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08/03/2018

LE VEILLEUR de Maurici Macian-Colet

LE VEILLEUR - TEASER from Compagnie Les Sbires Sibériens on Vimeo.

 

http://www.gareautheatre.com/

 

GARE AU THEATRE : 13, rue Pierre Semard

 

94400 VITRY-sur-Seine

 

Tél. 01 55 53 22 22 - du 7 au 10 Mars 2018 - à 20h30

 

Places : 13€ -T.R. 10€

 

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LE VEILLEUR

 

 

Ecriture et mise en scène : MAURICI MACIAN-COLET

 

avec MAX MILLET (Le Premier) - CHLOE CHYCKI (La femme) - VINCENT PREVOST (Le Bleu) - FLORIAN MIQUEL (Le Second) - et MAURICI MACIAN COLET (L'homme)

 

 

 

Voilà une bien étrange pièce, sorte de thriller psychologique dont précisément la psychologie des personnages est quasi absente car remplacée par l'instinct de survie qui face à ces événements leur tient lieu d'intelligence.

Le jour où j'ai voulu voir la pièce, un détail d'importance m'avait échappé à savoir l'impossibilité de prendre le RER C en passant par la ligne habituelle mais fort heureusement, l'auteur avait eu l'amabilité de me communiquer le texte au préalable.

Je plongeai donc dans sa lecture comme ces veilleurs scrutent les ténèbres, pour constater que nous ignorerons jusqu'au bout quel mystérieux serial-killer décime ainsi les vigiles de cette société censée protéger un non moins mystérieux trésor ? ...

Le Premier va donc donner ses consignes au petit nouveau, baptisé derechef Le Bleu tandis que le Second devrait logiquement rentrer chez lui, ce qui n'aura pas lieu.
En ce métier où il convient d'agir le plus vite possible, le temps de réflexion pouvant être fatal, la pratique des corrections physiques n'est pas exclue. Le Second en fera les frais.

L'instant critique pour un vigile est " le tour de minuit " l'imagination s'échauffe alors et tout peut advenir mais il est vrai que " tant qu'on reste du bon côté de la chance, on peut encore espérer que rien ne changera." C'est du moins l'illusion, la chimère trop souvent démentie …

Or quelque soient les moyens déployés, quand la peur est au rendez-vous, on est toujours seul, surtout si de surcroît on pisse le sang ayant été victime d'un hiérarchique passage à tabac ! Un bruit insolite suffit alors à vous mettre les nerfs à vif, le vigile honnête et sain d'esprit ne rêvant que du vide.

En clair : la non rencontre.

Et puis quand on est seul à parcourir le noir une torche à la main, l'esprit gamberge. Que peut bien faire l'épouse durant ce temps là ? Celui qui sait - et pour cause - que le mari est retenu loin de son domicile ne va t'il pas indûment en profiter ?

Le Bleu quant à lui, peu sûr de lui, intrigué et curieux va suivre celui qui symbolisera son Destin pour disparaître ensuite tel l'ange de la Mort car en certaines circonstances la vie tient à fort peu de choses …

Le texte de la pièce est édité chez ALNA et il faut espérer que les comédiens nous reviendront prochainement pour faire vivre sous nos yeux ces personnages issus de l'imagination de Maurici Macian-Colet qui, comme chacun sait n'en est pas dépourvu mais ... pas seulement !


Simone Alexandre

 

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08:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/03/2018

RAPTURE de Noëmie Ksicova d'après le Ravissement de Lol V.Stein de Marguerite Duras

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Théâtre de Belle Ville

 

94, rue du Fbg.du Temple

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Belleville)

 

LOC. 01 48 06 72 34

 

Pl. 25 / 15 & 10€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Les lundi et mardi à 21h15

 

jusqu'au : 13 MARS 2018

 

Durée : 1h30

 

CREATION COLLECTIVE

 

Librement inspirée du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras

 

Conception, écriture : Noëmie KSICOVA

 

avec Matthieu Marie, Cécile Péricone, Claire Sermonne,

Cyril Texier, Emilie Vaudou

 

 

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Beaucoup de chaises sur scène … ( à rendre jaloux Ionesco )

Côté jardin, un couple : lui, lit un extrait du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras tandis que sa vis-à-vis, dit de mémoire le passage qui suit, tant elle est imprégnée du livre. Les lectures ont elles un impact aussi grand sur notre vie ?

Apparaissent alors 3 personnages debout, en fond de scène qui chantent ( fort bien ) puis, incitation au souvenir : il s'agit en fermant les yeux de reconstituer la chambre de notre enfance, quand nous avions entre 7 et 10 ans ensuite celle de notre fin d'adolescence, 10 ans plus tard, le lieu étant peut-être le même ? ...

Cécile ( remarquable Cécile Péricone, à la voix prenante, à la diction parfaite ) essaie d'effacer de sa mémoire l'image du père mort maintenant lequel avait sombré dans la régression mentale à la fin de sa vie. Convoquer des souvenirs plus anciens et meilleurs devraient l'aider en cette démarche.

Alors surgit le personnage de Lol ( Emilie Vaudou )  dont le fiancé s'est brusquement épris d'une autre femme lors d'un bal auquel ils étaient allés ensemble au Casino Municipal de T. Beach. Elle reste interdite par la scène qui se déroule sous ses yeux tandis que sa raison sombre peu à peu. Tatiana ( superbe Claire Sermonne ! ) présente a donc assisté à la scène.

Le couple du début va devenir celui qui s'est formé ce soir là

( Michael Richardson et Anne-Marie Stretter, la femme du Vice-Consul ) Il en sera souvent ainsi tout au long du spectacle durant lequel le temps est aboli au profit de la mémoire souvent douloureuse mais qui revient tel un inévitable boomerang.

 

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Les deux amies vont se perdre de vue durant 10 ans, ce qui semble être ici le chiffre fatidique. Chacune s'est mariée, Lol a même eu des enfants mais le passé va s'inviter de nouveau.

Ce fiancé volage Michael ( Cyril Texier ) par sa trahison a fait d'elle une voyeuse en demande de satisfaction.

Car depuis ce jour là, elle aime regarder les couples s'aimer mais il semble que ce soit bien plus compliqué que cela car une trouble attirance relie Lol à Tatiana et une relation triangulaire va se former - du moins mentalement - dans l'esprit de Lola, qui empruntera jalousement à Tatiana son amant : Jacques

( Matthieu Marie ) lequel n'a pu lui résister ...

Mais les complications ne sont-elles pas typiques du climat durassien ?

Cette création collective brille par l'esthétisme des images, le caractère parfois chorégraphique des déplacements mais pas seulement car l'intensité dramatique est également au rendez-vous.

 

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D'immenses surtitres envahissent ponctuellement le rideau situé en fond de scène ajoutant un impact supplémentaire à ce qui est dit et vu. Ne manquez surtout pas ce rendez-vous, la pièce se jouant encore au Belleville jusqu'au 13 Mars ( lundi et mardi prochains ) et je ne saurais trop vous conseiller de l'aller voir …




Simone Alexandre

 

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15:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/03/2018

SEASONAL AFFECTIVE DISORDER de LOLA MOLINA

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THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Du mardi au samedi à 21h

 

jusqu'au : 31 MARS 2018

 

 

Mise en scène : Lélio PLOTTON

 

avec : Anne-Lise HEIMBURGER ( Dolly )

 

& Laurent SAUVAGE ( Vlad )

 

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En fond de scène, un écran qui servira à illustrer les divers lieux traversés mais la première image évoque une pierre brute, sorte de rocher que l'on imagine dur comme le silex, froid comme lui également.

Vlad ( Laurent Sauvage ) nous communique sa mémoire d'outre-tombe - un gisant incroyablement debout nous parle … De son vivant cet homme s'était spécialisé dans la pratique du tatouage et ne se déplaçait jamais sans son matériel et puis un jour ou plutôt une nuit ( sans doute plus cafardeuse que les autres ) il a rencontré Dolly  ( Anne-Lise Heimburger ) une gamine qui traînait les bars et l'attraction fut immédiate.

 

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Une copine à elle vient de se suicider or comme elle était présente lors du drame, la police l'a convoquée en qualité de témoin mais elle ne s'est pas rendue au rendez-vous ce qui la met dans une situation scabreuse et la cavale à deux a commencé car malaise et panique ne s'expliquent pas.

Les taches de sang que Dolly avait dans la nuque sont encore moins explicables. Si on tue quelqu'un les éclaboussures ont lieu de face or elle tenait la porte coincée avec le pied …

Elle explique tout cela fébrilement à Vlad qui ne demande qu'à la croire car cet homme éprouve un irrésistible besoin de protéger cette femme encore enfant très " borderline " et poétesse de surcroît. Irrémédiablement, il est sous le charme !

De toute évidence, l'un et l'autre sont en crise alors pourquoi ne pas se rejoindre ? L'un et l'autre manquent d'argent alors pourquoi ne pas voler ce qui leur fait défaut ?
Une incroyable course en avant, complètement suicidaire va se déclencher avec la police aux trousses. L'issue n'était que trop prévisible …

 

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( photos : Victor TONNELLI )



Le parti-pris de mise en scène est assez incroyable, volontairement décalé et finalement s'impose à nous comme une évidence, lumière apocalyptique et musique créant une atmosphère surréaliste.

Pourtant, il eut fallu fort peu de choses pour que leur existence se normalise, un toit par exemple au lieu de ces abris provisoires et un enfant bien sûr dont Dolly rêve de façon tellement compulsive qu'elle ira jusqu'à en kidnapper un.

L'état de nerfs excessif de Dolly est mis en valeur par l'apparente tranquillité de Vlad et les deux interprètes gèrent l'un et l'autre leur personnage respectif avec maestria.

Très curieusement, les spectateurs sont piégés par cette histoire dont ils connaissent pourtant l'issue mais devenant peu à peu aussi déraisonnables que ces deux là, ils se surprennent à espérer une impossible happy end. C'est une belle expérience que nous vivons là.

Ce spectacle a bénéficié du prix Lucernaire : Laurent Terzieff - Pascale de Boisson 2017 et mérite tout notre intérêt.




Simone Alexandre

 

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13:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent