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15/10/2007

Arthur Rimbaud ne s'était pas trompé(e) d'après Geneviève Pastre.

ALAMBIC STUDIO-THEATRE
12, rue Neuve de la Chardonnière
75018 PARIS
(M° Simplon)
Loc. 06 84 28 39 13
www.brunobisaro.com

chaque vendredi à 20h.15
jusqu'au : 14 décembre 2007

Pl. 14/10€

D'après OCTAVIE ou la deuxième mort du Minotaure,
Collection Octaviennes. Editions Geneviève PASTRE

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photo prise par Gabriel Simon, Studio Lineal, Toulon (tous droits réservés).

Octavie (ou plutôt son reflet) aura pour vous, le temps d'une représentation, les traits d'un jeune homme brun au regard profond. Après tout, l' Orlando de Virginia Woolf ne nous a t ' il pas préparés à de telles métamorphoses ?
Bruno Bisaro avance, tout de sombre vêtu, pieds nus et gants blancs en un discret et respectueux hommage à son auteur(e)-mime.
Son rôle est de faire naître le double adorateur d'Octavie par le biais du verbe, de lui donner chair afin que nous en touchions l'évocation au delà de l'espace et des apparences.
Miracle de la scène ! Amour tout à la fois transi et agissant. Adoration qui abolit les distances, aux antipodes du jaloux amour durassien qui fuit dès sa constatation.
" ON NE DOIT JAMAIS QUITTER CELLE QU' ON AIME " affirme Geneviève Pastre.
Face à l' amour (avec un grand A) " PENSER EST UNE ERREUR " même si le dieu-déesse constitue la plus grande joie et la plus grande tristesse.
Le comédien s'implique corps et âme en ce texte somptueux, lui imprimant son rythme, le véhiculant grâce à une présence scénique indéniable.
Il n'est peut-être pas superflu durant les temps qui courent ... de souligner la netteté de sa diction qui contrairement à ce que d'aucuns pensent ne saurait constituer un handicap à la vérité de l'expression.
Le spectateur et à fortiori, la spectatrice se sentent transportés par cette Ode à l'expérience amoureuse. L'interprète l' évoquera parfois en des parenthèses chantées n' hésitant pas à esquisser un pas de danse, pure émanation de ces rondes mythologiques figurant sur les vases anciens car Eros ne rechigne jamais à prêter ses ailes. En assistant à ce spectacle (monologue serait décidément par trop réducteur) nous constatons que nous sommes insensiblement devenus nectarivores à son écoute.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/10/2007

GIACOMO, l'enfant de la cité de et avec : Gilbert PONTE

THEATRE 12 Maurice Ravel
6, avenue Maurice Ravel
75012 PARIS
(M° Porte de Vincennes)
Loc. 01 44 75 60 31
Pl. 13 € - TR. 11 €

Du mercredi au vendredi à 20h.30
Samedi à 19h.30
jusqu'au 27 octobre 2007

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Photo : Hughes Marcouyau

Adaptation & mise en scène : Stéphane AUCANTE

Ah ! les valises ... Nous en dénombrerons plus d'une demi-douzaine comme si Gilbert Ponté était une divinité hindoue aux multiples bras. En l'air, au sol, partout, elles symbolisent la longueur du voyage, les nombreuses étapes, toutes plus incontournables les unes que les autres.
Giacomo nous raconte la venue en France de ses parents fuyant l' Italie et ses séquelles fascistes, l'inconfort du voyage pour cet enfant qui a le mal des transports. Luigi et Maria (le père et la mère) ont le mal du pays mais ils savent qu'ils y retourneront un jour (plus tard, quand ils auront gagné beaucoup d'argent) afin d'y construire une belle et grande maison, celle de leurs rêves où il fera bon vivre et s'y reposer ... enfin !
En attendant, il va falloir travailler et beaucoup. Le père passera 16 heures par jour au chantier, la mère fera des ménages et Giacomo ira à l'école.
En ces temps là, l'éducation se faisait à coups de règle. Il y avait bien sûr, l'incontournable règle de trois mais la plus cuisante était celle que l'on prenait sur les doigts qu'il fallait tendre comme en une muette prière. Heureusement, le petit Giacomo va se faire des copains : Evio, Jésus, ( " Ressous ... " ) et Boubaker. Ils vont faire équipe, tous les trois.
Comme Giacomo n'a pas l'oeil dans sa poche - comme on dit - et les oreilles non plus, il suivra, curieux, les péripéties qui se déroulent entre Lucette et Rocco: elle qui passe son temps à tourner la tête des hommes en se promenant en nuisette transparente et lui, le fulminant macho.
Gilbert Ponté nous invite à faire connaissance avec toute sa galerie de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Il nous raconte leur vie respective avec un enthousiasme et une énergie qui iront crescendo tout au long du spectacle. A la fois comédien et mime il devient tour-à-tour chacun d'eux et parfois tous en même temps. Et comme à la fin du spectacle, il nous annonce qu'il y aura bientôt une suite, nous grillons déjà d'impatience.
Comme il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient, je me garderai bien d'oublier le metteur en scène en la personne de Stéphane Aucante qui a ici fait du bon, du très bon travail, une fois de plus.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Le Professionnel de Dusan KOVACEVIC

THEATRE RIVE GAUCHE
6, rue de la Gaité
75014 PARIS
(M° Edgar Quinet)
Loc. 01 43 35 32 31
www.edgar.fr
Pl. 35/31/26 €
ET. 18 € - 26 ans : 10 €
plein tarif, veilles, jours de fêtes & samedi.

Du mardi au samedi à 20h.
Dimanche à 15h.

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Adaptation et traduction : Anne RENOUE & Vladimir CEJOVIC
avec Jean-Pierre KALFON, Jean-Marie GALEY, Muranyi KOVACS, Jérome LE PAULMIER.

Mise en scène : Stephan MELDEGG.

Les gens des pays de l' Est semblent aux yeux de beaucoup d'entre nous présenter une paranoïa tout à fait spécifique; mais comment y échapper après ce qu'ils ont vécu ?
Belgrade 1990, nous sommes dans le bureau du tout nouveau rédacteur en chef d'une maison d'édition de la " Nouvelle Serbie " le rôle incombe à Jean-Marie Galey et son personnage est convaincu que sa nomination n'est que la conséquence logique de ses mérites.
La musique ayant toujours été un excellent véhicule de contestation, son prédécesseur manifeste sa réprobation par le biais de nuisances sonores pour le moins envahissantes, là - juste à côté - de derrière la cloison car il a choisi de stationner sur place.
Brusque irruption d'un personnage que Marta, l'assistante n'a pu empêcher d'entrer.
" Tu ne sais pas qui je suis ? " sont ses premières paroles.
Cet ancien policier attaché secrètement à la personne de l'écrivain jadis contestataire, s'est vu licencié au lendemain de l'effondrement de la Yougoslavie du Maréchal Tito. Bien que malade, il se voit contraint pour survivre, d'exercer le métier de chauffeur de taxi. Il a apporté avec lui une valise, véritable boite de Pandore d'où surgira le passé.
Luka en professionnel zélé a tout noté des faits, gestes et déclarations de cet homme que le régime en place lui avait demandé d' étroitement surveiller. Il est même allé jusqu'à ramasser les objets que Téodor perdait, petit Poucet inconscient paraphant ainsi son parcours de façon incontestable.
Il n'est pas concevable de coller à ce point à la vie privée de quelqu'un sans risquer d'y perdre sa propre identité.
C'est peut-être finalement cette constatation qui incitera Marta à s'éloigner ?
Le climat de la pièce est âpre, comme la vie qui se déroulait là-bas. Le décor a la couleur glauque des étangs dans lesquels on s'enlise.
On ne loue plus depuis longtemps le talent de Jean-Pierre Kalfon, personnage essentiel de l'histoire qui confirme ici ce que nous savons de lui.
Je voudrais également souligner la prestation de Jérome Le Paulmier qui compense la brièveté de son intervention par sa présence dévastatrice.
Muranyi Kovacs constitue la touche féminine sans laquelle ce climat aurait pu se révéler pour le moins austère.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent