galantes " inspirant l'auteur de cette pièce. Joyeuse comédie, quasi farce mais l' Histoire n'en est-elle pas une par définition ?

Les costumes bien que sombres sont assez beaux, le décor est d'une élégante sobriété et la mise en scène efficace. Que demander de plus ? …



Simone Alexandre

 

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11:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/09/2016

La version Browning de Terence RATTIGAN

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THEATRE de POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

Pl. 32 & 38€ - 10€ pour - 26 ans

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

A 21h du mardi au samedi

A 15h le dimanche

 

Relâche les 21 & 22 octobre,

les 5 & 15 novembre

 

 

Adaptation et mise en scène : Patrice KERBRAT

 

avec : Jean-Pierre BOUVIER : Andrew Crocker Harris,

Marie BUNUEL son épouse,

Benjamin BOYER : Franck Hunter,

Pauline DEVINAT : Mme Gilbert,

Philippe ETESSE : Le Directeur,

Nikola KRMINAC : Peter Gilbert,

Thomas SAGOLS : John Taplow.

 

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" Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli


  Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli."


Boileau ( L'Art poétique )

 



Là, nous sommes en Angleterre, à la fin des années 40.


L'action se déroule dans le salon-bureau des époux Crocker-Harris, en cette fin d'année scolaire où, l'avant-dernier jour - celui qui précède la publication des résultats, - Andrew Crocker-Harris a convoqué un élève impatient d'abandonner la littérature classique au profit des Sciences, sous réserve - bien entendu - qu'il ait réussi le passage à la classe supérieure.


Taplow ( c'est le nom de l'élève en question ) est visiblement peu inspiré par le grec ancien en général et par cet Agamemnon en particulier.  Il arrive cependant à l'heure au rendez-vous mais très curieusement, celui qui l'a mandé est absent. ( en retard ) ce qui correspond peu à la rigueur habituelle du personnage …


Un de ses confrères visiblement amusé, recueillera les commentaires pour le moins désinvoltes du jeune homme ce, avec une surprenante attention teintée d'indulgence.


L'épouse du maître absent, Millie ne tardera pas à faire une rapide apparition durant laquelle elle captera la conversation entre le jeune élève et Franck Hunter ce collègue-ami, invité à dîner par le couple.


Celui qui est attendu arrive enfin et nous allons découvrir ce personnage constituant le pilier de l'action car tout au long des péripéties,  il se transformera de façon incroyable sous nos yeux.


Ses élèves ont coutume de le railler tout en le redoutant ; nous découvrirons que sa femme le trompe, le directeur de l'établissement ne le ménage pas ( sans doute a t-il des raisons de le jalouser ? ... ) tandis que l'ami du couple va avec nous découvrir celui que de toute évidence, il mésestimait.


L'analyse des caractères est redoutable et pourtant banalement humaine.


Jean-Pierre BOUVIER nous fait don de la richesse de son interprétation, passant de l'humilité un peu veule, face au directeur, à la reprise en main de la situation dont le caractère scabreux lui fait retrouver toute sa dignité, un temps mise sous le boisseau. Sa transformation est hallucinante !


Marie BUNUEL révèle ici toute la perversité dont une femme insatisfaite est capable ...  
Emporté par l'action, le spectateur se surprend à plaindre puis mépriser, enfin haïr son personnage, preuve qu'elle l'interprète fort bien.


Dans le même ordre d'idée, on se prend peu à peu d'affection pour ce grand gaillard qu'est Benjamin BOYER, un temps prédateur mais qui, au fil des événements va littéralement s'amender.


Thomas SAGOLS, tour à tour facétieux, insolent et tendre mais incompris auquel un seul être rendra justice sera bien involontairement, l'élément déclencheur de l'action.

 

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( photos : Pascal GELY )

 


Grâce à l'auteur, nous allons de complexité en complexité et c'est somme toute bien rassurant car ( pardonnez l'expression ) les salauds ne sont jamais tout d'une pièce et les apparences souvent trompeuses ...


Bien évidemment, je me suis jalousement gardée de tout vous révéler et vous aurez encore beaucoup de choses à découvrir en allant applaudir ce texte joué de façon remarquable.



Simone Alexandre

 

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13:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent