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12/09/2016

La version Browning de Terence RATTIGAN

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THEATRE de POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

Pl. 32 & 38€ - 10€ pour - 26 ans

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

A 21h du mardi au samedi

A 15h le dimanche

 

Relâche les 21 & 22 octobre,

les 5 & 15 novembre

 

 

Adaptation et mise en scène : Patrice KERBRAT

 

avec : Jean-Pierre BOUVIER : Andrew Crocker Harris,

Marie BUNUEL son épouse,

Benjamin BOYER : Franck Hunter,

Pauline DEVINAT : Mme Gilbert,

Philippe ETESSE : Le Directeur,

Nikola KRMINAC : Peter Gilbert,

Thomas SAGOLS : John Taplow.

 

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" Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli


  Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli."


Boileau ( L'Art poétique )

 



Là, nous sommes en Angleterre, à la fin des années 40.


L'action se déroule dans le salon-bureau des époux Crocker-Harris, en cette fin d'année scolaire où, l'avant-dernier jour - celui qui précède la publication des résultats, - Andrew Crocker-Harris a convoqué un élève impatient d'abandonner la littérature classique au profit des Sciences, sous réserve - bien entendu - qu'il ait réussi le passage à la classe supérieure.


Taplow ( c'est le nom de l'élève en question ) est visiblement peu inspiré par le grec ancien en général et par cet Agamemnon en particulier.  Il arrive cependant à l'heure au rendez-vous mais très curieusement, celui qui l'a mandé est absent. ( en retard ) ce qui correspond peu à la rigueur habituelle du personnage …


Un de ses confrères visiblement amusé, recueillera les commentaires pour le moins désinvoltes du jeune homme ce, avec une surprenante attention teintée d'indulgence.


L'épouse du maître absent, Millie ne tardera pas à faire une rapide apparition durant laquelle elle captera la conversation entre le jeune élève et Franck Hunter ce collègue-ami, invité à dîner par le couple.


Celui qui est attendu arrive enfin et nous allons découvrir ce personnage constituant le pilier de l'action car tout au long des péripéties,  il se transformera de façon incroyable sous nos yeux.


Ses élèves ont coutume de le railler tout en le redoutant ; nous découvrirons que sa femme le trompe, le directeur de l'établissement ne le ménage pas ( sans doute a t-il des raisons de le jalouser ? ... ) tandis que l'ami du couple va avec nous découvrir celui que de toute évidence, il mésestimait.


L'analyse des caractères est redoutable et pourtant banalement humaine.


Jean-Pierre BOUVIER nous fait don de la richesse de son interprétation, passant de l'humilité un peu veule, face au directeur, à la reprise en main de la situation dont le caractère scabreux lui fait retrouver toute sa dignité, un temps mise sous le boisseau. Sa transformation est hallucinante !


Marie BUNUEL révèle ici toute la perversité dont une femme insatisfaite est capable ...  
Emporté par l'action, le spectateur se surprend à plaindre puis mépriser, enfin haïr son personnage, preuve qu'elle l'interprète fort bien.


Dans le même ordre d'idée, on se prend peu à peu d'affection pour ce grand gaillard qu'est Benjamin BOYER, un temps prédateur mais qui, au fil des événements va littéralement s'amender.


Thomas SAGOLS, tour à tour facétieux, insolent et tendre mais incompris auquel un seul être rendra justice sera bien involontairement, l'élément déclencheur de l'action.

 

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( photos : Pascal GELY )

 


Grâce à l'auteur, nous allons de complexité en complexité et c'est somme toute bien rassurant car ( pardonnez l'expression ) les salauds ne sont jamais tout d'une pièce et les apparences souvent trompeuses ...


Bien évidemment, je me suis jalousement gardée de tout vous révéler et vous aurez encore beaucoup de choses à découvrir en allant applaudir ce texte joué de façon remarquable.



Simone Alexandre

 

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13:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/09/2016

Racine ou la leçon de Phèdre de et par Anne Delbée

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POCHE MONTPARNASSE

 

75, bd du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

A 21h du mardi au samedi

 

A 15h le dimanche

 

(Relâche les 23 & 30 Octobre)

 

Conception, mise en scène et interprétation : Anne Delbée

 

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Mon Maître, Gautier-Sylla disait,

 

- " on naît tragédien, on ne le devient pas "

Je suis persuadée qu'il avait raison. Il ajoutait ensuite ...

 

- " il faut quinze ans pour faire un bon tragédien. " 

 

Qui à notre époque peut encore s'offrir ce luxe ?

D'autant que plus personne n'enseigne correctement la tragédie ( pour cela, il faut l'avoir pratiquée ) et Jean Marchat est mort depuis longtemps.



Anne Delbée brûle pour Racine du même feu que Phèdre pour Hippolyte.


Ce monologue à valeur de biographie est donc un vibrant hommage rendu au Maître de la Tragédie classique en même temps qu'un cours magistral qui n'épargne pas la façon dont certains abordent l'oeuvre, parfois.

Pour ma part, je préfère généralement relire les alexandrins plutôt que les entendre par peur d'être confrontée à des vers de 11 ou 13 pieds, à des enjambements ignorés mais ici l'expérience de l'interprète limitait les risques.

Car, si " Phèdre est une partition dont il faut suivre pas à pas les notes " - n'en est il pas de même pour tous les écrits du grand Racine ?

J'avais conservé le souvenir de cette Camille Claudel vue il y a bien longtemps et connaissais le soin qu'Anne Delbée apporte à tout ce qu'elle réalise sur scène.

 

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( photos : Emmanuel Orain )



Désireuse de paraître dans le vent, la dame a adopté un curieux costume d'homme au pantalon à ceinture résolument trop haute, souligné par des bretelles. Les musiques de scène qu'elle a délibérément choisies n'en doutons pas, puisqu'elle a tout fait elle-même, " conception, mise en scène, interprétation " sont pour la plupart anachroniques avec utilisation ponctuelle d'un micro, sans oublier les éternelles vidéos en fond de scène qui envahissent nos plateaux depuis quelques années.

Mais ne jouons pas les puristes car le travail accompli est immense, l'implication totale. Personne ne connaît Racine mieux qu'elle et il est évident que son fantôme la suit partout et depuis longtemps  " Racine est une blessure qui ne cicatrise jamais " dit-elle. ( Je confirme ) C'est une déclaration d'amour qu'elle nous livre là : son incendiaire amour pour l'auteur.

Alors s'il reste quelques amateurs éclairés en ce domaine par trop négligé dont des enseignants maladroits ont peut-être compromis l'adhésion pleine et entière à ce joyau de notre patrimoine littéraire, qu'ils prennent le chemin qui mène au Poche Montparnasse où avec toute son énergie enthousiaste, Anne Delbée les attend.



Simone Alexandre

 

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08:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/09/2016

LA REINE DE BEAUTE DE LEENANE de Martin MCDONAGH

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs ou Vavin)

 

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

A 19h du mardi au samedi

 

dimanche à 15h

 

jusqu'au : 16 OCTOBRE 2016

 

Traduction : GILDAS BOURDET

 

Mise en scène : SOPHIE PAREL

 

avec CATHERINE SALVIAT

(Sociétaire honoraire de la Comédie Française) : MAG

 

GREGORI BAQUET

(Molière de la révélation masculine en 2014) : PAT DOOLEY

 

SOPHIE PAREL : MAUREEN

 

ARNAUD DUPONT : RAY DOOLEY

 

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Un vent de folie souffle sur Leenane, petit village paumé d'Irlande ...

Entre ces deux-là ( mère et fille ) c'est la guerre mais pas une suite de simples escarmouches : une lutte à mort, où chacune veut - à sa façon - avoir la peau de l'autre.

Mag ( extraordinaire Catherine Salviat ! ) est cette mère tyrannique, répulsive tant elle est négligée, calée à longueur de journée dans son fauteuil roulant, scotchée à ses feuilletons télévisuels et qui - le reste du temps - commande inlassablement ceci ou cela à sa fille, bref, se fait servir.

Infirme comme elle est, impossible de préparer elle-même son porridge, surtout avec cette main ébouillantée qui lui interdit depuis l'incident, toute initiative !

La malheureuse Maureen ( Sophie Parel ) doit s'exécuter bien que n'ayant pas la langue dans sa poche ! Mère et fille se lancent alors les pires horreurs à la figure …
L'atmosphère est tellement tendue que même le coucou s'affole quand un noir vient séparer deux scènes.

Aucun doute, ce comique irrésistible est plus que grinçant. Nous  avions déjà eu un aperçu de cette forme toute particulière d'humour noir grâce au film : " Bons baisers de Bruges " où Martin Mcdonagh était ( si mes souvenirs sont exacts ) réalisateur et scénariste.

Visite d'un voisin ( Ray, interprété par Arnaud Dupont ) lequel demande à voir Maureen ...

- " Elle est aux poules ! " répond aimablement la mère.

Le garçon ne semble pas particulièrement futé, un peu rustique mais brave et las d'attendre laissera le message à la vieille qui bien entendu, ne le transmettra pas.

C'était une invitation émanant de son frère : Pat Dooley lequel de passage à Leenane s'est souvenu de Maureen, la belle célibataire de bientôt 40 ans condamnée à vivre de façon sordide.


Heureusement le visiteur la croisera en repartant et prévenue malgré tout, elle pourra sortir au grand dam de sa génitrice.

 

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( photos : David Krüger )

 



Pat raccompagnera Maureen et passera la nuit auprès d'elle …

Scandale au petit matin ! Confronté à la mère, le garçon est mal à l'aise tandis que ravie de pouvoir provoquer Mag, Maureen en rajoute tant et plus pour détailler cette folle nuit d'amour. Une perfidie maternelle va se charger de refroidir l'atmosphère.

Je me garderai bien de vous raconter la suite bien sûr mais le constat est terrible.
Grégori Baquet ( Pat ) réussit l'exploit d'être aussi délicat que viril. Il a prouvé sa délicatesse durant cette nuit qui malheureusement n'aura pas de suite.

Le drame est farcesque or l'auteur se contente parfois de suggérer lui qui excelle à déranger tant les attaques sont frontales. C'est tout à la fois habile et très efficace.
Certains se demanderont si tout cela a bien eu lieu ou n'est que le fruit d'un esprit malade qui a fabulé pour se sentir vivre ?

On peut comprendre que Gildas Bourdet ait été séduit par ce texte dont il a mis au point la traduction et la mise en scène de Sophie Parel ne laisse place à aucun temps mort.

Voilà une pièce qui mérite ô combien, d'être vue !

Excellent spectacle de rentrée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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23:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent