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13/09/2007

L' un dans l'autre de Marc Fayet

PETIT THEATRE de PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité)
www.theatredeparis.com

Loc. 01 42 80 01 81
Pl. 35/27 € - 26 ans 10 €

Du mardi au samedi à 21h.
matinées le samedi à 17h.
dimanche à 15h.

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Mise en scène : JOSE PAUL & STEPHANE COTTIN
avec : EVELYNE DANDRY, LISA MARTINO, GERARD LOUSSINE, MARC FAYET, THIERRY HECKENDORN.

Décor : Appartement très neutre (pour ne pas dire pire), un buffet repeint présenté par dérision comme un meuble chinois, des tableaux vaguement inspirés du cubisme et des fauteuils qui ont fait leur temps. " Pas Empire mais de pire en pire " ironiseront successivement les deux hommes. C'est une blague de famille !
Arrivée d'un jeune couple - Lui, feint la désinvolture tandis qu'Elle, hésite à se dégager de la porte puis refusera même de s'asseoir.
Sur le prétendu vaisselier chinois maquillé en buffet normand, une photo le représentant, lui (ou son jumeau ?) à l'époque de la première communion. " erreur de jeunesse " raillera t' il. Un peu dérouté notre séducteur ... Face au comportement de la visiteuse, on le serait à moins, il est vrai. Ayant suggéré un tour du propriétaire, ils vont disparaître en direction de la chambre. Espoir, peut-être ? ...
Seconde arrivée d'un couple, nettement plus âgé qui revient d' une "couillonnerie de spectacle". Les répliques seront parfois calquées sur celles des deux précédents. Mêmes causes, mêmes effets. On comprend qu'il s'agit du père, guère plus triomphant que le fils. En réalité, ces deux là se connaissent depuis 30 ans mais les aléas de la vie ont fait que ...
Pour tout duo (accordé ou non) une intervention extérieure a valeur de fausse note et précisément un voisin ne cesse de s'immiscer, pire de s'incruster !
L' attention du spectateur va rebondir en permanence, passant d'un couple à l'autre, du présent au passé car ici le temps est éclaté. Peu à peu et grâce à ce voisin encombrant, nous saurons tout de chacun. Marc Fayet se joue du tragique comme un gosse qui utiliserait une corde à sauter afin que le temps passe ... Nous sommes un peu déroutés par ce puzzle qu'il nous faut bien reconstituer en nous disant au final que sa construction est sacrément habile !
Les comédiens sont tous irréprochables et prouvent que l'on peut rire de situations bancales, exactement comme dans la vie.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/09/2007

Ils habitent la Goutte d' Or de Laurence Février

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Loc. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

TP 30€ TR 20€ (séniors)
Tr 15€ (-26ans, chômeurs)

Du mardi au samedi à 21h.

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avec Laurence FEVRIER, Martine MAXIMIN, Charlie NELSON.

La Chapelle - Goutte d' Or - quartiers d' urgence !
Ici comme ailleurs, les gens cohabitent de plus ou moins bon gré mais ne se rencontrent pas. Qui donc alors pourrait assurer la liaison sinon une politique qui fonctionne à l'affectif ?
Château Rouge, le marché : " une zone de non droit où l'on vend au noir du produit pour se blanchir la peau " ...
Le ton est donné, le périmètre situé. Trois personnages vont faire office de conteurs, véhiculant tour à tour un vécu, celui qui a fait d'eux ce qu'ils sont.
Tout d'abord, l'indigène, la parigote, celle qui à force de volonté a réussi à faire son trou - oh, bien modeste - dans la jungle politicienne mais elle a l'âme chevillée au corps et revendique haut et fort ses convictions. Présence, expérience, autorité, Laurence Février symbolise tout cela. Elle va donc nous exposer son programme durant 30 mn et de digression en digression nous racontera ce que fut sa vie avant d'en arriver là.
Martine Maximin lui succèdera, le sac soudé à l'épaule comme si c'était son seul et unique bien, comme si elle n'était arrivée qu'avec cet ultime atout, sa réserve à oxygène en quelque sorte quand elle a plongé en ce monde dit moderne.
Notre réfugiée politique pense que le " bonheur, c'est la maison après le travail." Mais comment avoir une maison, quand on n'a pas de travail ? ... Elle a tout vécu, tout vu depuis qu'elle est ici et cette femme que l'on devine pétrie de bon sens reste lucide. La société actuelle se caractérise trop souvent pas son manque de repères, cette amoralité qui n'est que la conséquence d'un désarroi profond. Elle - sait parfaitement ce qui est bien ou mal. Comment approuver ce viol perpétré par 10 sénégalais, par exemple ?...
En lui succédant le baroudeur-libraire (Charlie Nelson) fournira une tentative de réponse : " ici, les africains prennent nos défauts, pas nos qualités " C'est qu'il l'a connait bien lui, l'Afrique pour l'avoir parcourue en tous sens. Il demeure aussi convaincu que seule la laïcité peut permettre aux individus d'où qu'ils viennent de bien raisonner et de rester dignes. On ne pose pas son baluchon sur les terres de Louise Michel par hasard et l'expérience lui a appris que la mémoire était toujours romanesque.
Ils ont chacun ouvert leur parenthèse, résumant le monde et se livrant un peu, chemin faisant.
Les spectateurs se diront en sortant du théâtre, qu'ils ne croiseront plus personne sans se poser de questions, au moins pour quelques temps ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

NE NOUS QUITTE PAS ! de Gil Galliot Yves Hirschfeld

THEATRE TRISTAN BERNARD
64, Rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
Loc. 01 45 22 08 40
Pl. 32/26/20€
Etud. - 26 ans : 10€
- 50% sur le plein tarif jusqu'au 11 septembre.

Du mardi au samedi à 21h.
+ samedi à 18h.

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Mise en scène : Gil GALLIOT
avec Philippe LELIEVRE, Gil GALLIOT & Fred NONY.
et la voix de Sophie Le TELLIER.

Combien de personnalités peuvent-elles cohabiter en un seul personnage ? ...
Comment est-on perçu par l'être aimé ? ...
Ce sont les questions (insidieuses au possible), que semblent se poser nos co-auteurs mais comme ils ne voulaient pas que le spectacle vire à " la prise de tête " ils ont choisi le mode ludique, voire carrément burlesque pour évoquer la chose ...
Un être n'est pas absolument le même aux différentes périodes de sa vie. Il évolue plus ou moins bien et parfois celui ou celle que nous avons connu au départ n'a plus rien à voir avec celui de l'arrivée, 15 ou 20 ans après. Pourtant, c'est bien la même personne ?
Agnès pleure ses trois Paul,
- celui du tout début, beau jeune, fougueux (Philippe Lelièvre)
- cet autre plus mûr, sécurisant, un tantinet possessif et parfois pragmatique jusqu'à l'ennui. (Gil Galliot)
- et enfin, ce Paul rhumatisant, dont la fragilité - pourtant poétique - le pousse à l'hypocondrie car certains hommes vieillissent mal. (Fred Nory)
Chacun de ces trois comédiens prend un plaisir évident à investir son personnage, que dis-je ? A se vautrer dans ses travers ... et ce faisant, ils nous arrachent des rires. Après s'être convoquée, notre trinité masculine va conclure que " le couple, c'est simple mais ... dans une sorte de complexitude "
Le premier Paul ne pensait qu'à l' amour en tant que prouesse physique, le second est obsédé par le travail et s'exprime en termes de marketing et enfin, le troisième Paul est presque retombé en enfance tant il a besoin qu'on lui dorlote ses petites misères. Alors forcément, Agnès regarde ailleurs ... et Paul ne comprend pas ce qui arrive.
Célibataires ou mariés, les spectateurs croient se souvenir de certaines situations qui - appliquées à d'autres - sont mille fois plus drôles, évidemment !
On ne verra jamais Agnès puisqu'elle est l'obsession de ces hommes de même que ces derniers ne parviennent à quitter son esprit. Ah ! l' Amourrr ... l'Amourrr !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com.

16:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent