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19/10/2016

Le roman de Monsieur Molière d'après Boulgakov, Molière et Lully

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

( M° N.Dame des Champs )

 

 

loc. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

 

Mise en scène et adaptation : RONAN RIVIERE

 

 

avec Ronan RIVIERE ou François KERGOURLAY

( Boulgakov/Molière )

 

& Michaël COHEN ( Gros-René, Joseph Béjart, Conti, Monsieur, Louis XIV, les Marquis et les Dévots )

 

au piano : Olivier MAZAL

 

 

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( photo : V d P )

 

 

Les deux personnages portant pantalons et bretelles donc,

" sans culottes " avant l'heure … vont nous narrer l'itinéraire et les embûches rencontrées par Jean-Baptiste Poquelin. Logiquement ce dernier eut dû prendre la succession de son père qui était tapissier-valet-de-chambre-du-Roi mais il choisit les études et apprit le droit.

 

Bien qu'ayant été reçu avocat en 1645, il fréquenta assidûment une société de jeunes gens qui jouaient la comédie.

C'est ainsi que prenant goût à la chose, il devint comédien sous le nom de Molière.

 

Les débuts furent certes difficiles et quelques tournées s'avérèrent assez calamiteuses mais une embellie eut enfin lieu quand il décida d' écrire les textes à jouer, lui-même.

Faut-il préciser que le prince de Conti avec lequel il avait fait ses études au collège de Clermont avait aimablement pris sous sa coupe la joyeuse compagnie ?

 

Un peu plus tard, Philippe d'Orléans autrement dit " Monsieur " frère de Louis XIV, les protégea à son tour …

Le Roi lui-même qui ne répugnait pas à se produire sur scène quand il était question de danse, n'hésita pas à être le 1er Egyptien dans la comédie-ballet intitulée " Le Mariage forcé " sur une musique de Lully.

 

Bien que protégé par le premier personnage de France, Molière par le choix de ses pièces volontiers dénonciatrices des vices de l'époque ne tarda pas à se mettre la noblesse à dos, sans oublier l'Eglise à cause de son Tartuffe …

 

Avec pour seul décor, une carriole transformable à vue, le bondissant Ronan Rivière et le puissant Mickaël Cohen illustrent tout ce qui nous est dit, extraits de pièces à l'appui, bien entendu avec pour trame le roman écrit par Mikhaïl Boulgakov.

 

Le rythme du spectacle est enlevé, ponctué par les interventions pianistiques d'Olivier Mazal et le public de tous âges prend plaisir à survoler ainsi l'existence du grand Molière.

 

 

Simone Alexandre

 

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10:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/10/2016

CLOUEE AU SOL de GEORGE BRANT

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelet)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Tous les jours sauf dimanche

& lundi à 21h30

 

jusqu'au 26 NOVEMBRE 2016

 

 

Traduction : Dominique HOLLIER

 

Mise en scène : GILLES DAVID

(sociétaire de la Comédie Française)

 

avec : Pauline BAYLE

 

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En intro, projection de texte explicatif, blanc sur noir.

Manie héritée des médias quand il s'agit d'un thème d'actualité, tout expliquer, ce qui a tendance à favoriser la paresse intellectuelle mais passons.

Un personnage debout, au presque garde-à-vous, se tient dans une peu seyante combinaison de couleur muraille.

Nous apprenons que cette femme a réalisé son rêve ( sic ) être pilote de chasse ! Apparemment la dame prend son pied à tirer sur des cibles irakiennes du haut de son avion. Dois-je ajouter que l'auteur du texte est américain ?

Comme heureusement pour ceux d'en-bas, elle n'est pas toujours dans le bleu du ciel, elle va un jour de perm'  rencontrer Eric et puisque c'est une femme d'action, ça ne va pas traîner d'autant que s'envoyer en l'air, elle connaît !

Lui est subjugué …

Après quelques exercices physiques, elle repartira à son activité habituelle et ils ne correspondront plus que par webcam interposée. Pas de chance, c'est la tuile : la dame est enceinte. ( tiens, lors d'une première rencontre, ils n'utilisent pas de préservatifs aux U.S.A ? )

On trouve assez incroyable qu'elle couche avec un type qu'elle ne connaît pas et ne prenne aucune précaution mais notre héroïne ne brille pas par la cérébralité non plus !
Impossible de continuer les missions en de telles circonstances. Alors, avant de rendre la nouvelle officielle, elle s'offrira un dernier vol ce qui, vu la nature du chargement, confirme bien sa légèreté mentale.
 
Congé de maternité bien sûr mais la nostalgie de sa vie d'avant finira par la rattraper. Tiger ( son avion ) lui manque …

( bizarre qu'elle le préfère à sa fille et au père de son enfant ce qui en dit long sur la gravité de l'intox' )

Or le temps a passé, ce qui fait qu'engagée dans l'U.S. Air Force elle va se retrouver mutée à la " rocking-chair-force."  En clair, dans un bureau, face à un écran au pilotage de drones …

Conditionnement aidant, sa déconvenue ne tardera pas à se transformer en un sentiment d'hyper-puissance puisque là où elle est, elle peut désormais donner la mort sans risquer quoique ce soit. Elle se prendra alors pour Dieu jusqu'à ce que le peu de raison qu'elle possède sombre et qu'elle ne distingue plus le rêve-cauchemar de la réalité.

 

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( photos : Marina RAURELL )



Ce monologue est pour la comédienne ( sans jeu de mots ) un morceau de bravoure. Son personnage aboie littéralement le texte jusqu'à sidérer le spectateur que l'hyper-réalité des faits tétanise en son fauteuil comme s'il s'y trouvait pieds et poings liés.

A la suite d'un fait que je vous laisse découvrir, devenue brusquement lucide, cette anti-Lysistrata nous accusera tous dénonçant la responsabilité collective.

La petite phrase récurrente nous vient une fois de plus à l'esprit : " comment en sommes nous arrivés là ? " …

Confusion des genres ? … Jadis le bellicisme était masculin tandis que les femmes représentaient la conscience du monde ; or voilà que certaines se mettent à faire la guerre, pire - à s'enorgueillir un temps d'avoir tué !


Le personnage central et unique ( non dans tous les sens du terme, hélas ) ne réalisera que tardivement l'horreur de la situation dont nous, spectateurs sommes conscients depuis la première minute.

 

L'épreuve fut rude mais nécessaire sans doute ?...

C'était du moins l'objectif fixé par l'auteur.

Saluons donc cette prestation certes plus ardue pour la comédienne ( Pauline Bayle ) que pour nous, réalité dont les spectateurs parfaitement conscients soulignent par des applaudissements nourris.


Simone Alexandre

 

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11:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/10/2016

16 JUIN 1940 de Bruno JARROSSON

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jusqu'au 26 OCTOBRE 2016

 

Dimanche & Lundi à 20h

 

Mardi & Mercredi à 21h

 

 

Mise en scène : Yves CARLEVARIS

 

avec : Jean-Claude ROBBE, Alain POCHET, Didier VINSON et Yves CARLEVARIS

 

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Quand la pièce commence, nous découvrons le président Albert Lebrun dans son bureau à l'Elysée. Il fait une chaleur épouvantable mais par mesure de sécurité, les fenêtres doivent rester fermées. En décalage complet avec les événements, il semble que l'homme n'ait pas de préoccupation plus grande que celle de prendre un bain et ce, jusqu'à l'obsession.  En attendant il consulte la T.S.F ( comme on disait à l'époque ) et semble apparemment branché sur les ondes courtes …

Dérision, le poste diffuse : " tout va très bien, madame la Marquise " -

Arrivée de Georges Mandel, ministre de l'intérieur qui essaie de contrer l'esprit défaitiste de toutes ses forces en préconisant la poursuite de la guerre. De son vrai nom : Louis Georges Rothschild a toutes les raisons de redouter l'expansion du régime nazi et va en quelque sorte jouer les pythonisses car il ne sait que trop à quoi il peut s'attendre ...

Le Président du Conseil - poste équivalent à celui de Premier Ministre ou chef du Gouvernement - était Paul Reynaud lequel prône un rapprochement avec l'Angleterre et serait même prêt à accepter cette fusion toute théorique proposée par Churchill, transmise par De Gaulle et dont l'idée surréaliste a germé dans l'esprit de Jean Monnet en sa qualité de coordinateur de l'union franco-britannique, laquelle consisterait à former un seul Parlement, une seule armée, afin de contrer l'Allemagne.

Cette proposition ne sera pas prise au sérieux par le Conseil des Ministres français. Paul Reynaud devra alors démissionner et abandonner la place au Maréchal Pétain avec les conséquences que l'on sait.

 

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Or il n'est que trop évident que pour l'heure, l'Amérique avec Roosevelt à sa tête se contente de fournir de l'armement en se gardant bien d'une intervention directe.

La nouvelle vient de tomber : la ligne Maginot s'est révélée inefficace et Verdun ( gloire de la précédente guerre ) est pris par les allemands.

 Philippe Pétain n'entrevoit plus que l'armistice et dissertera sur la différence subtile existant entre ce terme et celui de capitulation.
 
Au lieu des propositions que l'on pourrait attendre d'un militaire il se contente de tourner en dérision,

- Paul Raynaud qui " cherche à capturer le brouillard avec une clé à molette, "
 
-  " De Gaulle, et sa tête de roi mal aimé dont la mère a caché la couronne " ...

Au milieu de tout cela, Albert Lebrun joue les girouettes et le vent change souvent de direction.

Clémenceau disait que " la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires " mais les politiques en la circonstance ne valaient pas mieux.

L'auteur analyse ces erreurs dues à l'attentisme face à l'envahisseur et comme le sujet est grave il a choisi de le traiter légèrement. Il s'ensuivra un chapelet de " bons mots " mis dans la bouche des uns et des autres et même si l'on est convaincus que l'esprit fleurissait plus aisément à cette époque, qu'à la nôtre, nous finissons par ne plus entendre que celui qui a écrit la pièce en lieu et place de ceux qui sont ici représentés.

Yves Carlevaris dans le rôle ( ô combien ingrat ) de Philippe Pétain est remarquable !

Alain Pochet à qui incombe le non moins triste privilège d'incarner le Président Albert Lebrun s'en donne à coeur joie du début jusqu'à la fin. J'ignore si l'original était aussi fantoche que celui-là mais il suffirait à expliquer tous les malheurs qui ont suivi.

Jean-Claude Robbe est Georges Mandel qui subira les conséquences de tout ce qu'il a prédit car Philippe Pétain le fera arrêter, incarcérer et au final il sera assassiné de 16 balles dans le dos.

Didier Vinson ( nettement plus beau que l'original ) est Paul Reynaud, illustrant l'homme politique dans toute l'acception du terme.

Nous ne savons que trop hélas comment tout cela a fini ...

La pièce rebondit de bons mots en bons mots et les spectateurs semblent apprécier puisque je n'ai dénombré pas moins de 5 rappels enthousiastes à la fin.


Simone Alexandre

 

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11:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent