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10/10/2016

Conversations avec ma mère de Santiago Carlos Ovés et Jordi Galceran

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La Pépinière Théâtre

 

7, rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

(M° Opéra)

 

loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Place de 12 à 32€

 

d'après le scénario du film,

 

" Conversationes con mama " de Santiago Carlos Ovés

 

Mise en scène : Pietro Pizzuti

 

avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

 

 

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Ces « Conversations avec ma mère » sont une construction peu banale puisqu’il s’agit d’une version théâtrale de Jordi Galceràn, d’après le film de Santiago Carlos Ovés, dont le texte a été traduit par Dyssia Loubatère et mis en scène par Petro Pezzuti ; Et ce sont deux comédiens belges qui interprètent cette mère et son fils, Jacqueline Bir et Alain Lemmpoel.

Disons-le tout de suite, cette mère est magnifique. Jacqueline Bir lui confère une sensibilité, une humanité, un humour, une clairvoyance remarquables. Elle incarne une figure de mère moderne, fine et subtile, aimante et non dupe, une mère qui perçoit tout, qui ressent ce que son fils ne lui dit pas et qui ose le dire. C’est une femme terriblement vivante.

Alors que son fils, Jaime, la visite pour lui faire part d’un moment délicat de sa vie, elle lui oppose un bonheur et une joie de vivre tout teintés de rosserie et de lucidité dont on reste assez surpris.

Nous avons là un grand personnage maternel, qui n’a pas été sans m’évoquer la mère des « Parents terribles », qui n’ignore rien de son fils, qui l’aime et le protège, sans, ici,  l’étouffer toutefois. Et Jacqueline Bir n’est pas sans rappeler la mémoire de cette immense tragédienne oubliée que fut Yvonne de Bray, dans son rôle de Sophie filmée, d’après sa pièce, par Cocteau, rôle repris au théâtre Antoine par la superbe Lila Kedrova en 1977.

Face à cette femme qui se veut ordinaire et qui l’est si peu, si en prise avec son époque, plus que son fils, si ouverte à l’autre, alors que Jaime ne voit pas trop au-delà de ses préoccupations, certes importantes, mais si affligeamment terre-à-terre, avec ses petits problèmes de couple, d’argent, de travail, son quotidien si triste…le fils ne peut que paraitre un peu pâle. Il l’est, mais non sans talent.

Il regimbe parfois, il tente de s’imposer, mais sans jamais y parvenir. La vieille dame si digne est par trop anticonventionnelle et lui l’est tellement ! Lorsqu’il devra décider seul, la conversation continuera, et c’est ce qui donne à ce spectacle une dimension émotionnelle supplémentaire.

 

 

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( photos : Marianne Grimont )



Parce que la pièce, dont nous pensons que le texte souffre parfois de facilités de traduction, qui marque de menues faiblesses, réserve des surprises et des à-coups, ce serait lui faire une mauvaise manière que raconter le développement. Disons néanmoins, que nous rions souvent, parce que la vie est ainsi faite que même aux pires moments, il y a des éclaircies, et que à plusieurs reprises dûment convoqué, Sigmund ne doit pas être bien fier qui fait rire à ses dépens !

Il faut saluer la très belle surprise visuelle finale.

C’est à « La Pépinière théâtre » du mercredi au samedi à 19 heures et le dimanche à 15 heures, et c’est un très joli moment d’émotion tendre.



Frédéric Arnoux ©

 

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10:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2016

L'éveil du chameau de Murielle MAGELLAN

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THEATRE de l'ATELIER

 

1, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Anvers)

 

loc. 01 46 06 49 24

 

 

http://www.theatre-atelier.com/

 

Pl. de 10 à 37€

 

du mardi au samedi à 19h

 

matinée le samedi à 16h30

 

Mise en scène : Anouche SETBON

 

avec Barbara SCHULZ, Pascal ELBE et Valérie DECOBERT

 

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Côté jardin - c'est à dire à gauche pour les spectateurs - Mickaël ( Pascal Elbé ) installé à son bureau essaie de se concentrer quand sa petite amie du moment ne vient pas le distraire au téléphone.

 

On comprend très vite qu'il travaille là où il vit, au milieu d'un désordre assez incroyable or il paraît que les lieux où nous vivons nous ressemblent ? ...

Côté cour - autrement dit à droite toujours à destination de ceux qui ne parviennent pas à mémoriser ces expressions en vigueur au théâtre - une femme, la quarantaine discrète,

( Maryse, alias Barbara Schulz ) debout - résume la situation et la raison de la démarche qu'elle s'apprête à effectuer puisque sa fille est enceinte alors que l'auteur de l'acte a pris la poudre d'escampette ...

 

Après avoir mené une enquête approfondie, elle a décidé d'aller voir le père du coupable. Entre parents, on devrait pouvoir trouver un terrain d'entente !



C'était sans compter sur la personnalité du personnage dont l'irresponsabilité n'a d'égal que celle du fils en question.

- " Je m'en fous ! " répondra celui qu'elle ne va pas tarder à traiter de chameau ( expression quelque peu désuète correspondant à l'éthique générale de la dame en question en une époque où les principes ont tendance à voler en éclats. )



Or l'homme " fait dans l'humanitaire " comme on dit, sauf concernant ses proches, la nature humaine n'étant pas à un paradoxe près.

 

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( photos : Chantal DEPAGNE-PALAZON )



Son assistante, Frédérique ( Valérie Decobert ) va immédiatement flairer le danger … car Maryse est prête à tout pour parvenir à ses fins. Effectivement, elle  " tapera l'incruste " ne reculant devant rien pour convaincre son interlocuteur ; elle ira même jusqu'à utiliser les tarots qu'elle maîtrise de façon quelque peu contestable mais puisqu'elle avait un jeu dans son sac, autant essayer !



Le problème dans cette pièce est que l'on prévoit assez rapidement la suite en quelque sorte inéluctable … Sinon chaque interprète est parfaitement bien dans son rôle.

 

Le buveur de limonade ( quelle drôle d'idée ! ) qui joue les rocs inattaquables va peu à peu se laisser attendrir. La mère revendicatrice va se souvenir qu'elle est aussi une femme sensible au charme d'autres hommes que son époux et l'assistante qui est une ex … va développer quelques regrets mais en revanche les adeptes de " happy end " ne devraient pas ressortir frustrés, bien au contraire !


Simone Alexandre

 

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16:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/10/2016

Le personnage désincarné de Arnaud DENIS

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THEATRE de la HUCHETTE

 

23, Rue de la Huchette

 

75005 PARIS

 

 

 

(M° St-Michel)

 

 

loc. 01 43 26 38 99

 

 

http://www.theatre-huchette.com/

 

PL. 26€,

 

Etud.(-25 ans) : 17€)

 

Tarif jeunes : 10€ du mardi au jeudi

(6 places, maximum en fonction des disponibilités)

 

 

Texte et mise en scène : Arnaud DENIS

 

 

avec :Marcel PHILIPPOT, Audran CATTIN,

Grégoire BOURBIER

 

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Dès le départ, la musique lancinante créée un état de réceptivité maximale.

En fond de scène une porte d'où paraîtra le personnage …


Face à lui, côté jardin, une femme debout est représentée et côté cour, un homme est assis nous tournant le dos également ; tous deux symboliseront les autres personnages de la pièce mais pas seulement, car leur présence sera un rappel de la soumission vouée à l'auteur-metteur en scène.

Le personnage principal, bien vivant lui, est angoissé, nous pouvons percevoir son souffle haletant.

Comme la situation s'éternise, nous croirons - un temps - à un trou de mémoire … En fait, c'est bien plus que cela car l'homme est sorti de son rôle pour redevenir lui-même et se révolte. Il n'accepte plus le sort qui lui est imposé !

Sans comprendre immédiatement ce qui se passe, l'auteur surgit brusquement dans la salle, tente de raisonner son interprète, essaie de le calmer puis fait preuve d'une autorité teintée d'un évident mépris.


Nous autres spectateurs, sommes devenus les impuissants otages de ces deux là car nous assistons à ce que

( logiquement ) nous n'aurions jamais dû voir …

Audran CATTIN est ce jeune comédien en révolte, funambule sur une corde invisible, instable, prête à céder.

Nous enregistrons la fragilité de l'homme qui se met chaque soir en danger mais aussi toutes les possibilités inexploitées dont l'auteur n'a que faire, lui qui suit la trame qu'il a préalablement fixée.

Puisque les règles du théâtre ont brusquement volé en éclats, Grégoire BOURBIER interviendra pour être tour à tour spectateur puis régisseur indigné. Les interventions du comédien sonnent juste ; il est parfait dans ces deux fragments qui nous font rêver pour lui d'un plus grand rôle.

L'auteur en question car vous avez compris que nous assistons ici à du théâtre dans le théâtre est Marcel PHILIPPOT lequel

( son personnage bien sûr ) use et abuse de sa position privilégiée. A ses yeux, le comédien n'est et ne peut être, qu'un exécutant entièrement soumis à sa volonté.

 

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( photos : LOT )

 



Cette pièce a - n'en doutons pas - un évident pouvoir cathartique. Combien de comédiens ont eu un jour envie de tuer l'auteur ou le metteur en scène qui les retournaient ainsi sur le gril ? …

Par cette démarche, Arnaud DENIS, l'auteur bien réel de la pièce cette fois, semble avoir puisé ses sources d'inspiration dans la vraie vie mais également en décalage avec Pirandello et Diderot …

Chaque auteur sait que ses personnages vont lui échapper pour vivre leur propre vie - généralement le phénomène se produit en cours d'écriture, ici c'est après. Et tout comédien est confronté à son double qui ne demande qu'à se démultiplier au cours d'une carrière la plus longue possible.

Un thème donc fort intéressant - peut-être plus pour les gens de métier que pour les profanes mais qui devrait cependant en attirer et satisfaire plus d'un.



Simone Alexandre

 

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10:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent